Chapitre 64
PDV Jade.
" S'il vous plaît " il ajoute. Je pense que c'est ça qui m'a forcé à le laisser entrer. " Merci " il soupire de soulagement une fois à l'intérieur.
Je le conduis jusqu'au salon où on s'installe sur deux canapés différent, loin l'un de l'autre. Je sens mon rythme cardiaque s'accélérait comme à chaque fois que je suis face à cet homme et je pris pour qu'il ne se passe pas quelque chose de mal. Et que Sam ne sache pas que j'ai laissé son père entrer. Et qu'il ne s'énerve pas.
Edouart regarde autour de lui, étudiant notre salon. C'est la première fois qu'il entre à l'intérieur, mais les petites choses ironiques comme cela ne me surprend plus.
" Je n'ai pas beaucoup de temps " je dis finalement, l'invitant à s'exprimer et s'en aller rapidement.
Il pose finalement son regard sur moi, mais le détourne la seconde suivante. " Vous ne vous sentez pas seule ici ? C'est vraiment beaucoup trop grand pour une seule personne " il remarque.
Sait-il à propos de Samuel ? Sait-il qu'il reste à l'hôtel ?
" J'aurais dû mettre un mot dans le contrat pour empêcher Samuel de quitter la maison pour dormir à l'entreprise, je n'y avais pas pensé à vrai dire " il continue sans que je puisse dire quelque chose.
" Il dort à l'entreprise ? ". Il m'avait pourtant dit qu'il restait à l'hôtel...
" Voyant votre surprise, je suppose que vous n'étiez pas au courant. "
Je m'apprête à lui dire que non, je n'étais pas au courant, mais décide autrement. Je ne vais pas le laisser me déstabiliser de cette façon, et j'en ai marre de le laisser s'imiscer dans ma vie privée.
" Si vous êtes là pour me parler de ce sujet, vous pouvez vous en aller maintenant " je pointe briévement vers la sortie en effaçant la surprise de mon expression pour reprendre mon sérieux.
Il joue avec ses doigts, soufflant quelques fois avant de laisser les mots sortir de sa bouche.
" Je suis là pour vous demander un service. Et, en retour, je vous donnerai tous ce que vous voudrez. "
" Je ne veux rien de vous, et, de toute façon, je ne vois pas ce que je pourrais bien faire pour vous " je rétorque immédiatement. J'ai l'impression que quand je suis face à cet homme je deviens plus courageuse, que je ne réfléchis pas beaucoup avant de parler. Sûrement parce que je ne ressens rien de bon pour cet homme.
" Je ne sais pas pourquoi je suis venus vous voir vous, mais une petite voix m'a dit que vous voudriez m'aider. "
Je soupire et lui fait signe de continuer.
" Je voudrais vous demander de parler avec Jeanne, de lui demander de revenir ici. " il relève la tête, sûrement pour jauger ma réaction.
Je ne peux m'empêcher d'arquer un sourcil, cachant ma surprise.
" Pourquoi je ferais cela ? Jeanne a bien raison de rester loin de vous. "
Il secoue la tête, " Je veux seulement lui parler, rien de plus. Appelez-là, dîtes lui de revenir ici, je dois lui parler. Et je vous donnerai ce que vous voulez en retour. " il insiste.
" Je ne peux pas faire ça en sachant ce que vous lui aviez fait la dernière fois. "
" Je vais seulement lui parler ! " il hausse la voix en se levant.
Je reste à ma place, priant pour qu'il ne me fasse pas regretter de l'avoir laisser entrer.
" Baissez d'un ton " je demande calmement. Plus calmement que ce que je suis l'intérieur.
A ma plus grande surprise, il soupire et se réinstalle à sa place, passant ses mains dans ses cheveux. " Je vous donnerai littéralement tous ce que vous voulez si vous arrivez à convaincre Jeanne de revenir ici, seulement pour qu'on puisse discuter. "
" J'ai déjà - "
" Réfléchissez-y, je suis venus vous voir vous après tout, et je vous demande quelque chose de très simple. Appelez moi pour me dire votre décision, mais pensez-y sérieusement avant. "
Je fronce les sourcils mais ne dit rien d'autre. Il me lance un dernier regard avant de se lever et quitter le salon. Dès que j'entend la porte d'entrée se fermer, je met ma tête dans mes mains et soupire un grand coup.
Je ne veux pas l'aider, pas sur ce sujet. Jeanne a le droit de faire ce qu'elle veut, et si elle veut rester éloigner de son mari, alors qu'elle le fasse. Je ne fais pas confiance à Edouart, je ne veux pas prendre place dans cette affaire.
