Chapitre 75


PDV Jade

" Ça se passe bien avec papa ? " je demande alors que je deviens soudainement nerveuse à l'idée de revoir mon père.

" Il est plus souvent à la maison et on lui a prêté une voiture de l'entreprise pour qu'il me dépose à l'école et revienne me chercher le soir. Et à la maison... Ça va " elle explique puis hausse les épaules.

Je la regarde un peu sceptique mais n'insiste pas pour en savoir plus. J'ai envie d'appeler Samuel pour lui demander de venir me récupérer, mais je me retiens et suis Annie dans l'immeuble.

" Est-ce qu'on peut cuisiner ensemble ? " elle demande avec une pointe d'excitation qui me surprend après avoir passé presque toute l'après-midi à l'écouter se plaindre.

" Bien sûr " je souris, un sourire qui s'aggrandit quand je vois le sien. En entrant dans l'appartement, je prend mon temps pour jeter un coup d'oeil aux alentours, tandis que Annie se réfugie immédiatement dans la cuisine.

En passant dans mon ancienne chambre je ne peux m'empêcher de sourire bien que je me sente un peu nostalgique. Je suis un peu surprise qu'ils n'ont pas touchés ma chambre ; je ne vais sûrement plus revenir ici.

" Jade ! "

" J'arrive ! " je cris en retour à Annie et ressors de la chambre.

Comme je l'avais deviné, Annie est déjà prête avec son tablier autour de la taille, les cheveux regroupés en un chignon et les manches relevés.

" Eh bien, t'es vraiment excitée toi " je ris en prenant le tablier qu'elle me tend.

" Ça fait longtemps " elle sourit simplement et se retourne pour sortir les ingrédients.

Je la regarde faire tout en mettant mon tablier. Peut-être qu'elle a besoin de passer un peu de temps avec sa famille, c'est tout. J'ai été tellement occupée avec mes problèmes dernièrement, je dois passer du temps avec ma soeur maintenant.

Ce n'est pas en l'envoyant chez un psychologue que je vais bien jouer mon rôle de soeur. C'est en étant près d'elle plus souvent que je le ferai.

Et tant pis si elle ne s'entend pas bien avec Samuel.

Tout les deux devront s'y faire.

" Tu veux venir passer le week-end chez nous ? On pourrait s'occuper du jardin si tu veux " je propose, ne relevant pas les yeux pour éviter de me couper le doigt.

" Oui, j'aimerai bien " je ne la vois pas mais je peux deviner son sourire.

" Parfait "

On continue à cuisiner d'abord dans le silence, puis en faisant une légère conversation. Je ne peux m'empêcher de regarder l'horloge plusieurs fois, attendant nerveusement l'arrivée de mon père, qui, d'après Annie, rentre  à dix-huit heures le mercredi.

" Jade ? " Annie m'interpelle alors que je dresse la table d'un air absent.

" Hmm ? " je marmonne.

" Est-ce que tu vas pardonner papa ? "

Je m'arrête, mon regard se fixant sur l'assiette que je viens de poser sur la table. Puis je relève les yeux vers ma soeur et lui offre un demi-sourire.

" Oui " j'affirme.

" Merci " elle murmure et me surprend quand elle vient m'enlacer fermement. " Est-ce qu'il pourra venir aussi ce week-end ? "

" Ça, je ne suis pas sûre " je répond en fronçant le nez. Le comportement de Samuel la dernière fois que mon père était chez nous me reviens à l'esprit et c'est assez pour me confirmer que ce ne serait pas une bonne idée.

" S'il te plaît " elle relève la tête avec une moue triste.

Je roule les yeux à son essai de m'amadouer ; elle devrait essayer ça avec Samuel, pas avec moi.

" Je verrai " je soupire finalement et elle affiche à nouveau son sourire avant de m'embrasser la joue.

Quelques minutes avant dix-huit heures je reçois un message de la part de Samuel, me prévenant qu'il m'attend. Je soupire et l'appele.

Je l'avais prévenu que j'allais rester ici pour le dîner et je lui avais même proposer de venir aussi, chose qu'il a bien sûr refusé. Et maintenant il est venu me récupérer.

