Chapitre 79
PDV Jade
" Est-ce que tu es sûre de l'aimer ? "
Est-ce que je suis sûre de l'aimer ? Si je ne l'aimais pas, comment aurais-je pu ressentir les papillons dans le ventre quand il m'embrassait ? Et surtout comment aurais-je pu le laisser me faire autant souffrir ?
" Pourquoi tu me demandes ça ? " je demande plutôt.
" Parce que... Je me demandais juste si... Je ne sais pas comment l'expliquer, mais... Tu sais, peut-être que tu as l'impression de l'aimer parce que tu t'en sens obligée ? Parce que tu as l'idée dans la tête que tu dois aimer ton mari ? C'est un peu comme le syndrome de Stockholm, tu sens peut-être que tu n'as pas d'autre choix que de l'aimer ? "
" Obligée ? "
Elle met une mèche de cheveux derrière son oreille et se redresse.
" Ce n'est qu'une hypothèse, je n'en suis pas sûre. Enfin... J'y avait déjà pensé plus tôt, mais tu avais l'air... Je ne sais pas, tu avais l'air d'avoir besoin de quelque chose à quoi te retenir, et j'ai pensé que ça pouvait être l'amour, cette branche. Mais maintenant que je vois les dégâts que ça laisse sur toi, mon hypothèse me semble de plus en plus raisonnable... "
Je hoche la tête, comprenant où elle veut en venir. Je n'y avait jamais pensé de ce point de vue, l'idée que je ne l'aime pas mais que je pense l'aimer ne m'est jamais passé par l'esprit. Peut-être as-t-elle raison après tout. Peut-être que j'ai pensé l'aimer, mais en vérité, ce n'est pas le cas.
Maintenant que j'y pense, qu'avait-il fait de si exceptionnel pour que je tombe amoureuse de lui ?
M'avait-il dit des mots doux ? Ou m'avait-il portée de l'attention ?
Avait-il fait quelque chose de particulier ?
Non. Si je passe en revue les derniers mois qu'on a vécus ensemble, la seule chose que je peux voir c'est un homme incompréhensible qui essaye de s'enfuir de moi, ou qui essaye de m'éloigner de lui.
Et maintenant l'hypothèse de Lucie me semble raisonnable aussi. Mais autant j'ai eu besoin de temps pour accepter mon amour pour cet homme, autant j'ai besoin de temps pour accepter que, en vérité, je n'ai pas de sentiment pour lui.
Je suis fatiguée de réfléchir, d'essayer de comprendre, mais il me semble que c'est la seule chose qu'il me reste à faire.
Même si l'aimer me faisait mal, c'était bien, il faut l'avouer. Donc je ne sais pas ce que je veux. Je ne sais pas ce qui serait bien pour moi; que je l'aime, ou que je pense l'aimer...
Logiquement, ne pas l'aimer serait le mieux pour moi.
Mais mon problème c'est que, à force de rester avec Samuel, j'ai perdu tout sens de logique.
* * *
" Il te frappe des fois ? "
" Non, ce n'est qu'un embryon encore " elle glousse, " Et arrête de dire ' il ', on ne sait pas son sexe pour l'instant "
Lucie est restée dormir, malgré les nombreuses fois que je lui ai répétée que j'allais bien. Elle dit me faire confiance, mais je sais qu'elle pense toujours que je vais refaire la bêtise de me faire mal.
Je ne le referais plus, je le sais.
Maintenant nous sommes toutes les deux dans la chambre d'ami, allongées sur le lit et fixant le plafond pour mon cas. On a parlé un peu de tout dans l'essai d'oublier notre conversation d'il y a quelques heures, mais elle est au fond de mon esprit, prête à envahir mes pensées dès que le sommeil gagnera Lucie.
" D'accord, excuses-moi. Tu as une préférence ? "
" Pas vraiment... Fille ou garçon, ça ne changerai rien je pense. Je veux juste tenir mon bébé dans mes bras tout de suite, c'est long neuf mois " elle soupire.
