Shameless

Je m'étirai langoureusement avant d'ouvrir les yeux,  fronçai les sourcils, aveuglée par le rayon de soleil, qui s'était sournoisement infiltré entre les rideaux.

Je posai la main sur le matelas, du côté du lit, à présent vide. C'était encore tiède, signe qu'il n'était pas parti depuis longtemps.

Je rabattis la couette, dévoilant ma nudité, puis me dressai sur mon séant. Une vive douleur au niveau de la taille me fit grimacer. Yoongi n'y était pas allé de main morte, hier soir. Mais, putain! Qu'est-ce que c'était bon!

Je baillai à m'en décrocher la mâchoire, avant de poser un pied sur le parquet, puis me dirigeai lentement vers la salle de bains en me grattant le cuir chevelu.

Me plaçant devant le petit miroir au-dessus du lavabo, ce fut sans surprise, que je remarquai les suçons violacés dans le creux de ma gorge et les morsures sur mon épaule.

Je fermai doucement les yeux, me remémorant les moments torrides de la veille.

Tout avait commencé quand une pétasse, après que Yoongi ait gagné la course de motos, était sortie de nulle part et lui avait sauté au cou, l'embrassant, à pleine bouche.

Yoongi n'avait aucune idée que j'étais venue, ce soir-là. Normalement, je devais être être en train de réviser pour mon examen de la session de décembre. J'aimais prendre de l'avance sur mes cours.

Voyant que je n'arrivais pas à me concentrer. Je me décidai de lui faire la surprise à la dernière minute. J'avais fermé, d'un coup sec, mon gros livre de code civil puis enfilai mon manteau et mon bonnet avant de sortir, direction les docks.

Sachant pertinemment que mon petit ami n'allait pas du tout apprécier le fait que je vienne dans cet endroit mal famé. Toute seule qui plus est. Mais, je m'en foutais. Il baisait dix fois mieux quand il était énervé. Alors, j'avais plus à gagner à y aller.

J'avais, sans hésiter, sauté à la gorge de cette garce trop entreprenante, lui arrachant ses extensions et ses faux cils. Elle avait pris cher, jusqu'à ce que deux mecs viennent la délivrer. Je lui avais mis une dernière fois ma botte dans la gueule.

Durant tout ce temps, Yoongi était nonchalamment appuyé contre sa moto, un sourire narquois sur ses lèvres minces.

- C'était qui cette salope? M'étais-je écrié.
- Qu'est-ce que ça peut te faire ? Je croyais que c'était fini entre nous, ce matin? M'avait-il répondu de sa voix rauque.

J'avais essuyé rageusement le filet de sang qui coulait de ma lèvre inférieure, puis m'étais approché de lui. Il avait croisé les bras sur sa poitrine.

- Peu importe. Tu es à moi, Yoongi, avais-je susurré, mon souffle s'échouant sur ses lèvres.
- Ah! Vraiment, avait-il murmuré, un sourcil arqué.
- Tout comme moi, je t'appartiens, avais-je ajouté.

Il avait souri avant d'empoigner férocement mes cheveux en se redressant complètement.

- Là-dessus, par contre, tu as raison.

Il avait plaqué durement ses lèvres sur les miennes, dans un baiser d'où perçait le goût de notre passion, notre détresse, notre dépendance de l'un envers l'autre et surtout le goût du sang. Du sang qu'on était prêt à verser et surtout à faire couler l'un pour l'autre.

Mon mec était dealer de came et je m'en fichais. J'étais une fille de bourge et il s'en foutait. Tout ce qui comptait entre nous, c'était ce sentiment puissant qui nous poussait à nous haïr aussi fort que l'on s'aimait.

Cet attrait qui nous poussait dans les bras de l'autre, malgré le danger, les préjugés, la société.

Mes parents savaient qu'il était juste un motard tatoué qui ne baissait jamais les yeux quand on le fixait, rien de plus.

Mon père avait frôlé la syncope, quand je l'avais invité au dîner familiale, qui consistait à me présenter au fils du maire.

Un certain Jungkook.

Un petit bourge aux fesses pincées, transpirant la vantardise et l'orgueil par tous ses pores.

Quand Yoongi s'était pointé chez moi, au moment où l'on passait à table, il portait son sempiternel veston et ses gants en cuir, une clope dans la bouche.

Ma mère avait fait un malaise.

Enfin, elle avait feint tout cette mascarade.

C'était sa carte maîtresse pour manipuler mon père.


- Alors, où est-ce qu'on bouffe? Avait sorti mon mec, d'un ton nonchalant en enlaçant ma taille.

Le Jungkook avait tellement écarquillé les yeux que je ne pus m'empêcher de rire. Un rire que j'avais étouffé dans le cou de Yoongi.

Le lendemain, les fiançailles n'avait plus lieu d'être. Le maire avait crié au scandale. Il ne voulait pas marier son fils unique avec une fille aux fréquentations douteuses.

Je ne me plaisais pas du tout à faire enrager mes géniteurs, mais, je ne voulais absolument pas qu'ils contrôlent ma vie, comme ils l'avaient fait pour mon frère aîné.

Mes parents avaient imposé un mode de vie à Seokjin. Ses fréquentations, sa carrière jusqu'à même sa compagne de vie. Mon frère qui était, jadis, plein de vie, s'était vu du jour au lendemain réduit en marionnette.

- Je le fais pour toi, Sunmi, m'avait-il avoué en pleurant, un soir.

Il m'avait fait promettre de ne pas me laisser faire car il avait déjà payé le prix à ma place. Il m'avait fait jurer de me battre pour mes passions.

Quelques mois plus tard, j'avais rencontré ce tourbillon d'émotions fortes qu'était Yoongi, dans une boîte de nuit.

Mes amies m'avaient fortement déconseillé de le laisser m'approcher, car il était louche avec tous ses tatouages.

Je m'étais retrouvée, dix minutes plus tard, sur la piste de danse à lui rouler une pelle.

Notre relation était vouée à l'échec dès le début. Lui, avec son gang et moi, mon rang social. Mais, on s'en foutait. On se faisait l'amour aussi souvent que l'on se battait.

On se quittait souvent avec des cris et des coups pour se remettre ensemble le lendemain pour priver aux habitants de mon immeuble d'une nuit de sommeil.

Notre relation était bancale, instable et dangereuse, mais on aimait cela.

Je me dirigeai vers la douche, y restai un long moment sous le jet d'eau chaude, savourant le léger soulagement qu'il me procurait.

Je m'enveloppai dans un peignoir, me dirigeai vers la cuisine. Je trouvai sa tasse dans l'évier. Je souris.

Il détestait que je me serve de ses affaires mais il laissait toujours sa tasse sale sachant pertinemment que j'allais la réutiliser.

Qu'il pouvait être contradictoire parfois!

Je me versai un peu de café pour ensuite me diriger vers le salon, où j'avais laissé mes révisions traîner, sur la petite table et le sol.  Je m'assis à sur le parquet et repris là où je m'étais arrêté.

Il était plus de quinze heures quand je terminai. J'étais encore plus courbaturée. Je ne sentais plus mon derrière.

Je me dirigeai vers l'armoire de Yoongi puis enfilai un de ses pulls par dessus ma culotte.

Je me glissai dans les draps après avoir avalé un anti douleur. Je n'avais aucune envie de sortir malgré toutes les invitations de mes copines. Je voulais tout simplement me reposer, m'imprégner de l'odeur de mon homme pour le reste de la nuit. Car, demain, je retournais à l'Université.

Je me commendai à manger avant de me coucher. Yoongi n'allait pas rentrer de si tôt et il détestait quand je l'attendais pour dîner.

Je ne mis pas longtemps à m'endormir.

J'embrassai longuement et langoureusement mon mec sous les regards amusés pour certains étudiants et offusqués pour d'autres. Déjà, les avant-bras tatoués de mon petit ami choquaient, maintenant, ajoutons le fait de se rouler une pelle aussi indécente en public et surtout les mains de Yoongi plaquées contre mes fesses, les pressant.

Il me mordit la lèvre avant de déposer un ultime baiser sur mes lèvres gonflées.
- Sois sage! Chuchota-t-il de sa voix rauque.
- Je te renvoie le conseil. La prochaine fois, je te crève les yeux avec les faux cils de ta pétasse.
- Arrête ! Tu vas me faire bander, grogna-t-il.

Il déposa un ultime baiser sur mes lèvres avant d'enfourcher sa bécane, le vent froid d'automne s'engouffrant dans sa chevelure blonde.

Il mit son casque puis démarra en trombe. Je jetai ma chevelure de jais sur mon épaule d'un geste voluptueux avant de me diriger vers l'établissement.

Je me dirigeai directement vers mon premier cours, après avoir avalé mon anti douleur au préalable. Un Yoongi énervé était un Yoongi qui démontait.

Je fus, tout de suite, rejointe par Jojo, au tournant du couloir.
- Alors? Me demanda-t-elle toute excitée.
- Alors quoi? Dis-je, en me stoppant, lui faisant les gros yeux.

Elle savait pertinemment que je détestais qu'on me tire les vers du nez.

- Alors Yoongi? Insista-t-elle.
- Yoongi quoi?
- Sunmi, tu le fais exprès ? J'ai vu ta démarche de pingouin à des kilomètres.
- Il me l'a mise dans le cul, cette fois, répondis-je, de but en blanc, avant de reprendre mon chemin.

Elle s'étrangla avec sa salive. Je levai les yeux au ciel.

Ah! Cette prude! Soupirai-je.

Elle me suivit dans la salle et s'assit à côté de moi.
- Tu étais sérieuse ? Chuchota-t-elle. Il t'a...enculée, ajouta-t-elle encore plus bas, rougissant.

Je sortis un cahier de mon sac avant de répondre sur le même ton.
- Et j'ai pris un pied d'enfer.

Je me contentai de sourire quand je la vis rougir de plus belle.

Dawon, en retard comme toujours, fit son entrée dans la salle. Cela se voyait à des kilomètres qu'elle se coltinait une gueule de bois et pas des moindres.

- Salut les filles, marmonna-t-elle avant de se laisser tomber sur son siège. Réveillez-moi quand le cours est terminé. Jojo, prends mes notes, s'il te plait.

L'interpellée leva les yeux au ciel avant de sortir un cahier du sac de cette dernière.

Je sortis mon portable pour écrire à Yoongi, mais, il ne répondit pas. C'était habituel. Je ne m'en inquiétai pas.

Le cours d'anglais professionnel se passa rapidement. Je copiai mes notes copieusement ainsi que Jojo. Le professeur avait royalement ignoré Dawon qui ronflait sur son bureau au fond de la salle, pour la simple et bonne raison que cette dernière se le tapait, après les cours.

