Chapitre 4

Bonne lecture ;)

Lorsque la dernière heure de la matinée sonna, Sam n'étais pas dans le couloir. J'attendis quelques minutes pour voir s'il allait venir mais toujours rien. Il m'avait dit qu'il avait littérature en m'accompagnant à ma salle et que son professeur avait tendance à déborder un peu sur les heures, pourtant au bout de vingt minutes je sentis que quelque chose clochait. Je me rendis d'abord devant sa salle, qui était vide, avant de froncer les sourcils. Il n'y avait personne dans les couloirs et plus aucun bruit. Je sortis mon téléphone de ma poche en remerciant silencieusement Alhena d'avoir préenregistrer les numéros et composais celui de Sam. Je relevais la tête en entendant une sonnerie toute proche et tendis l'oreille. Elle venait des toilettes sur la gauche mais le bruit cessa avant que je ne puisse en être sûre. Lorsque je rappelais je tombais directement sur la messagerie. J'entendais du bruit derrière la porte des toilettes pour garçons et je m'adossais au mur en attendant que Sam en sorte. Lorsque plusieurs rires étouffés arrivèrent à mes oreilles je me redressais en fixant la porte. Il ne me fallut que trois seconde pour prendre une décision et entrer. Je tombais nez à nez avec l'un des garçons de l'autre jour pendant que les deux autres se trouvaient de chaque côté de Sam...

-Tient mais c'est la mystérieuse copine, s'écria le blond, Josh, tu t'es trompée de côté je crois ma belle.

Avec ses lunettes de travers et son visage rouge, Sam ne semblait pas avoir passé un bon moment avec ses « copains ». Je serrais les dents en sentant mes doigts s'échauffer avant d'expirer doucement.

-Sam on y va.

Celui-ci tenta d'esquisser un mouvement mais Josh mit un bras en travers de son torse et lança un regard à ces copains pour s'assurer qu'il ne bougerait pas.

-On est en pleine conversation entre mecs là, alors si tu allais voir ailleurs pendant quelques minutes puis je t'emmène manger un morceau, déclara le blond avec un clin d'œil à mon attention.

Ces copains pouffèrent alors que je dévisageais Josh de haut en bas. Je le contournais pour attraper le bras de Sam et sentis une main se poser sur mon épaule pour me tirer en arrière. Il ne m'en fallut pas plus pour réagir. J'attrapais le poignet du garçon en me retournant et effectuais une torsion avant de le pousser dans une cabine. Les deux autres me regardèrent avec des yeux ronds mais reprirent rapidement leur esprit. L'un des deux aida leur ami pendant que le deuxième s'approchait de moi. Sam en profita pour se faufiler jusqu'à moi et tira mon bras vers l'arrière pour sortir des toilettes.

-C'est quoi ton problème, cracha Josh en se redressant.

-Je n'en ai aucun, mais ça risque d'être le cas si vous vous en prenez encore à lui.

-Chloé arrête, murmura Sam en me tirant le bras.

Les trois brutes éclatèrent de rire puis le chef s'avança.

-Je crois que tu n'as pas compris comment ça marchait ici, ma jolie.

Il s'approcha encore un peu en levant le bras mais je ne le laissais pas finir et lui balançais mon poing dans la figure. Son nez craqua sous le coup de l'impact et du sang se mit à gicler partout. J'étais prête me charger des deux autres mais Sam réussit à m'extirper hors des toilettes. Il ne fit pas attention en me tirant dehors et je percutais de plein fouet quelqu'un.

-Tu peux pas faire attention, grogna une voix que je reconnus.

Je relevais la tête et rencontrais le regard si particulier de l'étoile. Sam continua de me tirer en arrière alors que l'autre nous dévisageait. Nous tournâmes dans un autre couloir et descendîmes rapidement les escaliers avant de rejoindre le parking. Ce n'est qu'une fois devant la voiture qu'il me lâcha pour se prendre la tête entre les mains.