Je souris. " Il te reste huit moi, ça va "
" Je sais, mais je suis tellement excitée à l'idée... Je veux que ces huit mois passent rapidement, en un clignement d'oeil "
" Tiens, moi aussi je souhaite la même chose... " je chuchote à moi-même. " Et sinon, pour le mariage ? "
Je la sens bouger à mes cotés et bientôt son visage apparaît presque au dessus du mien, maintenant qu'elle s'est redressée sur un coude.
J'envie son sourire.
" Je ne veux pas vraiment précipiter les choses, mais j'aurai aimé faire le mariage rapidement, avant que mon ventre s'arondisse, tu vois ? "
" Tu en as parlé avec Andrew ? "
" Eh bien... Il m'a demandé une date, et je lui ai dit qu'il pouvait choisir. "
" Pourquoi ? Tu aurais pu lui dire tout simplement "
Elle hausse une épaule. " Des fois j'ai l'impression de lui en demander trop, donc je préfère le laisser choisir. En plus avec la grossesse et les hormones, je lui en fait baver " son sourire se redessine sur ses lèvres à la fin de sa phrase.
" Je ne pense pas qu'il va s'en plaindre, il n'est pas ce genre d'homme. "
Elle semble hésiter un instant, mordant sa lèvre tout en me regardant, avant de se relaisser tomber contre le matelas.
" Tu as raison, je vais lui en parler dès demain. "
" C'est la meilleure chose à faire, oui "
Elle reste en silence pour la première fois de la soirée, sûrement perdue dans ses pensées. Je lui souhaite bonne nuit et me tourne sur le côté, laissant mes pensées m'envahirent moi aussi.
Mais d'une certaine manière, pour une fois, je n'y pense pas autant qu'avant, c'est-à-dire jusqu'à ne plus pouvoir dormir. Non, cette nuit je réussis à repousser ces pensées, ces hypothèses et cette envie de comprendre; je laisse le sommeil m'emporter, tout en priant que tout ce passera bien à partir de maintenant.
* * *
Au grand bonheur d'Annie, ce week-end le soleil est haut dans le ciel, nous permettant de passer du temps dans le jardin. Rien n'est encore fait dans cet espace remplit seulement de terre, mais mon père s'est proposé volontaire pour s'en occuper au lieu de faire appel à un jardinier.
Nous avons donc tous les trois passés quasiment tout le week-end à nous occuper du jardin, de la plantation des fruitiers et des plantes que nous avons achetés.
Cela a été un moyen pour moi de déstresser, oublier tous les soucis pendant ces deux jours et vivre comme une jeune fille normale de vingts ans; avec ma famille.
Aussi, bien que nous avons pas encore beaucoup discuté, j'ai senti le lien entre mon père et moi se re-souder. On a peut-être pas parlé de ce sujet en particulier, mais on a repensé aux souvenirs, on a rit ensemble, on a juste passé du temps ensemble, comme il y a deux ans, avant le départ de ma mère.
Dire que j'ai passé du bon temps resterait faible tellement j'avais besoin de cet instant de fraîcheur, de cette quasi-pause dans ma vie pour pouvoir respirer.
Je dis quasi-pause parce que je n'ai pas trouvé, et je ne trouve toujours pas de moyen, pour prendre une pause de mes pensées aussi. J'ai peut-être dormi paisiblement ces deux, trois jours, réussissant à repousser mes pensées, mais elles ont continuées à me hanter tout le reste de la journée.
C'était comme si chaque endroit, chaque objet me faisait penser à lui. Et je me maudissais d'avoir invité ma famille dans cette maison. Peut-être avais-je besoin de sortir d'ici, dans ce cas, rester chez mes parents aurait été une bien meilleure idée.
En entrant dans la cuisine, je le revoyais devant la gazinière, cuisinant tout en chantonnant un air, semblant concentré sur ce qu'il faisait, mais tout autant décontracté.
Dans la salle de séjour, je me remémorais cette nuit où j'étais allongée sur lui, essayant de regarder mon dessin-animé.