Je l'avais su dès que ce jeune et beau prof avait franchi la porte de cet établissement que Dawon le passerait à la casserole.

Entre eux, il n'y avait pas de sentiments ou du moins du côté de Dawon. Elle le surnommait Joonie et le menait par le bout du nez. Cette dernière n'était pas du genre à se poser. Elle baisait tout ce qui bouge. Et Namjoon, n'y avait pas échappé.

- Quand est-ce que tu vas mettre un terme avec cette relation? Demanda Jojo en fixant Dawon.

Nous étions, au self, assises à notre table.

- Quand j'en aurai marre, répondit la concernée d'un ton apathique.
- Tu sais que c'est illégal.
- Jojo, laisse la tranquille, intervins-je. Il n'est pas un gamin non plus, à ce que je sache. Puis, Dawon est majeure, de quoi tu parles?
- Un professeur et son étudiante, insista Jojo. Il risque de perdre son job.
- Va étudier Jojo, rétorqua Dawon en mâchant son morceau de viande
- Il faut que tu décompresses, ma belle, dis-je en ébouriffant sa chevelure brune.
- Y en a pas une pour rattraper l'autre, rigola-t-elle.

Dawon rit à son tour avant de lui faire un aegyo. Le sourire de Jojo disparut quand elle fixa la porte de la cafétéria. Je suivis son regard puis soupirai d'exaspération, en voyant le blond cendré faire son entrée.

Jojo était raide dingue de lui depuis le début du semestre, mais, lui, ne la remarquait pas du tout. Je le lui ai dit mainte fois, mais impossible de lui faire entrer dans le crâne qu'elle n'était pas le genre de Taehyung, vu que celui-ci flashait sur un étudiant de sa classe. Un certain Jimin.

Mais, ma pauvre Jojo, vivait dans le déni.

- Il ne peut pas être gay. T'as vu sa gueule? Dit-elle douloureusement.
- Ben! Il est très bicurieux, dans ce cas, répondit Dawon, l'enfonçant encore plus.
- Dada, sifflai-je.
- Quoi?

Elle leva les yeux au ciel avant de prendre la main de Jojo.

- Ma chérie, tu es très jolie. Il ne t'aime pas parce que tu as un vagin à la place d'une bite entre les jambes, c'est tout.
- Mais, Dawon! M'écriai-je en lui assénant un coup de baguette sur les doigts.
- Aïe! Fit-elle en secouant vivement sa main. Tu es folle, à m'attaquer ainsi.
- T'as pas à lui dire des trucs pareils non plus.

Le rire de Jojo interrompit Dawon dans sa tirade.

- Vous n'êtes pas possible. Merci les filles, d'essayer de m'ouvrir les yeux.
- C'est parce qu'on t'aime, répondis-je.
- En passant je voulais vous inviter au dîner que mes parents organisent, ce dimanche, pour fêter le retour de mon frère, dit Dawon. Le fils prodige est de retour au bercail.
- Il revient déjà de l'internat? S'étonna Jojo.
- Je crois qu'il a dix-huit ans cette année, dis-je.
- Il en a vingt Sunmi, rectifia Dada. Venez les filles! Sinon, je vais me faire chier à souhait. Surtout qu'Hoseok est une petite merde prétentieuse qui va se faire un plaisir de me rendre dingue. Je vais l'étriper et je vais finir en taule. Vous ne voulez pas que je finisse mes jours en prison pour fratricide...
- D'accord. Je viens, répondis-je en rigolant.
- Par contre, je ne pourrais pas, s'excusa Jojo. J'avais promis à ma grand-mère de passer la voir, ce week-end.
- Tu ne peux pas remettre ça au week-end prochain? Insista Dawon. Je pourrais te le présenter comme ça, je l'aurais pas dans les pattes et toi tu te changeras les idées.
- Dawon, tu n'es qu'une garce égoïste.
- Ta gueule, Sunmi! Alors, Jojo? Insista-t-elle en battant des cils, une moue enfantine sur la face.
- Je suis désolée. Je ne pourrai pas. Trouve-toi une autre poule pour ton frère.

Dawon se contenta de lui tirer la langue avant de reprendre son repas.

La semaine passa si rapidement que je ne m'en rendis même pas compte, tant j'étais couverte par les tests, les séances au tribunal, les exposés et mes révisions.

Dawon me mitralletta de messages pour me rappeler le dîner du lendemain à un point que même Yoongi me demanda l'identité de la personne qui me spammait autant.

- Cette folle, avait-il rigolé, avant de me mordre la nuque tandis que je faisais la vaisselle.

Il entoura ma taille de ses bras puis enfouit son nez, dans le creux de mon cou, inhalant mon odeur.

- Hum! Soupira-t-il, remontant ses mains sous mon t-shirt blanc.
- Bébé, je dois finir la vaisselle.
- Mais, vas-y! T'as qu'à t'écarter un petit peu de l'évier, chuchota-t-il à mon oreille, causant la chair de poule sur ma peau.

Je m'exécutai. Il se plaça entre l'évier et moi pour capturer mes lèvres. J'enfouis mes mains mouillés dans sa chevelure blonde pour approfondir le baiser. Sa langue glissa dans ma cavité buccale à la recherche de la mienne, l'entrainant dans un ballet des plus sensuels.

L'une de ses mains se glissa derechef sous mon t-shirt, me caressant le ventre dans un mouvement ascendant tandis que l'autre descendit vers mes fesses qu'il empoigna.

Il prit entre ses doigts fins l'un de mes boutons de chair et le tira doucement dessus, me tirant un soupir de bien-être. Il quitta ma bouche pour semer des baisers mouillés sur ma mâchoire puis ma gorge, tout en continuant à faire rouler mon téton entre ses doigts experts.

Il enleva sa main, me tirant un grognement de frustration. Je vis sur ses lèvres roses, un sourire mutin tandis que le désir était maître dans son regard.

Sans départir de son sourire, il se mit à genoux devant moi. Tout en se mordant la lèvre inférieure, il fit glisser ma culotte, le long de mes cuisses. Il déposa un baiser sur mon pubis, faisant tressauter mon bas-ventre.

- Bébé, grogna-t-il, en m'écartant les lèvres de ses doigts. La vaisselle.

Je plongeai les mains dans l'eau savonneuse tandis qu'il plongeait  sa langue humide dans mon intimité.

Je fermai les yeux en gémissant. Les couverts entrechoquèrent violemment les assiettes quand il commença à mouvoir son muscle rose sur ce petit bouton de chair, qui regorgeait de sang et toute ma sensibilité.

Yoongi souleva une de mes jambes et la posa sur son épaule me rendant encore plus déséquilibrée. Je ne pouvais plus que me retenir aux bords de l'évier pour ne pas flancher.

Pendant que sa langue bienfaitrice me procurait la plus douce des tortures, il inséra un doigt dans mon entrée. Il grogna remarquant que j'étais déjà prête à l'accueillir mais enfouit tout de même un autre doigt, faisant un mouvement de va-et-vient des plus lascifs.

Je rejetai la tête en arrière, laissant libre cours à mes gémissements. Ses doigts et sa langue me faisaient voir de toutes les couleurs, mais j'en voulais plus.
- Bébé, je te veux, dis-je entre deux soupirs.

Il fit la sourde oreille, entra de préférence un troisième doigt. Je le sentais. L'orgasme était là, mais, se faisait désirer, me désarticulant d'abord le cerveau de toutes pensées cohérentes, anesthésiant mon échine, me donnant des fourmis dans les jambes, faisant cogner mon coeur dans ma cage thoracique au point de l'exploser.

Les doigts de Yoongi se concentra sur ce point si sensible qui me fit chavirer dans les eaux troubles de la jouissance en criant son nom.

J'étais si engourdie que Yoongi me souleva pour me poser sur la table, renversant la chaise qui entravait son chemin.

Il fondit sur mes lèvres, répandant le goût légèrement acidulé de mon orgasme sur ma langue. Il agrippa fermement ma taille, me tirant sur le bord de la table, m'écartant les jambes au maximum.
- Prête ? Me demanda-t-il par automatisme.
- Toujours, répondis-je.

Son sourire en coin refit surface tandis qu'il défaisait le nœud de son jogger. Il sortit sa bite de son caleçon puis me pénétra d'un coup sec, son regard encré dans le mien.

J'enroulai mes bras autour de son cou, collant son front contre le mien. Les coups de boutoir toujours aussi puissants, toujours aussi délicieux. Mes jambes enroulées autour de sa taille fine le pressaient encore plus contre moi, l'incitant à aller toujours plus fort, toujours plus loin.

Je plantai mes ongles dans son dos me sentant de nouveau basculer dans une vague de plaisir. J'étais encore une fois sur le point de jouir.

Je le mordis l'épaule en jouissant. Il ne tarda pas à me suivre dans un râle tellement viril que décupla encore plus mon orgasme.
- Rassure moi ! Tu avais pris la pilule, dit-il, la tête dans mon cou, essayant de régulariser son souffle.
- J'ai changé pour des injections.
- J'avais oublié.

Il se dégagea de moi, déposa un baiser sur mes lèvres.
- Finis la vaisselle, lui intimai-je. Je vais prendre une douche.

Je sentis le regard de Yoongi me dévorer depuis le lit, alors que j'enfilais ma robe.

Il avait son ordinateur posé sur ses cuisses et ses lunettes sur son nez. Il savait qu'il était sexy avec ses verres et en jouait.

- Bébé, dit-il de sa voix grave. Tu me fais bander.
- Retiens-toi jusqu'à mon retour alors, répondis-je en roulant des hanches pour faire passer la robe vermillon.
- Ce n'est pas de ma faute. Tu es tellement sexy, surtout dans cette couleur tentatrice.

Je me penchai, pour enfiler mes talons, mettant en évidence mon fessier. 

- Penche toi encore une fois de cette manière et tu n'iras plus à ce dîner, grogna-t-il. Tu y vas comment d'ailleurs. Je te vois mal sur ma moto avec cet accoutrement.
- Dawon envoie son chauffeur.
- Dis à cette cinglée qu'elle m'en doit une. Me piquer ma meuf comme ça, dans la soirée, alors qu'on devrait être sous la couette en ce moment. Dit-il en quittant le lit et s'approcher de moi.
- Elle ne peut pas te blairer, rigolai-je.
- Mais, c'est réciproque, mon cœur. C'est réciproque.

Je sentis ses doigts froids remonter la fermeture éclair de ma robe. Une fois fini, il déposa un baiser sur mon omoplate.
- Cette robe est vraiment un appel au péché, murmura-t-il, faisant glisser ses mains sur mes hanches.

Je souris en mettant mes boucles d'oreilles. J'optai pour un maquillage nu, un chignon désordonné, mettant en valeur mon cou dénudé.

