Chapitre 1-1
Je lance un regard circulaire. Incroyable. La saison du chocolat chaud et des guimauves est bien installée. Et l'on pourrait presque observer toutes ces douceurs dégouliner de leurs yeux. Même Mme Mussot, sur l'estrade, affiche un sourire sucré. Noël ? Non. Tout comme moi, elle est simplement ravie de cette trêve hivernale, car bientôt la sonnerie va s'égosiller et nous serons tous libres.
Je suis exaspéré. Même Miss Pom-pom, au dernier rang, se montre mielleuse, sérieuse et fidèle, dans sa jupe plissée la couvrant parfaitement jusqu'au bas des genoux, son chemisier complètement boutonné et ses socquettes bien ajustées. Quelle comédie. Nous savons tous qu'elle se tape trois gars en même temps. Même eux le savent. Elle ne sait pas encore sur quel cheval miser. Le fils du politicien ? Celui du PDG d'une des plus grandes firmes du pays ? Ou celui d'une proche royauté ? Heureusement, n'étant que le fils de ma mère, directrice d'une importante colonne des forces de l'ordre du pays, je ne suis pas l'un des lots à gagner. Je ne suis pas un substitut de diplôme à remporter. Celui qui l'entretiendra et lui assurera abondance et tranquillité en de diverses pensions, souvent alimentaires, pour des gamins dont elle ne s'occupera guère. Miss Pom-pom bosse activement sur son avenir. Si j'étais elle, j'éliminerais de mes choix le fils du politicien et l'héritier de la grande firme. Pour les avoir vus nus dans les vestiaires, ils devront compenser toute leur vie avec une grosse bagnole. Pourquoi suis-je si amer ?
Driiiiiiiiiiiiing
Enfin ! Sous une liesse intime que je ne partage finalement qu'avec moi-même, je range mes affaires et me dirige sans empressement hors du bahut. Je regrette les cris, la joie, les courses au-dehors que je partageais jadis, quand j'étais dans un établissement public. Quand ma mère avait un job normal. Entre temps, sa carrière s'est envolée en un tourbillon de médailles d'honneur et de congratulations idolâtriques, car elle a résolu l'affaire du siècle. Elle travaille à présent dans un gigantesque bureau climatisé au sommet d'une tour, à faire régner terreur et respect au sein d'un bureau d'investigation où tous se mettent au pli face à elle. OK, j'exagère un peu, elle n'est pas aussi terrifiante que cela. Quoique...
En tout cas, j'étudie ici depuis deux ans suite à ces promotions, et c'est loin d'être la joie.
— Passe de bonnes vacances Jin, crient en choeur Dean et Marty, en me faisant signe.
— Ouais, ouais, réponds-je en daignant les saluer parce que je les aime bien.
Je les aime bien mais je les déteste un peu. Ces deux abrutis sont aussi en mode chocolats et guimauves, d'autant plus qu'ils vont pouvoir s'envoyer en l'air sans stress pendant plus de quinze jours. Finalement, je les déteste complètement. Les seuls rendez-vous que j'aurai seront encore avec les cinq mêmes gars : pouce, index, majeur, annulaire et auriculaire.... droits.
Sur mon skate-board, je baisse la tête en longeant les vitrines animées et décorées. J'augmente aussi le volume de mes écouteurs pour fuir les chants jovials environnants, et traverser sain et sauf le périple anti-morosité installé, que dis-je, "imposé", par la ville pour les fêtes. Je suis clairement pressé d'arriver chez moi pour m'enfermer et avoir la paix. Enfin, presque. À la vue de notre façade, je peux affirmer qu'elle engloutit à elle seule la moitié de la consommation d'énergie de la ville tant elle scintille. Je m'installerais devant, je bronzerais ! J'abandonne mon sac, retire mes chaussures et vais m'affaler sur le canapé en repoussant sans ménagement les jambes de ma soeur Isabel. Je me sens enfin bien et m'endors comme tout adolescent jeune et vigoureux de mon âge.