Même en passant dans le hall d'entrée, je le revoyait, debout, près de l'escalier, se retenant pour ne pas pleurer et me crachant à la figure combien je suis égoïste.
En passant devant la salle de musique, je me retenais pour ne pas entrer à l'intérieur. Et pourtant, sans même ouvrir la porte, les souvenirs refaisaient surface, et je le voyais devant le piano, m'avouant combien la musique compte pour lui.
Mais le pire était la chambre à coucher.
Je ne pouvais juste pas rester dans cette chambre. A chaque fois que je pénétrais dans cette pièce, l'image de moi-même passe devant mes yeux. Moi, assise sur le lit, essayant de recouvrir mon corps avec les draps. Désagréable est un adjectif trop faible pour décrire le sentiment que je ressens à ces moments.
Mon père et Annie avaient pris la chambre d'ami, alors je me suis contentée du canapé au salon. Je m'y allongeais quand j'étais sûre que mon père et ma soeur étaient endormis, et je mettait une alarme pour me lever avant eux, ne voulant pas qu'ils me questionnent sur cela.
Je me sentais stupide à certains moments. Stupide de vivre avec ces souvenirs comme si nous avions vécus quelque chose d'extradiordinaire et qu'il était partit. Parce que ce que nous avions vécus, en trois jours, n'étaient rien pour que je ressente ce vide au plus profond de moi.
En tout cas, c'est ce à quoi j'essayais de me convaincre.
J'avais besoin d'une raison pour me sentir mieux.
* * *
" Laisses papa, je m'en occuperais. Je voulais te parler en plus "
Mon père ne semble pas surpris et hoche la tête, reposant son assiette et s'installant à nouveau sur sa chaise en face de moi. Nous avions finis le dîner et Annie s'était déjà enfuie de la table, me permettant de rester seule avec mon père et de pouvoir parler de certaines choses.
" Je t'écoutes " sa voix est prudente, et, d'une certaine façon, cela me fait sourire.
C'est impressionnant comment les rôles peuvent changer. Quelques mois auparavant, j'étais celle qui, d'une voix prudente, avait prononcé ces mots. ' Je t'écoutes '. Et mon père était celui qui avait quelque chose à me dire.
Maintenant j'ai pris sa place.
Je ressens une satisfaction de cette situation. Pas du fait que mon père agit toujours avec précaution avec moi maintenant, ou du fait qu'il essaye de changer.
Non, je ressens une satisfaction du fait que je suis celle qui puisse décider aujourd'hui. Que je le pardonne ou pas ne tient qu'à moi. Que je lui parle ou pas ne tient qu'à moi.
Je ne suis pas encore certaine si j'ai décidé moi-même d'aimer Samuel, ou si j'ai été obligée; mais à part cela, je peux finalement prendre mes propres décisions.
C'est ce sentiment que j'aime.
Je finis par reprendre mon sérieux, râclant ma gorge et me redressant sur ma chaise.
" Je ne trouve toujours pas que le fait que cet homme, Edouart, t'ais menacé, soit une excuse pour m'avoir jeté dans cette situation. Mais je te comprend quand même, et tu es mon père... Donc... Tu peux arrêter de culpabiliser, je ne t'en veux plus. Cela ne servirait à rien de toute façon "
Je ne relève pas la tête et ne le regarde pas dans les yeux. Parce que je sais que au fond, même si je le pardonne, et je lui pardonne, il y aura toujours une partie de moi, une partie de cette petite fille qui en voudra à son père.
C'est plus fort que moi, je ne peux m'en empêcher.
" Merci " il murmure, lâchant par la suite un long soupir de soulagement.
Puis je l'entend se lever à nouveau et bientôt il est à mes côtés, et quand ses bras m'entourent, je le laisse faire, acceptant ce câlin paternel qui m'avait, malgré tout, manqué.
Quand je l'enlace aussi, il me serre plus fermement contre lui et dépose un baiser sur le haut de ma tête.
