Chapitre 34
Hasan Bey a quitté le palais en compagnie du Shezade Osman depuis maintenant une semaine. Dans une semaine les deux hommes doivent revenir.
Osman visite sa mère qu'il n'a pas vu depuis presque un an. La Sultane Nuran était contente de le revoir mais triste que cela ne dure pas plus longtemps. Elle en veut au Sultan de l'avoir séparée de son fils. Elle agit discrètement dans l'ombre pour tenter de se trouver des alliés bien qu'elle se sait surveillée.
Un soir, alors que son palais est endormi, la Sultane Nuran, vêtue d'une robe sobre et d'un chaperon noir se glisse hors de ses appartements. Elle quitte discrètement le palais, sa fidèle Zeynep la suivant à la trace. Dehors, un carrosse les attend pour les conduire dans le centre de la ville. Nuran Sultane indique le lieu souhaitait et le cocher fait avancer les chevaux.
Ils ne s'arrêtent qu'une fois avoir atteint un bâtiment assez vétuste. Zeynep Kalfa descend la première du carrosse puis tend une main pour aider sa Sultane. Nuran Sultane quitte le carrosse puis contourne le vieux bâtiment, suivie par Zeynep, avant d'entrer en baissant la tête par une petite porte en bois noir.
Les deux femmes descendent un escalier grinçant légèrement avant de se retrouver dans une sorte de cave dans laquelle des torches ont été allumées. Un trône en velours bleu est posé dans le fond de la pièce sur une sorte d'estrade. Des hommes sont présents et tournent le dos à la Sultane en gardant les yeux baissés. Nuran traverse la pièce la tête haute avant d'aller s'asseoir sur le trône. Zeynep ajuste alors un paravent entre la Sultane et les hommes. Une fois cela fait, ces derniers se tournent en direction de la Sultane avant de la saluer.
– Omer Pasha, commence la Sultane avec un ton noble, qu'en est-il de notre armée ? Est-ce que nous gagnons en soutien ?
Un homme de petite taille s'avance de deux pas avant de répondre à la Sultane. Il a une grande moustache brune lui masquant la bouche et quelques cheveux sur la tête.
– Sultane, nous en sommes à quelques milliers d'hommes venant de la région. Nous essayons de trouver des soutiens se rapprochant de Istanbul mais peu de personnes décident de se rallier à notre cause.
La Sultane prend note de ce que la Pasha vient de lui annoncer puis elle se tourne vers un autre Pasha. Ses yeux azurs se posent sur l'homme aux cheveux noirs et à la barbe naissante.
– Yusuf Pasha, où en est notre petite diversion ?
L'homme s'avance à son tour avant de faire son contre-rendu :
– L'appat est prêt à être lancé votre Majesté, nous attendons seulement votre feu vert.
Nuran hoche doucement la tête. Elle réfléchit rapidement à la suite des évènements puis ordonne aux autres hommes présents de parcourir discrètement les provinces entourant celle d'Istanbul pour trouver des soutiens à notre rébéllion.
– Vous ne craignez pas que le Sultan découvre tout ? S'inquiète légèrement Yusuf Pasha la tête baissée.
La Sultane pose son regard électrique sur lui avant de répondre d'un ton dédaigneux :
– Le Sultan vient d'avoir des enfants, il est bien trop occupé pour s'intéresser à ce que nous faisons.
Le Pasha ne rajoute rien, hochant docilement la tête. Nuran se lève alors pour clore la réunion et les Pasha s'inclinent à son passage.
Dans le palais impérial, à plusieurs centaines de kilomètres, l'aube se lève doucement et les servantes sont déjà affairées. La cuisine fonctionne à tout rompre afin de préparer les repas de tous les membres du palais et en particulier la famille royale.
Les jumeaux, réveillés, sont pris en charge par Elena qui s'occupe à les nourir laissant Leyla Sultane dormir profondément. La jeune concubine porte Murat dans ses bras tandis qu'une concubine tient la petite Haya. Les deux femmes traversent un long couloir avant d'arriver à la chambre des nourices. Une jeune femme entièrement vêtue de blanc attrape alors le jeune Shezade et le dirige vers son sein pour le faire têter. Une autre femme fait la même chose avec la petite Haya.
Dans une autre aile du palais, la Sultane Samira se réveille avec un drôle de pressentiment. Elle est aidée par des concubines pour s'habiller mais reporte son petit-déjeuner pour se tourner vers Mustafa Agha. Ce dernier s'incline devant elle.
