Chapitre 58
PDV Samuel.
Une semaine plus tard, je suis à l'arrière de notre maison, dans cet espace qui devait être notre jardin, les mains dans les poches, tremblant légèrement de froid, marchant sans but, tournant en rond.
Le froid me fait du bien. Le vent qui frappe ma peau me donne l'impression de recevoir des claques, et cela me permet de rester debout. Et j'ai besoin de ça. Jade a peut-être l'impression que je n'ai jamais froid, surtout en me voyant dormir presque dénudé le soir, mais c'est faux. J'ai froid.
C'est peut-être pour cette impression de recevoir des claques que je ne me couvre pas, ou simplement pour permettre à mon coeur d'être froid aussi. Je ne sais plus vraiment à quel âge j'avais décidé de penser comme ça, mais depuis je me suis toujours exposé au froid.
J'ai besoin d'être froid.
Et pourtant, j'ai fait tout le contraire cette semaine. Je n'ai pas été si proche de Jade, mais je ne lui ai fait aucune remarque désagréable, je ne lui ai rien dit de blessant, et c'est déjà loin de ce que je fais d'habitude. Je la comprend, même si elle n'était pas si proche de ce garçon, elle était mal après son départ, et je la comprend. J'ai déjà vécue ça.
A vrai dire, je ne l'ai pas beaucoup vu cette semaine. Elle passait ses journées dehors, sûrement avec son ami, Marc, et rentrait le soir seulement pour dormir. Nos conversations ne sont pas allées plus loin que de simples saluement ou ses réponses courtes à mes questions sur son état.
Aujourd'hui se déroule l'enteremment, à ce moment même, à cette heure précise. Elle m'a demandé de venir, il y avait quelque chose de différent dans ses yeux hier soir quand elle me l'a demandé. Et j'ai refusé. Ce pourquoi je suis seul ici maintenant.
Ou presque seul...
J'aperçois le chat qu'Annie avait amené à la maison la semaine dernière, errant comme moi dans cet espace. Je m'approche de lui avec de petits pas, sortant mes mains de mes poches pour soulever le chat dans mes bras.
" Qu'est-ce que tu fais là toi? " je murmure tout en le caressant. " Tu as froid hein? Moi aussi. Aller viens, on va s'installer devant la cheminée tout les deux "
Une fois à l'intérieur je ferme la porte-fenêtre et dépose le chat sur un coussin devant la cheminée avant d'allumer celui-ci. Je caresse quelques fois le chat et le laisser allonger ici avant de me diriger vers le meuble télé.
Je vérifie que le DVD que j'ai inséré dans le lecteur fonctionne, et après être sûr de cela je met le film sur pause et prend ma place devant la cheminée en attendant Jade. J'espère qu'Annie ne m'a pas donné la mauvaise information et ce film va vraiment faire rire Jade.
PDV Jade.
Tout le monde est partit, il y a plus que moi et Marc au cimétière.
Il y avait tellement de monde, toute la famille de Marc, celle de sa femme, les voisins, les collègues, même les familles des amis de Fred. Je me sentais comme l'intrus ici. Mais en fin de compte, je suis celle qui reste avec Marc. Sa belle-soeur s'est proposée, mais Marc lui a dit d'aller chez sa mère pour retrouver Lola. Il l'a déposé chez sa grand-mère la semaine dernière et ne l'a pas récupéré depuis. Je sais qu'il allait la voir tout les jours, mais je ne sais pas dans quel état est la petite.
Je veux rester avec Marc et le consoler, être sûre qu'il va bien, mais je veux autant rentrer chez moi. M'allonger sur mon lit et ne plus rien faire de la journée, dormir jusqu'à demain.
Cette semaine était plus que fatiguante et émotionelle et triste et... Et ça fait si mal merde!
Je sais que je le répète tout le temps mais c'est la vérité, je me suis attaché à Fred en si peu de temps, et la promesse que je lui ai faites ne veut pas quitter mon esprit un seul instant. Je ne sais juste plus quoi faire, je sais que je ne peux pas tenir ma promesse, mais ça me tue de ne pas essayer aussi.