- Ne tarde pas trop, me dit Yoongi, appuyé contre la chambranle de la porte pendant que le chauffeur m'ouvrait la portière de la limousine.
- Je ferai de mon mieux, répondis-je en me penchant exagérément pour ramasser mon trousseau de clé que j'avais expressément fait tomber.
- Putain! L'entendis-je jurer. Tu ne perds rien pour attendre.
- Bisous! Lui dis-je en montant dans le véhicule.

Lorsque je mis un pied dans le hall des Jung, je fus attaquée par une Dawon sauvage. Elle me prit dans ses bras.

- J'ai cru que ton Yoongi là ne te laisserait plus venir, dit -elle en me libérant.
- En fait, c'était dans ses projets, rigolai-je.
- Je ne le supporte pas, ton mec, pesta-t-elle.
- C'est réciproque, mon cœur. C'est réciproque, répondis-je avec un sourire en coin, reprenant la réplique de mon noiraud.

Je regardai autour de moi. La salle était remplie d'invités. Des serveurs passaient distribuer des coupes de champagne. Des gens de la haute société, discutant par petit groupe. Il y avait même un orchestre qui jouait.

Cela avait tout d'une soirée mondaine à la sauce de ma mère.

- Je croyais que c'était un dîner, commentai-je, continuai-je en regardant autour de moi.
- En fait, c'est le cas, répondit Dawon. Hoseok va reprendre les rennes de l'entreprise familiale à la fin de ses études, l'année prochaine, donc, mes parents en profite pour le présenter à la société et ses futurs collaborateurs.
- Ah! Hoseok a déjà entamé ses études universitaire, m'étonnai-je. Et qu'est-ce qu'il fout ici? On est en plein semestre.
- Il continue ses études en ligne. Mon père l'a fait venir pour qu'il puisse le former sur le terrain.
- Ah! Fis-je. Et, il est où, le fils prodige? Demandai-je.
- Il se prépare pour faire son entrée spectaculaire. Allez! Allons boire un coup au mini bar.

Elle me prit par la main et me dirigea vers le mini bar se trouvant près de la piscine à l'extérieur. D'ailleurs, je fus étonnée de constater que les Jung l'avait ouvert. Quand je posai la question à Dawon, elle me répondit que certains invités n'appréciait pas le côté cucul des soirées mondaines, qu'un bar était parfois la bienvenue.

Je m'assis sur l'un des tabourets à côté de mon amie, commandai un martini avec des citrons. Dada et moi discutâmes un instant avant qu'un employé de la maison vienne la prévenir que ses parents la cherchait. Son petit frère faisait des siennes.

- Attends-moi! J'arrive, me dit-elle. Mais, fais chier Hoseok! s'écria-t-elle, faisant sursauter le serviteur, puis s'excusa poliment de son langage.

Je sirotai mon cocktail attendant le moment où l'on annoncerait le début du dîner. L'air froid de la nuit s'insinuait dans mes os, malgré la boisson alcoolisée que je buvais, je ne pus me retenir de frissonner.

Au moment, où je décidai de rentrer dans la maison, je sentis une veste tiède se déposer sur mes épaules.

Je vis un jeune homme s'asseoir nonchalamment sur le tabouret, précédemment occupé par Dawon.

Le première chose qui attira mon attention fut son torse finement musclé que les deux boutons défaits de sa chemise immaculée laissaient entrevoir.

- Tu es accompagnée.

Je fronçai les sourcils devant tant de familiarité.

- Oui, répondis-je, en lui montrant mon verre.

Il se contenta de sourire, s'accoudant au comptoir, écartant ses jambes.

Comment une personne pouvait-elle être aussi débraillée à ce genre de soirée ?

- Tu t'es perdu? Lui demandai-je. Qui a bien pris la peine de te traîner derrière lui?

Ce n'était pas de ma faute s'il avait réveillé mon côté mal élevé.  Il se retourna vers moi, son sourire toujours sur la face, le détaillant ouvertement.

Je fronçai les sourcils. Pourquoi je me sentais toute chose tout d'un coup? Il avait quelque chose dans son regard que seulement Yoongi pouvait exprimer. Et je me surpris à aimer qu'il me dévore ainsi du regard. 

- Tu es très jolie. Tu es une amie de Dawon.
- En quoi ça te regarde? Rétorquai-je.
- Pas besoin d'être aussi agressive, rigola-t-il de sa voix rauque. Pas autant que celle de Yoongi, mais juste assez pour ne pas me laisser indifférente.

Il posa encore ce regard sombre sur moi. Et je ne pouvais m'empêcher de le trouver sexy. Comment ce gamin pouvait-il avoir autant de sex appeal?

Le barman posa son verre sur le comptoir. Donc, le jeune homme se retourna, dévoilant encore plus son torse dans ses mouvements. Je déglutis, essayant de regarder ailleurs.

- Je te fais de l'effet, murmura-t-il en remuant la paille dans son verre.
- Pardon? M'offusquai-je.
- Je sais que tu as envie de moi, dit-il d'un sourire mutin, mordillant la paille de son mojito.

Je levai les yeux au ciel. Plus narcissique que ce petit con, tu meurs.

Mais, malheureusement, je ne pouvais nier qu'il avait raison. J'étais devenue sans le vouloir assoiffée, quémandeuse, rien qu'en imaginant ce parfait corps contre le mien.

Mais, je n'allais pas lui donner le plaisir d'avoir le dernier mot.

- J'ai déjà un copain, répondis-je.
- Et moi, j'ai un examen demain, rétorqua-t-il, du tac au tac.
- Quel rapport?
- Ah! On n'était pas en train de faire la liste des choses dans lesquelles on allait tricher? Fit-il, un sourcil arqué.
- Petit con! Sifflai-je en finissant mon verre.

Je lui jetai sa veste au visage, puis  rentrai dans la demeure. J'en avais par dessus la tête des petits bourgeois qui se la pétaient.

Ils étaient prétentieux comme tout et odieux.

Pourtant, je pouvais déceler dans le regard de ce garçon, toute cette soif de liberté que j'avais tantôt. Cette rage de sortir des griffes d'un destin tout tracé.

Une rébellion qu'il exprimait à travers son comportement, sa façon de s'habiller jusqu'à ces multiples piercings aux oreilles.

Et du désir.

Un désir fiévreux qui agissait sur mes hormones. Un peu trop à mon goût.

Je retrouvai Dawon dans sa chambre couchée en étoile de mer sur son lit, les yeux fixant le plafond.

- Dada? Tu vas bien? Lui demandai-je.
- Mon frère me fait chier, geignit-elle.
- Qu'a-t-il encore fait? Rigolai-je.
- Il me fait tourner en bourrique à le chercher partout. Et Dieu sait comme cette baraque est grande.
- Ben ! Laisse le!
- Je fais quoi là, à ton avis?

Je m'assis sur le tabouret en face de la coiffeuse, attrapai un baume à lèvres.
- J'ai rencontré un type tout à l'heure, dis-je en appliquant le baume.
- Un vieux papi pervers?
- Non, au contraire. Un beau jeune homme. Un peu rustre mais sexy.

Dawon se dressa sur ses coudes, me regardant à travers le miroir.

Elle sourcilla en souriant.

- Alors? Il t'a tapé dans l'œil ?
- Il m'a déshabillé du regard. Je me suis sentie nu et sans défense. Le pire, c'est qu'il est au courant de son effet sur moi.
- Hum! Le comportement de bad boy. Comme tu les aimes. C'est quand que tu le baises, pour lui apprendre les bonnes manières ?
- Non, mais, ça va pas? M'écriai-je. J'ai un copain.

Elle posa sur moi un regard désabusé.

- On sait, toutes les deux, très bien que ce n'est pas ça qui va te gêner.
- Maintenant, j'ai changé. Avec Yoongi, c'est du sérieux, dis-je en passant un doigt sur mes sourcils.
- Ne commence pas avec ton Yoongi là !

Un léger coup à la porte m'empêcha de lui faire part du fond de ma pensée. La porte s'ouvrit sur un serviteur.

- Mademoiselle, le dîner va bientôt commencer. Prière de descendre avec votre amie. Ils ne manquent plus que vous.
- D'accord. Merci Baek. Tu peux disposer, chou.

Le jeune garçon rougit légèrement avant de refermer la porte.

Je me tournai vivement vers Dawon qui arrangeait sa robe, puis m'esclaffai.

- Non. Tu n'as pas osé, m'exclamai-je.
- Quoi?
- Tu baises aussi l'employé de maison? Tu n'as aucun scrupule, ma parole.
- Je ne vois pas de quoi tu parles.
- Mais, je vais te croire.
- Mes parents n'avaient qu'à ne pas embaucher un si beau petit lot. Allez! On y va, répondit-elle en me prenant par la main.

La première personne qui attira mon attention fut le jeune homme de tout à l'heure. Assis en face de moi, il ne cessait de me dévorer du regard et j'en faisais de même. Ce qui n'échappa pas à Dawon.

- Sunmi, rassure moi! Ce n'est pas lui, le fameux inconnu sexy, me chuchota-t-elle.
- Hum! Fis-je, sans pour autant rompre le contact visuel.
- Oh! Pitié ! Murmura mon amie.
- Il y a un problème.
- Non. À part le fait que ce soit mon petit frère.

Je m'étranglai avec ma bouchée de riz. Dawon me tapota doucement le dos pendant que je buvais un peu d'eau, les yeux larmoyant.

Le dîner se passa grosso modo. J'étais habituée à ce genre de rassemblement à grandes pompes. Les Jung avaient présenté leur fils aux invités et annoncé qu'il serait le prochain PDG de l'entreprise familiale.

Durant tout ce temps, les yeux brûlants du dit Hoseok ne m'avaient lâché une seconde. Et je ne pouvais nier que j'aimais ce que je décelais dans son regard.

Je me surpris à me demander quel goût pouvaient avoir ses lèvres roses. Je me mordis la lèvre en y pensant tandis qu'il s'humecta les siennes, avant de sourire en coin.

Ce gamin était une bombe à retardement que je devais à tout prix éviter.

À la fin de la soirée, je saluai les hôtes et quelques invités qui me connaissaient. Dawon me remercia d'être venue puis me fit un câlin.
- Ne va pas baiser l'employé de maison, Dawon! La réprimandai-je gentiment.
- Non, mais, t'as vu sa gueule d'ange? Comment lui résister ? Répondit-elle, amusée.
- Ton frère n'est pas mal non plus, commentai-je.
- Ew! Me dis pas que tu l'as dans le collimateur ?
- Non. Puis Yoongi n'en fera qu'une bouchée de lui.
- Ah! Je suis soulagée.

Je la saluai une dernière fois avant de monter dans la limousine.

Une fois la portière fermée, je me retrouvai dans la pénombre. Je poussai un soupir.