" Je te promets, quand tout ceci sera terminé, tu ne reverras plus cet homme, tu n'entendras plus rien de cette famille. "
Je l'espère papa, je l'espère...
* * *
C'est seulement lundi soir, après m'être retrouvée seule dans cette villa qu'un détail refait surface dans mon esprit.
Edouart Huguet et notre compromis.
Submergée par les sensations que m'apportait de savoir Samuel m'aimer, ce détail m'avait complétement échappé. Je ne sais pas si j'aurai aimé recevoir un appel de sa part avant notre dernière soirée avec Samuel. Peut-être aurait-il pu empêcher tout cela.
Je ne sais pas exactement quand je lui avais parlé, mais je sais que ça fait plus d'une semaine et qu'il aurait du me donner des nouvelles. Je devine presque aussitôt que sa réponse ne doit pas être positive.
Et pourtant, je garde espoir et l'appelle à nouveau. Ce qui est bien avec Edouart Huguet, c'est qu'il ne fait pas de conversation sans intérêt et va droit au but. De ce fait, même pas une minute après avoir décroché, il me donne la réponse à ma question.
" Je n'ai plus besoin de vous, j'ai réussi à avoir Jeanne au téléphone. Je crois que vous allez continuer ce mariage encore un moment. Cela dit, je suis impressionné de voir tant de changement en Samuel, vous méritez d'être félicitée. Continuez ainsi. "
J'ai besoin d'un nouveau portable. Peut-être était-ce une mauvaise idée de le lancer au mur.
Mais je préfère briser des objets que de me briser moi-même.
PDV Samuel
J'ai l'impression que tout le monde me regarde, à l'entreprise, à l'hôtel, dans la rue et même là, maintenant, à l'aéroport, alors que je suis adossé contre ma voiture.
Je change de posture presque toutes les minutes, croisant mes bras sur ma poitrine, les décroisant, me redressant, ou m'appuyant davantage contre la portière. Peut-être est-ce ma posture qui attire le regard des passants ?
Ou bien peuvent-ils eux aussi voir la véritable personne que je suis ? Cette personne que Jade n'a pas voulu voir pendant tout ce temps, mais que je lui ai finalement montré, peut-être sans le vouloir à ce moment, mais en fin de compte c'était pour le mieux.
C'était instantané, rien n'était prévu à l'avance comme mes actions précédentes.
J'étais sincère quand je lui ai dit que je voulais lui faire plaisir, que je voulais la voir heureuse. Et j'ai pensé, j'ai vraiment pensé pendant un moment que je pouvais le faire, que je pouvais être l'homme dont elle a besoin, l'homme qui la rendrait heureuse.
Elle était si belle cette nuit. Encore plus belle que d'habitude. Elle avait ce regard enflammé, c'était différent de tous les autres que j'ai pu voir. Ses lèvres étaient si douce, ses mains bouillantes sur mon corps.
Elle n'était plus la Jade que j'avais rencontré il y a de cela plusieurs mois. Elle était la Jade qui m'avait fait tombé amoureux d'elle, la Jade qui, avec quelques petits mots, pouvait me faire croire au bonheur, ou, au contraire, pouvait me rappeler pourquoi, pour moi, il n'y aurait jamais cette notion.
Parce que tout simplement, je ne méritais pas d'être heureux. Je ne l'ai jamais mérité, je ne le mérite toujours pas.
Elle, elle le mérite. Elle mérite toutes les bonnes choses sur cette Terre.
Je ne suis certainement pas une de ces bonnes choses.
Alors pourquoi rester en sachant que je ne lui apporterai aucun bien à la fin ? Pourquoi lui donner l'espoir qu'on sera heureux, si je sais que je ne mérite pas le bonheur ?
Peut-être avait-elle mal à cet instant, mais ça lui passera. Le plus important c'est qu'elle soit heureuse, pas momentanémment, mais pour toujours.
