37
Aliona
Mes bras encerclent la taille d'Alex, il a loué une motoneige et nous défilons au travers des paysages enneigés. Il a tenu à m'emmener dans un endroit, qui paraît-il, vaut le coup d'être vu au moins une fois dans sa vie. Il n'a pas voulu m'en dire plus, et je m'en moque, je lui fais confiance. Chaque jour qui passe, je m'attache un peu plus et je ne m'imagine plus sans lui. Rien de ce qu'il peut cacher ne me fera fuir, j'en suis persuadée.
Nous arrivons devant un grand refuge, nous ne sommes pas les seuls à vouloir découvrir ce lieu apparemment. Je descends de l'engin et ôte mon casque, Alex fait de même et sort son bonnet de la poche de son blouson qu'il enfile aussitôt sur sa tête. Il saisit ma main gantée et m'entraîne avec lui jusqu'au chalet en bois, puis il s'arrête à un guichet. Je lève la tête vers lui, il me fait un clin d'œil avec un léger sourire.
— J'espère que tu es prête à sentir ton cœur battre jusque dans tes tempes ?
— Je ne sais pas, réponds-je intriguée.
— Ça va te plaire, j'en suis certain.
Alex dépose ses lèvres sur les miennes et aussitôt mon corps réagit. Cette connexion entre nous est vraiment perturbante, mais si agréable. Je fixe les affiches accrochées au mur derrière la jeune femme du comptoir. Elles représentent un lac qui sépare deux montagnes, c'est très joli.
— Vous ferez la descente à deux ?
— Oui, répond Alex.
La descente ? Je dévie mon regard sur le papier collé sur le tableau près de moi. Mes yeux s'écarquillent, mes lèvres s'étirent et je ressens aussitôt cette fameuse adrénaline qui me grise. Alex m'incite à le suivre à l'extérieur, puis il s'arrête près de la motoneige.
— On va vraiment faire ça ? demandé-je excitée.
— Oui.
Je lui saute au cou comme une gamine, ses bras enserrent ma taille alors qu'il rit au creux de mon oreille. Cet homme est juste exceptionnel, il ne pouvait pas me faire plus plaisir que de me proposer ce genre d'activité.
— Nous devons marcher un peu avant.
— Pas de problème ! Allons-y, répliqué-je enthousiaste.
Les sensations fortes, j'en ai rarement connu hormis dans les manèges des parcs d'attractions, et ce que je me prépare à vivre m'excite à un point que je ne pensais pas possible. C'est grisant ce ressenti, mon cœur s'agite dans ma poitrine et j'adore ça. Le soleil est au rendez-vous et nous allons pouvoir profiter de ce moment au-dessus du lac dans de bonnes conditions.
Nous arrivons sur place, et prenons place dans la file d'attente, par chance peu de personnes patientes. Le fait qu'il soit encore tôt y joue sûrement. J'ai du mal à tenir en place, tant j'ai hâte que ce soit mon tour, Alex m'attire contre lui, et me câline pour me faire patienter. J'aime sa douceur, sa prévenance, cette façon qu'il a de me montrer qu'il tient à moi. Soudain, une peur s'immisce en moi, celle qu'il me laisse, qu'il se lasse de moi. Ce n'est pas la première fois que cela m'arrive. Mes doigts cachés sous mes gants se serrent sur le dessus de la main.
— Tu stresses ? murmure-t-il au creux de mon oreille.
— Non, j'ai hâte.
Je me penche légèrement sur le côté et tourne la tête vers lui. Je lui offre un sourire rassurant, hors de question de lui faire part de mes doutes, alors que nous passons un merveilleux moment. Je dépose un baiser chaste sur ses lèvres, puis reporte mon attention sur ce qui m'entoure. La montagne, la neige, et ce froid que je supporte mieux que dans notre ville, je voudrais rester ici à jamais. J'ai ce sentiment d'être protégé, que rien ne peut arriver.
Notre tour arrive enfin, deux hommes nous préparent pour cette descente en tyrolienne. Ils nous coiffent d'un casque, puis nous attachent dans le dos. Nos corps suspendus vont traverser le lac, la vue d'ici est déjà magnifique. Alex me fixe, un léger sourire en coin.
— Pourquoi ce sourire ? demandé-je intriguée.
— Parce que tu sembles heureuse, et ça me fait plaisir.
— Vous êtes prêt ? nous interroge l'un des hommes.
Nous hochons la tête, le vide est juste en dessous de nous. C'est à la fois flippant et excitant, puis nous sommes lâchés dans le vide. Un cri déchire ma gorge au début, mais je profite de cette sensation hors norme. J'adore, je me sens libre et ce sentiment de voler et dominer le monde est grisant.
Le lac est immense, et d'ici il semble recouvert d'une couche de glace. Les sapins l'entourent et on peut apercevoir un chemin qui en fait le tour. L'arrêt se passe en douceur, je suis déçue que cela soit déjà fini. Une fois débarrassés de tout notre attirail, nous prenons une petite allée étroite à l'inverse des autres promeneurs.
— Mon Dieu, c'était génial ! Merci !
— Ce n'est pas un saut à l'élastique, mais...
— C'est parfait, Alex.
Je l'embrasse pour le remercier à nouveau.
— Où m'emmènes-tu ? Nous ne faisons pas le tour du lac ?
— Non, je te réserve autre chose, mais si tu préfères le lac, pas de soucis.
— C'est quoi l'autre truc ? demandé-je curieuse.
— Retourner au refuge en luge.
Mes lèvres s'étirent en un large sourire, cette proposition me tente vraiment plus que de faire le tour du lac à pied. Je hoche la tête pour lui signifier que je suis partante, Alex me sourit, j'ai ce sentiment qu'il me connait par cœur, alors que nous nous connaissons depuis peu et que nous avons encore beaucoup à découvrir l'un de l'autre.