Si Samuel n'avait pas pris une place importante en moi, j'aurais peut-être, peut-être essayer. Malheureusement, il a réussi à gagner une place dans mon coeur, et quoi que je fasse je ne peux pas nier cela.
" Tu me manques mon bébé... " murmure Marc, plusieurs fois de suite. Je ne peux empêcher de laisser quelques larmes de plus couler sur mes joues alors que mes doigts dessinent des ronds sur le dos de mon ami.
" On doit y aller Marc " je chuchote près de son oreille pour ne pas le brusquer.
Il secoue immédiatement la tête, comme il y a quelques minutes où je lui avait dit la même chose.
" Je veux rester là " il murmure, " là, avec mon fils. Je veux juste... Rester ici, pour toujours... "
Je ferme mes yeux et prend une grande inspiration avant de les ouvrir à nouveau. Je pose mes mains fermement sur ses épaules et le tourne légèrement de façon à ce qu'il me fasse face, mais son regard reste encore et toujours sur la terre qui recouvre maintenant le corps de son fils.
" Marc, regardes moi ". Il ne réagit toujours pas alors je place ma main sur sa joue et le force à tourner le visage. " Regardes moi " je répète, même si je veux détourner le regard dès qu'il relève ses yeux rougies vers moi.
" Pourquoi? " il chuchote, " pourquoi lui? "
" Marc, écoutes moi, ça va aller d'accord? Tu vas te relever et continuer à avancer, n'est-ce pas? "
" Non " il secoue la tête, " j'en ai plus envie Jade. Je suis fatigué, de rester debout, de me battre, d'avancer pour en finir dans ce cimetière encore une fois. Je peux plus " il murmure, ses yeux ne quittant pas les miens.
J'efface la larme qui s'échappe de son oeil avec mon pouce, ma main toujours sur sa joue. Il est si différent à cet instant, si vulnérable et si perdu, tout le contraire de l'homme que j'ai connu à un moment de ma vie où je pensais que rien n'allait.
" Tu te rappelles du jour où on s'est rencontré? J'étais dans ce parc, pleurant jusqu'à ne plus pouvoir respirer, et tu m'avais tendu un inhalateur... D'ailleurs, pourquoi tu en avais un sur toi? ". Je ne me suis jamais posé la question, mais maintenant que j'y pense ça a enfin fait un déclic dans ma tête.
" Je suis asthmatique " il murmure, " fin je l'étais quand j'étais petit, mais je dois garder un inhalateur avec moi au cas où... "
" Oh... " bien, je devrais le consoler mais j'empire les choses... " Donc je disais, tu te rappelles de ce jour? "
" Oui Jade, je m'en rappelle " il dit d'une voix légèrement ennuyée, mais je lui offre un petit sourire en retour. Je suis juste contente qu'il réagit un peu.
" Alors tu dois te souvenir de tes paroles aussi, je me trompe? ". Il secoue la tête, baissant le regard. J'enlève ma main de sa joue et prend ses mains dans les miennes. " Tu m'as donné le courage de me relever, d'avancer malgré les obstacles. Tu m'as dit que tu restais debout pour ta fille, et ta fille est toujours là. Elle a besoin de toi plus que jamais en ce moment, comme tu as besoin d'elle. Je sais que c'est dure, je sais que ça fait mal, énormément mal, mais tu dois te relever et te reprendre, pour Lola. " j'applique de légères pressions sur ses mains tout le long de mon monologue pour le rassurer, pour lui dire que je suis là et je serais toujours là s'il en a besoin. Comme il a été là quand j'en avais besoin.
" Mais... " il relève les yeux tout en prenant une grande inspiration. " C'est fatiguant... Tu ne peux pas comprendre Jade, perdre sa mère et perdre sa femme et son fils sont des choses bien différentes. Les deux font mal, mais... "
" Ne compare pas les deux, s'il te plaît " je murmure en lâchant ses mains.
