Chapitre 180 : Précision
Le combat entre Cammy et Steve s'engagea. Les deux ennemis étaient affaiblis avant même le début de la confrontation, surtout la première qui ne disposait que d'un tiers de sa puissance. Jason, le manieur de saletés, intervint et broya les jambes de la jeune femme. Toutefois, Sonya et Berthold ne tardèrent pas à lui prêter main forte.
Rappel : Cammy peut utiliser la télépathie en appliquant l'opposé de parler, qui est penser.
***
Cammy, Sonya ainsi que Berthold font face à Steve et Jason. La pluie s'intensifie, le jardin se transforme petit à petit en marécage.
Tous sont concentrés, déterminés, sourcils froncés. Hormis Steve qui affiche toujours ce sourire impossible à effacer.
Après avoir soigné sa jambe, Cammy fait résonner sa voix dans la tête de ses compagnons :
« Faites super gaffe ! Ce mec est capable de contrôler la boue, et peut-être d'autres machins en rapport avec le sol... »
À peine a-t-elle complété ses pensées que la terre humide présente sur leurs chaussures s'épaissit et recouvre leurs corps. L'utilisatrice de lames crée aussitôt des armures parcourues de piques. La crasse est incapable de les endommager.
« Le pouvoir de Sonya lui permet de transpercer tout et n'importe quoi. Celui de Steve est de le protéger contre chaque attaque. Dans un cas pareil, c'est celui qui a le Drive le plus puissant qui l'emporte. Et vu que Steve a été pas mal affaibli... c'est nous qui avons l'avantage ! »
Sur cette réflexion, Cammy, devenue un hérisson en métal, fonce sur ses adversaires. Ses amis la suivent. Jason s'enferme avec Steve dans un iglou de boue. Lorsque Cammy frappe la barrière, les aiguilles recouvrant son bras se tordent aussi facilement que les fibres d'un balai. Son poing saigne, tandis qu'elle grince des dents.
En combinant la technique de Jason avec son bouclier, Steve a additionné leur Drive. Leur énergie est plus puissante que celle de Sonya et ses alliés réunis.
Le sol humide se métamorphose en mains triplant la taille d'une personne.
CLAP.
Les paumes crasseuses, protégées par un gant indestructible, se ferment sur le trio en un clin d'œil. Les piques des armures sont pliées comme si elles étaient faites en papier. Le choc traverse le métal. La douleur se répand dans chaque muscle, chaque organe, chaque os.
« Si ça continue comme ça, on va finir en boulettes de viande ! s'affole Sonya.
− Ces mini boss sont trop forts ensemble... pas le choix, je dois les séparer !! » décide Cammy.
Jason se volatilise sur-le-champ, téléporté à des kilomètres. La masse de boue s'écroule. Les trois compagnons, sales de la tête aux pieds, soufflent profondément.
Articulations gonflées, dents branlantes, côtes fracturées. Steve admire les dégâts qui se reflètent sur les visages déformés par la douleur. Il sourit jusqu'aux oreilles et se jette sur la cible prioritaire : Cammy.
Berthold fait fi de son supplice. Il se place devant son amie et pare le coup de bâton en joignant ses avant-bras. Il se positionne très vite sur le flanc de Steve et riposte avec un crochet. L'ennemi se protège grâce à son arme en bois, puis recule.
L'adolescent rouspète :
« Tu n'en a pas marre de sourire comme un débile ?! »
Sans même attendre de réponse, le boxeur fonce sur son adversaire et frappe. Néanmoins, son poing se retourne contre sa propre mâchoire. Repoussé par une onde de choc supérieure à la force de son attaque, Berthold disparaît dans le ciel. Le souffle de la propulsion déracine les herbes et arbustes peuplant le jardin.
Tout s'est passé si vite que Cammy et Sonya n'ont pas eu le temps de réagir.
