[OS]

~ Port-Blanc, Côtes d'Armor - Bretagne.






Il y avait tout un tas de gens. Oui, c'est ça. Tout un tas de gens. La plupart, je ne les connais pas. Je ne les ai pas tous vus, pas tous regardés, n'ai pas imprimés les visages de toutes ces personnes. Il y a de la musique, dans la grande salle. Il y a un buffet à moitié vide et un DJ. Je veux partir.

Alors je sors dehors. Je vois le noir. Je m'avance et traverse la route, jusqu'à être sur la petite terrasse de la rue d'en face, celle qui appartient à l'hôtel dont je viens de sortir pour une raison inconnue.

Je m'installe sur un des sièges, puis regarde devant moi. Le noir de la nuit. Les nuages sont noirs, mais pas le ciel, lui, il est bleu. Foncé, certes, mais bleu. Je vois l'eau de la mer, juste devant moi, noircie. Il y a une petite colline de pierre, où en sont sommet réside une petite chapelle. J'y suis déjà allé.e, moi, à cette petite chapelle. Avec ma mère, on avait escaladé la colline rocheuse, puis nous avions touchés la chapelle.

Il y a une personne sur le grand trottoir de mon coté. Tellement grand qu'il y a même des bancs, sur ce trottoir. Un trottoir qui donne sur la mer noire et les lumières des phares, au loin.

Je prend en main mon verre, remplis de thé froid, puis le bois. J'aime le thé froid, surtout le thé blanc à la myrtille. J'ai aussi, dans mon autre main, une coupe où un morceau de poulet épicé se trouve, confortablement blottie contre la parois de plastique translucide. Il y a une petite fourchette noire, avec.

J'entends la musique de la grande salle. Cette douce cacophonie. Et j'ai froid. L'air de la mer bretonne me fait frissonner. J'ai l'impression d'être seul.e, alors que derrière moi se trouve tout un tas de gens qui parlent et qui dansent au son d'une cacophonie.

Je vois une lumière dans le ciel. Un avion, une étoile ? Je ne le sais pas. Je ne le saurais jamais.

Simon arrive, téléphone en main. Simon, je ne le connais que depuis aujourd'hui. Je l'aime bien, toutes les rares phrases que j'ai entendus de lui sont magiques. Apparemment, on se connaît depuis tout petit, mais moi, je ne me souviens pas. Je ne me souviens que des moments marquants de mon enfance. Comme les fois où je poussais ma futur petite-amie à courir tout le tour de la cour de récréation de notre école primaire, pour l'entraîner au cross des écoles, organisé dans le parc du château de notre ville. Apparemment, mon « entraînement » n'a jamais servit, mais soi. Ça m'amusais, quand j'étais enfant. De la voir courir aussi mal ; nan, parce que, vraiment, quand elle court, la seule chose que tu as envie de faire, c'est de la prendre en vidéo pour poster celle-ci sur le net.

Au début, je croyais que Simon allait venir me parler. Mais non, il traverse devant moi la barrière de la terrasse. Il se fait mal. Je rigole intérieurement. Je le vois partir, avec son téléphone et sa musique.

Je vois un chat se cacher sous une voiture. Il fait nuit, et avec la lumière du lampadaire, ça fausse la couleur de la carrosserie. Mais, tel que je l'ai vus, elle était verte. Ou bien noir, je ne sais même plus. Une voiture passe sur la route que j'ai traversée, illuminant son passage.

Simon reviens alors. Toujours avec son téléphone dans les mains et écoutant sa musique. Cette fois, il s'assoit sur une chaise de la même table que moi. Il écoute de la musique. Puis se lève, s'en va dans la voiture verte ou noire, puis reviens de nouveau. Il mets encore une chanson. Ce genre de chanson que tu as envie de broyer dans une broyeuse à papier. Cette chanson, celle qui parle de cul, de drogue et de mafia dans ses refrains. Oui, celle-là. Je me lève, finissant au passage ma viande piquante et mon thé.

Je reviens à l'hôtel, en traversant la route. Je regarde à droite, puis à gauche. Je n'ai plus froid, quand je rentre. Je me dirige vers la grande salle. La première chose que je remarque, est qu'il y a une petite fille, écroulée au sol. Il est à peine plus de vingt-et-une heure. Puis une grande dame, aux courts cheveux blonds et très ondulés, je ne sais plus. Elle portait une robe majoritairement rouge et le haut noir. Une dame en rouge et noir.

Je regarde tout autour de moi, pose ma coupe et sa fourchette noire, mon verre, puis repars, loin de cette cacophonie. Je reviens dans ma chambre d'hôtel, pour écouter ma cacophonie. Celle que j'aime.

Au final, je ne me souviendrais que de mon poulet, mon thé, Simon et sa musique de mauvais choix, l'enfant ivre et cette grande femme en rouge et noire.

Et de cette mer noire et de ces nuages noirs, et de ce ciel bleu. Foncé, certes, mais bleu.

J'ai trouvé le mot pour résumé cette soirée : Noir.





FIN





Juste un OS que j'ai écris hier, et j'aimerai bien savoir ce que vous en pensez. Je suis pour le weekend à un mariage en Bretagne, et j'ai juste écris une petite partie de la rare partie de la soirée où j'étais en bas, avec les autres invités, au son de leur cacophonie. J'aime ce mot, "cacophonie" . Et vous, aimez-vous le mot "cacophonie" ?


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