0.6
Jinyoung était allongé dans son lit, bras derrière la tête, regardant le plafond. Il était blanc en passant, un blanc un peu grisé par le temps. Lui aussi il était devenu gris, littéralement. Le temps l'a rendu vieux, alors qu'il ne l'est pas, vraiment. Il ne devrait pas être allongé en ce moment, il devrait être dans son bureau, en train d'attendre il ne sait quoi. D'ailleurs, il ne devrait pas être dans ce bureau non plus, il devrait être en train de voyager, découvrir mille et une chose. Pourquoi reste t-il toujours enfermé comme ça ? Lui-même ne le savait pas.
Ce matin il n'avait pas eut envie de se lever, il avait ce qu'on appelle la flemme. Un psychologue peut avoir la flemme. En fait, il n'était plus psychologue, il n'était plus rien maintenant. Il ne signifiait rien dans cette vie, pourquoi est-ce qu'il était là ? Il a démissionné, il ne le regrette pas, pourtant il n'ose pas bouger. Quelque chose le retient, il se sent tout de même coupable. Mais de quoi ? Il n'a rien fait de mal, tout le monde démissionne de son travail, pourquoi est-ce qu'il n'arrive pas à être heureux ? Tellement de question, il pense d'ailleurs avoir quelques réponses.
Pourquoi n'est-il pas heureux ? Tout simplement car il l'a déjà été, mais c'était il y a longtemps. C'était à l'époque où il était petit, quand il était un garçon insouciant qui se foutait du travail, un garçon qui avait encore une mère. Il sait que c'est sa disparition qui lui as causé le plus de mal, qui n'en aurait pas de toute manière, perdre une mère, c'est perdre la moitié de sa vie. Plus rien n'a d'importance, tout ce que l'on fait nous rappelle ce qu'elle était, ce pourquoi vous l'aimiez tellement. Votre présence même vous rappelle à quel point vous n'êtes rien sans elle.
Pourquoi est-ce qu'il a démissionné ? Il y pensait depuis déjà un moment. Il s'était simplement dit qu'il fallait qu'il le fasse à un moment donné. Il fallait qu'il sorte de cet enfer, de cette pièce à problème. Il se dit encore une fois qu'il fuit, il ne faisait que ça. Mais qui est-ce que ça pouvez intéresser ? Tout le monde se fout de ses problèmes à lui, tant que les leurs sont réglé.
Pourquoi fuit-il ses problèmes ? Et bien parce qu'il ne veut pas les affronter. Il n'est pas assez courageux, assez solide, assez fort pour se confronter à lui-même. Qui l'est de toute manière ? Pas lui en tout cas. Il ne sera jamais le garçon fort et courageux que sa mère voulait, elle, elle savait. Elle savait qu'il n'aurait pas dû se lancer dans la psychologie, il aurait dû profiter de sa jeunesse et se concentrer sur sa propre vie. Pas celle des autres. Cependant sans ça, il ne l'aurait pas rencontré. Ce qui nous lance donc sur une dernière question.
Pourquoi est-ce qu'il se sent mal d'avoir démissionné ? Il voulait démissionner, il en était sûr et certain. Cependant il sait qu'il laisse une chose importante derrière lui. Kim Yugyeom.
Ce garçon est le seul qui lui est réellement donné l'envie de revenir à son travail tout les jours. Le seul avec qui il aimait parler de problème. Il s'en veut de l'avoir laissé, il est sans doute en train de se demander pourquoi il n'est pas en avance aujourd'hui. Il espère qu'il ne l'attendra pas et qu'il partira. Yugyeom est un garçon merveilleux et il n'a même pas réussit à l'aider. Il ne connaît même pas un bout de son problème, il ne sait rien, il ne peut plus rien faire. Il lui en voudra sûrement d'avoir démissionné. Cependant c'est pour lui qu'il fait ça, il ne peut plus rester dans cette pièce sans pleurer le soir dans sa chambre. Ce n'est plus une vie.