Steve s'est entouré d'un cube dont les parois sont des miroirs. Non seulement il retourne toutes les attaques contre les assaillants, mais en plus, quiconque touche les parois est repoussé à des kilomètres.
Le jeune homme ne se fait alors pas prier pour se ruer sur ses ennemies.
« On dirait qu'il peut retourner nos coups contre nous. Si c'est le cas, même ton pouvoir ne fonctionnera pas sur lui, pense Cammy, en alerte maximale. Dans ce cas, je vais...
− Non, pas la peine de désactiver sa technique, réagit Sonya. N'oublie pas que tu dois utiliser ta capacité le moins possible !
− Dans ce cas, on fait quoi ?
− On fuit ! »
Les deux femmes sprintent vers l'extérieur de l'habitation.
« Où croyez-vous aller ? » les interpelle Steve.
Une pluie de bâtons se mélange à l'eau tombant du ciel. Sonya produit suffisamment de haches pour déboiser une forêt. Les armes du criminel sont découpées en des tranches aussi fines que les gouttes s'écrasant au sol.
« Si je prends en compte la direction et la force du vent, la pression de l'averse, la vitesse à laquelle Steve se déplace... »
Après avoir terminé son calcul, l'utilisatrice de lames lance une hache dont le manche dévie un des bâtons. L'arme de Steve chute lourdement sur lui-même. Sa tête s'enfonce dans la boue, le faisant ressembler à une autruche.
« J'avais raison... déduit Sonya. Sa technique ne repousse que les attaques qu'il voit venir ! »
Le temps que le jeune homme retire son crâne du sol, les deux femmes disparaissent de son champ de vision.
Les amies cessent leur course au milieu d'un trottoir. Elles halètent, non parce qu'elles sont essoufflées, mais à cause du stress qui gonfle leur poitrine.
Sonya applique son pouvoir sur le sol. Bien qu'il semble intact, y poser un pied produira une fente. Elle crée ensuite de nombreuses lances sous la terre.
Steve ne tarde pas à les retrouver. Les amies déglutissent, tandis que les battements de leurs cœurs ne cessent d'accélérer. Le jeune homme pénètre dans la zone piégée. Aussitôt, le goudron s'effondre. Les lames l'accueillent au fond du creux.
Un grand sourire aux lèvres, il laisse ses miroirs protecteurs agir. Aussitôt, les lances se mettent à voler en direction de Sonya.
Cette dernière esquive, mais s'éloigne un peu trop de Cammy. D'un bond vif, Steve regagne la surface et se place au milieu de ses adversaires.
« J'ai d'autres moyens de vous séparer ! » se dit-il en écartant son bras.
Une barrière géante se déploie dans toute la rue. L'impact est si violent que les deux femmes croiraient s'être fait heurter par la lune. Elles sont propulsées sur plusieurs kilomètres dans des directions opposées.
Malgré la puissance de l'attaque, aucune construction n'a été endommagée. Elle n'avait pour effet que de détruire les ennemis de Steve.
Cammy traverse plusieurs bâtiments. Les morceaux de vitre recouvrent ses cheveux comme des confettis. Les débris de béton s'infiltrent dans ses yeux, ses oreilles, ses narines, sa bouche. Après s'être étalée de tout son long à la porte dans une rue commerçante, elle crache de la poussière tel un toxicomane qui expire de la fumée.
Le nez fracturé, plusieurs dents tombées, un genou luxé, elle ne peut que se rouler par terre pour contenir la douleur.
Steve la rejoint très vite, toujours aussi guilleret.
« Votre plan était astucieux, félicite-t-il, mais trop évident. J'imagine que vous l'avez élaboré avec précipitation. J'aurais aimé te voir utiliser d'autres ruses, mais il est temps d'en finir. »
Le jeune homme se rue sur sa cible afin d'appliquer ses propos. Cammy tend sa main vers son bourreau et gémit :
« Pause ! Je pige rien. Pourquoi tu me parles comme si tu m'aimais bien ?