Soudain, je me redresse, agressé par des dialogues ulcérants.
— M-mais c'est quoi ça, Isa ?
— Une bluette de Noël. Pourquoi ?
— Une... une bluette ! Zappe de suite !
— Même pas dans tes rêves ! Tu n'as qu'à aller ruminer dans ta chambre et me laisser finir ma bluette. J'aime les bluettes. C'est beau.
— C'est débile. T-tu es consciente que ce genre de chose n'arrive jamais ? Jamais, Isa !
— Elles me réchauffent le coeur.
— Va prendre un bain, il te réchauffera pareil ! Ce sera du concret au moins.
— Tu es infernal. Tous les ans tu nous gonfles. Ce sont tes hormones frustrées que tu devrais aller détendre dans un bain.
— T-tes feuilletons sont débiles. La fille est triste, seule, malheureuse, et BAM, comme par hasard, elle tombe sur le gars beau, riche et parfait, dont on ne comprend pas d'ailleurs pourquoi il est toujours célibataire. Et puis, BAM de nouveau, ils tombent amoureux. Incroyable, hein ! Car oui, c'est Noël et oh t-tout est merveilleux. "Marions-nous avant le jour de l'an, soyons niais jusqu'au bout !" Dans la vie, cela n'existe pas ! À moins que ce ne soit un psychopathe caché, je te le dis, ce n'est pas possible.
— Tu es soulant. Je ne l'avais pas vue.
— M-moi non plus mais c'est tellement prévisible. Change de chaîne.
— Non. Et arrête de t'énerver pour rien, tu recommences à bégayer.
Je me penche et tente de changer de chaîne.
— Tu ne zapperas pas, hurle-t-elle en agrippant la télécommande.
S'en suit la bagarre sanguinaire quotidienne où elle crie, je crie, je tire ses cheveux, elle mord mon bras et griffe mes mains pour sauver sa télécommande. Classique et habituel.
— Ce n'est pas croyable ! s'écrie ma mère depuis le hall.
Je l'ai entendu rentrer, mais la bataille est trop importante pour la reddition.
— Arrêtez ! Assez ! Il ne se passe pas un soir sans que vous ne vous chamailliez.
— Aïe lâche ma mèche, crie la peste sous moi.
— Aïe. S-sors d'abord tes ongles de sorcière de mon bras. Et surtout, abandonne cette télécommande !
— STOP ! hurle maman qui ne hurle jamais, ce qui a le don de nous stopper net.
Nous nous redressons pour la regarder, figés, en suspens dans notre combat. Et ce que je découvre... j'en perds mes mots, mes cris, ma colère... ma télécommande.
Il y a ce gars avec elle ? Jusqu'alors, je ne l'avais toujours vu qu'aux infos ou en photo. Ma mère
nous a tellement parlé de lui. Je bloque dessus et le détaille de la tête aux pieds, sans retenue. Il est immense. Son tee-shirt manches longues moule parfaitement ses bras et son torse : puissants et bien dessinés. La barbe de trois jours qui encercle sa mâchoire carrée fait ressortir ses lèvres rouges et charnues, ainsi que ses yeux d'un vert immaculé. Ses cheveux noirs, rasés sur les tempes mais tirés en chignon farfelu, lui donne un air moins sérieux que sa carrure laisse à ...
— Jin ! Jin ! s'agace ma mère.
— Quoi ? râlé-je en sortant de mon blocage sur le mâle qui l'accompagne.
— Cela fait une minute que je te demande de te lever, d'être poli et de saluer le Capitaine Rease.
Je me redresse en libérant la touffe de cheveux de ma soeur que j'empoignais toujours. Face à lui, je me trouve microscopique.
Lui : immense, baraqué, dur, sûr de lui, viril, carrure de hockeyeur.
Moi : petit, fin, mou, regard abruti, viril (oui, je le revendique), carrure de geek.
— E-enchanté, Capitaine Rease, marmonné-je en tentant de soutenir son regard.
