23

Alex

            Cette décision que je viens de pendre n'est pas la meilleure, mais je suis prêt à assumer. Enfin je crois. Le destin s'obstine à la mettre sur mon chemin, et j'ai beau me persuader que tout ça n'est qu'une grossière erreur, la pire de ma vie si on oublie tout le reste, je n'arrive plus à résister. J'ai goûté ses lèvres parfaites, son corps et le mien en demande encore, alors quitte à me faire du mal, autant en profiter. Et puis après tout, elle me l'a ouvertement demandé, elle souhaite prendre la place de Clémentine. Je ne comprends pas vraiment pourquoi Aliona s'approche et s'accroche autant à moi et je n'ai pas envie d'y réfléchir.

            J'écrase mon joint au milieu des autres pétards qui remplissent le bol qui me sert de cendrier, puis quitte mon canapé pour enfiler ma veste. Je sors de mon appartement et prends la direction de celui d'Aliona, autant mettre les choses au clair rapidement. Je me répète en boucle ce que j'ai l'intention de lui dire, puis une fois arrivée devant chez elle, je monte jusqu'à son étage et frappe sans plus attendre. Elle ne répond pas et pourtant je sais qu'elle est là, alors j'insiste. La porte s'ouvre enfin, l'étonnement sur son visage ne passe pas inaperçu. Il faut dire que nous nous sommes quittés froidement lors de la soirée chez Liam, et que je ne lui ai donné aucune nouvelle depuis.

            Aliona ouvre la bouche, puis la referme. Elle reste plantée face à moi sans même bouger un sourcil. Ce moment pourrait paraître gênant, et il l'est sans doute pour elle, mais pas pour moi. Elle est plus que sexy dans ce petit short en coton et ce pull difforme qui lui tombe sur l'épaule, laissant apparaitre un peu de peau que je rêve de mordre.

— Alex ?

            Ce murmure quand elle prononce mon prénom me file la chair de poule, et je ne tiens plus. L'attraction qu'il y a entre nous est bien trop forte, même si elle pense le contraire, je sais pertinemment qu'elle ressent la même chose. Alors, je franchis la limite, celle entre ce couloir et son entrée. Je ne lui laisse pas le temps de réagir non plus, j'encercle son visage de mes paumes et pose mes lèvres sur les siennes. Je ne m'attends pas à ce qu'elle réponde à mon baiser, mais contre toute attente, elle le fait. Ses doigts agrippent mon blouson et elle m'attire à l'intérieur. D'un coup de pied, je referme la porte, puis j'attrape ses hanches et la plaque contre celle-ci.

            Elle gémit lorsque ma main glisse sur l'arrière de sa cuisse, elle se déhanche et mon érection gonfle au fur et à mesure de ses mouvements. Aliona tire sur mon manteau pour me l'enlever, je l'aide à m'en débarrasser et le laisse tomber au sol. Je romps notre baiser pour la fixer, ses yeux bleus font écho à mon désir et j'en suis ravi.

— Je suis d'accord, chuchoté-je.

— Et Clémentine ?

— J'y mettrais fin, lui assuré-je.

— Mais nous ne sommes pas un couple, ok ?

— Ok.

            Cette précision me rappelle qu'il n'y aura jamais rien que du bon temps entre elle et moi. Mais, c'est le prix à payer si je ne veux pas qu'elle m'échappe, elle mène la danse et je suis ses pas au détriment de la perdre. Toujours en la maintenant contre moi j'avance jusqu'au salon, je repère la table sur laquelle je l'installe. Je ne lui laisse pas de repos, ni le temps de réfléchir, j'ai envie d'elle et je ne compte pas m'arrêter, car même si c'est elle qui dicte les règles du jeu, je reste le maître dans ces moments-là. Je reprends possession de sa bouche avec avidité. Je retire son pull après m'être détaché d'elle, et putain je crois que jamais je me ferais au fait de la voir quasi nue devant moi. Je me débarrasse de mon sweat et de mon t-shirt d'un même mouvement, aussitôt ses doigts glissent sur ma peau brûlante. Puis elle plonge son regard saphir dans le mien.