Mais d'un autre côté, quelques signes me donnent l'impression qu'il regrette ce qu'il a fait. Peut-être qu'il veut simplement parler avec sa femme comme il me l'a dit.
Je ne sais pas quoi penser, ni quoi faire.
Je jette un coup d'oeil à l'horloge, et voyant l'heure je m'empresse d'aller à la cuisine pour vraiment commencer le dîner cette fois-ci. Cette discussion avec Edouart restera au fond de mon esprit pour l'instant.
Le temps passe rapidement quand je me met au travail, et en deux heures le repas est prêt et je commence à dresser la table. J'ai demandé à Samuel s'il pouvait récupérer Annie et mon père avant de venir, mais il ne m'a pas répondu.
Je vais attendre encore quelques minutes, sinon j'irais les chercher moi-même.
Une fois la table mise, je monte dans ma chambre pour me changer. J'avais mis de côté une robe pour le dîner, mais je décide finalement de mettre un jean et un pull, ne voulant pas faire trop alors que c'est seulement mon père et ma soeur.
N'ayant toujours pas reçu une réponse de la part de Samuel, je décide d'y aller moi-même.
Descendant les escaliers, je m'arrête sur une marche quand la porte d'entrée s'ouvre, Samuel entrant à l'intérieur. Suivit de Annie et mon père quelques secondes plus tard.
Sam me lance un regard, accroche sa veste au porte-manteau et monte les escaliers sans un mot. Il est visiblement énervé.
Je descend les dernières marches et enlace Annie pour lui faire un câlin avant de lui dire d'aller s'installer au salon.
Je me retourne ensuite vers mon père. Il est toujours devant la porte, son manteau toujours sur lui, et son regard allant d'un coin à l'autre dans le hall d'entrée.
Je me râcle la gorge, captant son attention. " Je peux prendre ton manteau ? " je demande, ne sachant pas vraiment comment l'accuiellir.
Comme quoi, même mon père, même une personne que j'ai connu et aimé toute ma vie, peut devenir un étranger après un seul mot ou un seul acte.
Il ne dit rien et enlève son manteau, me la tendant la minute suivante en me regardant droit dans les yeux. J'accroche son manteau et évite son regard alors que je lui montre le salon d'un signe de main.
" Hum... Faîtes vous confortable, je vais juste aller voir Samuel " je lui dis et monte les escaliers sans même attendre sa réponse.
Je lâche un soupir alors que je m'éloigne de mon propre père.
Arrivée dans ma chambre, je retrouve Samuel devant l'armoire en train de se changer. Il me jette un coup d'oeil avant de finir de boucler sa ceinture, cherchant ensuite dans ses t-shirts. J'ai juste le temps de poser les yeux sur le tatouage sur le côté de son torse, avant qu'il passe un t-shirt à manche longues par dessus sa tête, couvrant et son torse et son tatouage.
Je suis curieuse et veux savoir la signification de ce tatouage, mais je me tais pour l'instant.
" Pourquoi tu es énervé ? " je décide d'y aller directement, n'ayant pas le temps pour insinuer quelque chose et attendre qu'il le comprenne.
" Peut-être parce que j'ai passé presque une heure dans la voiture avec ton père, et que j'ai du supporter ta soeur juste après "
Je ne sais pas s'il s'attend à ce que je dise quelque chose, mais je ne sais pas quoi dire. Je ne fais que le regarder, et après un moment il soupire et détourne le regard.
" Finissons-en avec tout ça " il souffle et me contourne pour sortir de la chambre.
Je passe une main dans mes cheveux puis le suis, tout deux arrivant au salon où mon père est assis comme un étranger et Annie observe le jardin par la fenêtre.
" Le dîner est prêt, on peut s'installer " j'annonce, sans permettre au silence de s'installer et de rendre la situation pire que ça.
Je les guide jusqu'à la salle à manger, mon père et Annie s'installant d'un côté de la table, et moi et Sam de l'autre côté, en face d'eux.
" Vous avez une très belle maison " mon père remarque, brisant le silence. Je continue à servir les assiettes, lui répondant par un simple hochement de tête et de ce qui me semble être un sourire.
Annie et mon père me remercie quand je termine de les servir, et Sam se contente de manger. Enfin, c'est ce que je pensais, jusqu'à que le seul bruit dans la salle vienne de la fourchette de Sam, tapant littéralement dans l'assiette.
Je lui donne un léger coup de coude que j'espère j'ai réussi à cacher, et il cesse finalement le bruit, tournant la tête vers moi.
