05

Alex

Cette soirée vire à la débauche totale, Cole, mon meilleur pote à la langue fourrée dans la bouche d'une fausse blonde aux seins refaits. Alors que moi, j'ai une trique d'enfer avec cette petite rousse qui se tortille sur mes cuisses au rythme de la musique. Je ne sais pas combien nous sommes enfermés dans mon quarante mètres carrés, mais bien trop pour un si petit espace. Les voisins vont encore gueuler et je n'en ai rien à foutre. Ce soir, je veux juste oublier cette image d'Aliona et son mec qui me hante depuis trois putains de jours. Elle m'a envoyé un message pour s'excuser et je n'ai pas pris la peine de lui répondre. Ça ne sert à rien, elle ne me doit rien et l'éviter est ce que j'ai de mieux à faire. Alors, j'ai réuni quelques amis pour me changer les idées.

La rouquine se penche vers moi, sa bouteille de Vodka à la main, elle mordille mon cou. J'agrippe son cul et la fais avancer sur mon érection qui ne demande qu'à ce qu'on s'occupe d'elle. Elle gémit au creux de mon oreille et c'en est trop pour moi. Je resserre mon bras autour de sa taille et me lève avec difficulté. Je suis tellement défoncé que je me demande comment j'arrive à bander. La fille encercle ses jambes autour de mes hanches. Je prends la direction de ma chambre, lorsque je pousse la porte, celle-ci est déjà occupée par deux filles qui s'en donnent à cœur joie dans mon pieu.

— Une chaise ça te va ? demandé-je à la rousse.

— Où tu veux du moment que tu me fais jouir.

— C'est dans mes cordes, ma jolie.

Je dépose ma future partenaire de sexe et lui demande de m'attendre dans la salle bain. De retour dans le salon, je dégage un mec d'une chaise, elles ne sont pas nombreuses et la plupart des personnes présentes sont assises sur le sol. Il ronchonne un peu, mais finit par se lever. De toute façon, il n'a pas le choix, sinon il dégage, je suis chez moi.

Lorsque j'arrive dans la salle de bain, la rousse m'y attend comme prévue. Je la détaille, elle ne lui ressemble pas le moins du monde, elle est au contraire son exact opposée, mais elle fera l'affaire. Je tourne le verrou pour avoir la paix, et pose la chaise contre le mur puis m'assois dessus.

— Comment tu t'appelles ?

Certaines personnes présentes ce soir me sont totalement inconnues, des potes en invitent d'autres et je ne cherche pas à en savoir plus sur eux.

— Clémentine, dit-elle en s'approchant de moi.

Je ne peux m'empêcher de rire, sobre je me serais retenue. Mais putain, Clémentine pour une rouquine c'est quand même hilarant, non ? Elle n'en tient pas compte et s'agenouille devant moi pour s'attaquer à la ceinture et aux boutons de mon pantalon. Je soulève mon bassin afin de l'aider à faire descendre mon jean, puis son regard se pose sur la bosse formée sous mon boxer. La rousse se mordille la lèvres et pose sa main sur mon érection. Je ne retiens pas le grognement qui sort de ma gorge, elle glisse ses doigts sous l'élastique et me débarrasse du vêtement. Lorsque sa langue se pose sur mon gland, un frisson parcourt mon corps. Je ferme les yeux et bascule ma tête en arrière quand elle me prend tout entier dans sa bouche. Mes pensées se dirigent aussitôt vers cette fille aux iris bleus qui me rend dingue. Je suis un pervers, merde, j'imagine une nana que je ne connais pas en train de me sucer. Et mon Dieu que c'est bon, trop même.

J'agrippe les cheveux de Clémentine et l'oblige à s'arrêter avant que je ne me déverse dans sa bouche. Je lui ai promis un orgasme et même complètement bourré, je lui en donnerais un. Je ne suis pas un égoïste.

— Garde ta robe, retire juste ce qui te couvre le cul.

Chancelante sur ses talons, elle s'exécute en prenant appui sur mon épaule. Elle remonte son vêtement jusqu'à sa taille, je pose ma main sur son ventre, puis ses hanches avant de dévier vers sa petite chatte. Elle est trempée alors que je ne l'ai pas encore touchée. Elle amorce un pas, prête à me chevaucher, mais je l'en empêche.