— Pas de tatouage ? demande-t-elle en m'examinant.

— Non, aucun.

— Juste le piercing, alors ?

— Oui.

            Je saisis son sein dans ma paume en lui répondant. Je le malaxe doucement, effleure son téton alors qu'elle tente de m'embrasser. Mais je l'en empêche, je veux l'entendre et voir ses yeux s'assombrir sous le désir. Je continue mon exploration jusqu'à son ventre plat, elle est si douce.

— Allonge-toi.

            Elle obéit, je m'éloigne et je sens qu'elle m'observe. Je tire deux chaises et pose ses pieds dessus, les jambes écartées, elle est parfaite. Aliona prend appui sur ses coudes et m'interroge du regard.

— Qu'est-ce que tu fais ?

— Je vais te faire jouir comme jamais, ma belle.

— Ça va pas être trop difficile, marmonne-t-elle.

            J'arque un sourcil alors qu'elle se mord la lèvre inférieure.

— Hormis toute seule...

            Elle rougit à cette révélation et j'aime la voir embarrasser.

— Tu veux dire que ton ex ne t'a jamais fait prendre ton pied ?

            Elle secoue la tête de gauche à droite.

— Et l'autre jour, tu l'as pris avec moi, n'est-ce pas ?

— Oui et je voudrais que tu recommences.

— C'est dans mes intentions.

            Je dessine des cercles sur son épiderme qui réagit à chacun de mes passages. Puis je glisse mes doigts sous l'élastique de son short, elle soulève son bassin et je le glisse le long de ses jambes. Je prends le temps de caresser ses cuisses fermes, elle se tortille lorsque je frôle sa petite chatte sans pour autant m'attarder dessus. Ma queue frémit dans mon jean, impatiente tout comme moi d'entrer en elle. Je remonte jusqu'à ses seins, sa respiration devient plus rapide et saccadée. Elle attrape ma main et me guide jusqu'à cet endroit que j'ignore depuis le début.

— Ici, s'il te plaît.

            Je m'exécute et glisse un doigt entre ses chairs humides, je contourne son clitoris et je sais que je la rends folle au vu de ses grognements de frustration, puis j'insère mon index en elle. Tandis qu'avec mon pouce j'appuie sur ce bouton de plaisir. Un petit cri lui échappe, elle ne sait pas où mettre ses mains, alors elle attrape sa chevelure. J'accélère le mouvement et elle vient à la rencontre de mes doigts. Mon prénom franchit ses lèvres dans un supplice qui me fait vibrer. Je déboucle ma ceinture et défais le bouton de mon jean que je glisse sur mes hanches. Je fais de même avec mon boxer sans jamais cesser de titiller Aliona. Mon érection enfin libérée, j'arrête pour mettre un préservatif.

            Curieuse, elle me regarde faire. Je m'approche d'elle en tenant mon membre entre ma main, j'effectue des va et viens au même rythme que mes doigts dans la fente d'Aliona. Et si je n'entre pas en elle dans les secondes qui suivent, je vais éjaculer avant même d'y être. Alors, je ne tarde plus, je saisis ses hanches pour la remettre sur pied. Elle ne comprend pas jusqu'à ce que je la retourne, je l'incite à poser son buste sur la table et lentement pour ne pas lui faire mal, je me fais une place en elle.

— Alex...

— Dis-moi, si je te fais mal, ok ?

— Tu ne me fais pas mal.

            D'une poussée j'entre en elle jusqu'à la garde. Je reste immobile quelques secondes, Aliona gesticule alors je commence à bouger.

Putain ! Je ne pourrais jamais m'en lasser !

            Mon bassin claque de plus en plus vite contre son petit cul, je vais jouir comme un malade. Mais pas avant elle, j'attrape son bras, puis sa main que je dirige vers son clitoris. Elle tourne la tête et nos regards se croisent.