Nous prenons la direction opposée à l'étendue d'eau, puis marchons jusqu'à arriver à la piste. Les luges sont mises gratuitement à disposition, Alex en saisit une pour nous deux et m'invite à m'assoir dessus. Mon cœur palpite face à la descente qui nous attend, c'est assez à pic, mais ça me plaît.
— Je pense qu'après ça, tu auras ta dose d'adrénaline, me taquine-t-il en s'installant derrière moi.
— Je ne sais pas, mais en tout cas, une chose est sûre, je ne m'ennuie pas avec toi.
— Tu m'en vois ravi. Tu es prête ?
Je hoche la tête, alors que ses bras s'enroulent autour de moi, puis il cale une de ses jambes le long de la mienne et l'autre nous glisse jusqu'à la pente. La sensation que je ressens au creux de mon ventre ressemble à celle que l'on a en voiture quand une descente arrive. J'adore ce ressenti, j'écarte mes bras de chaque côté et lève la tête vers le ciel. Je respire cet air frais et pur, je suis libre. Je me mets à rire, et celui de Alex résonne derrière moi. Lorsque la fin de piste arrive, il tire sur la corde et nous déporte sur le côté pour effectuer un virage et s'arrêter. Je manque de basculer, mais mon chauffeur maîtrise à la perfection.
— Waouh ! Tu es un vrai pilote !
— Je venais souvent ici quand j'étais gosse, alors la luge, le ski, le Snow et tout ce qui est en rapport avec la neige, ça me connait bien.
Je me tourne vers lui et le dévisage, Alex parle rarement de son enfance, alors qu'il le fasse me surprend légèrement. Il s'en rend compte, car il glisse son bonnet sur son front comme quand il est gêné. Il se lève et m'aide pour que je fasse de même, il tire la luge d'une main et de l'autre saisit la mienne. Nous nous dirigeons vers un tapis qui remonte les luges en haut de la piste. Nous reprenons ensuite le chemin du refuge, et je suis étonné lorsqu'Alex continue son discours.
— Chaque hiver, ou même certains week-ends, avec mes parents, on avait l'habitude de passer nos vacances dans un chalet pas très loin de l'auberge où on dort. Je me souviens de chaque instant passé auprès d'eux, surtout, des courses de luge avec ma mère, c'était une vraie casse-cou.
Il baisse les yeux vers moi en souriant tristement. J'imagine sans mal que sa mère doit lui manquer, perdre un être cher est sans doute difficile. Il m'attire contre lui, tout en continuant de marcher.
— Et avec mon père, reprend-il, j'essayais de battre son chrono en slalom, j'ai réussi le jour de mes quinze ans. J'étais content, mais triste que ma mère ne soit pas présente pour voir ça.
— Je suis certaine qu'elle serait fière de toi.
— J'en suis sûr aussi, termine-t-il.
Sa prise se resserre doucement, puis il ne prononce plus aucun mot jusqu'à ce que nous arrivions jusqu'à l'auberge.
Après une bonne douche et un bon repas préparé par la propriétaire des lieux, nous sommes installés sous un plaid sur la terrasse. Mon dos calé contre le torse de Alex, nous fixons la nuit éclairée par la pleine lune. Un chocolat à la main pour moi, un café pour Alex, un chauffage extérieur, quoi de mieux pour terminer notre séjour.
— J'aimerais que ce moment ne s'arrête jamais, avoué-je.
— Moi aussi, j'ai l'impression de vivre un rêve.
Ses lèvres se posent sur ma tempe, je ferme les yeux et profite de ce moment de tendresse. Sa bouche glisse jusqu'à mon oreille et je frissonne.
— Je crois que je suis amoureux, susurre-t-il.
Mon cœur s'emballe à cette révélation, car je le suis aussi. Je me décale légèrement, son regard marron rencontre le mien et ce que j'y vois me confirme ses dires.
— Je crois que je le suis aussi, lui révélé-je.
— Tu me rends heureux, Ali. Vraiment, heureux, finit-il en déposant ses lèvres sur les miennes.
Ce baiser se transforme vite en quelque chose de moins chaste et résonné, sa main glisse sur mon pull en laine, agrippe poitrine avec possessivité.
— Si on allait se coucher, proposé-je entre deux baisers.
— Tu ne m'en voudras pas si je ne te laisse pas entre les bras de Morphée ?
— Je ne t'en veux jamais.
Sans un mot de plus, nous quittons notre assise et rejoignons notre chambre sans plus attendre. J'ai l'impression que nous passons notre temps à faire l'amour, mais à aucun moment je ne voudrais que cela s'arrête. Lorsque nous arrivons dans la pièce, il claque la porte derrière lui, puis m'attrape et me fait tomber sur lit, il me surplombe et en cet instant, je le trouve encore plus beau que d'habitude. Ses pupilles sont moins tristes, moins sombres que d'habitude. Je gémis quand ses doigts parcourent la peau de mon ventre, et je le laisse faire en appréciant chacune de ses caresses, chacun de ses baisers et je profite moi aussi de son corps contre le mien. Encore une fois, je sais que je vais atteindre le septième ciel comme chaque fois qu'il me touche.
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Coucou !
J'espère que vous allez bien, ce petit message juste pour vous avertir que les prochains chapitres de SD n'arriveront pas avant la rentrée, je m'octroie des petites vacances pour me ressourcer un peu et vous revenir en pleine forme.
Et puis, Alex et Ali passent un bon moment, alors je vais les laisser en profiter encore un peu...
Voilà, voilà,
Des bisous ! :)
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