Chapitre 8
Chapitre 8

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Jisung n'aurait pas dû déserter le lit de Minho après ce qu'il s'était passé entre eux. Pas après tout ce qu'il avait ressenti.
Mais peut-être était-ce pour cela qu'il avait déserté ?
Chaque fois qu'il repensait à cette nuit-là, tout ce qu'il retenait, c'était le regard de Minho sur son corps. Et de la douceur de ses gestes.
Jamais, un garçon ne l'avait traité de cette manière pendant l'acte. Même pas son ex-petit ami. C'était comme s'il était quelque chose de très précieux. Minho avait l'air de craindre de le brusquer, de lui faire mal et surtout, avait l'air de placer son propre plaisir au second plan.
Jisung, après avoir atteint l'orgasme, s'était senti satisfait. Ça lui avait pris de longues minutes pour redescendre de son nuage. Entre-temps, Minho s'était placé à ses côtés et avait rabattu la couverture sur leur corps nu. Il avait vu son bras se relever, prêt à s'enrouler autour de la taille de son partenaire dans le but de le rapprocher de lui. Au lieu de ça, il l'avait simplement déposé sur son torse qui descendait et remontait rapidement à cause de sa respiration saccadée.
Les deux étaient restés de longues minutes dans un silence réconfortant. Puis, Jisung s'était soudainement senti submergé par un drôle de sentiment.
Il étouffait.
En se relevant dans le lit, la couverture retombée sur ses jambes nues, il avait lancé à son partenaire d'un soir : « Je vais rentrer. »
Minho s'était relevé et avait enroulé ses doigts autour de son poignet : « Tu... Tu n'es pas obligé. Tu peux rester. Je n'ai pas de colocataires. »
Jisung avait secoué la tête. Il s'était relevé, avait enfilé rapidement ses vêtements éparpillés sur le sol.
« Je préfère rentrer. »
Une main sur la poignée de la porte de la chambre, il s'était retourné pour lancer, enfin, un regard à Minho. Toutefois, l'intensité du regard l'avait déstabilisé et il avait quitté la pièce et le dortoir sans dire un mot de plus.
Jisung n'avait pas dormi de la nuit.
Le matin, il avait conclu que la nuit avait été différente avec Minho.
Était-ce parce que ce garçon était fou ? Parce qu'il vouait une sorte d'obsession envers lui au point de l'observer partout où il allait et de l'empêcher d'avoir des relations avec d'autres garçons ?
Était-ce parce que Minho semblait réellement se soucier de lui ?
Jisung grogna de frustration. Il détestait sentir ses pensées s'emballer au point de brouiller sa réflexion. Cette agitation incessante l'oppressait. Depuis que la rumeur s'était répandue, il n'avait plus connu un seul moment de répit.
Sauf hier soir, lorsque Minho le couvait de ce regard dont il ne parvenait pas à mettre de mot dessus.
Jisung choisit son seul moyen de défense depuis qu'il était tombé dans cette spirale sans fin de déception et de tristesse : repousser les gens.
Pendant une semaine, il réussit à ignorer Minho. Pourtant, ça n'avait pas été facile. Minho, les premiers jours, avait cherché le contact avec lui. Il n'était pas venu lui parler directement, car il n'était pas comme ça, mais Jisung avait senti sa présence partout où il se rendait : dans les couloirs de l'école, en classe, à la bibliothèque, au café où il aimait réviser avec ses amis et aux soirées.
Une fois, Minho tenta de lui parler. Jisung sentit le léger effleurement de ses doigts sur sa main, une hésitation presque imperceptible. Mais au lieu de s'arrêter, au lieu de lui accorder ne serait-ce qu'un regard, il continua son chemin sans un mot, ignorant sa présence comme s'il n'était qu'un fantôme perdu dans le couloir.
Depuis, Minho restait dans son ombre. Il ne voulait pas le brusquer. Il savait que Jisung avait besoin de temps pour réfléchir, après ce qu'il s'était passé.
Minho trouvait ça normal et il voulait respecter son choix.
Mais cette situation commença à frustrer Minho lorsqu'il vit Jisung se refermer peu à peu sur lui-même. Et, très certainement, le principal intéressé ne se rendait même pas compte de sa propre dégradation.
Au début, ce n'étaient que quelques cours manqués, rien d'alarmant. Puis, il cessa de se rendre aux fêtes du campus, préférant les éviter sans vraiment donner d'explication. Jisung restait également souvent seul. Il se rendait à la bibliothèque seul alors qu'auparavant, il était accompagné de ses amis.
Minho le suivait depuis assez longtemps pour comprendre que ce n'était pas son comportement habituel.
Minho se mit à l'observer encore plus attentivement qu'avant. Partout où Jisung allait, il n'était jamais loin. Il guettait chacune de ses interactions, que ce soit avec des élèves ou de parfaits inconnus. Il analysait chacun de ses gestes, chaque nuance dans son expression.
Car Minho, quand il s'inquiétait pour Jisung, il s'assurait qu'il ne se fasse pas de mal.
Au bout de quelques jours seulement, Jisung remarqua que Minho le suivait beaucoup plus que d'habitude.