— Enchanté, répond-il d'une voix grave.
Je sais qu'il travaille actuellement dans l'une des équipes de ma mère. Je le sais grâce à des brides de conversations que mon cerveau capte quand elle parle de lui.
— Je vous avais prévenus que le Capitaine venait ce soir et vous me faites honte, gronde encore ma mère.
— C'est elle qui a commencé, murmuré-je.
— Ravie de vous rencontrer, Capitaine, chantonne ma soeur en me poussant. Maman nous a souvent parlé de vous. En bien.
Fayotte !
— Dans vos chambres !
Maman dit, on s'exécute. Elle aurait pu s'appeler Jacques. Ulcéré de le quitter déjà, je lève les yeux au ciel et abandonne les lieux à reculons, presque au ralenti. Et comme à chaque fois qu'il se passe quelque chose de passionnant dans ma vie, c'est à dire pas souvent, je prends mon portable pour tout raconter à Dean.
— Quoi ? râle-t-il alors que je n'ai encore rien dit. Si c'est encore pour me demander de déclencher une pétition car il y a beaucoup trop de pères Noël dans les rues : NON.
— Ce n'est pas cela. Il y a ce type en bas, dans le salon.
— Il a une tronçonneuse ?
— N-non, réponds-je, agacé, car il ne me laisse pas en placer une.
— Alors ce n'est pas important. Ciao.
— Attends !
— Je suis en train de faire les boutiques avec Marty, ça ne peut pas attendre ?
— Non.
— On t'écoute, soupire-t-il.
— L-le gars au salon...
— Sans tronçonneuse...
— Oui. C'est... le fameux Rease.
Ma voix monte dans les aigus plus que je ne le souhaite.
— Pas possible, murmure-t-il. Il existe vraiment, alors ? Fais-nous rêver, il est comme on l'a vu aux infos ?
— Oui. Mieux même. C'est officiel. Je veux cet homme ! Il sera à moi.
J'entends Marty pouffer.
— OK, il est peut-être beau mec, mais c'est un agent de ta mère. Et un vioc.
— Non... Il doit avoir 28/30 ans à tout casser.
— Mais il bosse avec ta mère. C'est un adulte !
— Comme moi ! Je suis majeur.
— Mais pas mature !
— Il est parfait. E-en plus, je l'ai bien regardé, et je crois que c'est un dominant.
Je perds mes amis qui rient pendant cinq bonnes minutes, mais je patiente. Il n'y a qu'eux qui savent que je suis gay, et sont ainsi par défaut les seuls à qui je peux me confier.
— Tu fantasmes déjà en l'imaginant vêtu d'un pantalon serré et armé d'un fouet ou autres objets de torture sadomasochiste. Il y en a, ils voient le mal partout. Toi, ce sont des dominants que tu vois partout.
J'entends encore Marty hoqueter dans son rire.
— V-vous ne comprenez rien. Je flashe sur lui depuis des années et je le rencontre enfin pour la première fois aujourd'hui. Mon souhait de l'an dernier est en train de s'exaucer. J'avais demandé un Dom. C'est un signe. Il ne me reste plus qu'à tenter une approche.
— Arrête de lire tes livres BDSM. Ils endommagent ton cervelet. Si tu veux des claques, nous voulons bien t'en filer Marty et moi. Gratis. Même qu'on te paierait pour le faire.
— Vous savez qu'avoir un Dom est mon fantasme ultime.
— Tu n'as rien d'un soumis, Jin. Tu ne supportes même pas qu'on te dise quoi faire.
— S-si c'est lui qui ordonne, je ferai. Tout ce qu'il voudra.
— Tu es complètement inexpérimenté en sexe et tu veux du SM ?
— Ça me plait. Et il pourrait m'apprendre.
— Il bosse avec ta mère ! Il la connait. Et il est certainement ni gay, ni branché BDSM. Tu planes, redescends. Commence par sortir avec un mec du bahut, à ton niveau, ou par simplement sortir du placard. Tiens pourquoi pas ! Sortir du placard. C'est une bonne idée, non ?