– Mustafa est-ce que sa Majesté est réveillée ? Veut savoir la Sultane.
– Oui Sultane mais sa Majesté va bientôt avoir un conseil de Vizirs, l'informe Mustafa Agha.
La Sultane n'attend pas plus d'informations pour se ruer dans le couloir afin de rejoindre la chambre de son fils. Les concubines qui l'accompagnent sont presque obligées de courir tellement Samira va vite.
Elle finit par tomber sur Mehmet alors qu'il quitte sa chambre en compagnie d'Ibrahim Pasha.
Le Sultan regarde sa mère avec surprise.
– Valide ? Que faites vous là de bon matin ?
La Sultane est saluée par Ibrahim Pasha mais celle-ci l'ignore pour se focaliser sur son fils.
– Votre Majesté, il faudrait que je vous parle de quelque chose d'important, commence Samira.
Mehmet regarde sa mère avec étonnement. Puis il lui indique sa chambre d'un geste du bras l'invitant à lui parler à l'intérieur.
– Je vais faire attendre les Vizirs, indique Ibrahim Pasha en se retirant.
Mehmet suit sa mère dans la chambre en se demandant bien ce qu'elle a à lui dire. Il sait qu'elle n'agit jamais comme cela de la sorte lorsqu'il est occupé avec ses responsabilités de Sultan. Ce qu'elle a à dire doit être grave.
– Que se passe-t-il Valide ? Lui demande-t-il alors que les portes se referment derrière lui.
La Sultane se tourne vers son fils, une lueur d'inquiétude dans les yeux.
– J'ai un mauvais pressentiment, confie la Sultane d'une voix légèrement teintée par l'émotion. Nuran est puissante, elle va tenter quelque chose contre toi.
Mehmet ressent une colère monter en comprenant que sa mère l'a retenu pour un simple pressentiment. Mais il décide de calmer le jeu.
– Valide, commence-t-il à lui expliquer, la Sultane est à une centaine de kilomètres d'ici, exilée, seule. Je ne vois pas comment elle pourrait me nuire ? Surtout que j'ai fais revenir Osman ici.
– Nuran est intelligente Mehmet, le contre Samira, elle saura s'attirer des alliés.
Mehmet lève la main montrant ainsi qu'il n'a pas le temps de continuer cette conversation.
– Je ferais demander à ce qu'elle soit plus surveiller si cela peut te rassurer. Mais pour l'heure j'ai un conseil qui m'attend.
Il quitte rapidement la pièce d'un pas décidé en pestant tout de même contre la parano de sa mère.
Dans l'après-midi, Leyla profite de la chaleur du printemps pour se promener dans les jardins du palais. La jeune femme est accompagnée d'Esra et d'Elena qui tiennent chacune l'un des jumeaux dans les bras. Leyla guide toute la troupe jusqu'à un coin dans le jardin où elle décide de se poser. Des berceaux sont ramenés par des Aghas et les jumeaux, endormis, sont posés dedans. Leyla s'installe sur un fauteuil vert pomme et Esra se tient debout derrière son épaule. Elena s'assoit sur un gros coussin doré et les trois femmes discutent simplement. Vers le milieu de l'après-midi, des servantes leur apportent des boissons et des gourmandises à grignoter. Leyla se régale de loukoums et de sirops. C'est à ce moment là que Mehmet passe dans les jardins. Le jeune Sultan les apercevant, décide de les rejoindre avec un sourire. Les femmes se relèvent à son arrivée pour le saluer en s'inclinant. Mehmet sourit à Elena puis attrape la main de Leyla pour l'embrasser galamment. Puis il se penche au dessus des berceaux pour regarder ses enfants dormir.
– On a voulu profiter du beau temps Votre Majesté, converse Leyla avec un sourire.
– Vous avez bien fait, lui répond Mehmet en souriant. Le ciel est d'un magnifique bleu aujourd'hui.
Continuant de discuter, ils ne voient pas Safir les observer de loin à l'abris d'un porche du palais. La jeune femme est volontairement en retrait afin de les regarder sans être vue. Irina l'accompagne tandis que le jeune Bayezid est auprès d'une nourice en train de dormir.
– Je vais bientôt entrer en action Irina, commente la Sultane d'une voix pleine d'assurance. La Valide Sultane me mange dans les mains. Il ne me reste plus qu'à séparer ces deux là.
Irina s'approche de la Sultane avant de demander :
– Comment vous allez faire Sultane ?
Safir esquisse un sourire en coin. Irina verra bien...
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