" Ça va les cours Annie ? " je dirige l'attention vers elle. Je vois du coin de l'oeil Samuel rebaisser la tête, regardant son assiette.
" Ça va, comme d'habitude quoi " Annie hausse les épaules. " J'aime bien tes cheveux comme ça, ça change " elle remarque.
Elle remarque. Pourquoi Samuel n'a encore rien dit sur ça ?
Pourtant, suite à la remarque d'Annie, il ne relève pas la tête, ni semble surpris. Peut-être l'a-t-il remarqué mais n'a rien dit ?
" Merci. Je voulais faire un peu de changement, en effet. " je souris légèrement.
" J'aimais bien tes cheveux avant " mon père nous fait tous relever la tête. " Tu avais les mêmes que ceux de ta mère "
Je tousse fortement pour ne pas m'étouffer. Mon père a toujours voulu éviter de parler de ma mère, et là, il en parle si simplement. A-t-il changer à ce point ?
" Et moi j'aime bien quand vous n'ouvrez pas la bouche " Samuel dit fermement, me faisant lâcher un halètement.
" Sam ! "
" Non, non, ça va Jade " mon père intervient avant même que Sam puisse répondre. " Je n'aurais pas du parler de ta mère "
" Vous ne devriez pas parler du tout " Sam rétorque.
Je pose ma main sur son bras, " S'il te plaît " je murmure.
Il se laisse tomber en arrière en grognant, gardant tout de même son regard froid sur mon père.
J'avale difficilement ma salive et enlève ma main de son bras. Je regarde en face de moi, seulement pour remarquer la façon dont Annie joue avec la nourriture dans son assiette.
Je lâche ma fourchette et ferme les yeux.
Cette journée va de plus en plus mal et j'étouffe petit à petit.
" Excusez-moi " je murmure en me relevant. Je sors de cette salle rapidement et me rend dans la cuisine.
Je me sers un verre d'eau et m'adosse contre le comptoir en prenant quelques gorgées. Je passe ensuite mes mains sur mon visage et dans mes cheveux, respirant profondément.
" Qu'est-ce que tu as ? " je tourne la tête pour voir Samuel s'approcher de moi, une expression légèrement inquiète au visage, mais plus irritée.
Je lâche un énième soupir mais ne répond rien.
" Je peux le mettre dehors tout de suite si tu veux " il continue, un pas devant moi maintenant.
" Sam, arrête " ma voix sort plus fort que ce que je le pensais, " on parle de mon père, tu ne peux pas juste le mettre dehors. "
" C'est ma maison, je fais ce que je veux " il rétorque. " Je veux dire... C'est notre maison, et si quelqu'un te rend mal à l'aise, alors on a le droit de ne pas les accepter ici "
" Je ne suis pas mal à l'aise... "
" Ah bon ? Qu'est-ce que tu as alors ? " il arque un sourcil.
Je prend une grande inspiration. " D'accord, je ne sais pas comment agir avec mon père, et ça me rend nerveuse. Je viens de me rendre compte que j'ai pas été visité ma mère depuis un moment, et je me sens mal. Annie ne mange toujours pas grand chose, et je n'ai pas réussi à la convaincre d'aller voir un spécialiste. En plus de tout ce stress, tu en ajoute aussi et je m'étouffe. C'est tout. "
Et il faut ajouter la discussion que j'ai eu avec Edouart et le fait que Sam dort à l'entreprise à cause de moi.
" J'ai l'impression de ne pas être une bonne fille, une bonne soeur, une bonne amie, ni une bonne femme. J'ai l'impression que j'échoue dans tous les types de relations et c'est... C'est frustrant "
A ma plus grande surprise, Samuel pose ses mains sur mes épaules et m'attire vers lui. Notre étreinte dure seulement... Quelques secondes ? Je ne saurais dire exactement, mais le simple geste me procure un bien fou.
Quand il se recule, il passe sa main sur sa nuque et je peux voir qu'il n'est plus énervé du tout.
" Je suis désolé, j'aurais du être là pour toi au lieu de t'ajouter encore plus de stress "
Ces excuses me prennent toujours par surprise. Quoique, tous les gestes de Sam me surprennent.
" Juste, soit un peu plus aimable ? Je veux que la soirée se finisse sans problème " je demande doucement.
" En aucun cas je ne serais aimable avec un homme comme lui. Mais je vais me taire, promis. " il me fait un léger sourire puis se penche et m'embrasse la joue.
Samuel vient juste d'embrasser ma joue.
Samuel vient juste d'embrasser ma joue ?
