Chapter 10
En ce moment, l'état de santé de ma mère s'était dégradé, je la voyais fondre comme un sucre, sous mes yeux...
Cette semaine, entre les nausées et les pertes de cheveux, la douleur qu'elle éprouvait me donnait des larmes aux yeux, nous avons prit rendez-vous avec le chirurgien, c'était ce week-end pendant ma journée de repos, je voulais que la première personne qu'elle voit après son opération, ça soit moi.
J'avais eu de nombreux retour sur Linkedin concernant des offres d'emplois où j'avais candidaté, mais je refusais à chaque fois, parce que maintenant j'avais eu un contrat CDI.
J'avais décidé de clôturer mon compte, mais Dario m'en avait empêché.
Au final, Dario m'avait fait prendre conscience qu' à distance, les relations sérieuses, ne fonctionneraient pas... Nous avons alors décidés de rester des amis et on se racontait tout, presque tout...
Ça faisait aujourd'hui un mois, un mois depuis notre dernière altercation avec monsieur O' Connor, dorénavant, on s'ignorait. Peut-être qu'il était plus logique d'agir ainsi...
Nous attendons devant la porte de chez lui, c'était vendredi et il était 9h passé, monsieur O'Connor n'était pas encore sorti, je tenais un sac en plastique à la main.
— Zack ? Tu peux attendre ? J'arrive tout de suite.
— Ça marche ma belle, je fais qu'attendre de toute façon.
Je me dirigeais vers la porte et sonnais, un homme, la chemise en sang m'ouvrait.
— Monsieur O Connor ! Vous allez bien ?
— Papa ! Criait sa fille.
Il courrait en direction de la cuisine et je le suivais, je vis sa fille assise sur le sol, la main en sang. J'arrivais à supporter le sang mais le père de la petite fille ne semblait pas savoir comment s'y prendre, il versait des sueurs froides.
— Ça va aller ma chérie.
Je m'installais à côté d'elle et demandais :
— Vous avez une trousse de secours ?
Il paraissait surprit mais il me répondait tout de même.
— Oui,
— Apportez-la moi s'il vous plait.
— Tu es sûre...?
Il m'avait vouvoyé, j'avais compris qu'il n'aimait pas mettre de la distance entre nous mais ce n'était pas le moment. La petite était plus importante que toute cette mascarade.
— Je vous rapelle qu'à l'origine je suis infirmière, monsieur.
Il s'en allait tandis que je frottais le dos à la petite, elle a sûrement fait tomber ce verre quand elle voulait boire son jus d'orange posé sur le plan de travaille.
— J'ai trop mal... La petite pleurait.
Je savais comment m'y prendre avec les enfants, lorsque je travaillais à l'hôpital, personne ne voulait s'occuper des enfants, les trouvants bruyants et pénibles. Mais moi, j'adorais prendre soins d'eux, lorsque t'agis comme ils le veulent, ils deviennent des vrais petits anges.
— C'était Lola c'est cela ?
— Oui...
— Tu sais, tu as l'air d'être une fille forte, je resterais auprès de toi d'accord ?
Je lui caressais les cheveux et elle semblait se calmer directement.
— Tiens , je t'ai apporté la trousse.
Il me le tendait et je l'ouvrais rapidement. J'examinais la main de la petite fille, elle avait un petit bout de verre dans la main. Je commençais à imbibler le coton de betadine et appliquais legerement sur la plaie pour empecher des infections.
Je prenais une pince que je desinfectait et retirais le bout de verre.
La petite serrais les dents et je me dépêchais de re-desinfecter sa plaie, de mettre de la paumade pour arrêter le saignement et lui faisais un bandage.
— Maintenant tu ne vas pas serrer ta paume d'accord ? Je l'aidais à se relever et prenais sa main libre.
— Il faut l'emmener à l'hôpital, la blessure était profonde, il lui faut des points de sutures.
— J'arrive tout de suite.
Je déposais le sac en plastique qui contenait les vêtements qu'on m'avait prêté le jour où il pleuvait et nous attendions monsieur O Connor sur le peron.
Une fois qu'il fut auprès de nous, Zack prenait la direction de l'hôpital la plus proche. Lorsque nous fûmes dans le couloir de l'hôpital, Robin faisait signe à un des médecins, il s'avère être le médecin de ma mère.
La pauvre petite avait pleuré tout le long du chemin, je comprenais que Robin était aussi inquiet.
— Andrei !
Le médecin se dirigeait auprès de lui.
— Oh salut ! Qu'est-ce qui t'emmène ?
— C'est ma fille, elle s'est coupé la main quand elle a fait tombé son verre.
Andrei s'abaissait auprès d'elle et la ramenait dans la pièce ou il faisait des radios, puis ils la prenait dans une sorte de petite salle d'opération.
Pendant ce temps, nous patientons devant la salle.
Assis sur un banc, Robin prenait sa tête entre ses mains.
— Je ne suis même pas un bon père... je la vois souffrir mais je ne peux rien faire...
Ces derniers mots, me rappelaient moi-même, lorsque j'avais apprise que ma mère était atteinte de cancer...
