Chapter 2

Je déambulais dans la rue de Baker Street, le poids du carton me rappelant ma situation actuelle...Sans emploi.
Comment est-ce que j'allais pouvoir payer l'aide à domicile de ma mère, de plus, il me restait seulement 10 jours pour payer le loyer... Heureusement, on m'avait donné mon salaire...Mon dernier salaire.

J'avais toujours eu des difficultés financières, je ne pouvais pas le nier mais je n'en avais jamais fais part à ma mère, je ne voulais pas qu'elle soit triste par ma faute, surtout après tout ce qu'elle avait vécu...
Ce sont les épreuves de la vie qui l'avaient rendue malade ainsi, auparavant, elle était la femme la plus joyeuse et harmonieuse, elle distribuait du bonheur à tout le monde et son côté optimiste me bluffait. Mais cette foutue maladie ne lui avait pas seulement volé ses souvenirs passés...mais aussi son avenir.

La tête dans les nuages, je ne remarquais pas que je venais de rentrer dans quelqu'un.

Je m'excuse.

Je demandais pardon sans relever la tête ramassais au passage quelques objets qui étaient tombés au sol avec l'aide de l'inconnu et traçais mon chemin en direction de l'appartement.      20 minutes plus tard, j'entrais à la maison en trombe tout en trainant des pieds, juste un mot pouvais me qualifier : déprimée.

Avant de pousser la porte, je prenais une grande inspiration et m'entrainait à sourire. Je ne pouvais pas apparaitre devant elle avec un air accablé. 

Eva ! Tu es rentrée ! Je me suis fais un sang d'encre ! Pourquoi tu rentres si tard ?

Maman je suis partie cela ne fait même pas 5 heures.

Ah oui ? Tu m'as manqué tout de même, je vais passer un savon à ton père, il n'est pas encore entré.

Je la regardais, déposais mes affaires et la prenais dans mes bras.

Je t'aime maman.

Elle me caressait les cheveux.

Qu'est-ce que tu as ?

Je reniflais, je m'étais interdite de pleurer devant elle.

Rien.

Si, dis-moi.
Elle insistait.

Tu m'as manqué maman...je humais l'odeur de fleur d'oranger qui émanait d'elle.

Elle attendait éperdument mon père, elle l'avait complètement oublié, mon père était mort dans un accident...un tragique accident.

Maman, je vais nous préparer à manger d'accord ?

Elle souriait de toutes ses dents.

Tu veux des raviolis ?

Oui, oui !

Je me dirigeais en cuisine et préparais le dejeuner dans un silence religeux, je pensais déjà aux prochains endroits où je pourrais potentiellement travailler ou postuler.
Je sursautais à l'entente de la sonnerie de mon téléphone, Alice, une amie du lycée avec qui j'avais gardé contact m'appelait.
Je me dépêchais de décrocher toutes en versant les pâtes dans des assiettes creuses.

Allô, allô Eva t'es là ?

Oui, dis-moi Alice ? Ça va ?

Oui ça va, je viens juste de voir les infos, c'est vrai ce qu'ils disent sur ton lieu de travail ?

Oui, Alice , j'ai été virée, ils doutent de moi alors que je n'ai même pas travaillé le weekend dernier, je ne comprends pas...

Comment ça ? Ces débiles t'accusent à tord ! Tu n'es pas quelqu'un comme ça Eva je te connais !

Laisse tomber, je suis vraiment déprimée.
Je soupirais et préparais une salade César.

On va changer tes idées ma belle, t'inquiète pas, ce soir on se rejoint au Pub à côté de Buckingham tous ensemble d'accord ?

Alice, j'ai pas env.....

Elle me coupait dans mon élan. 

Tu ne peux pas refuser Eva ! En plus ça te changera les idées je viendrais te chercher d'accord ?

D'accord..

À ce soir !