Quand je cligne finalement des yeux, je remarque que je suis seule dans la cuisine. Il a été sûrement autant choqué que moi, se réfugiant en dehors de la cuisine rapidement.
Parce qu'il ne voulait pas faire ça. N'est-ce pas ?
Je secoue légèrement la tête, efface le demi-sourire idiot de mon visage, et reviens dans la salle à manger.
Sam ne parle pas le restant du dîner comme il me l'a promis. Il ne relève même pas la tête de son assiette à vrai dire.
Mon père essaye de faire la conversation quelques fois, mais il échoue et arrête finalement d'essayer.
Annie ne fait que jouer avec sa nourriture et me donne envie d'aller prendre sa cuillère et de forcer la nourriture dans sa bouche.
Ughh.
On se lève finalement de table et je commence à débarasser alors qu'ils vont tous au salon, même si je me demande si c'est une bonne idée de les laisser seuls.
" Jade ? " Annie me suit dans la cuisine avec deux assiettes à la main.
Je les lui prend et les pose sur le comptoir. " Oui ? "
" Est-ce que je peux aller dans le jardin ? " elle demande.
" Qu'est-ce que tu veux faire dans le jardin, qui n'est même pas un jardin en passant, à cette heure ? " je demande en retour tout en remplissant le lave-vaisselle.
" Ton mari a dit qu'il avait vu le chat dans le jardin, je voulais voir s'il y ai encore "
Et voilà, on est repartit avec le ' ton mari '.
" Mhh... Ouais, vas-y "
Elle lâche un petit cri de joie avant de m'embrasser la joue et quitter la cuisine. Et me faisant rappeler le baiser de Sam sur ma joue.
Je ne sais pas si c'est normal que je ressente ce type de ... Joie, en pensant au baiser de Sam, sachant qu'on s'est déjà embrassés... Mais ce geste est tellement plus... Je ne sais pas, mignon ?
' Ce n'est pas le moment ', je me dis à moi-même, me remettant au travail.
Quand je reviens au salon, mon père est assis encore une fois comme un étranger, regardant ses mains, et Sam est sur son portable. Le silence est si... fort, que je ne veux pas entrer à l'intérieur.
Je veux aller me coucher et les laisser comme ça.
Mais je finis quand même par les rejoindre, et je suis sûre d'avoir entendu leur soupire de soulagement en même temps.
" On peut parler maintenant ? " mon père demande en me regardant dans les yeux.
Je hoche la tête et me retourne vers Samuel. " Tu peux nous laisser seuls un instant ? "
" Non " il me jette un coup d'oeil avant de fixer mon père.
" Sam " je soupire, " s'il te plaît ".
" Mais - "
" C'est mon père " je le coupe. Je sais que cette excuse ne marche pas avec Samuel, mais j'espère qu'il comprendra par mon ton et mon regard que j'ai vraiment besoin qu'il s'en aille.
" Je serais dans le jardin " il soupire finalement en se relevant, " et je laisse la porte ouverte " il remarque avant de sortir dehors.
Je ferme les yeux et inspire quelques coups avant de m'installer à la place de Samuel. On dirait un gamin, il est pas possible.
" Je t'écoute " je dit finalement à mon père en posant mon regard sur lui. J'ai soudainement l'impression d'un déjà vu, puis me souvient que j'étais dans la même position il y a encore quelques heures avec Edouart.