J'avais posé ma main sur son épaule et murmurais:
— Ne dîtes pas ça, c'est totalement faux, les enfants sont souvent comme ça, ils se blessent inconsciemment mais c'est en ayant des petites blessures qu'ils grandissent...comme nous lorsque nous étions enfants...Ne vous en voulez pas, dans quelques jours elle oubliera déjà ce qu'il s'est passé.
Il se retournait vers moi, j'enlevais ma main de son épaule, je l'avais fais sans m'en rendre compte...
— Vous avez les mots pour reconforter les gens...
— Je pense que c'est la vie, qui m'a rendue ainsi...
— Papa! La petite fille courrait auprès de son père, qui l'a soulevait.
— Ça s'est très bien passé, il n'y avait aucun bout de verre, la personne qui a fait les premiers soins est vraiment efficace.
— C'est madame Evana qui m'a aidé. Murmurait la petite fille, la tête sur l'épaule de son père.
Andrei se retournait vers moi et me souriait.
— Vous avez fait du bon boulot, au fait comment va votre mère ?
Robin regardait dans ma direction.
— Elle va un peu mieux, merci. Je mentais afin de clore au plus vite la conversation.
Je déteste les médecins, ne peuvent-ils pas se mêler de leurs vies ? Pourquoi parler de ma situation devant quelqu'un d'autre ? Qu'est-ce qu'il cherche à faire ?
— J'ai appris que vous avez fixé une date d'opération, c'est le mieux pour elle.
Ce mec enfreint carrement les règles du secret professionnel !
— Bon, je vous laisse voir à l'accueil pour signer les papiers ?
— Merci Andrei.
Après avoir réglé les frais, monsieur O'Connor nous annonçait qu'il ne travaillerait pas aujourd'hui. Je prenais mes affaires et m'apprêtais à quitter les lieux, mais la petite fille me prenait par la main.
— Restez un peu avec moi, s'il vous plait.
— Je..Je ne peux pas...
— S'il te plait Evana, reste...pour Lola.
Je hochais la tête, Robin installait sa fille sur le canapé, je me rendais à la cuisine pour lui préparer des petits sandwiches, je pensais qu'elle avait sûrement faim, vu que nous étions deux heures de l'après-midi.
Après les avoir préparés et les avoir mit
dans des assiettes, je prenais un balais et une pelle pour enlever les bouts de verres se trouvant sur le carrelage.
— J'allais le faire, tu n'aurais pas dû...
Je me retournais et vit Robin, vêtu d'un survêtement simple, ordinaire, il était beau. Cet accoutrement lui allait comme un gant.
— Non, ça ne me dérange pas du tout, je l'ai fais parce que je voulais le faire, c'est tout.
Il m'aidait à prendre les assiettes de sandwich et la boisson ainsi que des verres et on s'installait sur le canapé auprès de Lola, qui regardait Bob l'Éponge.
Lola avait l'air fatiguée, son père lui tendait son sandwich mais elle refusait.
— Lola, il faut que tu mange pour prendre tes antidouleurs.
Pour toutes réponse, elle secouait les épaules.
Je lui arrachais littéralement l'assiette des mains, il était à gauche de Lola tandis que j'étais à sa droite.
Je mangeais un bout de mon sandwich et murmurais.
— Mmm, c'est bon, tu veux pas goûter juste un bout Lola ? C'est la première fois que je fais un sandwich alors je ne sais pas si je l'ai réussi, j'ai besoin de ton avis aussi, je blaguais.
Elle me souriait et je lui faisais manger son sandwich.
— Aie, aie, Lola m'a mangé le doigt, je murmurais tout en mettant mon doigt contre ma paume pour lui donner un effet mi-doigt.
Elle riait aux éclats.
Une fois qu'elle avait fini de manger, je lui donnais ces antidouleurs et elle s'était assoupie contre son père.
Il s'en alla la ramener dans son lit, et moi, je débarrassais.
La mort de mon petit frère me revenait à l'esprit. Je secouais la tête, je devais oublier mon passé....Je devais continuer à vivre, coûte que coûte.
— Merci pour Lola, d'habitude elle ne fait pas confiance aux gens, elle n'aime personne à part moi et sa mamie.
— C'est tout à fait normal, je fais juste mon devoir...
Je m'étais interdite de l'approcher, même si mon coeur voulait l'entendre dire plus de mots...
— Non Evana, tu fais plus que ton devoir... et j'en suis reconnaissant.
— Je vais y aller...
J'enfilais ma veste et prenait mon sac à main.
J'étais à présent à l'entrée et il m'avait attiré à lui; je sentais ses bras musclés m'entourer. Sa barbe de quelques jours avait effleuré mes cheveux.
— Evana, je suis désolé de t'avoir jugé sans te connaître...D'avoir dit que tu était prête à tout pour de l'argent...de...
— Robin, je murmurais pour la première fois son prénom, vous ne savez rien de moi, rien du tout...
— Je sais, mais justement, donne moi cette occasion d'en apprendre plus sur toi..
— Bonne journée, monsieur O'Connor.
Je claquais la porte derrière moi, il est interdit d'éprouver quoi que ce soit Evana, c'est INTERDIT .
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