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Après la découverte du mal qui rongeait Betty et Abigail, les villageois ne réfléchirent pas plus loin. Pour eux, il s'agissait bien de sorcellerie. Et Tituba, la bonne de la famille, en était à l'origine. Pour calmer la folie qui commençait à prendre ses paires, le maire de Salem Village accepta d'enfermer la domestique dans une prison ayant très rarement servie jusqu'ici. Lugubre et salle, il s'agissait en fait d'une cage, assez grande pour contenir une dizaine de personnes et juste recouverte de chaux pour protéger un temps soit peut des intempéries et coup de soleil. 

La femme fut menottée et jetée sans ménagement sur le sol de la geôle, alors qu'elle clamait son innocence. En vain, puisque personne ne semblait l'écouter.

Les cousines, quant à elles, furent emmener dans  la chapelle, au centre du village. Le Pasteur semblait vouloir pratiquer un exorcisme sur elles, pour, selon lui, les purger de l'esprit malin ayant prit possession d'elles. La cérémonie se déroula à huis clos, avec pour seul témoin le maire, dépassé par les événements, tandis que les gens se massaient devant les lourdes portes, attendant le verdict.

Plus tard, il fut annoncé que le procès de la domestique aurait lieu le lendemain, avec un interrogatoire public. Ce serait un grand spectacle pour les habitants de ce village, pour qui il ne se passait jamais rien. 

Mariah déplorait cette mentalité où une exécution étai un spectacle et où une personne évoquant ses racines et croyances était catégorisée de sauvage ou démon.

La jeune femme triait des herbes pour sa mère lorsque la porte de leur maison s'ouvrit avec fracas, laissant apparaître la matriarche, essoufflée et affolée.

Mariah se leva, inquiète de voir sa mère ainsi paniquée.

- Que se passe-t-il maman ?

La femme referma la porte après avoir jeté un oeil à l'extérieur, comme pour s'assurer que personne ne l'avait suivi.

- Maman ? répéta la jeune femme qui sentait la peur monter en elle.

- C'est le début de l'enfer.

Ce fut la seule chose qu'elle marmonna et sa fille ne comprit pas le sens de ce mot. La folie commençait-elle à prendre possession d'elle ? Avec tout le travail qu'elle abattait chaque jour depuis la mort de son mari, c'était fort probable que l'épuisement commence à avoir raison d'elle.

Mariah sorti de ses pensées lorsqu'une porte claqua dans la maison. Sa mère venait de s'enfermer dans sa chambre.

Ne sachant quoi faire d'autres, elle lui prépara une infusion calmante. Lorsque le breuvage fut près, elle mit la tasse sur un plateau pour éviter de se brûler et l'apporta jusqu'à la chambre. Elle n'eut aucune réponse lorsqu'elle frappa à la porte. A travers le bois, elle n'entendit que des sanglots étouffés. 

- J'ai préparé une tisane. 

Toujours rien.

- Je pose le plateau à côté de la porte. 

Mariah posa doucement le plateau sur le sol et alla enfila sa cape la plus chaude. Elle n'avait vu sa mère ainsi qu'une seule fois auparavant. A la mort de son père. La jeune femme voulait savoir ce qui la tourmentait et décida de trouver les réponses par elle-même. 

Mariah ne comprenait pas ce qui avait bien pu se passer. En dehors des discussions du moment sur les accusation de sorcellerie, rien n'avait changé au village. Les paroles de sa mère lui revinrent en mémoire. Que voulait-elle dire par "le début de l'enfer" ? 

Pensait-elle vraiment que ces histoires de sorcières était réelles ? Que ce n'était pas juste un cas isolé et qu'ils en seraient bientôt tous victimes ? 

Mariah déambulait dans le village, à travers les maison des habitants en tentant d'entendre des bribes de conversations. Ce ne fut que lorsqu'elle arriva sur la place centrale, là où se trouvait le puits qu'elle entendit des rumeurs. Selon les commères, Tituba était coupable, mais elle n'était pas seule et d'après elles, il y aurait bientôt une plus grande catastrophe que deux fillettes parlant la langue des démons.

La jeune femme soupira intérieurement. Que des bêtises ! Comment pouvaient-ils tous croire cela ? Alors qu'elle poursuivait son chemin et sans savoir pour qu'elle raison, elle leva les yeux et regarda autour d'elle. Dissimulée entre deux maisons à quelques mètres d'elle, une silhouette l'observait attentivement. 

Et lorsque celle-ci comprit qu'elle avait son attention, elle lui fit signe de la suivre, avant de se détourner. Les jambes de Mariah semblait vouloir la suivre d'elles-même et sans vraiment résister, la jeune femme se retrouva à marcher jusqu'à l'orée de la forêt derrière le village.

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