" Sam, je t'ai dit que j'allais rester ici " je rouspète quand il répond.

" Et je t'ai dit que je n'allais pas venir dans cette maison, alors prend tes affaires et descend " il rétorque d'un ton plutôt calme malgré son ordre.

" Non, je dois parler avec mon père "

" Tu ne peux pas lui parler une autre fois ? " il soupire, " je ne veux pas te laisser seule avec lui mais je suis trop fatigué ce soir "

Je me prépare à lui répondre que ce n'est que mon père et qu'il doit arrêter de parler de lui comme si c'était un homme dangereux, mais je réfléchis à sa question et décide de profiter de cette conversation pour autre chose.

" D'accord, je descend à une condition. Mon père et Annie vont passer le week-end chez nous "

" Quoi ? Mais - " je l'entend soupirer encore une fois, " d'accord, descend maintenant "

Bien que je sois surprise qu'il ai accepté si facilement, je le remercie et raccroche, annonçant immédiatement la nouvelle à Annie.

" Tu préviendras papa " je lui rappelle une dernière fois avant de quitter l'appartement, un peu déçue de ne pas avoir eu cette conversation aujourd'hui, mais aussi soulagée parce que, hônnetement, je ne me sentais pas si prête que je l'avais imaginé.

Le sourire idiot que j'ai en voyant Samuel me donne envie de me frapper le front mais je me retiens. Je m'installe rapidement dans la voiture et d'une manière qui ne m'est pas habituelle, je me penche pour l'embrasser sur la joue.

Un geste peut-être normal pour certains, mais qui me fait rougir moi.

Cependant, lui ne réagit aucunement et démarre la voiture sans me dire un mot.

Je me mord la lèvre pour empêcher de sourire encore plus.

" T'es fâché ? " je demande en me retenant de rire à son comportement enfantin.

" Non " il garde cette expression sérieuse, presque froide et au bout d'un moment je ne peux plus me retenir et laisse échapper un gloussement.

" Tu es vraiment un gamin Sam " je ris et au fur et à mesure de mon rire ses traits s'adoucissent.

Il me jette des coups d'oeil alors qu'un sourire commence à se dessiner sur ses lèvres.

" J'accepte que ton père vienne, mais j'ai une condition aussi " il déclare ensuite avec un sourire malicieux.

" Et quelle est cette condition ? " j'arque un sourcil.

" Je te le dirai cette nuit " il me fait un clin d'oeil puis commence à rire quand je rougis.

Je roule les yeux et détourne le regard. Pourquoi je rougis à chaque fois bon sang ?!

" Sinon, comment s'est passé le rendez-vous ? " il reprend son sérieux.

" La psychologue a demandé à ce qu'on prenne d'autres rendez-vous, mais je ne sais pas si cela va être efficace... " je soupire.

" Elle ira mieux, ne t'inquiètes pas " il murmure. Quand il me prend la main, je me sens idiote de ressentir ses papillons dans le ventre.

Je souris et regarde nos mains, puis enlace nos doigts.

" C'est drôle que tu sois impressionée par des petits gestes comme ça " il remarque, visiblement amusé par ma réaction.

" C'est pas de ma faute, je ne suis pas habituée " je réplique pour ma défense.

" Eh bien je te conseille de t'y habituer "

Je détache finalement mes yeux de nos mains et pose mon regard sur son visage. " Je m'y habituerai " je souris.

On arrive bientôt à la villa et je ne peux pas m'empêcher d'être déçue quand il ne me prend pas la main en sortant de la voiture.

Maintenant c'est moi la gamine.

Mais je ne peux pas m'en empêcher, je n'ai jamais vécus ça auparavant. Je n'ai jamais goûté à ce bonheur auparavant. Et maintenant je veux le vivre pleinement. Je veux en profiter à fond.

" Ce soir c'est moi qui cuisine " Sam annonce presque fièrement quand il revient changé en de vêtements confortables.

" Ah oui ? Tu nous cuisines quoi chef ? " je glousse en m'approchant de lui.

" Mon plat spécial : des pâtes carbonara " il détient d'abord une expression sérieuse puis se met à rire avec moi.

