#àcoeurouvert
Sylviana
La tenue idéale pour visiter l’Italie ? Un pyjama et des pantoufles rembourrées ! En guise d’illustration mon pyjama totalement déformée et mes pantoufles couvertes de boue.
Antonia me conduit dans la salle de bain alors que je grelotte. Elle marmonne dans sa barbe et je comprends qu’elle en veut à Dimitri de m’avoir amené dans cet état.
— Tenez, voici des serviettes propres. Prenez tout le temps qu’il vous faudra. Je vous ai préparé la chambre d’amis. C’est celle-ci.
Elle me désigne une porte au bout du couloir et s’éclipse. Alors que je m’apprête à refermer la porte, la large main de Dimitri fait barrage.
— Qu’est-ce que …, m’étranglé-je en essayant de le repousser.
Il ouvre carrément le panneau de bois et fouille la pièce du regard.
— Je vérifiais qu’il n’y avait pas de fenêtre par laquelle tu serais tentée de t’échapper.
— En pleine nuit ? Dans un pays que je ne connais pas ? Je ne suis pas complètement folle.
— Mouais, ça reste à voir. J’ai laissé tes affaires dans la chambre attribuée par Antonia, sois sympa de ne pas utiliser toute l’eau chaude.
Il recule et je ferme la porte sans lui accorder un regard. Je me débarrasse ensuite de mes vêtements et me glisse dans la cabine de douche. Lorsque l’eau chaude dévale mon corps je pourrais pleurer de joie tellement ça fait du bien. J’en profite pour laver mes cheveux qui après un séjour dans le coffre de Dimitri, puent la transpiration. Dimitri. Je trouve que ce prénom lui va comme un gant. Il me rappelle celui du jeune escroc qui vient en aide à la princesse Anastasia dans le dessin animé du même nom. Sauf que dans ma version à moi, il a la carrure d’un rugbyman et autant d’humour qu’un contrôleur fiscal. Pas sûr que mon Dimitri m’apprenne la valse sur le pont d’un cargo, il serait plutôt du genre à m’attacher au fond de la cale. Je termine ma douche et m’enroule dans l’une des serviettes laissées par Antonia. Je traverse ensuite le couloir rapidement pour rejoindre la chambre avec mes affaires. Je sors du sac une culotte propre ainsi qu’un jean et un tee-shirt manche longue. Ainsi habillée, je rejoins Antonia qui à l’aide d’une cuillère en bois semble préparer le repas. Une bonne odeur de basilic monte à mes narines faisant gronder mon ventre.
— Vous semblez mourir de faim, tenez commencez par ceci, dit-elle en désignant des petits pains sur la table.
Oubliant mes bonnes manières, je me précipite sur la panière et engouffre en trois bouchées l’une des boules.
— Tu ne l’as pas nourri ? demande Antonia en plaisantant.
Dimitri fuit son regard et je décide de l’enfoncer un peu plus :
— Non seulement il ne m’a rien donné à manger depuis qu’il m’a enlevé hier soir, mais en plus il m’a fait voyager dans le coffre.
Je vois avec plaisir le visage de Dimitri se décomposer alors qu’Antonia lui passe un savon en Italien. Je ne comprends pas un seul mot, mais vu le ton employé elle n’est pas en train de le féliciter. Quand Antonia en a terminé avec lui, elle se met à me dorloter de plus belle en m’enroulant dans un plaid, me servant un verre de Prosecco, un alcool de son pays. Plus tard, je déguste les meilleurs spaghettis au pesto de ma vie et me ressers même deux fois. Alors que je me penche pour aider Antonia à débarrasser, mon médaillon suit le mouvement et vient teinter contre mon verre.
— Oh zut j’espère que je ne l’ai pas cassé, m’inquiété-je en observant le verre.
— C’est la première fois que je peux voir le travail d’Amalric, balbutie Antonia les yeux rivés sur mon collier.
— Amalric ?
Elle acquiesce tout en fixant le médaillon. Je le décroche de mon cou pour lui permettre de l’observer à sa guise. Son émerveillement est palpable tandis qu’elle approche ses mains du bijou.
— Amalric était un bijoutier de renom qui créait quasiment exclusivement pour la famille royal. Fasciné par sa rencontre avec Fabergé, il parait que certains de ses bijoux dissimulent des mécanismes secrets.
Je suis sur le point de la détromper, de lui dire que c’est juste un bijou que mon grand-père a offert à Mamita, mais Dimitri s’interpose :
— Bon allez, trêve de bavardages, la princesse doit aller se coucher.
— La princesse est encore capable de décider de ce qu’elle veut faire, répliqué-je agacée.
Nous nous défions du regard et c’est finalement Antonia qui tranche.
— Il a raison, il reste de la route à faire et je m’en voudrais que vous arriviez à Molvïk épuisée.
A contrecœur, je laisse Antonia terminer en cuisine et me dirige vers la chambre suivie de près par Dimitri. Ce dernier semble décider à me faire confiance puisqu’il s’éclipse dans la salle de bain. Je trouve sur le lit, une chemise de nuit, sans doute laissée là par Antonia. Je l’enfile et joue avec le collier que je tiens toujours dans le creux de ma main. Je le fais tourner, retourner, j’observe avec attention le rubis au centre. Tiens, c’est marrant, je n’avais jamais remarqué qu’il n’était pas tout à fait droit, comme s’il était sur le point de se déchausser. Avec précaution, j’exerce une pression sur la pierre précieuse afin de la forcer à rentrer totalement dans son emplacement. C’est alors que j’entends un minuscule clic et que sous mes yeux le médaillon s’entrouvre. J’écarte les côtés et les deux moitiés d’une clé tombent sur le couvre-lit ainsi qu’un morceau de papier roulé sur lui-même. J’assemble la clé et déroule le minuscule parchemin. L’écriture de ma grand-mère s’étale devant moi en deux lignes : « Ma chérie, pardon de t’avoir menti. Il est temps pour toi de de connaître la vérité et de faire ton choix. »
Note de moi : Salut!! J'espère que vous passez un bon week-end!! Voici un petit chapitre pour terminer la semaine! Bonne reprise pour demain!
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