- Putain, soufflai-je, en rejetant la tête en arrière.

Pourquoi je l'avais dans la tête à présent ?

Je soufflai derechef puis enfonçai mes ongles dans mes cuisses afin de me réveiller de ce cauchemar. 

- Je me demande à quoi tu penses pour te mettre dans un tel état, murmura la voix rauque d'Hoseok.

Je n'eus même pas la décence de sursauter tant j'espérais entendre ce timbre chaud au creux de mon oreille. Je gardai les yeux fermés tout en continuant à planter mes ongles dans ma chair pour éviter de le toucher.

- Qu'est-ce que tu fais là, Hoseok? Lui demandai-je, d'une voix à peine contrôlée.
- Je te ramène chez toi.

J'ouvris sèchement les yeux puis me tournai vers lui. Il ne portait plus sa veste et sa chemise était encore à moitié déboutonnée. Je me mordis la langue et m'efforçai de regarder ailleurs. La pénombre de l'habitacle rendait son attrait encore plus diabolique.

- Je peux te toucher? Me demanda-t-il doucement.

Je posai, sur lui, un regard scandalisé. Décidément, il n'avait pas froid aux yeux, ce gosse.

- Pourquoi? Questionnai-je.
- Parce que mes doigts brûlent d'envie de connaitre la sensation de cette peau nacrée.
- Descends de cette voiture!
- Je te ramène chez toi, même si tu me dis non. Je ne vais rien tenter, de toute façon.

Mais, c'était sa présence qui m'oppressait, car, moi aussi, j'avais envie qu'il me touche. Mais, je n'allais pas lui montrer l'effet qu'il avait sur moi.

Putain! Y avait quoi dans mon verre, ce soir?

Le trajet se fit silencieusement. Je m'étais légèrement cramponnée contre la portière, mettant une bonne distance entre ce gosse tentateur et moi. Mais, la chaleur de son corps était tellement présente que cela n'avait en aucun cas à ce que j'oublie sa présence.

- C'est là que tu habites? Me demanda-t-il.
- Non. C'est l'appart de mon petit ami.
- Ah! Tu vis avec lui?
- En quoi ça te concerne?
- Juste pour savoir.

Je ne répondis pas, me contentai d'ouvrir la portière, puis descendis de la limousine.

Je ne m'attendais pas à ce qu'il descende à son tour et me suivre jusque sur le palier.

- Bon, tu vas me lâcher, gamin? M'emportai-je.
- Non.
- Il va falloir, répondis-je en cherchant les clés dans mon sac.

Il m'enlaça vivement et m'attira brusquement vers lui, mon dos contre son torse. Je sentis son nez s'enfouir dans le creux de mon cou.

Bon. Il m'avait énervé. Je lui assénai un violent coup de coude dans le ventre, puis le giflai tout aussi violemment en me retournant.

- Je ne veux plus jamais te voir rôder autour de moi, morveux.

Il ne répondit pas. Je rentrai dans la maison, le laissant sur le palier, plié en deux, la joue rougie.

Je me déshabillai au fur et à mesure que je m'avançais vers la chambre. Ce fut en tenue d'Ève que je pénétrai dans celle-ci.

Je défis mon chignon en m'approchant du lit où Yoongi était encore concentré dans son ordinateur, des casques vissés dans ses oreilles.

Je grimpai sur le lit et lui enlevai le PC des jambes, captant ainsi toute son attention. Je m'assis en califourchon sur ses cuisses, tandis que ses mains empoignaient automatiquement mes fesses.

Je glissai mes doigts dans ses cheveux, tirant légèrement dessus, puis capturai langoureusement ses lèvres. Ses doigts se plantèrent un peu plus dans ma peau, me faisant gémir contre sa bouche.

Je sentis son érection gonfler dans son pyjama, alors je me frottai contre celle-ci, lui arrachant un grognement lascif. Une claque sonore s'abattit sur ma fesse, me faisant gémir encore plus. Je mordis sa lèvre inférieure.

Il me bascula sur le lit et se plaça au dessus de moi, déposant des baisers sur ma peau dans un mouvement descendant. Il glissa sa langue sur mon clitoris, tout en empoignant mes hanches.

J'écartai les cuisses autant que je le pouvais, en me cambrant. Mes doigts agrippèrent ses cheveux pour l'inciter à sucer plus fort.

Mais, il s'écarta de moi pour descendre du lit, m'arrachant un grognement de frustration. Il disparut dans la buanderie, pour revenir avec une sacoche bleue en velours.

Je frémis d'anticipation en sachant pertinemment ce qui allait suivre.

Yoongi déposa un genou sur le lit, me tira sèchement vers lui, par les chevilles. En une caresse voluptueuse, ses doigts fins remontèrent vers mes jambes avant de me retourner brutalement sur le ventre, claquant derechef mon fessier.

Le visage enfoui dans la couette, je le sentis s'emparer de mes poignets. Le métal froid qui entra en contact avec ma peau et le déclic me confirmèrent qu'il m'avait menottée.

- Si tu gigotes, ça risque de mordre, murmura-t-il, en pénétrant deux doigts dans mon entrée.

Putain! Rien qu'à sa voix, je me sentais toute fébrile.

Alors, me retenir de bouger risquait d'être un vrai challenge.

Je me mordis la lèvre en sentant ses doigts atteindre ce point si sensible au fond de moi. Mon souffle devenant encore plus saccadé.

Mais, il s'arrêta encore une fois. Je ne me retins pas de grogner. Ce qui lui fit rire.

- Patience bébé, dit-il.

Je tournai légèrement la tête, le vis fouiller dans la sacoche.

- On ne regarde pas! M'intima-t-il. Sinon, je te bande les yeux.
- D'accord, répondis-je, en fermant les yeux.

Le fait de me priver de la vue décuplait encore plus mes autres sens. Surtout celui du toucher. Je sentis Yoongi, m'inciter à me mettre sur mes genoux.

Ne pouvant pas prendre appui sur mes mains, je me retrouvai encore une fois, le visage enfoui dans le matelas, les fesses en l'air, les jambes écartées. 

Offerte.

Je gémis en sentant sa langue chaude s'insinuer dans mon antre, ses deux mains posées sur mes fesses. 

- Putain! Bébé, je te veux, soupirai-je, la voix étouffée par la couette.

Un léger bruit de vibration s'éleva dans la pièce. Je poussai un petit cri de plaisir quand cette vibration se posa sur mon clitoris. Je me mis à gigoter, mais la morsure des menottes me rappela à l'ordre.

- Oh! Bébé, s'il te plait, criai-je.

D'une lenteur douloureuse, Yoongi plongea le vibromasseur dans mon vagin. Je poussai un long soupir, savourant les délices que me procurait ce petit appareil. Tous mes sens étaient concentrés sur cette partie de mon anatomie qui se faisait agréablement torturer.

Je sentis cependant, une substance froide couler entre mes fesses, puis un doigt s'insinuer dans mon anus. Je me cambrai encore davantage, creusant mon dos encore plus, lorsqu'un deuxième doigt pénétra.

Yoongi augmenta la vitesse du vibromasseur quand un troisième doigt fit son entrée.  

- Oh! Putain! Criai-je en m'en bousiller les cordes vocales.

L'orgasme fut fulgurant, paralysant. Je tremblais de tous mes membres quand le plaisir me frappa comme la foudre, tandis que l'appareil vibrait encore contre mon poing G.

- Enlève le, Yoongi, s'il te plait! Suppliai-je.

Il s'exécuta en riant. Il défit aussi les menottes. Je me laissa tomber sur le lit. Mais, Yoongi me tira brusquement vers lui par les bras. Je le retrouvai sur les genoux, dos contre son torse.

Ses doigts s'enroulèrent autour de ma gorge, tandis qu'il mordit doucement le lobe de mon oreille. 

- Je n'ai pas encore fini avec toi, susurra-t-il de sa voix grave, me faisant gémir.

Il déposa des baisers mouillés sur mon épaule et ma nuque tandis qu'il défaisait le cordon de son pantalon. Je ne tardai pas à sentier son érection glisser entre mes fesses, titillant mon entrée.

- Prête ? Me demanda-t-il.
- Oui, murmurai-je d'une voix enrouée.

Sa bite pénétra doucement mon anus préalablement préparé pour le recevoir. Il attendit un instant que je m'habitue à sa largeur.

- Yoongi, bordel! Défonce-moi! M'écriai-je.

Il ne se fit pas prier pour débuter ses coups de boutoir. Une main contre ma gorge et l'autre pressant ma hanche. Il savait exactement où frapper pour me rendre folle. Une main autour de sa nuque, je me laissai, en posant ma tête contre son épaule.

Son doigt de sa main libre se dirigea vers mon clitoris qu'il se mit à masser.

- Oh! Fuck! Criai-je au bord de la jouissance.

Je sentis ses petites dents se planter dans mon épaule. Ce que j'adorais quand il faisait ça. Cela décupla mon plaisir. 

- Putain! Yoongi, criai-je, en jouissant.

Il ne tarda pas à me rejoindre en plantant ses ongles dans mes hanches. Déposant un baiser sur ma nuque, il se retira.

Je sentis le sperme couler le long de mes cuisses. Yoongi disparut dans la douche avant de revenir avec un gant de toilette et un bassine d'eau. Il humidifia le tissu avant d'essuyer sa semence. Il répéta le geste jusqu'à ce que je sois propre.

- Repose-toi! Murmura-t-il en déposant un baiser sur mon nez, en remontant la couette sur ma poitrine.
- Viens dormir! Dis-je d'une voix ensommeillée.

Je n'entendis pas la réponse car je m'endormis.

Une semaine se déroula depuis. 

Yoongi dut quitter la ville pour une affaire urgente. Pour combler le vide créé par son absence, je me plongeai dans mes révisions. Je faisais mon possible pour rentrer tard et assez fatiguée afin de m'écrouler comme une masse, de fatigue, à chaque fois.

J'étais frustrée tant émotionnellement que sexuellement. C'était toujours ainsi quand Yoongi s'absentait. L'inquiétude qu'il ne revienne pas et le mal de lui me rendait invivable.

Je venais de crier sur Dawon parce qu'elle me rebattait les oreilles des conneries de son frangin. Comme si j'en avais quelque chose à foutre. Même Jojo n'arrivait pas à me calmer. J'étais devenue exécrable.

Je sortis du bahut énervée et le comble, il pleuvait. Je n'avais pas pris de parapluie. Et dire que je n'avais pas de carte de bus. Ironiquement, il n'y avait aucun taxi dans les parages. Restant comme une conne sous la pluie, les bras croisés, je ne pouvais sûrement pas demander à Dawon de me déposer juste après lui avoir gueulé dessus. 