" Je vous laisse la cuisine alors, en espérant la récupérer dans le même état " je me met sur le côté et lui laisse le passage d'un geste de la main.

Il roule les yeux, " je ne promet rien pour ça ! " il glousse et disparaît dans la cuisine.

Je monte à mon tour dans notre chambre pour me changer. Je me vêtis de mon bas de jogging confortable et d'un t-shirt manches longues, enfouissant l'idée de mettre une robe loin dans mon esprit.

Ce n'est pas une soirée spéciale en fin de compte.

Le temps que je redescende, des odeurs se sont déjà infiltrées dans tout le rez-de-chaussée.

Je m'empresse d'entrer dans la cuisine, où Samuel semble bien concentré à cuisiner son plat spécial. Je passe un bras devant lui pour atteindre la hotte et l'allumer alors qu'il arrête de chantonner en remarquant ma présence.

" C'est bientôt prêt ? " je demande en m'adossant contre le comptoir, près de lui.

" Encore quelques minutes, prépares la table si tu veux "

" Parfait, j'ai trop faim ! " je l'embrasse sur la joue et m'éloigne pour sortir la vaisselle.

" Tu aimes m'embrasser la joue, n'est-ce pas ? " il rit derrière moi.

" J'aime t'embrasser tout court " je me retourne vers lui avec la vaisselle dans les mains et lui fait un clin d'oeil.

" Oh mon Dieu ! " il porte sa main à son coeur et écarquillant les yeux. " Tu m'as fait un clin d'oeil ? "

Je roule les yeux pour essayer de cacher mon sourire et le frappe légèrement au bras avant de me remettre au travail.

Il finit de préparer son plat spécial et nous sert chacun une assiette bien remplie avant qu'on s'installe à table.

" Alors ? " il sourit quand je prend ma première bouchée.

" Mhh... Bof, ça peut aller "

" Tu n'as pas bon goût c'est pour ça, je cuisine très bien "

" Mais oui bien sûr " je glousse à son expression et cette fois-ci il est celui qui roule les yeux.

La conversation est tellement simple tout le long du dîner que ça me surprend. Je n'ai jamais été du genre à pouvoir faire la conversation, mais avec Samuel, il n'y a aucun blanc, j'ai toujours quelque chose à dire, quelque chose à lui demander.

Et c'est agréable de pouvoir lui parler, de pouvoir lui poser des questions et qu'il y réponde sans m'envoyer promener ou s'énerver.

Je me surprend même à penser que ces trois derniers jours ne sont pas réels.

" C'est étrange qu'on a jamais fait ça " je remarque alors qu'on s'installe au salon après la proposition de Samuel de regarder un film.

" De quoi ? " il demande, accroupis devant le meuble télé pour chercher un DVD.

" Des choses comme ça, dîner ensemble tout en discutant, regarder un film, des choses banales " je hausse les épaules, même s'il ne peut pas me voir.

Il ne répond rien et s'occupe de choisir le film et l'insérer dans le lecteur, avant de venir vers moi.

" On aura le temps de tous les faire, ne t'inquiètes pas " il sourit, puis éteint la lumière et met en route le DVD.

Je remarque immédiatement que c'est un dessin-animé et je ne peux me retenir de sourire.

" C'est une coïncidence ou tu sais que j'aime les dessins-animés ? " je glousse en me tournant vers Samuel.

" Eh bien... " il hausse seulement les épaules avec un sourire en coin. " il est possible que quelqu'un m'en ai informé "

Je pense presque instantanément à Annie et Matt. Mais je sais qu'il n'a pas une bonne relation avec aucun des deux. Pourtant ils sont bien les seuls à savoir que j'aime les dessins-animés...

" Arrête de trop réfléchir " Sam murmure et passe un bras autour de mes épaules, m'attirant contre lui. Je ne proteste pas, au contraire, je cherche la position la plus commode avec ma tête sur son épaule et laisse échapper un soupir de soulagement.

" Tu es confortable comme ça ? " il chuchote près de mon oreille après un instant.

" Ça va " je marmonne, ne détachant plus mes yeux du téléviseur.

" Attends " il murmure et commence à bouger, me faisant relever la tête de son épaule.

