Chapitre 52
Comme promis pendant les vacances, un deuxième chapitre dans la semaine. Je publierai le mercredi et le dimanche :) Bonne lecture :) ne soyez pas trop dures avec Leyla mais elle est obligée de suivre les envies du Sultan pour garder sa place :)
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La Valide Sultane avance avec une démarche tendue. La femme se rend à la chambre de Dilara avec une certaine tension. Fatma Hatun l'accompagne et la suit en silence. La robe feutrée de couleur pourpre de la Sultane flotte délicatement derrière elle. Elle a ramené ses cheveux noirs en chignon orné de pierres précieuses sous sa couronne assortie à sa robe. Son visage aux yeux ambrés commence à se rider avec les années. Des mèches blanches tombent autour de son visage.
Les Aghas ouvrent la porte à son arrivée et Samira découvre la jeune femme assise sur un petit siège. Sa chambre, spartiate, comporte le stric nécessaire pour vivre. Aucun élément n'a été ajouté pour du confort ou de la décoration. Un lit, un siège, une petite table ronde pour ses repas et cela est tout.
À son arrivée, la jeune femme se lève dans le but de quémander sa pitié mais Samira l'arrête d'un geste de la main.
– Je suis simplement venue pour te dire que Fatma Hatun pourra s'occuper de toi si tu as des demandes nécessaires, l'informe la Valide Sultane. Elle viendra aussi te chercher pour aller aux bains.
– Valide, je suis désolée si...
– Je ne veux pas discuter avec toi. Tu as eu ta chance auprès de mon fils et tu as préféré choisir l'arrogance.
Le ton de la Sultane est tellement emprunt de rancoeur que Dilara ne sait que répondre.
– Est-ce que je vais élever mon enfant ici ? Questionne-t-elle tout de même alors que la Sultane tournait les talons.
Samira fait volte face face à cette demande. Ses yeux se sont aggrandis face à une colère montante.
– Qui crois tu que tu vas élever ? L'interpelle Samira en haussant le ton.
Dilara la regarde comme si elle ne comprenait pas ce qu'elle voulait dire. Samira ne se laisse pas avoir, elle sait très bien que la jeune femme comprend parfaitement son insinuation.
– Ils ne vont quand même pas m'enlever...
– Que crois-tu qu'il allait t'arriver après t'en être pris à une Sultane Dilara ? La confronte la Valide Sultane en la regardant de haut. Et en plus une mère de Shezade.
– Je...
– Si tu es encore en vie aujourd'hui c'est parce que tu portes un enfant de la Dynastie. Mais crois moi bien que dès qu'il sera né, tu seras exécutée.
Les larmes commencent à couler sur les joues de Dilara mais Samira ne se laisse pas attendrir.
– Tu en es là car tu l'as cherché Dilara. Tu aurais pu devenir une Sultane mais tu as préféré te crééer tes propres règles. Tu as perdu. On ne peut plus rien pour toi.
La jeune femme se laisse tomber sur son siège en mettant ses mains sur son visage pour pleurer.
Samira se dirige vers la porte puis se tourne une dernière fois avant de dire :
– Et ne t'avise pas de te faire du mal ou mettre en danger la vie du bébé. Car là, c'est mon courroux que tu devras craindre...
Sur ces mots, la Sultane quitte la chambre la tête haute avec Fatma Hatun derrière elle. Elle espère que sa menace sera entendue et que la jeune femme ne tentra pas un geste de désespoir face à son sort.
Leyla Sultane se trouve dans le jardin impérial en compagnie de ses enfants lorsque Safir arrive à son tour avec Bayezid. À la vue de leur frère, Murat, Haya et Hatice se ruent vers lui pour l'inviter à leur jeu. Safir s'approche doucement de Leyla puis la salue avant de s'installer sur un pouf non loin d'elle. Leyla sent son regard insistant sur elle.
– Qu'est-ce qu'il y a Safir ? Veut-elle savoir.
Safir s'approche doucement avant de chuchoter quelque chose qu'elle a appris par Irina.
– Irina a vu la Valide Sultane sortir d'une pièce non loin de l'escalier qui descend aux cachots... Dilara est dedans... toujours vivante.
Leyla tourne une tête à la fois surprise et en colère vers elle. Comment ça « vivante » ?
– Est-ce que tu es sûre ?
Safir hoche la tête, ses boucles rousses bougeant autour de son visage.
– Irina est sûr d'avoir entendu Dilara.
Leyla se lève d'un seul geste, surprenant Safir qui la regarde avec stupéfaction.
– Je reviens, reste avec les enfants, lui ordonne-t-elle en prenant le chemin du palais.
Safir la regarde faire en se doutant bien de ce qu'elle va faire. Elle se tourne alors vers les enfants en train de jouer à chat. Quelle belle journée !