Il devait s'en défaire, essayer de faire autre chose, de penser à autres chose. Sauf qu'il n'avait pas prévu d'autant s'attacher à ce garçon. S'il n'avait pas été là, ça aurait été plus facile. Il ne serait pas en train de regarder son plafond, les yeux vides de sentiments et la tête dans une profonde réflexion.
_ Mais qu'est-ce que tu me fais Yugyeom ? soupirait-il.
Il se releva, se mettant assis dans son lit, regardant sa porte. Il n'avait pas déjeuné, il n'avait pas mangé ce midi et son ventre crié famine. Il avait eut la flemme de se lever, il avait eut la flemme de se nourrir, il avait eut la flemme de vivre pendant toute une matinée. Il se leva enfin, la douleur au ventre, et parti dans sa salle de bain. Il tomba directement devant son reflet sur la grande glace accroché au mur. Il ne s'est jamais réellement trouvé moche ou repoussant, juste normal. Il n'a rien d'attirant, mais il pense qu'il n'est pas trop moche non plus. Son visage ne montre aucune émotion, aucune expression sur ce qu'il ressent. Il ne le montre jamais, ce qu'il ressent.
Il passe un peu d'eau sur son visage et se le tamponne délicatement avec une serviette sèche. Il sort de la salle de bain et va dans sa cuisine, sortant du jus d'orange et des gâteaux aux chocolats. Le café n'était pas pour lui, et le thé était tout simplement dégueulasse. Il souffla.
Il mangeait machinalement, regardant son appartement.
Il était plutôt chaleureux, mais il ne lui correspondait pas. Il n'était pas aussi accueillant, lui. C'était sa mère qui l'avait aider à emménager. Elle lui avait offert son micro-onde et son four, il se rappelle qu'elle n'avait pas arrêter de lui donner des conseils et des recettes de bons plats pour qu'il ne meurt pas de faim. Ses yeux le piquent légèrement, il n'a pas pleuré hier, il s'est retenu. Il ne sait même pas pourquoi. Il finissait de manger son gâteau quand la sonnerie de son appartement sonna. Ce devait être le facteur, qu'est-ce qu'il se foutait des factures en ce moment.
_ Passez le courriers par dessous la porte, cria t-il.
Il fût un moment de silence, et sa sonnette retentit à niveau. Il serra sa tasse entre ses mains, ce n'était pas le jour pour commencer à l'embêter. La sonnette n'arrêtait pas de sonner et il cru qu'il allait briser sa tasse entre ses mains. Il se leva, agacé et énervé. Il ouvra sa porte brutalement et il cru perdre la mâchoire.
_ Ne me laisse pas, s'il te plaît.
Son cœur se mit à battre plus vite, ses larmes remontaient. Ce n'était pas le facteur, non c'était une personne bien plus importante. Une personne qu'il avait laisser sans penser aux conséquences que ça aurait.
Kim Yugyeom.
_ Tu n'as pas le droit de m'abandonner, pas toi Jinyoung..
Et il pleurait.
Jinyoung était parti, le laissant devant cette porte. Il l'avait abandonné. Voilà son problème, voilà son réel problème.
Kim Yugyeom a des parents. Oui, il en a. Mais ce ne sont pas les siens. Ils ne sont parents de personne d'ailleurs.
Kim Yugyeom a été dans un orphelinat quand il était encore bébé. Ses parents l'on abandonnés dès sa naissance.
Il n'a jamais été mis au courant de cela. Un jour alors qu'il rentrait chez lui, ses parents travaillant, il devait trouver une clé USB pour son travail à rendre en français. Cependant ce n'est pas une clé USB qu'il trouva, mais des dossiers sur son adoption dans les tiroirs de son père. Les problèmes ne peuvent pas toujours être fuit, ni même évité. Kim Yugyeom le sait, et mieux que qui conque.
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