" Désolé... Je veux seulement dire que... C'est frustrant, tu comprend? Je ne sais plus où je suis, je ne sais plus quoi faire! Je ne sais plus où va ma vie! Ma femme était la personne pour qui je vivais, ensuite c'était mon fils mais maintenant - "
" Et maintenant ce sera Lola " je le coupe. " Marc, il faut que tu te reprennes, Lola a besoin de toi. Tu ne vas pas vivre seulement pour elle, mais aussi pour toi, et pour toutes les autres personnes qui t'aiment et qui s'inquiètent pour toi. On a besoin de toi nous, tu ne peux pas lâcher maintenant. Je sais que tu es fatigué, mais nous le sommes tous, c'est ça la vie et tu le sais bien mieux que moi... "
Il reste en silence un long moment, me regardant dans les yeux. Puis il me prend dans ses bras d'un geste vif, me faisant écarquiller les yeux avant que je reprenne ma posture et enroule moi aussi mes bras autour de lui.
Quelques minutes plus tard on se séparent et se relèvent du sol où nous étions assis depuis plus d'une heure maintenant. Je passe mes mains sur mes genoux pour nettoyer du mieux que je peux mon pantalon noir, alors que j'entend les dernières paroles de Marc à son fils.
On quitte le cimetière après cela, marchant côte à côte en silence. Le vent commence à souffler davantage, me forçant à boutonner mon manteau et croiser mes bras pour m'échauffer un minimum.
" On peut marcher? " Marc demande alors qu'on atteint ma voiture. Le cimetière n'est pas loin d'où il vit, une vingtaine de minutes de marche approximativement, mais il fait bien trop froid pour marcher.
" Bien sûr " je souris tout de même. Il essaye de me rendre un semblant de sourire et sur ce on traverse la route pour rejoindre le trottoir opposé et continue notre route d'ici.
" Tu penses faire quoi maintenant? " je demande, légèrement hésitante.
Il reste en silence un moment avant de relever la tête du sol, enfonçant ses mains dans les poches de sa veste. " D'un côté... J'ai envie de me mettre à travailler encore plus, mais d'un autre coté... J'ai juste envie d'une pause tu sais... "
" Je pense que tu en as besoin, ça te fera du bien. Pourquoi tu ne vas pas en vacances pour quelques jours? " je propose. J'y pensais depuis ce matin mais je n'avais pas osé lui en parler jusqu'à maintenant.
" Je ne sais pas... Je ne veux pas m'éloigner de... d'ici "
" Marc, venir au cimetière tous les jours ne va pas te faire du bien crois moi. Je pense que la meilleure chose à faire maintenant serait de t'éloigner un moment, reprendre tes esprits et revenir en forme pour Lola. "
" Et Lola? Je l'ai laissé chez ma mère toute cette semaine, je ne peux pas la laisser une semaine de plus. "
Je suis contente qu'il considère déjà ma proposition, je suis certaine que ça va lui faire du bien et l'aider à se reprendre après... Ce qui s'est passé.
" J'ai parlé avec ta belle-soeur, elle m'a dit qu'elle sera à Paris encore une ou deux semaines, et moi aussi je suis là, on pourrait la garder. Marc, le plus important c'est toi pour l'instant... "
Il ne répond rien mais semble réfléchir à ce que j'ai dit alors qu'on approche l'immeuble. Le trajet jusqu'à son appartement se passe en silence, puis je l'entend prendre une grande inspiration quand il referme la porte derrière nous.
Je lui laisse le temps de réfléchir encore alors qu'on s'installe sur un canapé au salon, et il agrippe fermement ses cheveux, tirant dessus. Il relève la tête et regarde autour de nous, quelques secondes plus tard je revois les larmes couler sur ses joues.
" Penses à autre chose... " je murmure en l'attirant une fois de plus vers moi, devinant qu'il va se rappeler de Fred à chaque objet qu'il regarde. Et ça va être dure, même insupportable au bout d'un moment, mais avec le temps il va s'y habituer et ces objets vont gagner beaucoup plus d'importance que maintenant. Je le sais, je l'ai vécue avec ma mère.
" Merde... Merde, merde, merde... " il pleure sur mon épaule. " Je m'étais préparé... Je te jure, j'étais préparé pour ça, mais... Merde quoi, ça fait mal! "
" Je sais... " je ne sais pas quoi dire d'autre.