Un jour, excédé par cette ombre persistante dans son dos, Jisung explosa. Alors qu'il rentrait à son dortoir après une longue journée passée à réviser à la bibliothèque, il s'arrêta net et se retourna brusquement.
Sans surprise, Minho était là.
Les mains enfouies dans les poches, son sac négligemment jeté sur une épaule, il affichait cette même nonchalance apparente, comme s'il n'avait pas passé la journée à l'observer. Il portait encore ses éternels vêtements noirs, ce sweat que Jisung mourait d'envie de lui voler juste pour retrouver son odeur. Son bonnet couvrait ses cheveux noirs, désormais un peu trop longs.
« Arrête de me suivre, putain. » Explosa-t-il.
Minho s'arrêta dans sa marche, à quelques pas seulement du noiraud, surpris par son énervement soudain.
« Qu'est-ce que tu as à regarder chacun de mes faits et gestes ? Laisse-moi tranquille ! »
« Que se passe-t-il, Jisung ? » Demanda Minho. Son ton calme contrastait avec la voix tremblante de colère de Jisung.
Et ce calme énerva encore plus Jisung qui faisait face à un chaos d'émotions.
« Qu'est-ce qu'il se passe ? Je veux que tu me lâches les baskets, Minho. On a couché ensemble. C'est fini. »
Il voulait mettre un terme à ce manège, à cette présence étouffante qui le suivait partout. Mais au fond, il savait que ce n'était pas si simple. Rien ne l'était jamais avec Minho.
Minho fronça les sourcils, son masque d'impassibilité se fissurant légèrement. D'ordinaire, il restait imperturbable, mais cette fois, la brutalité des mots de Jisung ébranla son calme olympien. Une lueur trouble passa dans son regard, entre l'incompréhension et quelque chose de plus profond, plus douloureux.
« Tu voulais simplement que l'on couche ensemble ? » Demanda-t-il.
Jisung pencha la tête et dit d'un ton acerbe : « Quoi d'autre ? Tu as cru que j'allais tomber amoureux de toi parce que tu m'as eu dans tes draps le temps d'un soir ? Tu te trompes. Tout ce que je voulais, c'est que tu me baises. »
Minho ferma les paupières quelques secondes seulement. Il prit une grande inspiration pour ne pas céder à la colère. Il savait que s'énerver contre Jisung, alors qu'il était dans cet état, n'allait mener à rien.
« Tu ne penses pas ce que tu dis. »
Jisung laissa échapper un rire ironique. « Ah ? Parce que tu me suis depuis je ne sais combien de temps, tu crois me connaître ? Tu crois contrôler mes sentiments. Tu te trompes. »
Minho n'eut pas le temps de répondre. Jisung s'avança rapidement vers lui et posa son doigt sur sa poitrine, juste au-dessus de son cœur.
« Je te le demande une dernière fois : arrête de me suivre. Tu n'es qu'un psychopathe. Tu te rends compte que ton comportement est terrifiant ? Si tu crois m'avoir comme ça, tu te trompes. Tu me fais peur, Minho. »
La respiration de Minho se coupa. Ses yeux n'avaient pas quitté ceux de Jisung, maintenant très proche de lui. Il ne lisait que de la haine et de la tristesse. Pas une once de regret pour ce qu'il venait de lui cracher au visage.
Minho attrapa son poignet et serra ses doigts. Jisung tressaillit, mais ne bougea pas.
« Bien. » Dit-il dans un murmure. Puis, il força le plus petit à baisser sa main. Les dents serrées, il continua : « Si c'est ce que tu veux. »
Rien d'autre. Il ne dit rien de plus avant de se reculer et de tourner le dos. Jisung le regarda s'éloigner, complètement hébété.
Jisung avait adopté ce moyen de défense dès que la rumeur avait commencé à circuler. Il repoussait tous ceux qui prenaient trop d'importance dans sa vie, comme pour se protéger. Il avait essayé avec Felix, mais celui-ci lui avait laissé du temps, et finalement, il était resté. Il en avait fait de même avec le reste de ses amis, et bien qu'ils soient toujours là, il sentait que quelque chose s'était fissuré entre eux.
Et maintenant, il recommençait avec Minho.
Il ne voulait pas le décevoir, pas comme il avait déçu ses amis lorsqu'ils avaient découvert cette histoire — cette foutue rumeur qui prétendait qu'il s'était envoyé en l'air avec le meilleur ami de son petit ami. C'était faux. Ses amis le savaient. Mais peu importe combien il se débattait, il avait cette certitude oppressante : quoi qu'il dise, quoi qu'il fasse, on ne le croirait jamais vraiment. Cette rumeur l'avait enfermé dans un rôle qu'il n'avait pas choisi, et il n'y avait aucun moyen d'en sortir.
Alors, avec Minho, il fit ce qu'il savait faire de mieux : il le rejeta. Avant que son cœur ne s'attache trop. Avant que, inévitablement, il ne finisse en miettes à cause de ses propres erreurs.
LES DRAMAS 👹👹
Enfin pfiou
En vrai
C'est profond comme drama donc bon ☝🏼
À bientôt mes perles ❤️🔥❤️
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