-Pourquoi tu as fait ça, s'écria-t-il, au bord de la crise de nerfs ?

- La vraie question c'est pourquoi tu les laisses te traiter comme ça, observais-je en m'adossant à la voiture, nonchalamment.

-Ils m'ont juste un peu bousculé, répondit-il en évitant mon regard.

-Tu mens.

-Pardon !?

-Ce n'est pas grave, ne me dit rien. Tu seras peut être plus bavard avec ton père.

Sam devint livide en moins d'une seconde et se mit à bafouiller.

-Tu ne peux pas faire ça, ils feront de ma vie un enfer. Encore pire que ce qu'ils vont me faire maintenant grâce à toi ! Ils m'ont juste demandé de faire leurs devoirs, c'est tout !

Un merci me semblait plus approprié mais ce n'était visiblement pas à ça que pensait le petit fils d'Eléonore.

-Et de toute façon comment tu as fait ça ?

Là c'est moi qui me refermais comme une huitre. Bien évidement Sam le remarqua immédiatement et se dépêcha de s'engouffrer dans la brèche.

-Ce n'est pas grave, tu seras peut être plus bavarde avec mon père.

Je me retins de pouffer de rire et me contentais d'un regard septique dans sa direction.

-Josh est le capitaine de l'équipe de foot et son père avocat, tu devrais vraiment flipper, affirme-t-il.

Je haussais les épaules, pas le moins du monde intimidée.

-Je suis sérieux !

-Parce que tu crois vraiment qu'un garçon comme Josh ira se plaindre qu'une fille de cinquante kilos lui a pété le nez ?

Ce qui me fit penser qu'il fallait que je prévienne Alhena. Je lui envoyais un rapide message sans expliquer pourquoi exactement Sam était le souffre-douleur de ces garçons. Je grimaçais en voyant son nom s'afficher à peine une minute plus tard sur mon écran. Je jetais un coup d'œil à Sam qui n'avait pas cessé de me regarder et je rangeais mon téléphone dans mon sac. Mieux valait être seule lorsque ma gardienne exploserait. Je déverrouillais la portière conducteur et m'installais derrière le volant mais Sam m'empêcha de la refermer.

-Que faits-tu ?

-Je pars, tu viens ?

-Mais... les cours ne sont pas terminés. Et puis si tu t'en vas maintenant, imagine le mensonge que Josh va raconter sur ton compte.

Je savais que je devais me comporter comme une ado normale mais Josh était une brute et je me fichais royalement de ce qu'il pouvait raconter sur moi. Sam me fit des yeux de merlan frit et je soupirais avant de sortir de la voiture.

-Très bien.

Heureusement que je n'avais plus que deux heures de sports l'après-midi parce que je n'avais qu'une seule envie, partir loin d'ici. Après un rapide détour par la cafétéria pour prendre un sandwich, Sam me conduit au gymnase et m'abandonna sur place. Il devait rejoindre le club de maths pour une réunion et ne pouvait pas patienter avec moi. Je mangeais donc sur un banc à proximité, à l'ombre des arbres, lorsque mon téléphone vibra de nouveau. Après un soupir je décrochais, sans pour autant l'approcher de mon oreille. Mieux valait être prudente.

-Tu as perdu la tête !

Je fermais les yeux quelques secondes alors qu'Alhena continuait de hurler dans le téléphone. Heureusement que je ne l'avais pas contre l'oreille car je serais déjà à moitié sourde.

-A tu la moindre idée de ce qu'il se serait passé si tu avais dérapé ?!

-Je me suis contrôlée, et de toute façon je n'allais pas le laisser me frapper sans réagir.

Mon argument fit mouche et elle ne dit rien pendant une ou deux minutes.

-Ne quitte pas j'ai un double appel, finit-elle par dire avant de me mettre en attente.