Le silence reprend place entre nous. Il essuie ses larmes au bout d'un moment mais garde sa tête sur mon épaule. Je fais de petits ronds sur son dos pour l'aider à se calmer et je le sens se détendre petit à petit.
Il relève la tête de longues minutes plus tard et je fronce les sourcils face à son regard profond. Il ferme les yeux quelques secondes, puis d'un coup, il prend mon visage dans ses mains et plaque ses lèvres contre les miennes.
Et comme la première fois, je me fige, mes yeux s'écarquillant.
Ses lèvres sont dures contre les miennes, sa langue essayant de se faire un chemin dans ma bouche. Il n'est pas doux comme la première fois, non, il est tout le contraire. Une de ses mains quitte ma joue et passe derrière ma tête pour me rapprocher encore plus de lui, si cela est possible.
Il se sépare seulement quelques secondes, reprenant un souffle, ayant juste le temps de murmurer ' s'il te plaît ' avant de reconnecter nos lèvres.
Je ne sais pas vraiment pourquoi je le laisse faire, mais surtout je ne sais pas pourquoi je commence à bouger mes lèvres contre les siennes. Ses actions sont brusques et agitées, les miennes douces et lentes. Et quand je lui donne accès à ma bouche je suis obligée de repousser l'image de Sam loin dans mon esprit.
Je suis dégoûtée de moi-même. Je forme des boules avec mes mains et me retient pour ne pas repousser Marc. C'est ce que je devrais faire, mais j'ai l'impression qu'il a besoin de ça.
Il se sépare enfin et pose son front contre le mien. Ses mains lâchent mon visage et il est probablement en train de me regarder mais je n'ose pas ouvrir mes yeux. J'essaye simplement de respirer normalement alors que lui aussi respire profondément pour regagner sa respiration.
" Je ne vais pas m'excuser pour ça, pas cette fois... " il chuchote, " je ne suis pas désolé Jade, je le voulais "
Je hoche la tête, avalant difficilement ma salive avant de me lever. Je n'arrive pas à croire que j'ai fait ça. Je ne l'ai pas seulement laisser faire, j'ai aussi participer à ce baiser, et ça me dégoûte parce que je ne suis pas comme ça. Je n'aurais jamais fait quelque chose comme ça d'habitude.
Je ne sais pas si c'est la pitié qui m'a fait faire ça, mais je n'ai aucune excuse. J'aurais dû le repousser, même après ce qu'il a vécus et ce qu'il vit en ce moment.
" Je vais devoir rentrer " je l'informe en remettant mon manteau, évitant tout contact visuel. " Appelles moi quand tu en as besoin, et si tu veux que je garde Lola quelques jours ça ne me dérange pas. Bonne soirée... "
" Non, non, attends " il me rattrape dans le hall d'entrée et me,prend délicatement le bras. " Je suis désolé, pas pour t'avoir embrasser, mais pour t'avoir forcer à m'embrasser en retour. J'aurais pas dû... "
" On peut oublier ça? "
" Ouais... Hum... Ouais, bien sûr. Merci d'être venue, et d'être là, encore. "
" Pas de problème. A plus tard Marc " je ne le regarde toujours pas et quitte finalement son appartement.
Je marche lentement sur le chemin du retour vers ma voiture, garé devant le cimetière. J'ai froid, mais d'une certaine façon j'aime ça. Je mérite d'avoir froid, je mérite ces claques que je reçois par le vent, comme pour me rappeler ce que je viens de faire. Malgré les circonstances, je n'aurais pas dû.
Et Marc, dire qu'il n'est pas désolé pour ce qu'il a fait? Qu'est-ce que ça veut dire?
Une fois installée dans ma voiture je lâche un profond soupir. Je reste assise dans le silence pendant une bonne dizaine de minutes, regardant devant moi, essayant de mettre de l'ordre dans ma tête. Je liste les choses que j'ai fait pendant ces derniers jours, et les choses que je dois faire maintenant.
Ce ne sont pas des choses simples et brèves, comme aller voir Annie ou Lucie. Il y a quelque chose que j'avais prévue de faire la semaine dernière mais n'avaispas pû le faire. Et toute cette semaine j'y ai repensé. Je reste sur ma décision.