Je raccrochais et appelais ma mère pour qu'elle vienne manger avec moi, le repas se passait en toute tranquillité.
Je savais la raison pour laquelle je travaillais, c'était principalement pour ma mère, pour la voir me sourire comme ça.

Quelques heures passèrent et je m'étais enfin décidée sur les vêtements que j'allais porter ce soir, un pantalon noir skinny, une chemise blanche et une veste en cuir avec des chaussures à talon noir...Je ne pouvais pas me permettre d'acheter des robes de soirées surtout si c'était pour les mettre 2 fois dans l'année.

J'entendais des klaxons et faisais coucou à Alice de la fenêtre, attrapais au passage mon sac et m'apprêtais à partir lorsque ma mère me prenait la main.

J'ai l'impression qu'aujourd'hui, tu vas rencontrer quelqu'un de spécial.

Merci maman, mais je ne crois pas, j'ai prévenu Denise, elle va venir pour te tenir compagnie, elle sera là dans 5 minutes d'accord ?

Elle me souriait sans me répondre.
Je refermais la porte à clé et descendais rejoindre mon amie.

Salut ma belle ! Cela fait qu'une semaine qu'on ne s'est pas vu mais tu m'as manqué, me lança Alice en me faisant la bise.

Je riais à ses paroles.

Je sais, je sais, je suis ta drogue.

Tout à fait !

On s'installait dans sa voiture et on se dirigeait vers le Pub.
À l'entrée tous nos amis nous attendaient et on s'imiscait dans le pub tous en même temps, dans une atmosphère relaxante grâce à nos rires.
J'avais oublié un moment mes soucis et me concentrais sur la discussion.
On commandait quelques nourritures pour grignoter et des boissons à côté.
Le temps passait et je me sentais de plus en plus partir.

Les amis, j'ai quelque chose des très importants à vous annoncer. Je murmurais d'une voix saoule, ça allait j'arrivais à m'écouter.

Tu va nous annoncer quoi? Que tu n'aimes pas les hommes ?
Bryan était le plus saoul de l'équipe.

Mais non sale con.
Je me levais sur ma chaise, mes yeux me suppliant que je les laisse se fermer.

Je suis officiellement virée ! Mon patron m'accuse à tort, c'est l'homme le plus débile du monde ! Je levais mon verre et le buvait d'une traite, le liquide me brûlant la gorge.

Toute la table m'applaudissait, Alice était la seule personne un peu près sobre à table et me balançait ces paroles :

Tu n'as qu'à t'inscrire sur Linkedin, c'est plus simple de trouver un emploi stable, tu as toujours des CDD, tu pense pas qu'il est temps de prendre en compte le long terme ?

Zoey s'esclaffait sous l'entente des conseils d'Alice.

Écoutez donc ! C' est la princesse qui fait de la publicité ! Toi tu n'as pas à travailler pour posséder tout ce que tu veux, fille à papa.

Zoey avait dit des mots poignardants , mais Alice avait prit ça à la rigolade.

Si seulement je pouvais posséder le pouvoir de te fermer la geule, ça nous ferait des vacances!

Elle s'éclatait de rire, toute seule, Alice n'était pas aussi sobre que je croyais.

Mademoiselle, descendez de cette chaise tout de suite vous perturbez tout le monde, me criait un homme barbus, étant un peu gros.

Monsieur, je fais ce que je veux j'ai payé pour être là, tu vois ça ? C'est ma place ! Je pointais la chaise les yeux fermés.

En plus elle est irrespectueuse ! L'homme s'énervait.

Laissez, je m'en occupe. J'ai entendu. Puis quelqu'un me prenait par la main.

Mais laissez-moi! Je suis libre, je suis plus une gamine, foutez moi la paix un peu ! Ma voix raisonnait tellement fort, je manquais de tomber de la chaise.

J'ouvrais doucement mes yeux et vis tous mes amis dormir, puis sans m'en rendre compte, je sombrais dans le noir total.