*
Je me place entre toutes ces personnes qui attendent la venue de leur proche, ou peut-être de leur bien-aimé, et j'essaye de me fondre dans la masse. Je sens encore et toujours les regards sur moi, mais je commence à me demander si ce n'est pas ma conscience qui me joue des tours.
Quoiqu'il en soit, je me sens piégé et veux m'en aller le plus rapidement possible d'ici.
Les portes finissent pas s'ouvrir et au bout d'un moment, après le passage de plusieurs passagers, j'aperçois le visage de ma mère. Et malgré tout, malgré la peine et le chagrin, un sourire se dessine sur mes lèvres.
Je m'empresse de la rejoindre, et ne me souciant pas de bloquer le passage, j'enlace fermement ma mère. Elle semble prise au dépourvu, son sac lui tombe des mains et atterrit au sol, avant que ses bras m'enlacent à leur tour et je peux enfin respirer un bon coup.
En me reculant, je lui embrasse le front et lui offre un sourire réassurant en remarquant son regard inquiet.
" Tu m'as manqué " je lui avoue.
" Oh mon bébé... " elle murmure en prenant mon visage entre ses mains.
Et pour la première fois, je la laisse faire, oubliant que nous sommes entourés de centaines de personnes. Peut-être ai-je l'air ridicule, je n'en sais rien, mais je ne veux pas l'arrêter de me montrer son affection, même si elle me traîte comme un bébé.
Je prend ses mains dans les miennes et dépose un baiser sur chacune d'entre elles, avant de l'enlacer encore une fois en voyant qu'elle a les larmes aux yeux.
" Tu m'as manqué aussi " elle murmure près de mon oreille.
Près d'une demie-heure plus tard nous sommes finalement en route, quittant l'aéroport. Ma mère me parle un peu du temps qu'elle a passé loin d'ici, alors que je commence à angoisser. Je ne la veux pas loin de moi, mais je ne la veux pas proche de cet homme non plus.
" Je pense toujours que c'est une mauvaise idée de revenir, maman. Tu aurais du rester encore un peu, il aurait bien finit par signer les papiers pour le divorce. "
" Il ne sait pas que je viens après tout, ce n'est pas important " elle hausse les épaules au moment où je lui jette un coup d'oeil. " Puis, ta tante est très accueillante, mais ton père n'a cessé d'appeler tous les jours, envoyant même des hommes à la maison. J'ai du rester chez une ancienne amie pour ne plus déranger ma soeur. Puis, tu m'as beaucoup manqué, je ne pouvais plus rester là-bas. "
" Tu m'as manqué aussi maman... Mais je ne veux pas que cet homme puisse t'atteindre et maintenant que tu es là, tu lui facilite la tâche. "
" Samuel, cet homme est ton père. Et je ne lui ai pas parlé depuis que je suis partit, il ne pourra rien faire, ne t'inquiètes pas. "
" Je l'espère " je soupire, peu sûr.
D'une certaine façon, ses mots ne me rassurent pas. J'ai comme l'impression que je manque un point. La venue de ma mère a été soudaine, peut-être est-ce pour cela que je n'ai pas eu le temps de réfléchir et de tout planifier.
" Sinon, comment ça se passe avec Jade ? " elle reprend, essayant sûrement de changer de sujet.
Je ne veux pas que ma mère sache ce que j'ai fait, comment j'ai traité Jade qui n'a fait que m'offrir tout son coeur. Ma mère est la seule personne qui a encore une bonne image de moi, et peut-être aussi Léna, et je ne veux pas gâcher cela. J'ai besoin que ça reste comme ça. Qu'elle me voit encore comme son bébé innocent qui ne ferait aucun mal à personne.
Alors au lieu de lui raconter tout ce qu'il s'est passé, je préfère lui dire simplement que j'ai quitté la maison pour éviter des problèmes. Que cela serait mieux pour moi et pour Jade. Et je l'ai assurée que Jade était heureuse de vivre toute seule dans cette villa.
Mais rien de cela n'a pu empêcher sa prochaine demande.
" Emmènes moi la voir. Maintenant. "
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