" Je... Je t'ai déjà dit que je suis désolé, que je me sens coupable, et je suis coupable ; mais tu sais aussi que j'ai été obligé Jade. Et je sais que je ne peux pas utiliser ça comme une excuse, parce que tu es ma fille, et quoiqu'il arrive, j'aurais du te protéger au lieu d'accepter ce... ce mariage. Je ne sais pas comment j'ai pu penser qu'un an passerai vite et qu'on se retrouvera, notre petite famille, et j'ai même pensé qu'on oublierai cette partie de notre vie... Mais le temps passe tellement lentement, et cette culpabilité ne fait qu'augmenter, me ronge de l'inté - "
" Papa arrête " je le coupe finalement. " Je ne veux pas entendre ce que je sais déjà "
" Mais qu'est-ce que je peux dire d'autre ? J'ai demandé deux postes à l'entreprise pour pouvoir regrouper l'argent nécessaire qui te donnera la permission de divorcer, mais c'est... C'est immense, et je n'ai pas réussi. J'ai essayé de parler avec Edouart, mais il ne m'a pas écouté. Je ne sais pas quoi faire Jade, je ne veux pas que tu me détestes toute ta vie pour une erreur que j'ai faite. Tu sais bien combien je t'aime, souviens toi de nos jours avant la mort de ta mère, souviens toi combien on était heureux. Tu es toujours ma fille, et je t'aime toujours autant si ce n'est pas plus. J'ai mis du temps à me rendre compte de mes erreurs, mais maintenant je suis là, je suis de retour, et je te promet que je ferai tout pour toi si tu me laisses encore être ton père. Tu verras, jusqu'au divorce je serais là pour te protéger comme avant, et après le divorce je ferais tout mon possible pour que tu ne recroises plus ces gens. Pardonnes moi Jade, je te promet que j'ai changé. "
" Quand je te regarde... Je ne vois plus mon ancien père, je ne vois plus mon papa. Tous ce que je vois sont les... les claques ; tous ce que j'entend sont les cris... Tous ce que je ressens c'est... de la peur et... et du dégoût. Tu as peut-être changé, mais moi aussi. Je ne suis plus la même Jade, je le sens en moi le changement. Et je sais que j'ai besoin d'un peu plus de temps pour changer cette image de toi que j'ai devant les yeux, donc maintenant je me permet de te demander ce temps et cet espace. "
Ça fait du bien de dire les choses clairement, utilisant les premiers mots qui me viennent à la tête, et ne me demandant pas si je vais blesser la personne en face de moi ou pas. Juste, tout évacuer.
" D'accord... D'accord... Tu as raison... Je vais te laisser du temps. Mais, avant de m'en aller, je voulais être sûr que Samuel ne te... Tu vois, ne te fait pas de mal ? "
Je secoue immédiatement la tête, " pas une seule fois, non, il ne ferait pas ça ".
Non, lui il préfère me faire mal au coeur...
" Tu peux toujours venir rester à la maison, n'hésites pas une seule seconde " il dit en se relevant. Je fais de même et mon rythme cardiaque s'accélère alors qu'il s'approche de moi. " Je peux ? " il demande en ouvrant ses bras.
J'ai envie de dire non, mais je hoche tout de même la tête. Des frissons me parcourent quand il serre ses bras autour de moi, juste un instant, avant qu'on se sépare en entendant les voix d'Annie et Samuel.
Ce dernier a un regard sceptique alors qu'il entre à l'intérieur, sûrement surpris par notre étreinte.
" Regardes ce qu'on a retrouvé " Annie sourit en relevant un chat en l'air.
" Oww " je murmure en me précipitant vers elle. Je prend délicatement le chat dans mes bras et caresse sa peau douce. " C'est toi le petit cambrioleur huh ? "
J'entend le petit rire de Samuel suite à ma phrase et je lui lance un regard amusé avant de redonner mon attention au chat.
" Je te pardonne mon petit, mais seulement parce que tu es mignon " je continue à le caresser et il miaule en se câlant encore plus vers moi.
" On va y aller " annonce mon père derrière nous. " Merci pour tout Jade, et Samuel aussi bien sûr ".
" De rien " je murmure en retour, lui offrant un léger sourire qu'il me rend immédiatement.
" Je peux emmener le chat avec moi ? " Annie demande alors qu'on sort tous du salon.
" Pas maintenant Annie " dit Samuel avant même que je puisse ouvrir la bouche.
Pas maintenant ? Je jette un regard confus aux deux, et vois Samuel faire un clin d'oeil à Annie.
Hum... D'accord.
Je décide de lui demander plus tard.
" Bonne nuit Jade " mon père dit finalement quand ils sont tous prêts à partir.
" Bonne nuit "
Annie me fait un câlin avant de sortir à son tour.
" Sam ? " je l'appelle avant qu'il s'en aille lui aussi. Il se retourne vers moi en arquant un sourcil. " Quand tu les aura déposés, tu peux revenir ici ? " j'essaye de ne pas montrer mon hésitation à travers ma voix et j'espère que ça a marché.
" Pourquoi ? "
" Je dois te parler de quelque chose. Et c'est important. "
Je ne suis pas encore sûre si je vais lui parler de la visite d'Edouart, mais je veux lui parler du fait qu'il reste à l'entreprise pour dormir. Et je veux qu'il revienne ici, parce que ça me faciliterai la tâche pour l'atteindre et briser son mur.
" D'accord... " il dit, peu sûr de lui. " Je les déposes et je serais de retour dans une demie-heure "
" Merci " je souris.
Il hoche la tête et se retourne finalement pour partir lui aussi.
Et une fois la porte fermé, je décide de m'occuper de ce petit chat cambrioleur.
" Dis-moi, tu es bien sale toi non ? " je demande alors que je commence à monter les escaliers vers la salle de bain.
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