Il s'allonge de tout son long sur le canapé et me fait signe de m'allonger sur lui.

" Tu n'as pas à être nerveuse " il dit, semblant agacé, quand je ne fais que le regarder.

Ne voulant pas gâcher cette soirée agréable, je me conforme à sa demande et m'allonge sur lui, presque avec précaution. Mon oreille est posé près de son coeur, dont les battements deviennent plus calme au fur et à mesure, me faisant sourire. Une de ses mains se posent dans mon dos, comme pour me tenir, alors que l'autre est derrière sa tête.

Je suis tellement confortable dans cette position que j'ai envie de fermer les yeux et apprécier ce moment. Mais conforme à mon être, je garde les yeux ouverts et fixes sur l'écran du téléviseur.

" Hônnetement, tu l'as regardé combien de fois ? " il demande dans un murmure.

" Je ne sais plus " je répond rapidement pour ne pas être distraite.

Un instant de silence plus tard il reprend : " Déjà une fois ça suffit, pourquoi tu regarderais une deuxième fois ? Puis toi tu l'as regardé au moins vingt fois, je suis presque - "

" Chut ! " je le coupe, ne relevant tout de même pas la tête.

" Non mais je dis ça parce que - "

" Samuel ! " je rouspète, agacée. Je n'aime pas être dérangé quand je lis ou quand je regarde un film, c'est très irritant.

Il se tait à nouveau.

" Non mais vraiment, je ne vois pas le but. Tu connais déjà tous ce qui va se passer, donc pour - "

" Mais tais-toi bon sang ! " je finis par relever la tête, plaquant ma main contre sa bouche.

Ses yeux pétillent avec amusement alors que je le regarde, quasiment fulminante, et en instant, mon agacement s'évapore, laissant place à un doux sourire sur mes lèvres.

" T'es pas possible " je pouffe en enlevant ma main, puis je roule les yeux en voyant son énorme sourire. Il m'encercle maintenant de ses deux bras et je reste allongée sur lui, l'observant.

" Je pensais que tu voulais regarder ton film " il me taquine.

" Hmm, j'ai trouvé quelque chose de plus intéressant à regarder " je susurre, sur le même ton que lui.

" Et de plus beau surtout " il ajoute, " et de plus magnifique, n'est-ce pas ? "

" Pas du tout " je tourne la tête de droite à gauche alors qu'il fait une légère pression sur mon dos, collant mon torse au sien et rapprochant nos visages. " Pourquoi tu as proposé qu'on regarde un film si tu ne me laisses même pas le regarder ? "

" Parce que je voulais te faire plaisir " sa réponse vient presque immédiatement, me surprenant, mais réchauffant tous mon être en seulement quelques secondes. Les mots sont sortis de sa bouche comme si ils étaient évidents, comme si il était habitué à les dire, à me les dire.

" Tu sais que tu es un vrai romantique toi ? " j'affirme plus que je le questionne, mon sourire s'élargissant au fur et à mesure que je le fixe.

" Moi ? Pff, n'importe quoi " il roule les yeux.

" Tu l'es " je glousse. Je remonte mes mains, qui jusqu'à maintenant étaient posées sur son torse, à son visage, et repousse ses cheveux de son front. " J'ai appris pour le compromis que tu as fait avec Annie, et je voulais te remercier pour ça. "

" C'est rien... " il murmure.

En l'observant maintenant, je me souviens de la soirée de Noël. Ça devait être une première fois pour moi de le voir sourire ou rire, et cela m'avait beaucoup surprise, quoique j'avais trouvée ce moment agréable. Maintenant, ses traits de visage sont relâchés, ses yeux brillent avec amusement, refermant une certaine douceur que je n'ai pas l'habitude de voir.

C'est presque calmant de le regarder dans les yeux.

Lentement, je rapproche mon visage un peu plus du sien, et, délicatement, comme si je ne voulais pas briser ce moment de calme, je dépose mes lèvres sur les siennes.

C'est comme si l'embrasser, avoir cet infime contact avec ses lèvres était une preuve que tout ceci est réel. Je ne rêve pas.

Il m'avait tellement habituée à la tristesse et la souffrance que maintenant, j'ai du mal à croire à ce bonheur qu'il m'offre de son plein gré.