Je vis quelqu'un courir vers moi avec un large parapluie. Je ne pouvais voir correctement son visage due par la forte averse.

Ce fut qu'une fois arrivé à ma hauteur que je remarquai qu'il s'agissait du professeur Kim. Enfin, Namjoon.

Il se plaça de sorte à ce que je me retrouve aussi sous son parapluie.

- Mademoiselle, je vous ai vu toute seule sous la pluie. Avez-vous raté votre bus?
- Je n'arrive pas à trouver un taxi. Répondis-je, en claquant des dents.
- Ça vous dérange si je vous ramène chez vous? Me proposa-t-il.
- Vraiment?

Il hocha la tête en souriant, révélant ses fossettes.  

- Merci monsieur. Répondis-je.
- S'il vous plait, appelez-moi Namjoon! Je sais que vous êtes au courant pour Dawon et moi.

Je montai dans sa voiture. Le trajet se fit silencieuse jusqu'à à ce que mon portable retentisse, brisant le calme.
- Allô, décrochai-je.
-Sunmi?

Je portai immédiatement une main contre ma bouche pour m'empêcher de pousser un cri de joie. Des larmes me montèrent immédiatement aux yeux.

- Jin? Dis-je d'une toute petite voix, la gorge nouée par l'émotion.
- Où es-tu, moucheron? Je viens d'arriver au pays et maman m'apprend que tu as déménagé.
- Oui. Je suis chez mon petit ami.
- Ah! C'est bien. Mais, un peu dommage pour moi. Je suis de passage à Séoul. Je voulais voir ma petite soeur adorée.
- Je n'ai pas quitté la ville. J'ai menti aux parents pour qu'ils me laissent un peu tranquille. Tu connais maman. Sinon elle serait venue chaque jour me faire la misère avec Yoongi.
- Yoongi? C'est comme ça qu'il s'appelle ton copain?
- Oui. Quand est-ce que tu repars en Bretagne?
- Demain. Je suis ici pour une réunion. Je prends le premier vol demain matin.
- Oh! Putain! Il faut que je te vois avant que tu ne partes. Tu es chez maman ?
- Oui.
- J'arrive tout de suite.
- Je suis impatient de te voir, moucheron.

Je raccrochai avec le premier sourire de la semaine sur la tronche. Je me tournai vivement vers Namjoon pour déverser sur lui mon trop plein d'émotions et lui demander s'il pouvait m'emmener à l'opposé de l'adresse que je lui avais donné en lui faisant des yeux de merlans frits.

Il accepta en rigolant, m'avouant que c'était sur son chemin du retour de toute façon. Je poussai un petit cri de joie, trépignant d'avance. Je n'avais pas vu mon frère depuis six ans.

Arrivé devant la grille, le gardien qui d'habitude stoïque, esquissa un petit sourire en me voyant. J'étais quand même partie de la maison depuis quatre ans. 

- Wouah! Mais, c'est une super baraque qu'on a là, s'exclama Namjoon au fur et a mesure que la voiture avançait vers la demeure.

Le manoir des Kim s'étendait sur cinq hectares. Une maison digne d'un roi. Elle comptait soixante pièces dont vingt-deux chambres à coucher.

Je ne jouais pas sur les mots en disant que j'étais une fille de riche. Mais, tout ce qui me préoccupait en ce moment était de revoir mon grand frère.

La voiture se gara doucement devant la porte d'entrée. Un domestique venait déjà avec un large parapluie. Je ne le connaissais pas celui-ci. Sûrement ma mère avait encore changé le personnel. 

- Mademoiselle, Avez-vous fait bon voyage? Me demanda le jeune garçon. 

Je le fixai un instant avant de réaliser que je n'étais pas censée être en ville. 

- Oui. Vous êtes ? Demandai-je.
- Le nouveau majordome, Taeyong, pour vous servir, répondit-il en se courbant légèrement.
- Vous n'êtes pas un peu jeune pour être majordome? Demandai-je.

N'attendant pas sa réponse, je me tournai vers Namjoon.

- Venez prendre le thé avec nous, s'il vous plait. Pour vous remercier de ce grand service.
- Vraiment ? Je ne voudrais pas déranger, répondit-il.
- Mais, non. Je vous invite.
- Franchement , je n'ai jamais su que par Kim, vous faisiez partie de la famille des Kim. Genre ces Kim là.
- Ah! Mais, je vous comprends. Kim est un nom assez commun. La preuve, vous êtes aussi un Kim. Suivez-moi.
- D'accord, répondit-il en souriant.

Nous pénétrâmes dans le living.

- Laissez-moi prendre votre manteau, proposa Taeyong.
- Prenez celui du monsieur de préférence. Je saurai me débrouiller. Merci Taeyong.

Le majordome s'exécuta.

- Sunmi ah! S'écria Seokjin depuis la mezzanine.
- Oppa, répondis-je sur le même ton, oubliant instantanément les gens autour de moi.

Je me précipitai dans les bras de mon frère. Il me souleva, me fit tournoyer. Je ne pus refouler les larmes qui me picotaient les yeux. Il me reposa, puis me serra contre lui, aussi ému que moi. 

- Ah! Mais nous avons un invité, dit-il en remarquant Namjoon, debout au milieu de la pièce, se dandinant d'un pied à l'autre.

Je me défis de l'étreinte de Jin.

- C'est lui, Yoongi? Il est beau, dis donc, me chuchota-t-il en sourcillant.
- Non. Non. C'est mon professeur d'anglais qui m'a gentiment proposé de m'accompagner à cause de la pluie.
- Ah! C'est ce que je me disais. Il est trop vieux pour toi.
- Yoongi est plus vieux que lui, répondis-je placidement.
- Quoi?
- Allez! Viens que je te le présente, m'empressai-je de changer de sujet.

Je traînai presque Seokjin vers Namjoon. 

- Namjoon, je vous présente mon frère aîné Seokjin. Jin, voici, Namjoon, mon professeur d'anglais.
- Enchanté, dirent-ils simultanément, en se serrant la main.
- Je vous remercie d'avoir conduit ma soeur jusqu'ici, continua Jin, sa main toujours dans celle de mon professeur.
- Ce n'était pas du tout un problème. Je suis honoré de faire votre connaissance, monsieur Kim.
- Mais, appelez-moi Seokjin!

Mon regard fit la navette entre eux à chaque fois que l'un ouvrait la bouche. J'étais sûre de ne pas comprendre ce qui se passait.

Si je ne connaissais pas mon frère. Je dirais qu'il flirtait avec mon professeur. Il y avait dans son regard cette lueur qui en disait long. Et, Namjoon était comme sous le charme.

Leur échange fut interrompu par l'arrivée de ma mère.
L'après midi se passa dans les plus grands des calmes se qui m'étonna. Je m'étais attendue à ce que ma mère me fasse une scène. Mais, rien.

Elle semblait avoir perdu beaucoup de poids. Des cernes se voyaient malgré son maquillage. Elle parlait très peu. Elle mangeait encore moins que d'habitude. Son teint livide était presque morbide. Elle se déplaçait souvent en s'excusant pour aller tousser dans une salle de bains.

J'étais au courant car je l'avais suivis au bout de la cinquième fois. Je l'avais entendu prise d'une violente quinte de toux derrière la porte. Elle avait même vomi.

La venue de Seokjin n'était plus du tout anodine, à mes yeux. Il savait que notre mère était malade.

J'avais exigé des explications aussitôt que Namjoon aie pris congé. Elle m'avait avoué qu'elle était atteinte d'un cancer du poumon. Qu'elle était en phase terminale.

Je restai stoïque sur le moment, mais, une fois seule dans mon appartement, je m'effondrai. Je n'avais jamais eu de bonne relations avec elle, mais, elle restait quand même celle qui m'avait mise au monde.

Je n'arrivais pas à joindre Yoongi. Je lui laissai plein de messages lui sommant de m'appeler mais, il les avait tous lu sans répondre.

Qu'il aille se faire foutre! Rageai en balançant mon téléphone dans un coin de la pièce. J'enfilai mon imperméable et sortis.

J'avais besoin de prendre l'air.

Je ne sus combien de temps j'errai dans les rues de Séoul mais je me retrouvai, sans trop le savoir devant la maison des Jung. 

En m'apercevant le gardien m'ouvrit la grille. Ce fut dégoulinante d'eau, que je me retrouvai dans le hall. J'éclatai en sanglot me jetant dans les bras de la première personne qui s'y trouvait.

Hoseok.

Il fut surpris sur le coup mais serra tout de même ses bras autour de moi.

Il ne me posa pas de questions, se contenta de m'apporter des vêtements secs et du thé chaud.

Une fois, calmée, je me mis à chercher Dawon, mais elle n'était pas là. Elle était sortie avec un de ses copains pour la nuit, vue que leurs parents étaient en voyage.  Il n'y avait qu'Hoseok  dans la propriété.

Nous restâmes à nous regarder en chien de faïence, ne sachant, pour une fois, pas quoi dire.

- Je pense que je vais rentrer, dis-je finalement.

Il se proposa de me ramener. J'acceptai sans encombre. J'étais comme vidée de toutes forces. Je ne me voyais pas reprendre la route à pieds.

Je dus emménager chez mes parents pour être plus proche de ma mère. Je voulais être là quand elle avait besoin de moi. Seokjin était repartie en Bretagne pour les affaires mais revint deux jours plus tard.

Je n'avais toujours pas de nouvelles de Yoongi. Il ne répondait pas à mes appels encore moins à mes messages. C'était comme si la terre l'avait englouti. Et cela rajouta une autre couche à mon niveau de stress déjà élevé.

J'étais morte d'inquiétude.  Dawon venait souvent me voir, parfois avec son frère. Celui-ci ne m'importunait plus. Et je lui en fus reconnaissante. Je n'avais pas besoin de tout cela en ce moment.

Mais, il m'apportait un grand soutien. Je ne savais pas que derrière toute cette effronterie qu'il avait fait preuve au dîner, se cachait un être au cœur pur.

Il faisait tout son possible afin de me faire sourire tous les jours. Plus je pensais qu'il n'y arriverait pas, plus il me surprenait. Il était ingénieux, se creusait les méninges, inventant chaque jour une nouvelle technique pour illuminer mes journées.

Cet après-midi la, Hoseok était venu me chercher à l'Université. Ce n'était pas dans ses habitudes. Je fus d'abord réticente à le suivre quand il refusa de me dire où il comptait m'emmener. Mais, encouragée par Jojo et Dawon, je capitulai.

Néanmoins, mes doutes refirent surface quand je remarquai que nous quittions le centre-ville et qu'il ne semblait pas vouloir s'arrêter. Je lui demandai s'il allait me tuer et jeter mon corps dans un trou paumé. Il se contenta de rire et replongea dans le silence.