— Touche-toi en même temps.

            Je la guide dans un premier temps, puis je reprends mon rythme soutenu. Elle gémit, cri mon prénom, et si elle ne jouit pas là maintenant, je suis perdu. Alors, je l'aide et c'est ce dont elle avait besoin, ses fesses viennent à ma rencontre et elle se lâche dans un gémissement de soulagement. Je continue de la marteler, une douce chaleur emplit mes reins, mon bas ventre puis tout mon corps se contracte. Je me penche sur elle et mords son épaule, je jouis comme jamais auparavant. J'ai l'impression que ça ne se finit pas tant c'est puissant.

            À bout de souffle, je me laisse tomber sur elle. Puis, je prends conscience de son inconfort, alors je me redresse. Je la maintiens et la tourne vers moi pour la rassoir sur la table. J'ôte la protection et remonte mes vêtements. J'ai peur de la regarder, de l'affronter et d'y voir comme la première fois.

— C'était...

            Je relève la tête et ses joues rouges ainsi que son souffle court m'indique qu'elle a pris son pied. Mais j'attends qu'elle me dise elle-même ce qu'elle a ressenti.

— Je n'ai jamais pris un tel plaisir.

— Moi non plus, avoué-je.

            Elle revêt ses vêtements, mais alors qu'elle s'apprête à déposer ses lèvres sur les miennes, je l'en empêche en reculant légèrement. L'incompréhension se lit sur son visage parfait. Elle ne veut rien de sérieux, donc les démonstrations de tendresse je refuse de les accepter. Je vais déjà morfler de cette situation, inutile d'en rajouter. Je veux bien partager des moments avec elle comme la dernière fois à la patinoire, comme le feraient deux amis, mais ça ne doit pas être plus.

— Nous ne sommes pas un couple, Aliona. On baise ensemble, on partage des sorties si tu veux, mais aucun geste de ce genre en dehors de ce qu'on vient de faire.

— Je... Quoi ? s'offusque-t-elle.

— Tu veux prendre la place de Clémentine, non ?

— C'est ce que j'ai dit, mais je pensais que...

            Sa phrase reste en suspens. Je sais ce qu'elle s'imaginait. Sous prétexte que je ressens des choses pour elle, elle croyait sans doute que je la traiterais autrement. Bien sûr j'en crève d'envie, mais je sais pertinemment que tout ceci ne durera qu'un temps, alors je me protège à ma manière. Je sais déjà que je vais me prendre une grosse claque le jour où elle me dira stop.

— Bien, si les règles sont ainsi, bougonne-t-elle.

— C'est toi qui les as définis, pas moi, dis-je abruptement.

            La gêne s'installe et cette fois-ci l'ambiance est pesante et également malsaine. Rien de bon ne ressortira de cette histoire. Aliona me contourne en prenant soin d'éviter mon regard, elle marche vers la cuisine où elle sort deux verres d'un placard.

— Tu veux boire quelque chose ?

            Sa voix est douloureuse, je ne résisterai jamais à mettre la distance qui s'impose entre nous en dehors de nos parties de jambes en l'air, c'est indéniable. Sans le savoir, cette jeune femme a une emprise sur moi dont elle n'a pas conscience. J'avance vers elle puis une fois à sa hauteur, je l'oblige à me regarder en prenant son visage entre mes mains.

— Les gestes tendres, uniquement lorsque nous sommes tous le deux, mais pas à l'extérieur, cela rendrait les choses réelles pour moi, alors que ce n'est pas ce que tu veux.

            Ses bras entourent ma taille et sa tête vient se poser contre mon torse. Elle va me rendre dingue et la chute sera terrible. Je voudrais tant la repousser, ne jamais avoir croisé sa route et encore moins ressentir tous ces sentiments à son égard. J'ai peur de la perdre à jamais surtout quand elle saura, car elle finira par savoir celui que je suis et ce que j'ai fait pour en arriver à me détruire encore plus que je ne le faisais déjà avant.

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