Je monte le volume de la musique quasiment au maximum alors que je conduit vers la villa, essayant de me concentrer sur les paroles des musiques qui passent pour ne pas penser à Samuel et à ce que je m'apprête à faire. Ou à Marc et à ce que je viens de faire.
Je prend mon courage à deux mains et quitte la voiture après être restée assise à l'intérieur pendant quelques minutes, le moteur éteint, regardant notre maison. La porte n'est pas fermé à clé alors j'assume que Sam est à la maison, et je vois que j'ai raison quand j'arrive au salon.
Il arrête de tourner en rond quand il prend conscience de ma présence et je vois, ou peut-être que j'imagine ses traits de visage se détendrent.
" Tu es là " il souffle, plus à lui-même qu'à moi.
Je m'avance et me laisse tomber sur un coin d'un des canapés. Je relaxe un peu avec la chaleur, mes yeux se posant sur la cheminée allumée. Quelques secondes plus tard Samuel s'asseoit à l'autre bout du canapé et je baisse mon regard sur mes genoux.
Je me prépare à lui annoncer ce que j'ai prévue, mais le son de la télévision m'interrompt. Je relève la tête et m'aperçoit que Sam a mis en route un film. Un film d'animation plus précisément, ' Happy Feet '. S'est-t-il que c'est mon préféré?
Mais bon, je n'ai pas vraiment la tête à ça en ce moment.
Je baisse le regard sur mes genoux une fois de plus, mais je ne peux pas couper le son, et je connais ce film par coeur. Je ne peux m'empêcher de sourire et même de rire à certains moments, malgré moi.
Puis, les larmes me montent aux yeux et je me relève. Sam met le film en pause et me regarde avec ce qui semble être de la confusion ou de l'inquiètude.
" Je m'en vais Sam... " je murmure.
Je n'attend pas sa réponse et me retourne, quittant le salon rapidement. Je monte les escaliers et arrive à ma chambre, retrouvant ma valise là où je l'avais laissé. Frustée, je passe une main dans mes cheveux puis sur mon visage, avant de soulever la valise.
Sam me rejoint à ce moment et je redépose la valise au sol.
" Comment ça tu t'en vas? " il demande en me regardant dans les yeux.
" Je m'en vais... Juste, comme ça... Je ne vois pas le but de rester ici, et je ne veux plus vivre avec toi Samuel. Je ne suis pas capable... J'aurais déjà dû y aller la semaine dernière, après tout ce qui s'est passé entre nous. Je ne suis personne pour toi Sam, et - "
" Tu es personne pour moi? " il lâche un rire, " es-tu sourde ou stupide? Je fais que de répéter ' ma femme ' partout! "
Qu'est-ce qu'il lui arrive maintenant? Je croyais qu'il voulait que je parte...
" Devant mes amis, oui, ou devant Tyler ou Marc. Et devant tes amis Sam, qui suis-je? Personne, et je n'accepte plus que tu me traîtes de la sorte. J'ai pris ma décision, je ne veux plus rester avec toi. Plus maintenant. " j'affirme d'une voix ferme malgré les larmes qui menacent de couler aux coins de mes yeux.
Il reste en silence. Pendant un moment j'ai cet espoir qui naît en moi, cet espoir qu'il me dise quelque chose qui va tout changer. Cet espoir qu'il me dise que je compte pour lui, qu'il me prouve le contraire de ce que je pense.
Mais une fois qu'il ouvre la bouche, tout espoir disparaît avec la rapidité qu'ils sont apparues.
" Tu as raison... "
Je lâche un petit rire face à ma stupidité et secoue la tête avant de soulever ma valiser à nouveau. Sam se décale sur le côté pour me laisser passer, et baisse la tête.
J'atteins la porte et tend ma main vers la poignée de celle-ci au même moment où la voix de Sam parvient une fois de plus à mes oreilles.
" Jade attend... "
Je tourne seulement ma tête vers lui, attendant qu'il continue, ce qu'il fait après avoir lâche un profond soupir.
" Ne pars pas... "
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