— J'essaie d'être optimiste et vous me brimez. Ne râlez plus que je râle tout le temps.
Je raccroche, incompris.
À chaque réveillon, j'espère que l'année nouvelle m'apportera tout ce que je désire. Et onze mois plus tard je réalise que rien n'a changé. Encore. Voilà le secret de ma mauvaise humeur.
Pourtant, je ne désire pas grand chose. Simplement deux.
1/ Avoir le courage de sortir du placard.
2/ Trouver un dominant pour mes fantasmes sexuels grandissants.
Quand j'ai eu un doute sur ma sexualité, je me suis lancé dans la lecture d'homoromances. Non seulement ces livres m'ont conforté sur le fait que "oui, je suis gay", mais je les ai dévorés. Particulièrement ceux mettant en scène des relations SM ou des agents des forces de l'ordre. J'en possède une bonne collection, cachée dans ma chambre. Et j'en rêve. Ce Rease est un mélange parfait de tous.
— Jin, à table ! crie ma mère.
Je planque mon bouquin dans sa cachette, puis descends, plus frustré que jamais.
Et Seigneur, il est toujours là : Maître Dom. Je décide de l'appeler ainsi, ce sera mon petit secret intérieur.
— Il... il mange ici ? baragouiné-je à ma mère, partiellement conscient que tout le monde m'entend.
— Oui, souffle-t-elle, agacée. Ce sera l'occasion de discuter et d'apprendre à mieux nous connaitre.
Je m'assieds face à lui. J'essaie de ne pas paraître timide, bien qu'il m'intimide.
— Vous avez quel âge ? demande ma soeur, sans gêne.
— Isabel, ne sois pas indiscrète, gronde Maman.
— Tu as dit à l'instant : "Ce sera l'occasion de mieux nous connaitre". Je m'informe.
Il sourit.
— J'ai 30 ans.
OK, j'en ai presque 19. En balayant, cela ne fait que dix années d'écart à tout casser. Mon cerveau calcule. Quand il en aura 40, j'en aurai 30. Quand il en aura 50, j'en aurai 40... Parfait ! J'aime les hommes mûrs.
— Vous êtes jeune pour un Capitaine.
— Il n'y a rien d'extraordinaire. Je fais mon job et je le fais bien.
— Vous savez, continue ma soeur, il y en a qui ne réussissent pas aussi bien et rapidement, et qui restent en quelque sorte... dans un placard. "Placard", tu connais les placards, Jin ?
— Ta gueule, soupiré-je.
J'entr'aperçois Maître Dom me fixer, je m'en tortille en fixant ma fourchette.
Isa se doute de ma sexualité et elle n'en rate pas une pour me mettre mal à l'aise ou m'encourager. Vu qu'elle est perfide, je penche plutôt pour l'option numéro une.
— Quel âge avez-vous ? demande-t-il d'une voix rauque, sûrement pour retourner la politesse.
— 17, ment-elle. Jin 18.
— Apprends à compter, rétorqué-je. Tu en as 16 et j'en ai 19.
— Tu en as 18, insiste-t-elle.
— Presque 19, tandis que toi, les 17 sont loin !
Il sourit. Je me demande s'il se moque. Bien sûr qu'il se moque ! Du coup, j'en fixe de nouveau ma fourchette.
— En quelle classe es-tu, Jin ?
Il a prononcé mon prénom. Il est parfait, sorti de sa bouche. Il est une invitation à la débauche.
— J-je suis en dernière année de lycée. Je... J'ai redoublé, mais depuis je m'en sors mieux. J'ai de bonnes notes.
