3
TANYA。
Je m'étirais dans mon lit, dormir avant de retourner en France m'avait fait du bien. Le regard embrouillé, je saisissais d'une main la bouteille d'eau se trouvant sur la table de chevet et buvais jusqu'à qu'il n'en reste aucune goutte.
Quelqu'un toquait à la porte, je devinais que c'était Cynthia, il ne nous restait plus que quelques heures avant le décollage.
J'enfilais pas robe de chambre et ouvrait la porte mais ce que je vis me surpris.
— Bonjour, nous sommes venus vous apporter quelques entremets.
En voyant leurs badges, je devinais qu'ils étaient des personnels de l'hôtel.
— Je n'ai pourtant rien demandé, je leurs indiquais alors qu'ils avaient déjà pousser les chariots à l'intérieur.
— C'est un cadeau de la part de monsieur Kern.
Qui était ce fameux « Kern »? J'essayais de fouiller dans ma mémoire mais je n'arrivais pas à coller un visage à ce nom.
— Écoutez, je pense que vous vous êtes trompés de chambre.
L'un d'entre eux s'apprêtaient à me répondre mais ils se taisaient.
— Vous n'avez pas apprécié ce geste ?
Mais c'est pas vrai, encore lui !
— Vous pouvez me lâcher d'une semelle ? Je suis fatiguée de vous expliquer que vous ne m'intéressez pas.
Il fit un signe aux employés qui quittaient la pièce.
— Si je savais que vous seriez vêtue ainsi je serais passé devant votre chambre plus souvent.
Espèce de pervers narcissique !
— Vous savez que je peux porter plainte contre vous pour ce comportement de détraqué que vous avez ?
Je gardais fermement mes mains sur le vêtement que je portais.
Il fit un pas de plus près de moi, son sourire en coin me faisait comprendre que la situation l'amusait.
— Allez-y, essayez si vous parvenez à gagner le procès, je vous lâcherais.
— Vous ne savez pas ce dont je suis capable ! Je le défiais.
Il me tendait sa carte.
— Vous en aurez sûrement besoin pour entamer les procédures judiciaires.
Je ne l'a récupérais pas, je ne lisais même pas sa carte de visite et il le déposait sur mon lit.
— Et ce si dit, vous n'êtes pas du tout féminine, avec ces goûts vestimentaires de pauvres, j'ai presque pitié de vous.
Je n'avais pas fais des efforts pendant toute ces années pour qu'on me fasse des remarques de ce genre.
Je prenais d'une main le verre où se trouvait le cocktail et le lui balançait le liquide au visage.
— L'habille ne fait pas le moine, vous êtes peut-être riche mais vous n'avez rien dans le cœur et dans la tête. C'est moi, qui ai pitié de vous !
Je l'avais sûrement énervé, il m'attrapait vulgairement le poignet et me le bloquait sur le dos. Alors que je pensais qu'il allait m'insulter...Il m'embrassait à pleine bouche. C'était mon premier baiser et je ressentais quelque chose d'étrange se passer dans mon corps. Comme si tout mon être prenait feu, comme si des courants électriques se baladaient dans mon corps. Ses lèvres goûtaient les miennes, le goût fruité du cocktail me parvenait et alors que sa langue tentait d'explorer ma bouche, je lui mis un coup de pieds bien placé dans ses bijoux de famille et il se retrouvait plié en deux.
— Qu'est-ce que tu fais bordel de merde ?
— Ne me touchez plus jamais !
~
— Tanya ? Tanya ? Tu peux arrêter de tourner autour de ma maison et me laisser devant chez moi ?
Je clignais plusieurs fois des yeux.
— Pardon, tu disais ?
J'arrêtais le moteur de ma voiture devant chez Cynthia.
— Tu agis étrangement depuis notre séjour, quelque chose s'est produit ? Elle cherchait à m'arracher des mots de la bouche.
Il faut que j'arrête de parler de bouche...
Mes doigts allaient sur mes lèvres et je me perdais à nouveau dans mes pensées, pour qui se prends-y-il pour me voler mon premier baiser ? Je n'avais pas du tout envisagé cela ainsi.
— Non, c'est pas vrai ! Tu as embrassé quelqu'un ?
— Quoi ? Non ! Je m'exclamais.
Je refermais la portière et l'aidait à décharger ses valises du coffre.
— Viens prendre un café à la maison, Greg rentrera tard, comme ça tu me raconteras ce qui s'est passé, je sais que tu as besoin de partager tes appréhensions avec quelqu'un.