Leyla arrive dans la chambre privée de Mehmet et le trouve accompagné d'Ibrahim Pasha. Le Grand Vizir la salue poliement et Leyla lui rend son salut avant de se tourner vers Mehmet.
Le Sultan comprend qu'il s'est passé quelque chose et demande à son Vizir de se retirer. Une fois la porte refermée, Leyla attaque d'emblée :
– Pourquoi est-ce que tu ne m'as pas dit que Dilara était encore dans le palais ?
Mehmet pousse un soupir avant de répondre :
– Je n'ai pas à te dire tout ce que je fais Leyla. Je suis le Sultan.
Leyla s'approche de lui alors qu'il est en train de replier des parchemins.
– Pourquoi est-ce qu'elle est encore vivante ? Ne me dis pas que tu lui as pardonné...
Mehmet distingue de l'effroi dans le regard de Leyla et il s'empresse de dissiper le malentendu.
– J'allais la faire exécuter. Mais il s'avère qu'elle attend mon enfant.
Il y a un silence avant que Mehmet ne reprenne :
– Elle sera exécutée dès que l'enfant sera né.
La nouvelle de la grossesse laisse Leyla sans voix. Elle s'attendait à tout sauf à ça.
– Mehmet elle a voulu me tuer et toi tu veux son enfant ?!
L'hystérie est en train de monter doucement chez Leyla. Comment Mehmet a-t-il pu décider de cela ?!
– Il s'agit d'un enfant de la Dynastie, Leyla ! S'emporte Mehmet à son tour. De mon enfant !
La jeune femme se tue face à sa colère. Elle sait qu'elle a dépassé les bornes. Mais elle ne peut s'empêcher d'être iritée par cette décision.
Mehmet inspire avant de reprendre plus calmement :
– Et je voulais te demander quelque chose Leyla.
La jeune femme retient son souffle en commençant à avoir une idée de ce qu'il va lui demander.
– Je voudrais que ce soit toi qui élève cet enfant. Que tu t'en occupes et l'aimes comme si c'était le notre. Je ne veux pas qu'il devienne arrogant comme sa mère mais douce et sincère comme toi.
Leyla a besoin de s'asseoir et elle recule jusqu'au divan du Sultan. Mehmet la rejoint et lui prend délicatement la main avant de croiser son regard.
– Je comprends que ma demande soit assez dure à prendre mais réfléchis y s'il te plait.
Leyla hoche doucement la tête.
– Je... je vais y réfléchir...
Mehmet lui embrasse tendrement la joue avant de se relever et lui tendre la main pour qu'elle l'imite.
– J'ai un conseil de Ministres maintenant, termine-t-il en la raccompagnant à la porte. On se reparle ce soir.
La porte s'ouvre et Leyla, guidée par le Sultan, sort de la chambre. La jeune femme retourne au jardin d'un pas lent en ne cessant de penser à la demande de Mehmet.
Honnêtement elle ne sait pas si elle réussirait à faire ce qu'il lui a demandé. Elle ne sait pas si elle pourrait élever l'enfant de la femme qui a attenté à sa vie.
En retrouvant Safir, cette dernière est occupée à servir le goûter aux enfants. Ils mangent goulûment les sucreries ramenées par Esra Kalfa et Irina. Safir a bien remarqué que l'entrevue de Leyla avec le Sultan l'a chamboulé. Elle attend néanmoins que les enfants aient fini de manger pour demander à la Kalfa et la concubine d'amener les enfants se nettoyer les mains pleines de miel.
Une fois les enfants partis, elle se tourne vers Leyla.
– Qu'est-ce qui s'est passé ? Lui demande-t-elle avec intérêt.
– Elle est enceinte, lâche Leyla ce qui fait pousser une exclamation de surprise de la part de Safir. Et Mehmet veut que je m'occupe du bébé une fois qu'il sera né.
Safir comprend alors pourquoi la jeune femme est dans cet état.
– Que vas-tu lui répondre ?
Leyla croise le regard de la jeune femme un instant.
– Je ne sais pas encore. Je ne sais pas si j'arriverai à m'occuper de son enfant alors que j'ai de la haine pour elle. Mais d'un autre côté je me dis que cet enfant n'y est pour rien dans les choix de sa mère. Et c'est l'enfant du Sultan.
– Tu vas accepter, déduit Safir en prenant une gorgée de sa boisson sucrée.
Leyla hoche la tête doucement.
– Je pense oui. Mais cet enfant ne saura jamais qu'il n'est pas de moi. Je ferai tout pour.
Safir lit de la détermination dans les yeux de Leyla. Cette détermination cache une revanche envers Dilara également.
La jeune russe n'ajoute rien tandis que les enfants reviennent de leur toilette.
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