Je garde pour moi le fait que j'ai eu du mal à m'intégrer dans mon nouveau bahut, quand il a fallu me changer d'établissement car Maman devenait un personnage public important et que c'était plus prudent. Je ne parle pas non plus du fouillis que la révélation de mon homosexualité par mon corps à mon cerveau a créé en moi. Ces deux événements combinés ont coulé mes notes. Et puis... j'ai envie de me gifler. Je lui parle de notes comme un adolescent alors que j'essaie bêtement de pécher cet homme que je ne pourrai d'ailleurs jamais pêcher ni avoir, car mon hameçon est trop petit. Quand je parle d'hameçon, je parle de mon corps en général. Mes attributs génitaux sont de taille tout à fait respectable.
Il me faudrait quelque chose pour paraître plus mature.
— Qu'envisages-tu de faire plus tard ?
Quelle belle perche. Mais aucune idée. Je n'en sais foutrement rien. Pour le moment, mes seules ambitions sont d'aller au lit finir ma dernière homoromance et trouver un mec, sans avoir à sortir de ce placard dans lequel je suis confortablement caché. Réfléchis, Jin, réfléchis. Un truc mature et sexy...
— J'aimerais faire partie de l'armée, ou des pompiers, ou de... la police. Le SWAT par exemple. P-parfait, oui.
Dean et Marty ont raison, j'ai clairement lu trop de bouquins avec des militaires. Je me suis enflammé. D'ailleurs, mes parents me fixent, ahuris de découvrir cette vocation en même temps que moi.
— Tu t'es inscrit quelque part ? répond-il.
— Non. Je suis bien trop petit, pas assez musclé et je n'ai absolument aucune endurance.
Je grimace. Je suis stupide ou je le fais exprès ? Je suis censé me vendre, pas me dévaloriser. Le "petit" peut encore passer car il a des yeux pour le constater et qu'avec mon souhait de devenir son soumis, cela match parfaitement. Le "pas assez musclé", cela passe encore. Mais le "absolument aucune endurance"... Arrachez-moi la langue !
— Avant de rejoindre l'armée, je n'étais pas très grand et plutôt grassouillet. Pour ce qui est de la taille on ne peut rien y faire, la croissance suit la génétique. Mais pour les muscles, c'est une question d'entrainement et de motivation.
— L'armée... répété-je bêtement, ne retenant de ce court discours que le "avant de rejoindre l'armée".
— Oui. À 15 ans je suis entré en école militaire. Puis j'ai vite évolué et trouvé ma voie.
— C'est dangereux ? demande Isa. Je m'inquiète souvent pour Maman. Même si maintenant elle n'est plus sur le terrain.
Je n'écoute pas trop ce qu'ils se racontent. Je tiens ma tête entre mes mains et tente de ne pas divaguer. Il possède certainement encore de vieux treillis militaires, en plus de son arme de service et de ses menottes.
— Oui, je gère plusieurs équipes, certaines d'assaut. Je mène surtout des enquêtes et suis souvent sur le terrain. Cela peut être dangereux. Le danger fait partie du métier.
Il est parfait. Un rêve éveillé. Faut que j'arrête mes fantasmes, je me fais du mal.
— I-il parait que j'ai du talent pour parler et que je pourrais vendre des glaçons aux esquimaux. Je vais peut-être me diriger vers une école de commerce, murmuré-je.
— Bien, s'extasie mon père, soulagé que j'abandonne aussi facilement mes idées grandioses militaristes.
— Tu bégaies ! s'agace ma soeur.
— E-et alors !
— Si ce que tu désires est d'être... hum... dans l'armée ou une institution de ce genre, tu ne devrais pas baisser les bras aussi vite, déclare Maître Dom.
— C'est vrai, fayoté-je.
— J'ai le week-end. Si tu veux, demain matin, je passe te récupérer pour aller courir. Ainsi, tu pourras me poser des questions sur l'armée, les différentes institutions et l'entraînement.
J'ai la bouche grande ouverte alors que Isabel pouffe. Je hais le sport et notamment courir. Pour moi, "courir" est une option du corps humain uniquement destinée à fuir, s'échapper, dans nos fonctions "instinct de survie".
— OK, articulé-je péniblement.
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