Je checkais sans cesse mon portable en quête d'une quelconque réponse de Yoongi. Même pas un texto. Et je me sentais mourir à petit feu. Je ne supporterais pas de le perdre lui aussi.

Malgré moi, des larmes coulèrent sur mes joues. Je n'avais jamais été aussi mièvre de toute ma vie. Un léger reniflement attira l'attention d'Hoseok qui se gara immédiatement sur le bas côté.

Il sortit de la voiture en même temps que moi. Je me jetai dans ses bras une fois que nous nous retrouvâmes devant la voiture.

Mon visage enfoui dans son torse, mes mains agrippant sa chemise, j'évacuai toute ma peine, ma frustration, mon inquiétude, tous les sentiments que je gardais pour moi durant tout ce temps.

Durant tout ce temps, Hoseok s'était contenté d'être là pour moi, sans me poser de questions, sans me forcer à parler. Il s'était contenté d'être mon punching-ball, ma bouée, mon clown. Tout cela en silence. Et je lui en étais reconnaissante.

Je me calmai doucement et me détachai de son étreinte chaude. L'air froid de l'automne s'infiltrant sous mon manteau. Je levai les yeux vers lui puis lui fois un petit sourire qu'il répondit.

- Je suis désolée, m'excusai-je.
- Non. Dit-il en me prenant mon visage entre ses paumes. Ne t'excuse pas d'être humaine, souffla-t-il.

Mes larmes affluèrent de nouveau sans que je puisse les stopper.

- J'ai passé ma vie à faire chier mes parents. Je sais que j'avais en partie raison de les faire tourner en bourrique. Quand je voyais la façon dont ils ont détruit les rêves de mon frangin. Je ne voulais pas qu'ils en fassent de même avec les miens. J'ai... J'ai été la fille la plus exécrable de 'a terre. Ainsi, je me suis éloignée d'eux. Mais, n'empêche, ils restent mes parents et je les aime. L'idée de perdre l'un d'entre eux me fait mal. Ça me prend par les tripes et je suffoque, Hoseok, sanglotai-je, me laissant tomber sur mes genoux, enfouissant mon visage dans mes mains.

Hoseok se mit à genoux en face de moi et me serra de nouveau dans ses bras.

- Pleure! Ça te fera du bien, chuchota-t-il sa voix se cassant sur le dernier mot.
Je relevai les yeux vers lui. Il était, lui aussi, en larmes.
- Oh! Je ne voulais pas te faire pleurer. Je suis désolée. Je ne...

Ses lèvres fondirent sur les miennes. D'abord, surprise, je ne réagis pas tout de suite. Prenant ceci pour un rejet, Hoseok rompit le contact de nos lippes, se confondant en excuses.

Je ne l'écoutais que d'une oreille, essayant de comprendre la nature de ce sentiment que ce contact avait provoqué dans mon cœur. Ce n'était pas galvanisant mais plutôt sournois et entêtant. Comme la brûlure lente du poivre. 

- Je n'aurais pas dû. Je m'excuse, continuait-il.

J'agrippai sa nuque puis déposai doucement mes lèvres sur les siennes. La douceur de sa bouche, sa langue cherchant la mienne, ses doigts glacés dans ma chevelure. Tout cela était une sorte de combo qui enflait mon cœur. 

Je soupirai d'aise. 

C'était tout ce dont j'avais besoin en ce moment.

Ce sentiment était doux, apaisant. Comme une berceuse qui me rassurait. Un baume sur mon cœur meurtri. Un phare au milieu de la nuit.

Hoseok était mon phare.

Le baiser était patient, serein, pourtant transmettait tant d'émotions tourmentés. Je serrai mes doigts dans sa chevelure, approfondissant le contact. Sans m'en rendre compte j'étais en califourchon sur ses jambes. Ses doigts fourrageaient dans ma tignasse sans pour autant rendre notre contact sauvage.

Je déposai un ultime baiser sur ses lèvres. Je ne savais pas quoi lui dire et visiblement, lui non plus. Il se contentait de me caresser les cheveux en me dévisageant.

- Alors, cette surprise? Dis-je, amusée.
- Je n'ai pas trop envie de te lâcher en ce moment.
- Va falloir t'y résoudre. Je commence à avoir froid. 

Il déposa un ultime baiser sur mes lèvres avant de se lever, m'y forçant à en faire de même par la même occasion.

Une fois installés, dans la voiture, nous reprîmes la route. Bientôt la mer fit son apparition. Hoseok gara la voiture sur le bas côté face à celle-ci, puis descendit. Je l'imitai. Il s'appuya contre le pare-chocs tandis que moi je grimpai sur le capot.

La vue était sublime. Devant moi, le soleil épousait parfaitement l'horizon diffusant ses rayons sur les courbes de l'eau. Les quelques nuages dans le ciel était teintés d'orange et de rose.

- Je voulais absolument te montrer ce coucher de soleil, dit-il en se tournant légèrement vers moi, ses bras croisés sur sa poitrine.
- C'est magnifique, murmurai-je.
- Je sais.
- Ça te dit un bain? Lui proposai-je.
- T'es sérieuse ? Rigola-t-il. L'eau doit sûrement être gelée.
- Roh! Mais, quelle chochotte! Dis-je en enlevant mon manteau avant de sauter le barrage.

J'enlevai mon jeans et mes bottes en route. Le sable était froid sous mes orteils. Je soufflai un grand coup avant de me lancer en courant vers la mer.

L'eau me fit l'effet de coup de fouet contre mes jambes, mais je ne m'en souciais point. J'avais besoin de cette douche froide pour m'éclaircir les idées.

La morsure de l'eau glacée était rien comparée à la douleur dans mon cœur. Je ne savais pas quoi faire en ce moment précis. J'avais besoin de Yoongi plus que tout. Mais, aussi, le besoin d'un certain Hoseok se faisait sentir.  Sournois mais persistant.

Je sentis deux bras entourer ma taille et un menton se poser dans le creux de mon cou. Je tournai mon visage vers le sien et il déposa ses lèvres sur les miennes. 

- J'aimerais bien pouvoir t'embrasser sans faire un malaise, rigola Hoseok en claquant des dents.
- D'accord, chochotte, répondis-je en grelottant.

Nous sortîmes de l'eau, main dans la main, récupérant nos vêtements délaissés sur le sable. Aidant l'un l'autre à traverser le barrage, nous rejoignîmes la voiture. Je m'engouffrai dans celle-ci afin de m'habiller. Hoseok avait déjà enfilé son pantalon. Ce fut torse nu qu'il entra dans l'habitacle.

- Tu es vraiment folle de prendre un bain à cette période de l'année, s'exclama-t-il en enfilant son pull.

Je ne répondis pas, perdue à contempler ses gestes pourtant simples mais emplis d'un sex-appeal indécent. Je me mordis la lèvre inconsciemment. 

- Tu aimes ce que tu vois ? 

Sa voix légèrement rocailleuse s'éleva dans l'habitacle. Je sortis aussitôt de ma transe pour plonger mon regard dans le sien.

- Supposons que c'est le cas, dis-je.
- Supposons que je voudrais t'embrasser comme un malade en ce moment.
- Supposons que moi aussi.
- Supposons que je veuille plus qu'un baiser langoureux.
- Supposons que ce soit mon désir à moi aussi.
- Supposons que je te fasse l'amour là tout de suite.
- Supposons que c'est ce que je veux là tout de suite.
- Supposons... Oh! Fuck les supposons! Grogna-t-il en m'agrippant la nuque.

Le baiser était pressant, fougueux, galvanisant, fiévreux. Je réduisis la distance entre nous en grimpant sur ses genoux. En califourchon sur ses jambes, j'avais un total accès à ses cheveux que je tirais doucement tandis que ses mains froides caressaient mes jambes nues.

Il enleva prestement mon t-shirt mouillé, révélant l'absence de soutien-gorge.

- Danm! Chuchota-t-il, se mordant la lèvre, en caressant ma poitrine nue du regard avant de délicatement poser sa grande main sur l'un mes seins.

Il titilla le bouton de chair rose avant d'y poser sa bouche. Je rejetai la tête en arrière en gémissant. Ses doigts froids se plantèrent dans la chair de mes hanches dénudées. Je sentais sa langue humide glisser sur ma peau, laissant un sillon de salive mais aussi, transformant le liquide vital circulant dans mes veines en laves.

Je me frottai contre son érection, le faisant gémir contre ma peau. Je défis rapidement sa braguette afin de libérer sa bite. Je fondis sur ses lèvres dans un baiser sauvage, entrechoquant parfois nos dents. Donnant des coups de poignets précis sur son bâton de chair, lui tirant des soupirs rauques, tandis qu'il suçotait le creux de ma gorge avant de revenir vers ma bouche, ses doigts me pénétrant.

Décalant encore plus ma culotte sur le côté, il me pénétra doucement, m'empalant. Sa bite était une taille au dessus de celle dont j'étais habituée. J'étais pas du tout fan des préservatifs, mais ne sachant pas trop à quoi m'attendre d'Hoseok, j'avais exigé qu'il en mette un.

Je plongeai mon visage dans le creux de sa gorge, fermant les yeux afin de profiter du plaisir fulgurant qui s'emparait de moi. Les coups de reins d'Hoseok étaient précis, comme s'il connaissait mon corps mieux que moi. Sachant exactement où frapper pour me rendre dingue. Les sons indécents de nos gémissements, le claquement de peau et le bruit de succions emplirent l'habitacle de la voiture.

Je ne tardai pas à jouir. Mais, Hoseok était au summun de sa forme et de sa performance. Continuant toujours et encore à marteler mon point G me rendant simultanément, faible, excitée et orgastique.

Je plantai mes ongles dans son dos quand le second orgasme me secoua de tout mon être. Mes jambes trop faibles pour me pousser vers le haut, Hoseok prit le relais. Me soutenant par les jambes, il me souleva juste ce qu'il faut et reprit ses coups de boutoirs.

Je me laissai tomber contre son torse après la troisième jouissance, repue et fatiguée. Fort heureuse que ce petit lapin ait finalement joui. 

- Hum! Appétissante ! Commenta-t-il en déposant un baiser sur le sommet de mon crâne.

Le son strident de mon portable me fit revenir sur terre. Le nom qui s'affichait sur l'écran me ramena durement à la réalité.

Yoongi.

- Laisse-moi deviner! C'est ton copain? Dit Hoseok en rejetant la tête en arrière.

Je me contentai de me laisser tomber sur le siège passager et regarder l'écran jusqu'à ce que le téléphone cesse de sonner.

- Je te ramène chez toi, annonça Hoseok après avoir enfilé derechef son pull et réajusté son pantalon.