— Reste debout.

Mes doigts jouent avec son clitoris, elle murmure des syllabes incompréhensible tout en se tortillant. J'enfonce un doigt entre ses chairs humides, alors qu'elle peine à tenir debout. Elle n'en peut plus alors que je viens à peine de commencer.

— S'il te plaît, gémit-elle.

— Le placard à gauche, prend une capote.

Une fois la protection trouvée, elle la déroule sur mon membre gonflé, puis elle vient s'empaler dessus sans plus attendre. Je lui intime un rythme lent dans un premier temps, puis plus rapide. Je mordille son cou, sa clavicule tandis qu'elle se cramponne à ma nuque en poussant des petits cris. Clémentine me supplie de ne pas m'arrêter. Je suis bien trop pris dans mon délire pour stopper de toute façon. Je fais durer le plaisir, jusqu'à ce qu'elle lâche prise. Elle prononce un prénom qui n'est pas le mien, mais je m'en fou car je fais de même dans ma tête quand la jouissance m'atteins à mon tour.

À peine terminer, je la soulève pour qu'elle se remette sur pied. Je remonte mes fringues et me mets face à elle. Lorsqu'elle a remis son string, j'abaisse sa robe et dépose mes lèvres sur son front. Elle me sourit et quitte la pièce. Je jette le préservatif dans la poubelle et me lave les mains. J'ose un coup d'œil dans le miroir, mes pupilles sont dilatées et masque presque la totalité de mes iris. Le blanc de mes yeux est injecté de sang, un spectacle pas très rutilent.

Le visage de mon père se superpose au mien, je lui ressemble tellement. Penser à lui me fait toujours aussi mal, la douleur ne disparaitra jamais. J'avais un avenir tout tracé, mais il a fallu que j'ouvre ma gueule pour tout foutre en l'air en un quart de seconde. Si j'avais su, je l'aurai bouclé.

Personne ne m'a cru, pourtant je sais ce que j'ai vu, mais cette salope, c'est retournée contre moi et m'a humilié devant mon propre père. La dernière fois que j'ai vu mon géniteur, il m'a insulté et ordonné de quitter les lieux sans préavis. Ce que j'ai fait sans discuter, j'ai perdu sa confiance à cause de cette garce. Et puis, j'ai rencontré Cole au détour d'un bar et j'ai plongé tête baissée dans son monde. Il m'offrait de quoi m'évader et oublier mon passé. Quelques minutes d'inconsciences pour fuir la dure réalité, comment ne pas refuser une telle offre. En revanche, je n'avais pas prévu d'en devenir aussi dépendant. C'est devenu une addiction et je sais que je n'arriverais plus à m'en débarrasser.

***

J'ai plané tout le week-end, j'ai baisé la rousse une deuxième fois aussi, dans mon pieu cette fois et elle partit comme elle est venue.

En ce lundi matin, le vent fouette mon visage, je ne m'en plains pas, ça me réveille. Je pense que je suis encore stone avec tout ce que j'ai ingurgité et fumé, sans compter le rail qui m'a fini hier dans l'après-midi. J'ai pas vu le jour, quand j'ai commencé à émerger la nuit était tombée.

Je passe devant le café, je ne regarde pas dans sa direction. Inutile de me faire encore plus de mal en voyant Aliona avec son parfait petit copain. Je ne saisis toujours pas pourquoi cette fille m'attire autant. J'ai flashé sur elle dès que je l'ai vu assise à cette terrasse, j'aurai pu aller la draguer, j'ai failli le faire d'ailleurs et puis le métis s'est pointé et l'a embrassée. Alors je me suis recalé dans le fond de ma chaise pour seulement la mater, et c'est devenu un rituel.

—Alex ?