Je hochais la tête, elle était la seule personne à qui je pouvais faire totalement confiance, on se connaissait depuis plus de huit ans. Elle était là dans mes bons moment mais aussi lors des moments les plus difficiles dont j'étais contrainte de traverser.
Alors qu'elle préparait le café, je m'installais sur le tabouret. Elle paraissait choquée de ce que je venais de lui divulguer.
— Tu me dis que cet inconnu t'as embrassé contre ton gré ?
Je regardais mon reflet dans le liquide noir.
— Tu sais, je pense que c'est l'un des caractéristiques des personnes riches, ils croient qu'ils peuvent tout posséder, qu'ils peuvent jouer avec les filles comme si ces dernières étaient leurs poupées, je commentais.
— Tu m'étonnes ! Ce connard mériterait une bonne leçon ! Elle tonna.
Je jettais un coup d'œil à mon téléphone, un message de mon père descendait sur l'écran.
— Mais dis-moi, comment as-tu réagis ? Vu que tu as des problèmes relationnels.
Elle avait marqué un point important, il était vrai que j'étais très...pudique.
— Je ne sais pas, je me suis sentie étrange, comme si ce n'était pas...normal ?
Elle prenait mes mains dans les siennes, et me regardait dans les yeux.
— Crois-moi, tout ce qui est fait par amour est normal ma belle.
Nous discutions encore quelques temps puis je quittais sa maison pour me rendre chez moi. Je ne voulais pas y aller, par peur de rentrer en conflits avec certains membres de ma famille.
Je récupérais mes affaires et attendais devant le portail, je fermais les yeux et priais intérieurement pour que tout se passe bien.
— Papa, je suis rentrée ! J'annonçais.
Des engeulades émanaient du salon alors je m'y dirigeais.
— Tu ne sers à rien dans cette maison ! Un homme est censé prendre soin de sa famille et de satisfaire les besoins de sa famille ! Criait ma belle mère.
Depuis que ma mère était décédée, ce groupement de personne ne pouvait être qualifié de « famille ». Nous étions seulement un ensemble d'individus, vivant sous le même toit, mais l'amour, la compassion, le soutient, rien de tout cela n'y était présent.
— Maman, je n'ai pas que ça à faire à attendre, il y a une soirée demain, allons faire les magasins, tu as la carte de papa non ? Lançait ma demi-sœur.
Mon père n'avait plus un salaire depuis maintenant trois ans, auparavant, il avait sa propre entreprise de bâtiment, mais lors d'une chute accidentelle, sa jambe avait des lésions importantes, il vivait avec une jambe sous prothèse, il s'était marié avec ma belle mère par amour, mais j'étais persuadée que cette dernière n'éprouvait aucunement ce genre de sentiment vis-à-vis de mon père. Elle voulait seulement vivre avec lui pour son argent qu'il touchait par le biais de la retraite.
— Oh, tu es là ? Lily passait près de moi, en me poussant au passage. Elle me prenait de haut, j'étais habituée maintenant, elle avait fait une grande école d'architecte et excellait presque dans son domaine.
— Tu t'occuperas de ton père, on sort quelques heures, me disait froidement ma « mère ».
Lorsque la porte claquait, je me dirigeais vers lui.
— Tanya, ton vol s'est bien passé ? Il se levait et me prenait dans ses bras.
— Oui papa, tu vas bien ?
— Ah, tu parles de ça ? Ne t'en fais pas Lily est un peu stressé, apparement elle a un meeting important demain, tout les personnalités importantes seront présent, c'est ce qu'elle m'a dit.
Je soupirais, mon père avait un cœur en or, il était l'homme le plus gentil et bienveillant que j'eu a connaître, mais ce qui m'était insupportable, c'était que les gens profitaient de lui !
— Regarde ce que je t'ai pris ! Je lui sortais un cadeau emballé de mon sac.
— Tu n'en a pas assez de m'offrir des cadeaux à chaque fois que tu pars dans un pays ?
Je tentais de le rendre heureux, il n'avait jamais eu l'occasion de voyager à cause des horaires infernaux de son travail et maintenant, il lui était impossible à cause de ses traitements et de sa condition physique, je pouvais au moins lui faire plaisir de cette façon...
— Une montre ? Il enlevait l'objet des nombreux papiers qui l'enveloppait.
— Je sais que tu n'en a jamais eu.
Il avait les larmes aux yeux, il me déposait un baiser sur la joue en me répétant « merci ».
Alors que mon téléphone vibrait dans la poche de mon jean, je déverrouillais l'écran.
— J'ai entendu que tu étais en vacance, que dirais-tu de sortir ce soir ?
La voix masculine à l'autre bout du fils me fit sourire.
— C'est d'accord.
Avis ? ❤️
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