Je ne répondis pas, préférant me rhabiller. Une fois de nouveau vêtue, je fis signe à Hoseok qu'il pouvait démarrer.

Aucun mot ne fut prononcé durant le trajet. Je le remerciai du bout des lèvres pour le tour avant de descendre de la voiture.

Je me blottis contre le corps frêle de ma mère qui s'était déjà assoupie, puis m'endormis après avoir éteint mon téléphone.

L'état de santé de ma mère s'était tellement aggravé que l'on dut l'hospitaliser contre son gré. Les douleurs devenaient insupportable. Elle avait déjà perdu la mobilité de ses jambes. Elle souffrait d'une dépression sévère de surcroît.

Mon père était présent qu'une fois sur quatre trop obnubilé par son travail. Je lui en avais beaucoup voulu. Surtout avec la nonchalance qu'il avait prononcé ces fameux mots :

"Il faut bien quelqu'un pour faire tourner la boîte pendant que vous vous tourner les pouces. Votre mère ne guérira pas. Qui assurera votre avenir si je me mets à geindre comme vous deux à son chevet."

Pour la première fois, Seokjin éleva la voix sur l'un de nos parents. Comme moi, mon grand frère était outré. Depuis ce jour, je n'adressais plus la parole à mon géniteur.

Je ne répondais à aucun des appels ni messages de Yoongi. Je l'avais au travers de la gorge et aussi, la sensation de ne pas avoir été juste me tiraillait. Je n'avais aucune envie de me sentir encore plus coupable rien qu'en écoutant le son de sa voix.

Quand il ne m'appelait pas, il me bombardait messages que je ne pris même pas la peine de lire. J'en avais pas envie. J'avais besoin de quelqu'un d'autre. De nouveaux bras. D'entendre le son d'une autre voix.

J'enfilai mon manteau puis sortis de la maison. Taeyong se précipita derrière moi pour me demander si je ne manquais de rien. Il était sympa mais je n'avais aucune envie de l'entendre déblatérer comme une pie. Je lui répondis du bout des lèvres avant de m'engouffrer dans la voiture.

Je sonnai à tue-tête tout en tapant du pied. La porte d'entrée s'ouvrit doucement sur un serviteur qui se permit de me lancer brièvement un regard désabusé, avant de me souhaiter la bienvenue.

- Monsieur et madame sont absents, ainsi que mademoiselle, dit le vieil homme.
- Et Hoseok?
- Monsieur est sorti également, avec des amis.
- Cela fait longtemps qu'il est sorti? Demandai-je.
- Bientôt deux heures, mademoiselle.
- Savez-vous où il est allé ?
- Monsieur ne communique pas aux simples employés où il compte aller, mademoiselle.

Je dardai sur lui un regard interloqué. Faut croire que celui-là avait un sérieux complexe d'infériorité.

Je n'avais pas le numéro d'Hoseok. Je n'en avais jamais eu besoin jusqu'à cet instant. Je me tournai une nouvelle fois vers le majordome.

- Avez-vous le numéro d'Hoseok?
- Navré, mademoiselle.
- D'accord. Merci.

Je réajustai mon manteau puis sortis de la demeure.

Au moment où je m'apprêtais grimper dans la voiture, j'aperçus celle d'Hoseok pénétrer dans la cour.

- Sunmi? S'étonna le jeune homme en descendant de sa bagnole une fois garée à ma hauteur.

Je ne répondis pas, me contentant de le regarder s'approcher de moi. Vêtu d'un jeans noir, d'un pull à col roulé de la même couleur, un manteau beige et des bottes de cuir brun, il était à tomber par terre.

- Je ne savais pas que tu allais venir, ce soir. Sinon, je ne serai pas...

J'agrippai sa nuque, posant mes lèvres sur les siennes, l'interrompant dans sa tirade. Je gémis de bien-être, sentant une douce chaleur envelopper mon cœur. Sa langue chercha la mienne aussi fougueusement que mes doigts trituraient ses cheveux. Lentement je sentis mon manque au niveau de la poitrine s'évanouir.

- Salut, toi! Murmura-t-il contre mes lèvres.
- Salut, répondis-je en souriant.
- On rentre? Me proposa-t-il.
- Je te suis.

La moto que je vis garer devant la grille de chez moi, le lendemain, ne me rassura pas du tout. J'avais que deux options qui s'offrait à moi. 

Fuir ou faire face.

J'optai pour la première, puis rebroussai chemin. Je ne tardai pas à apercevoir le bolide à travers le rétroviseur. Malgré le casque, je pouvais voir la fureur du conducteur, rien qu'à la façon dont il se cramponnait au guidon de la bécane, conduisant comme un dingue. Je ne ralentis pas pour autant.

La moto roulait sur la voie inverse tentant vainement de capter mon attention. Mais, je n'avais pas les couilles de ralentir et d'affronter le regard de Yoongi. Ce mec lisait en moi comme dans un livre ouvert. A l'instant même où nos regards se croiseraient, il sentirait le problème.

Le bolide se rapprocha dangereusement de ma caisse et le motard frappa la vitre de ma portière, m'intimant d'arrêter la bagnole. Voyant que je n'obéirai pas, Yoongi fit un truc de malade.

 Digne d'un film d'action.

Il accéléra dépassant la voiture d'une bonne centaine de mètres avant de bifurquer et de garer la moto en plein dans ma trajectoire. Je dus freiner de toutes mes forces faisant crisser les pneus de la voiture, les mains crispées sur le volant, les yeux fermés.

Le choc violent que j'anticipais ne vint pas pour autant. J'ouvris lentement les yeux pour constater que la voiture s'était arrêtée à un cheveu de la cuisse de Yoongi, toujours assis sur sa moto.

Ce dernier enleva son casque, le jeta par terre, puis descendit de sa bécane, son regard verrouillé au mien à travers le pare-brise. J'étais comme paralysée. La fureur que je lisais dans ses pupilles me dissuadait de faire ne serait-ce que respirer.

Il s'approcha de ma portière, tapa violemment sur la vitre, me criant d'ouvrir. Les klaxons des autres voitures ne faisait que l'énerver encore plus, en plus de mon inactivité.

- Descends de cette putain de caisse ou je brise la vitre et te tire par là, s'époumona Yoongi.

Je ne bougeais toujours pas, la peur au ventre. Pour la première fois, je voyais cette lueur meurtrière dans le regard de Yoongi, enfin, dirigée vers moi.

Je soupirai les yeux fermés avant de défaire ma ceinture de sécurité et d'ouvrir la portière.
J'eus à peine le temps de mettre un pied hors de la voiture que je me sentis plaquée contre celle-ci.

- Pourquoi tu me fuis? Jappa-t-il. Je me suis fait tout un scénario. J'ai cru que ces fils de pute t'avaient enlevé...
- Je te fuis parce que je n'ai pas du tout envie de te parler. Après avoir passé plus d'une semaine à m'ignorer, tu t'attendais à quoi? M'écriai-je.
- Je ne pouvais pas te répondre, putain! Mon téléphone était probablement sur écoute. Je ne voulais en aucun cas que ces fumiers qui me poursuivent remontent jusqu'à toi.
- Mais, je m'en balance! M'époumonai-je. T'avais qu'à lire les messages et te démerder. Tu sais pertinemment que je ne te contacterai jamais s'il n'y avait pas une putain d'urgence.
- J'avais reçu une putain de balle dans la poitrine, merde! J'étais incapable d'accéder à mon téléphone. Même si je le voulais, je ne pouvais pas.

Ma colère fit immédiatement place à l'inquiétude.

- Comment tu vas maintenant? Tu ne devrais pas conduire dans cet état. Tu devrais te reposer en ce moment.
- How the fuck? Comment pourrais-je me reposer en n'ayant aucune nouvelle de ma meuf? Surtout sachant que des criminels en ont après moi.

Le tissu de son t-shirt arborait une grosse tâche sombre. Les yeux écarquillés, je me précipitai vers lui.
- Yoongi, ta blessure!
- Fuck ma blessure! Je veux savoir pourquoi tu me fuis. Te connaissant, tu serais venu direct m'en coller une si ce n'était que pour ça.

Je me mordis la lèvre, détournant le regard.

- Qu'est-ce que t'as foutu, Sunmi? S'écria-t-il, me faisant sursauter.
- Je n'ai pas envie d'en parler. Ma mère va bientôt mourir, Yoongi. Il lui reste un mois tout au plus.

Il ouvrit la bouche, puis la referma. Le bruit de sirène au loin, nous alerta. 

- Monte. Je te suis, dit-il plus calmement.
- Mais, tu vas forcer sur ta blessure.
- Je ne vais pas laisser ma moto, non plus.
- D'accord. On va chez moi. Le trajet jusqu'à chez toi est trop long. Tu dois te reposer.
- Je ne vais pas non plus pioncer chez tes parents.
- Roh! Je te ramène à la maison, Yoongi, merde!

Il fit un doigt d'honneur au conducteur qui ne cessait de klaxonner puis enfourcha sa bécane, pendant que je démarrais ma voiture.

Le trajet du retour se fit aussi rapidement que le précédent. Une fois arrivée à la propriété, je me précipitai vers Yoongi, qui s'était affaibli entretemps. Son bras autour de ma nuque, le soutenant, je l'aidai à marcher.

Taeyong se rua vers moi, me soulagea du poids de Yoongi.

- T'es qui, toi? Le rabroua ce dernier.
- Taeyong, pour vous servir, répondit le jeune homme.
- Mais, lâche-moi.
- Taeyong, emmenez-le dans ma chambre. Je vous suis.
- Oui, mademoiselle.

Allongé sur mon lit, Yoongi somnolait un peu. J'enlevai son t-shirt afin refaire son pansement.

Les points de sutures avaient légèrement sautés. J'avais acquis le savoir et la dextérité pour ce genre d'intervention, depuis le temps que Yoongi rentrait à la maison avec des blessures l'une plus graves que l'autre. Je refis les sutures et le pansement.

Une fois qu'il ait avalé l'analgésique, il s'assoupit. Je filai sous la douche, épurer toute cette culpabilité. Je laissai l'eau chaude couler sur ma peau, les yeux fermés. Les souvenirs d'Hoseok et de Yoongi se battaient la priorité dans mes pensées.

Je ne pouvais nier que je ressentais quelque chose pour Hoseok sans pour autant cesser d'être amoureuse de Yoongi. J'essayais de soustraire l'un d'entre eux de ma vie mentalement mais je ne voyais pas mon existence, à présent, sans l'un d'entre eux.

Je ne voulais perdre ni l'un, ni l'autre. J'avais besoin de la stabilité qu'Hoseok apportait dans mon quotidien qu'était devenu Yoongi. Cette tornade de sentiments que ce dernier représentait.

Je ne voulais, ni ne pouvais me séparer d'eux. L'un équilibrait l'autre.