Nos lèvres commencent à se mouvoir ensemble, lentement, avec délicatesse et douceur, alors que le son du téléviseur s'efface pour nous, les ondes sonores bloqués par la barrière de notre bulle.

Mes mains glissent à sa nuque d'où une chaleur émane, m'envoyant encore plus de frissons que l'avaient fait ses lèvres en se scellant aux miennes.

Bientôt, la délicatesse et la tendresse du baiser évoluent en un besoin, comme si nous étions affamés, assoiffés, l'un pour l'autre.

Ce ne sont plus des papillons dans mon bas ventre, mais une flamme, dont je n'avais jamais fait la connaissance jusqu'à maintenant.

Nos langues finissent pas se retrouver, s'enroulant, enflammant mon corps entier.

J'ai l'impression de perdre le contrôle de mes membres, mes mains allant de son visage à son cou sans que je puisse m'en empêcher. Ses mains à lui, jusque là au bas de mon dos, descendent plus bas, et d'un geste, tout autant vif que doux, il fait remonter mon bassin plus haut sur son corps, me faisant courber le dos.

L'instant où nos lèvres se détachent pour qu'on puisse respirer, ses mains se posent sur mes hanches, me tenant en place, alors qu'il se redresse en position assise. Me retrouvant maintenant sur ses genoux, je passe mes bras autour de son cou et n'hésite pas à me repencher pour reprendre notre baiser.

D'où me vient cette soudaine attirance ?

Je sais que je l'aime, mais je n'avais jamais ressentis cela jusqu'à maintenant.

Était-ce parce que je sais qu'il m'aime en retour ? Ou parce qu'il faisait beaucoup allusion à cela ces derniers jours ?

D'une façon qui m'est peu commune, je ne cherche pas une réponse à mes questions, me concentrant plutôt sur la façon dont ses lèvres se moulent aux miennes, la façon dont nos langues s'enroulent, la façon dont ses mains caressent mes côtes sur le tissu de mon t-shirt.

Soudainement courageuse, je descend mes mains plus bas, sur son torse. A travers le tissu qui le recouvre, je glisse mes mains de haut en bas, de sa poitrine à ses larges épaules.

Frustrée de ne pas pouvoir sentir sa peau sous mon toucher, je me recule, et, mordant ma lèvre, j'agrippe le bas de son t-shirt et le soulève lentement, le passant par dessus sa tête et le laissant tomber au sol par la suite.

Je vais pour poser mes mains sur ses épaules une fois de plus, mais il m'arrête. Je le regarde, légèrement confuse. Ses yeux fermés, il respire bruyamment, sûrement du à notre long baiser.

" Qu'est-ce qui ne va pas ? " je chuchote, amenant mes mains à son visage pour caresser ses joues maintenant colorées d'une teinte de rouge.

Il prend mes mains dans les siennes, les portent à ses lèvres et y déposent quelques petits baisers.

" Réfléchis bien avant que ça aille trop loin " il murmure ensuite, ouvrant ses yeux, me permettant de voir la douceur dans ceux-ci.

Mais j'ai l'impression qu'il me regarde avec tristesse...

" Je t'aime " je répond simplement.

" Je sais " il sourit," et je t'aime aussi... Mais si tu continue à faire ce que tu étais en train de faire, je ne pourrai pas me retenir d'aller plus loin "

" Alors vas-y " je hausse les épaules avec un petit sourire nerveux.

Cette chaleur que je ressens est tellement envoûtante que je ne veux pas arrêter, mais je dois avouer que je suis nerveuse pour la suite... Si il y a une suite.

Quand il me regarde longuement, sans rien dire, je prend l'initiative de l'embrasser à nouveau, glissant mes mains de ses épaules à son torse, sentant ses muscles se contracter sous mon toucher.

Puis notre bulle réaparaît, nous enveloppe encore une fois.

Et quand il me dit de m'accrocher, se levant peu après du canapé en me tenant dans ses bras, j'essaye de repousser la nervosité qui me succombe et le laisse nous emmener dans notre chambre, tout en parsemant ses lèvres de petits baisers presque timides.

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