Je fixais l'appareil, stupéfaite en secouant la tête.

-Tu ne l'as pas raté, déclara une voix dans mon dos.

Je sursautais en lâchant presque l'appareil et raccrochais. Si Alhena apprenait que des étoiles se baladaient dans mon lycée et que j'avais frappé Josh le même jour, elle allait frôler la crise cardiaque.

-Il l'a bien cherché, répondis-je en haussant les épaules.

-Les autres voulaient venir se présenter mais je voulais d'abord vérifier que tu n'étais pas une traqueuse.

Je me raidis presque immédiatement sur place avant de le dévisager. Combien étaient-ils au juste ?

-Si j'étais une traqueuse tu serais déjà mort.

Un sourire moqueur se dessina sur ses lèvres, à croire que ce que je disais était drôle.

-Je crois surtout qu'une traqueuse n'aurait pas pris la peine de défendre un humain.

Mon téléphone sonna dans ma main mais je l'ignorais. L'étoile me fixait droit dans les yeux, comme s'il essayait de sonder ce qu'il y avait de plus profond en moi.

-Et puis tu as eu l'air vraiment surprise de voir que tu n'étais pas la seule ici, continua-t-il, songeur.

Je me relevais d'un bon, n'appréciant guère son analyse et attrapais mon sac.

-Peut-être parce que je n'aime pas les autres étoiles.

J'étais déjà en train de m'éloigner lorsque je l'entendis crier dans mon dos.

-Ou bien peut être que tu caches quelque chose.

Je resserrais ma prise sur mon sac en me concentrant pour ne pas m'arrêter. Je savais que si je me figeais sur place il aurait la preuve que son accusation était vraie. Je marchais donc comme un robot, le plus loin possible en priant pour qu'il ne me suive pas. Je finis par m'adosser à un arbre, laissais tomber mon sac par terre et me pris la tête entre les mains. Je restais ainsi une dizaine ou bien peut être une vingtaine de minutes et filais à mon casier déposer des affaires. Je n'avais absolument pas envie d'aller faire du sport, surtout que j'avais le pressentiment que je ne serais pas la seule étoile de la classe. Je filais donc dans le couloir avec pour objectif un aller-retour à mon casier avant de filer droit au parking ou j'attendrais que Sam ai fini. Si seulement les choses étaient aussi simples. Au moment même où j'allais ressortir, les haut-parleurs du lycée prirent vies, demandant à une certaine Chloé Smith de se rendre dans le bureau du directeur. Finalement peut être que Sam avait raison, Josh avait parlé.

Lorsque je pénétrais dans le bureau, plusieurs personnes étaient déjà là. Un homme d'origine indienne d'une cinquantaine d'année au crâne dégarni m'invita à prendre place en face de lui. Près de la chaise qu'il me montrait se trouvait Alhena qui me lança un regard d'avertissement pour que j'obéisse. Je reconnus Hank adossé à la fenêtre qui m'offrit un petit sourire avant de redevenir sérieux et enfin un homme en costume d'une quarantaine d'années, le portrait craché de Josh. Lui n'avait rien de chaleureux. Il me lança un regard empli de haine avant de reporter son attention sur le directeur.

-Chloé, Monsieur Koskin ici présent est venu me rapporter que tu aurais eu une altercation avec son fils un peu plus tôt.

On pouvait dire que Josh n'avait pas perdu de temps !

-Une altercation ?! Elle lui a cassé le nez parce qu'il a refusé de sortir avec elle !

-Pardon, m'exclamais-je en me dévissant le cou pour observer l'avocat.

Alhena posa sa main sur mon avant-bras en guise de mise en garde mais je me dégageais en me relevant.

-Votre fils a tenté de me frapper parce que...

Je m'arrêtais net. Sam était terrifié à l'idée que les gens connaissent la vérité, y compris son père. De plus j'étais presque sûr que le numéro d'intimidation dont il avait été la victime n'était pas récent. Que se passerait-il pour lui si le directeur apprenait qu'il faisait les devoirs des autres ?