~


Lorsque je commençais à me réveiller, je me sentais apaisée, j'étais dans quelque chose de doux, j'en déduisais donc que c'était mon lit, j'ouvrais petit à petit les yeux et la lumière du jour m'aveuglait, je me cachais sous la couette.

Vous vous êtes réveillée mademoiselle ?

Une voix d'homme ? Impossible que ce soit chez moi.

J'enlevais la couette et me levais brusquement du lit, tellement vite que j'en perdais l'équilibre, l'inconnu en face de moi me rattrapait et je m'éloignais subitement.

Qui...qui êtes-vous ? Qu'est-ce que je fais là ? Dans votre lit ?

Je passais mes mains dans les cheveux, gênée, l'homme en face de moi devait avoir la trentaine.

Vous avez créé des ennuis dans le Pub, j'étais obligé de vous emmener ici.

Je..est-ce qu'on a..?  Vous n'êtes pas un pervers rassurez-moi. 
Je regrettais aussitôt d'avoir poser cette question. Ce grand brun aux yeux noisettes parassait être mon style,mais non !

Non, jamais je ne ferais ça à quelqu'un de saoul.

Je regardais paniquée à droite, à gauche, cherchant ma veste.

Je dois partir, mes amis, où sont-ils ?

Il m'a tendu ma veste.

Ils sont rentrés après que l'une de vos amies ait appelé son père, qu'il l'a au passage, bien grondé.

Pourquoi vous ne m'avez pas laissé rentrer avec eux ?

Vous vous en souvenez donc pas ?

J'essayais de m'en rappeler mais rien n'y faisait.

Vous vous êtes scotchée à moi en disant que j'étais votre sauveur parce que je vous avais évité la chute, au bout de 20 minutes d'attente de la part du chauffeur de votre amie, je lui ai dit de partir. Vous m'avez serré tellement fort dans vos bras que...

Je ne le laissais pas finir et mis ma main sur sa bouche.

Vous pouvez m'épargner des détails, s'il vous plait !

J'avais très honte de moi, une petite dépression et je me laissais aller facilement...

Il enlevait ma main de sa bouche et je me précipitais d'enfiler ma veste et quittais la pièce pour aller vers la porte d'entrée mais je me trompais, cette maison était tellement grande !

La porte d'entrée est là, il pointait derrière lui.

Il me rendait mal à l'aise, vraiment.

Je me mordais la lèvre pour éviter de dire des bêtises, déjà que j'étais mal placée pour parler.

Arrivée devant la porte, il me tendait mes chaussures, un sourire aux lèvres.

Vous ne voulez pas que je vous dépose chez vous ?

Pour toute réponse, je secouais la tête.


~


Une douche bien chaude après une soirée d'enfantillage m'avait fait du bien, je n'avais jamais été aussi gênée de toute ma vie.
Auparavant je ne m'étais jamais retrouvée dans une situation similaire, jamais, j'étais quelqu'un de carré c'est Alice la fautive, elle m'avait influencée. 

Mais plus je grandissais et plus je me perdais...C'était ça, je m'étais perdue...
En face de mon ordinateur, je restais assise, pendant plus de 10 minutes à écouter de la musique classique qui avait tendance à m'apaiser.
Je repensais à cet homme, il ne m'avait pas donné son prénom, mais j'étais tellement malpolie que je lui ai même pas dit merci, alors qu'il m'a autant aidé, un sentiment de culpabilité me rongeait.

En me baladant sur Internet je tombais sur ce site Linkedin , je me souvenais qu'Alice en parlait hier. Essayer ce site ne peut être que bénéfique. Au pire des cas, qu'est-ce qu'il peut bien m'arriver ? À part me faire hacker mon compte, rien de grave ne se produira...Pas vrai ?

Clic.

J'entrais mon e-mail et mon mot de passe pour créer mon compte.

Clic.

Je créais mon profil professionnel et renseignais des éléments comme mes compétences, mes études, mes hobbies, mes diplômes.

Clic.

Et voilà, j'avais fais ma première demande de candidature.


Avis ? 

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