hashtag adele
viens -PR1MR0SE_
(BAM la maison de leonor (j'avais trop la flemme de faire un aesthetic pardon pardon t'jenverrais des photos sur pinterest mbb)

❝𝐥𝐞𝐨𝐧𝐨𝐫 𝐞𝐭 𝐚𝐧𝐝𝐫𝐞𝐚❞

sicile, fin du xixe siècle. sous un soleil brûlant et au milieu des champs d'oliviers, léonor et andrea ont grandi ensemble, nourris du même lait, bercés par les mêmes histoires. elle, princesse héritière d'une vieille famille noble gouvernant une principeauté. lui, fils de paysans.
deux mondes qui n'auraient jamais dû se croiser, et pourtant, ils n'ont jamais connu la vie l'un sans l'autre et ne s'imaginaient pas un seul instant ne s'être jamais rencontré. normal, vous me direz. il était son meilleur ami, son confident, son protecteur. ils avaient tout vécu ensemble. tout, et plus encore.
petits, ils passaient leurs journées à courir entre les colonnes du palais, à grimper aux arbres du verger, à nager dans les magnifiques plages de sicile, à rire sous le regard bienveillant de leur nourrice - celle qu'ils considéraient comme une mère finalement.
léonor aimait le provoquer, tester les limites de leur amitié. léonor, elle aimait provoquer tout le monde mais lui plus particulièrement parce qu'elle se sentait à l'aise et surtout elle-même. andrea la suivait toujours, parfois à contrecœur, souvent en râlant, mais il ne la laissait jamais seule. il avait toujours peur qu'il lui arrive quelque chose alors qu'elle savait se défendre comme personne grâce à ses précepteurs. ils se disputaient comme des enfants qui savent qu'ils se retrouveront le lendemain.
mais comme avec tout, le temps a passé. léonor n'est plus une gamine échevelée qui court pieds nus dans les couloirs. elle s'est embellie, et elle le sait, on le lui répète sans cesse. son visage s'est affiné, ses traits se sont adoucis, et lorsqu'elle marche dans le grand salon, on ne voit plus une enfant mais une magnifique jeune femme. andrea, lui, a grandi autrement. il s'est fortifié, sculpté par le travail des champs et les étés brûlants. ses épaules se sont élargies, ses mains ont durci, et il y a dans son regard une assurance qu'elle ne lui connaissait pas avant. une assurance qu'elle craignait un peu, pour être honnête. où était passé son meilleur ami timide qui lui faisait ses tresses chaque soir, de ses douces mains ? où était celui qui riait à ses blagues à s'en rouler par terre ?
leurs regards avaient changé, leurs gestes aussi. ils se cherchent différemment, avec une retenue qu'ils ne connaissaient pas avant.
mais ils s'aimaient toujours autant, évidemment. ils étaient toujours aussi proches même si maintenant, ils ne grimpaient plus des murs de pierre pour s'éclater sur le sol de l'autre côté. ils se parlaient, à présent. de leurs vies, de leurs désirs, de leurs amourettes, de leurs rêves, de leurs traumatismes même. d'ailleurs, à force de parler, ils se connaissaient tellement bien que parfois, c'en était même ennuyant.
mais ils le savent, et ce depuis tout petit: leur monde n'a jamais été fait pour les garder ensemble. depuis toujours, on rappelle à leonor son rang, ses devoirs, l'avenir brillant qu'on attend d'elle. cet avenir de princesse que parfois, elle aurait aimé rayer de sa vie.
c'est d'ailleurs ce à quoi elle pensait, assise dans l'herbe fraîche, elle brodait son chat installé sur ses genoux, concentrée. elle avait dit à andrea de la rejoindre juste avant le repas du midi pour qu'elle lui montre son travail fini, mais commençait à douter qu'il vienne à présent. son coeur se serrait un peu à cette idée. il lui manquait.

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