J'amorce un demi-arrêt, je n'ose pas me retourner, qu'est-ce que je lui dirais de toute façon ? Mentir comme je me mens à moi-même avec la dope que je prends en me persuadant que je ne peux pas m'arrêter ? Ouais, je pourrais le faire, mais le mensonge ne résout rien, la vérité non plus d'ailleurs. Alors, je continue ma marche sans me préoccuper d'elle. Or, elle est bien plus coriace que je le pensais et trottine jusqu'à ma hauteur. Je fixe un point droit devant moi, interdiction de la regarder au risque de craquer. J'accélère le pas, je la sème de quelques foulées, mais elle me suit toujours.

— Pourquoi tu n'as pas répondu à mon message ? J'ai une dette envers toi et je veux la régler.

Cette fois-ci, je m'arrête et me tourne vers elle. Un peu trop brusquement car elle me rentre dedans. Je la rattrape avant qu'elle n'embrasse le sol. La sentir contre mon torse me file la chair de poule, son parfum envahit mes narines. Je baisse les armes en refusant de me détacher d'elle, pire encore quand ses doigts se resserrent sur mon blouson et qu'elle lève la tête vers moi. Quelques centimètres, une infime distance me sépare de ses lèvres couleur cerise que je ne peux m'empêcher de fixer avec envie. Mon cœur s'affolent dans ma poitrine, ma conscience me hurle de m'éloigner, tandis que mon cerveau trouve que je suis bien dans cette position. Les passants nous contournent, mais ni elle ni moi ne sommes décidés à bouger. Ses yeux glissent sur ma bouche avant de revenir fixer mon regard. Son trouble est perceptible, ses joues rouges en témoignent et ce n'est pas dû au froid extérieur.

— Pourquoi ? chuchote-t-elle.

Bordel de merde !

Elle n'a pas le droit de faire ça, me parler avec douceur et désespoir. Je suis faible dans ces moment-là, je ne suis pas ce genre de connard qui se joue des sentiments des autres. Je ne suis pas un mec bien, ça je ne le nie pas, mais seulement avec moi-même. Le désir de caler ma tête contre la sienne est fort, mais au lieu de ça, je resserre mon bras dans son dos afin de la sentir plus proche de moi. Alors que je pensais qu'elle allait me repousser, elle se laisse faire. Je n'ose pas bouger de peur qu'elle s'écarte et brise ce moment. Puis tout part en éclat en une fraction de seconde quand la voix sèche de son mec résonne.

— Qu'est-ce qui passe ?

Aussitôt, Aliona s'écarte de moi comme si elle s'était brûlée. Je porte mon attention sur le métis et son visage fermé m'indique clairement qu'il n'a pas apprécié de nous voir dans les bras l'un de l'autre. Aliona garde le silence en évitant tout contact visuel avec moi, elle fixe ses chaussures. Sur ce coup-là, elle me laisse gérer car je sens qu'elle serait incapable de dire quoique ce soit qui tienne la route.

— Je me suis arrêté brusquement et elle m'est rentrée dedans. Je... Je l'ai juste retenue pour éviter qu'elle tombe.

Je bafouille ces quelques mots qui ont l'air de le satisfaire. Il passe un bras possessif autour des épaules d'Aliona qui ne bronche pas. La jalousie s'immisce dans mes veines alors qu'elle ne devrait pas, je ne suis pas son mec et surtout on ne se connaît pas. En tout et pour tout, elle ne m'a parlé qu'une seule fois, la seconde ne compte pas puisque nous avons été interrompu avant même de discuter.

— C'est plus prudent, dis-je d'un ton morne.

— Pardon ? rétorque son mec.

Je ne prête pas attention à celui-ci, non je guette la réaction d'Aliona et espère qu'elle en comprendra le sens. Et c'est le cas, quand elle redresse vivement la tête et plonge son regard dans le mien, je sais qu'elle a compris ce que je voulais dire. Je me contente d'un hochement de tête et m'éclipse sans un regard en arrière.

Le trajet jusqu'au garage se passe dans le brouillard. Je me rends à peine compte que je suis arrivé, tant je suis paumé. Je ne suis pas son mec, elle n'est pas ma copine, je ne devrais pas ressentir la moindre attirance pour elle. Pourtant c'est le cas et ça fait mal de la voir avec un autre, alors que je me suis senti à ma place quand je la serrais dans mes bras.

Pourquoi ne m'a-t-elle pas dégagé ? 

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