− Parce que je t'aime bien, dit-il en visant le crâne de son interlocutrice avec son bâton.
− Alors pourquoi tu essaies de me zigouiller ?! » s'exclame-t-elle en roulant à même le sol.
L'arme de Steve se plante dans le trottoir tel le drapeau d'un parcours de golf.
« Parce que je n'ai pas le choix. J'aurais aimé qu'on soit dans le même camp. Mais c'est impossible. »
Il soulève son bâton en diagonale, ce qui soulève des blocs de terre se dirigeant vers la jeune femme.
− Ce n'est pas impossible ! déclare-t-elle en déviant les pierres avec ses paumes. Tu peux toujours nous aider à arrêter Jack ! Qu'est-ce que tu trouves de si amusant à voir des gens mourir ?! »
Le jeune homme cesse de sourire. Pour une fois, il devient sérieux.
« Tu serais capable de trahir tes amis ? » demande-t-il, enchainant les coups de plus en plus véloces.
Véritable roue vivante, Cammy ne cesse d'esquiver.
« Jamais. C'est totalement et absolument impossible que l'idée me traverse l'esprit.
− C'est pareil pour moi avec Jack. C'est grâce à lui que je suis toujours en vie. »
La jeune femme se heurte à une porte en verre. Acculée, elle ne bouge plus. Le visage tordu par la terreur, elle tend sa main comme si c'était son seul réflexe pour stopper le coup mortel qui l'attend. Steve lève son bâton afin de l'achever.
Pendant ce temps, Sonya se tient à quatre pattes, couverte de sang. Chacun de ses os la fait souffrir, mais elle reste concentrée sur l'essentiel.
« Cammy, ça va ? demande-t-elle.
− Je suis avec l'autre zigoto. Je vais me positionner à la porte du supermarché Joybuy dans dix secondes. Le connaissant, il sera en face de moi, à environ un mètre.
− Parfaitement compris. »
Sonya ferme ses yeux. Elle crée une lance entre ses mains.
Elle rouvre ses paupières et catapulte son arme dans le ciel. Le souffle du décollage provoque autant d'éclaboussures dans la rue que le passage d'un jet ski. Traversant le ciel plus vite qu'un avion, la lame atterrit à destination.
Avant même de remarquer la présence du corps étranger, Steve se fait brutalement pourfendre un poumon. Il crache du sang, éberlué
« Comment est-ce possible... ? réfléchit-il. C'est l'œuvre de Sonya ? Mais elle est à des kilomètres d'ici ! »
L'expression d'effroi de Cammy se transforme en un sourire malicieux, voire perfide.
« Sonya est notre championne de la précision ! »
Malgré la torture que lui inflige son genou, Cammy profite de la déconcentration de son ennemi. Elle se redresse et bondit de toutes ses forces de la même manière qu'un athlète faisant du saut en longueur.
CRAC.
Les jambes de la jeune femme fracassent les côtes de Steve.
« SUPER LEAP SHOCK !!! »
Il vole jusqu'au bâtiment d'en face, détruit la paroi et se fait ensevelir sous une masse de décombres.
Cammy a la respiration saccadée, craignant que son ennemi se relève.
« Tu as guidé son tir grâce à la télépathie ? déduit Steve en titubant. C'est formidable...
− Arrête de me parler comme si on était potes. Tu m'as fait comprendre que le seul moyen de t'arrêter, c'est de te botter les fesses !
− Je n'aurais pas dit mieux » avoue le jeune homme en brandissant son bâton.
De son côté, Berthold est allongé quelque part sur un goudron. Les véhicules le contournent en klaxonnant. Le bras droit de l'adolescent est déboité. Sa joue est enflée. Ses muscles, trop endoloris, font la grève.
« Debout ! » l'interpelle une voix qui lui est familière.
Berthold tourne ses yeux vers son interlocuteur et le reconnait aussitôt.
« C'est toi... ? »
***
SUPER LEAP SHOCK : Choc du super saut.
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