Je sortis de la douche après une bonne trentaine de minutes. Emmitouflée dans mon peignoir, je pénétrai dans la chambre, me séchant les cheveux, à l'aide d'une serviette.

- C'est qui Hoseok? Claqua la voix grave de Yoongi dans la pièce.

Je me figeai. Je ne m'attendais pas à ce qu'il se réveille aussi tôt. 

- Il n'arrête pas de t'appeler depuis un moment. C'est ce qui m'a réveillé si tu te poses la question, continua-t-il.
- C'est le-le frère de Dawon, répondis-je.
- Ah! Je ne savais pas que cette chieuse avait un frère. Du coup, tu devrais le rappeler. Ça avait l'air d'être important. Dit-il en me tendant le téléphone.

Je le lui pris des mains affichant un sourire crispé. Le regard de Yoongi était d'une neutralité inquiétante.

Soupçonnait-il quelque chose?

- Je vais rentrer chez moi, annonça-t-il, descendant déjà le lit.
- Je te ramène.
- Non. Ça va. J'ai la moto. Je te promets de conduire prudemment.
- Je ne te demandais pas ton avis, rétorquai-je, jetant mon peignoir pour enfiler une culotte.

A la vue de mon corps nu, il se rassit aussitôt. Son regard s'assombrit, glissant sans vergogne sur ma nudité. Toujours sous la pression de ses orbes remplis de désir, je finis de m'habiller.

- Tu es vraiment une sorcière, dit-il, sa voix encore plus grave. Je bande comme un malade maintenant et tu ne me fais même pas un bisou.

Je souris légèrement, m'approchai de lui puis posai légèrement mes lèvres sur les siennes. En un cillement, je me retrouvai sur ses jambes. Sa langue cherchant la mienne.

Le frisson qui traversa mon échine me fit gémir. L'adrénaline qui s'empara de moi, cette chaleur dans mon bas-ventre, mon cœur battant la chamade, cette sensation de bien-être. Je me sentais en sécurité dans les bras de Yoongi. Je me sentais à la maison.

Je me cramponnai à lui, en faisant attention à sa blessure.  Il mit fin à notre baiser.

- Je t'aime Sunmi, murmura-t-il. Peu importe ce qui se passe entre nous. Je suis avec toi envers tout et n'importe quoi. N'importe qui, ajouta-t-il, vrillant son regard dans le mien.

Je sentis mon cœur se serrer. Il le savait. Et il savait que je savais qu'il était au courant. Il déposa un ultime baiser sur mes lèvres avant de souffler.

- Je vais rentrer. Tu devrais aller récupérer ta jarretière chez Hoseok, apparemment, tu l'as oublié.

Je restai sur le cul, le regardant passer la porte de la chambre et la refermer doucement.

Des jours passèrent. Les jours se transformèrent en semaines. Je n'avais aucune nouvelle de Yoongi. Il ne répondait pas à mes messages, ni mes appels. Je ne pouvais lui en vouloir cette fois-ci.

La santé de ma mère s'était aggravée au point où l'on dut la plonger dans un coma artificiel pour l'empêcher de souffrir davantage. Seokjin et moi avions eu le temps de lui faire nos adieux.

Hoseok était toujours là avec moi. Me soutenant comme il pouvait. Jojo et Dawon m'apportaient les cours que je manquais.

Ma mère rendit l'âme un samedi tandis que les premiers flocons de neige foulaient le sol. Je tenais fermement la main de mon frère en ce moment-là.

Seokjin se permit de verser une larme pour la première fois depuis qu'il s'occupait de ma mère et moi. Il fondit carrément en larmes dans mes bras. Mon frère a toujours été le plus fort, l'épaule sur laquelle je pouvais pleurer, mon point d'ancrage. Et, le voir pour la première fois aussi vulnérable me fendit le cœur.


J'étais assise sur le muret, les pieds ballants dans le vide, regardant la neige s'échouer sur les vagues froides. Bien emmitouflée dans mes vêtements d'hiver, je ressentais le froid s'insinuer dans mes os.

Le manque dans mon cœur ne cessait d'agrandir. Remémorer toutes les fois où je pouvais profiter de la présence de ma mère au lieu de me battre avec elle, ne m'aidait pas du tout à me sentir mieux. En plus du fait de ne pas avoir des nouvelles de mon Yoongi.

Je n'osais pas aller le voir chez lui puisqu'il ne voulait apparemment plus le parler.

Quand à Hoseok, je devenais de plus en plus accro à lui. Il était devenue une part de mon quotidien. Je me sentais bien avec lui.

- Je savais que je te retrouverai ici, s'éleva une voix à côté de moi.

Je souris en voyant son bonnet aux oreilles de lapin.
- Premier sourire de la journée, hein?
- Ouais, répondis-je.
- Comment tu te sens?
- Ça va.

Hoseok grimpa sur le muret et s'assit à côté de moi. Il entoura mes épaules de ses bras.

- Je sais que ça ne va pas. Et je crois savoir pourquoi.
Je ne répondis pas.
- Il te manque, hein? Chuchota-t-il.

Je me tournai vivement vers lui. Il me fit un petit sourire triste.

- Sunmi, je sais que tu ne seras jamais à moi. J'ai beau te donner tout l'amour du monde, ton cœur restera à lui.
- Tu n'as pas totalement raison. Tu as revendiqué ta place dans mon cœur et tu y es aussi important que lui.
- Tu veux dire que...
- Je t'aime Hoseok, l'interrompis-je. Mais, ne me demandes pas de choisir, s'il te plait.

Son regard se voila, des larmes menaçant de couler à tout moment.

- Parce que ce sera lui, ajoutai-je. Ça a toujours été lui, depuis le premier jour.

Une larme coula sur ma joue. Je me mordis la lèvre, empêchant un sanglot de s'échapper de ma gorge.

- Je sais que je suis une sale égoïste de vouloir vous garder tous les deux, mais, je ne me vois pas sans l'un de vous deux. Vous faîtes partie de moi.

J'essuyai mes larmes avec la manche de mon manteau. Hoseok se mura dans le silence, contemplant l'horizon.

Je me défis de son étreinte puis descendis du muret, en direction de ma voiture. 

- Sunmi, me héla-t-il.

Il descendit à son tour de son perchoir et s'approcha de moi. Il m'enlaça doucement avant de poser ses lèvres sur les miennes.

- Je me fous de ne pas avoir la première place dans ta vie. Je veux tout simplement t'aimer, peu importe s'il existe X ou Y. Je t'aime et je ne veux pas te perdre. Quitte à te partager. Je serai toujours là.

Il me sourit avant de m'embrasser de nouveau.

Les invités me souhaitant leurs sympathies à tout bout de champ, et les pleurs que je n'avais pas su retenir au moment de l'enterrement me filèrent un mal de crâne pas possible.

Malgré le fait que Jin et Hoseok étaient là pour me soutenir, je me sentais plonger dans une dépression. Je me sentais seule. Triste. Le trou béant dans ma poitrine n'était toujours pas cicatrisé. Il me manquait une partie essentielle de ma vie.

- Tu veux que je reste avec toi ce soir ? Me proposa Hoseok.
- Je...

Le rugissement d'une moto spécifique m'interrompit dans ma tirade. Je me levai brusquement du divan dans lequel j'étais vautré et m'élançai vivement vers la porte d'entrée.

Mon cœur eut un raté en voyant mon motard préféré enlever son casque. Me foutant pas mal du froid qui s'engouffrait sous ma robe et de mes talons aiguilles, je me ruai vers lui et sautai dans ses bras.

- Aïe ! Je ne suis pas totalement guéri, Sunmi, geignit Yoongi, en enfouissant tout de même son visage dans ma chevelure.
- Désolée, sanglotai-je.
- Ça va. Ça ne fait pas aussi mal que tu le penses.

Je pouvais percevoir le double sens de ses paroles. Je m'agrippai encore plus à lui.
- Je suis quand même désolée.
- Bébé, je serai toujours là. Peu importe le choix que tu fais.

Le retour de ce petit surnom me fit sourire.
- Je t'aime, Yoongi, lui dis-je.
- Je sais. Tout autant que tu l'aimes, lui.

Les larmes ruisselant sur mes joues me brouillaient la vue et le ton, avec lequel, Yoongi s'exprimait me fendait le cœur à chaque syllabe prononcée.

- Je ne te demande pas de choisir. Je sais que peu importe ce que tu décides, je serai toujours avec toi.  Je ne t'en veux pas. Enfin, pas trop.
- Yoon, murmurai-je, enfouissant mon visage dans son torse. Je n'arrive pas à choisir entre vous deux.
- Alors, ne le fais pas! Si tu veux nous avoir tous les deux, soit! Sauf si monsieur ait une quelconque objection.
- Non.
- Alors, présente le moi!

Je levai vers lui des yeux écarquillés. Il me fit un petit sourire engageant. 

- Attends! T'es sérieux ? Questionnai-je.
- Je veux connaître ce petit fils de pute qui m'a volé ma copine l'espace d'une semaine et demie.
- Ne lui fous pas la trouille, hein!
- Je vais essayer, répondit-il en s'appuyant nonchalamment contre sa moto.

Je lui déposai un bisou sonore sur les lèvres avant de m'élancer joyeusement vers la maison.

Quelques semaines plus tard, Seokjin avait emménagé à Séoul après avoir demandé le divorce. Il n'avait jamais consommé son mariage de toute façon car il n'avait jamais ressenti du désir pour sa conjointe. Il s'était lié d'une amitié des plus louches avec mon professeur d'anglais.

Dawon, toujours fidèle à elle-même, sautait sur tout ce qui bouge. Elle n'était pas très enthousiaste au début, de ma relation avec son frère. Elle avait fini par découvrir le pot aux roses quand elle nous avait surpris, Hoseok et moi, nous embrassant langoureusement dans les toilettes. Mais, avec le temps, elle finit par s'y faire.

Jojo, toujours en crush sur Taehyung refusait les avances de SeongHwa, un étudiant du département des sciences politiques. Rien avait changé de son côté non plus.

Quand à Yoongi, Hoseok et moi, ce n'était pas toujours la joie entre nous. Yoongi étant le possessif têtu, se faisait un plaisir pour gâcher mes rendez-vous avec Hoseok. Des coups aussi puérils que gamins.

Ces temps-ci, il développait un intérêt alarmant pour Hoseok. Ce qui faisait flipper le concerné.

Les petites tapes sur les fesses, les clins d'œil et les sourires en coin, tout cela rendait Seokie, presque barge.

- Sunmi, ton mec me fait flipper! Chuchota-t-il, hystérique.

                                         Fin.





J'espère que l'histoire vous a plu. N'hésitez pas à me faire savoir en commentaires. 💖

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