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TANYA。

Installés sur le canapé, une enveloppe posée sur la table basse, on se regardait sans se parler. Il ne m'avait aucunement éclairé sur le contenu de cette enveloppe, fallait-il que je déchiffre de moi-même ?

Il déposait un stylo à encre devant moi, je biglais carrément, il fallait qu'il m'explicitait ses pensées.

On va faire un contrat, toi et moi, il chuchotait enfin.

Pourquoi faire ? Je rembobinais.

Tu vas bénéficier de nombreuses affaires durant ce temps où nous allons agir ensembles pour que tu puisse récupérer ton dû et te venger. Je veux juste m'assurer que tu suis certaines règles à la lettre, pour notre bien à tout les deux. Il monologuait tout en sortant le papier du paquet dans lequel il était préalablement stocké.

Je croisais les jambes et le regardait en prenant le stylo entre mes doigts mais je m'arrêtais net. Une question me brûlait les lèvres.

Qu'est-ce que tu gagnes de tout ça, ne me dit pas que tu fais tout cela parce que tu as un bon coeur, je ne pourrais pas te croire.

Un air d'amertume s'était posé sur son visage, ses yeux se remplissaient en un rien de temps, il serrait ses poings et ses phalanges avaient prit une couleur blanchâtre.

De dehors, j'ai l'air d'être une personne comment ? Sans aucun problème car je détiens beaucoup d'argent, parce que je viens d'une famille aisée, nous avons des raisons qui nous sont propres.

Que cachait-il ? Pourquoi ne voulait-il pas se débarrasser de se poids qui semble le faire souffrir, en le partageant avec quelqu'un d'autre ?

Reprends-toi Tanya,
tu n'es pas sa meilleure amie.

J'écrivais sur le papier, j'avais décidée d'ajouter une clause à notre contrat. Il fallait que je sois préventive, je ne savais pratiquement rien de lui.

Qu'est-ce que tu fous là alors ?

J'avais signé le contrat et il avait fait de même.

— « Pas de contact physique entre les contractants? »  , il semblait retrouver son sourire en coin.

Je ne te connais pas très bien, c'est le minimum que je puisse te demander.

Il se grattait l'arrière de la tête, il pliait le contrat et le rangeait dans l'enveloppe brun.

Je te comprends, ta confiance envers les gens de ton entourage a dû être brisée avec tout ce qu'il s'est passé, mais petit à petit, tu vas te reconstruire, tu verras.

Je rêve ou il me rassure ?

Comment doit-on procéder ? Je lui demandais, impatiente de retrouver mon chez-moi.

Allons d'abord voir tes vêtements.

Quelques minutes passaient jusqu'à que j'enlève mes vêtements de ma valise, je lui montrais et il les inspectais un par un, il ne semblait pas les apprécier.
Il les jugeait très « simple » et « minimaliste » alors que moi je trouvais que j'avais plutôt un bon goût vestimentaire.

On doit rapidement faire les courses, tu n'as rien à mettre de potable.

Je croisais mes bras.

C'est l'homme qui se pointe en survêtements  le jour de son vol qui me fait des remarques idiotes sur mes goûts ?

— C'est un chef d'œuvre d'un grand couturier italien, tout ceux qui sont issus de la bourgeoisie reconnaîtront à cent pour-cent cette marque, il se justifiait directement, offusqué.

~

— Tu n'aimes pas ?

Il grimaçait alors que je soufflais fatiguée, des vendeuses m'observaient avec envie et d'autres discutaient avec Jakob, elles lui conseillaient certaines pièces, ce dernier les écoutaient d'une oreille distraite, trop intéressé par son téléphone.

Il se levait et faisait un tour dans la boutique et pontait quelques vêtements aux dames.

Tu mets du combien ?

— Du 38 pourquoi ?

Il faisait signe aux vendeuses de tout mettre dans les sacs, je m'avançais et m'opposais.

Qu'est-ce que tu crois faire ?

— Je renouvelle ta garde robe pourrie, il me disait sans aucune once de respect.

Je fermais essayant de canaliser ma colère.

Je ne veux pas de ton argent.

On fait tout cela en fonction du contrat, calme-toi, il réussissait à me calmer.

Alors que Jakob parlait avec une veille femme en caisse, je m'en allais me changer.
« Je ne vois pas pourquoi elle en fait tout un plat, moi un homme va m'offrir des cadeaux et je vais refuser, suis-je folle ? » j'entendais derrière la cabine d'essayage.

Je finissais d'enfiler mes baskets et ressortaient, deux filles discutaient en faisant mine de ranger les articles.

Tu n'es peut-être pas folle mais tu es bel et bien conne.

Mon visage ne faisait paraître plus aucun sentiment, j'étais démoralisée, je partais en avance et m'installais dans la voiture en l'attendant alors que le chauffeur mettait l'ensemble des sacs dans le coffre.

Pourquoi tu ne m'as pas attendue ? Je t'aurais emmené chez le coiffeur aussi, il avait refermé la portière.

Je regardais le soleil brûler ma peau pendant qu'il parlait, je l'ignorais, ma fierté avait prit un certain coup après avoir entendue les commères.
Devrais-je me taire et profiter des gens ? Quel genre de mentalité était-ce ?

Ce n'est pas l'argent qui fait l'homme, Monsieur Kern.

Il soufflait.

Je le sais très bien Tanya, s'est-il passé quelque chose ?

Je secouais la tête, la tête douloureuse.

Je compte participer à un dîner de famille et j'aimerais que tu y assistes. Pendant ce dîner, je vais te présenter à ma famille comme étant ma petite amie.

La bouche entrouverte, il m'empêchait de parler et poursuivait.

La dernière fois, mon père t'as vu, il a insisté.

Jouer sa petite amie m'enchantait guère, je n'avais jamais été en couple, comment allais-je savoir comment me comporter ? Je n'osais même pas relever cette problématique par peur qu'il me donne des cours en direct, cette journée m'avait assez fatiguée ainsi.

Je regardais par la fenêtre, mon passe temps préféré, la voiture roulait en direction de la maison de Jakob et je redoutais déjà le dîner.

Allons distribuer de faux sourires, je me suis trompée de métier, j'aurai dû être un clown...

La voiture freinait soudainement et par réflexe, ma main se posait sur le cuir se trouvant entre moi et Jakob, il avait sans doute eu le même réflexe parce qu'une chaleur se posait sur ma main.  En effet, j'avais eu raison, je retirais subitement ma main.

Il paraissait dérouté, le chauffeur s'excusait en se plaignant d'une moto l'ayant doublé par la droite.
Jakob ne lui faisait aucune reproche.

Mon cellulaire vibrait à l'intérieur de la poche de ma veste, je décrochais une boule au ventre.

— Il faut qu'on ai une discussion Tanya, si tu viens, je saurais que tu tiens encore un peu à moi.

Jakob me toisait, comme s'il s'attendait à ce que je refuse.

J'arrive.

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