-Que quoi Chloé, demanda le directeur d'une voix douce en affichant une mine inquiète.

-Parce que je m'étais trompée de toilette.

Il ne devait surement pas s'attendre à ça mais je le vis tout de même acquiescer.

-Vous n'allez tout de même pas croire cette...

-Je vous suggère de faire très attention aux prochains mots qui sortiront de votre bouche Monsieur Koskin, déclara Alhena d'une voix glaciale. Ma fille a réagi face à la menace qu'était votre fils, je veux bien vous accorder que son comportement n'a pas été exemplaire, elle marqua un temps d'arrêt pour me regarder droit dans les yeux, mais il en est de même pour votre fils.

L'avocat vira au rouge pivoine en moins de trois seconde. Il parcouru la salle de son regard avant de se lever et de se tourner vers Hank.

-Je veux porter plainte.

Le shérif qui était jusqu'à présent resté silencieux se redressa et croisa les bras sur sa poitrine.

-Comme tu veux Harold mais si tu fais ça Madame Smith en a autant le droit d'après ce que j'ai compris.

-C'est la parole de cette fille contre le nez cassé de mon fils, dit-il en claquant la porte.

-Il est évident que je ne puis laisser passer un tel comportement, tu devras faire quelques heures de colles Chloé, déclara le directeur d'une voix fatiguée.

J'allais protester mais Alhena m'en empêcha en remerciant l'humain et en me trainant jusqu'à la sortie, Hank derrière nous.

Je pensais que ma gardienne allait de nouveau lâcher sa colère contre moi dans le parking mais elle se tourna vers le shérif.

-Chloé ne peut pas apparaitre dans la base de données si Koskin porte plainte.

Le fils d'Eléonore la dévisagea alors que j'avais le souffle coupé. Elle n'allait tout de même pas lui avouer la vérité ? Je m'apprêtais à intervenir mais Alhena poursuivit en m'ignorant.

-Elle fait partie du programme de protection des témoins Hank et je suis chargée de la protéger.

Si on oubliait la partie ou nous n'étions pas humaines sont histoire n'était pas complètement fausse. Le problème c'est que la partie à passer sous silence était quand même énorme.

-Erika je comprends que tu ne veuilles pas que ta fille aie un casier mais je suis persuadé qu'Harold n'ira pas au bout de ses menaces. Tu n'as pas besoin d'inventer cette histoire pour...

Sa phrase mourut sur ses lèvres lorsque ma gardienne sortie de la poche arrière de son pantalon un badge de marshall. Son vrai prénom était écrit à côté de la plaque et d'une photo qui avait l'air d'avoir plusieurs années. J'affichais le même regard surpris que le shérif mais je repris mes esprits un peu plus vite.

-Marshall Alhena Cooper, dit-elle en présentant sa main.

Toujours un peu sonné, Hank accepta la poignée de main sans vraiment réagir.

-Pourquoi ne pas m'avoir informé lorsque vous avez appris que j'étais le shérif ?

-Notre ancienne identité a été compromise parce que les gens qui recherchent Chloé ont soudoyé les forces de l'ordre.

-Alors pourquoi me dire la vérité ?

-J'ai confiance, répondit ma gardienne sous mon regard halluciné.

-Je ferais ce que je peux pour aider, déclara Hank en m'adressant un sourire.

Il nous salua et disparu dans sa voiture de fonction sous notre regard.

-Marshall hein ?

-J'ai fait au plus vite pour trouver une solution, il y a-t-il autre chose dont je devrais être au courant ou bien c'est fini pour aujourd'hui ?

Je lui adressais un sourire désolée et elle soupira de désespoir. Puisque nous en étions à tout nous dire autant parler des autres. Au moins je n'étais pas responsable de ça.

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