Chapitre 36

PDV Jade.

Je ne sais pas quelle émotion me submerge exactement à ce moment, est-ce la tristesse, la déception ou la peur?

Ou peut-être que c'est les trois en même temps, je dirais même plus. Ce que Samuel m'a dit à propos de mon père semble si réel, je me sens obligée d'y croire. Mon père m'a-t-il réellement vendu contre des choses matérielles? Un appartement, les frais de scolarité d'Annie et un emploi. M'a-t-il réellement vendu contre ça? Comment puis-je le considérer tel un père en sachant ça?

Je ne sais plus du tout.

Tout ce que Samuel dit sont vraies en vérité, je ne suis qu'une stupide fille naïve que personne ne veut près de soi. Je doit l'admettre, mais... Ca fait tellement mal. De savoir que personne ne veut de nous, personne ne pense à nous, personne ne se soucie de nous, personne... Je suis seule, littéralement, extrémement, seule.

Et pourquoi j'ai peur? Eh bien, Samuel conduit comme un fou. La route n'est plus enneigée, certes, mais je trouve ça dangereux de rouler à une telle vitesse en ce temps. Et en plus il dépasse largement la limite de vitesse et ne m'entend pas quand je lui demande de ralentir. Non, en fait il m'entend, mais il ne m'écoute pas.

Je suis obligée de me tenir quelque part tellement il roule vite, j'essaye d'arrêter mes larmes pour avoir une vision moins flou, et j'essaye de ne plus sangloter pour lui demander, encore, de ralentir.

" Samuel... " je tente ma chance encore une fois, " s'il te plaît, tu me fais peur " je sanglote malgrès moi.

Il garde son regard sur la route, ne prenant pas la peine de me jeter un coup d'oeil. Ses phalanges deviennent littéralement blanches dû à sa forte poigne sur le volant. Sa mâchoire est tellement contractée, je me demande s'il ne se fait pas mal aux dents. Il semble aussi tendu, très tendu même, assis bien droit dans son siège.

Je ne sais pas encore où il m'emmène et je n'ai pas compris pourquoi il agit comme ça. Je veux dire, d'accord, je sais pourquoi il est en colère, et il l'a bien exprimé de toute façon, mais maintenant? Il m'a crié dessus parce que je ne disais rien. Qu'est-ce qu'il voulait, que je lui cris dessus en retour? Que j'aggrave mon cas?

Un moment il m'ordonne de me taire, puis il s'énerve parce que je ne parle pas. Où est la logique?

" Samuel! Je t'en supplie arrête toi! Ou ralentit! "

Je ne reconnais même plus les lieux, ma vision est légèrement flou mais je sais qu'on est au milieu de nulle part. Vraiment. Je penses même qu'on est les seuls sur cette route, encerclé par des arbres, des rochers et... La nature pour faire simple. Je ne sais même plus depuis combien de temps nous sommes en route, mais il me semble que ça fait longtemps. Le soleil commence même à se coucher.

Le soudain arrêt de la voiture me fait quasiment voltiger vers l'avant mais heureusement j'ai ma ceinture de sécurité et je me tenais à la portière. Mais cela n'empêche pas mon état de choque où je m'étouffe presque avec ma propre salive. Mon souffle se bloque pendant quelques secondes avant que je commence à respirer, inspirant et expirant bruyamment. Je peux entendre mon coeur battre et avec ma respiration et celle de Samuel, ce sont les seuls bruit. Je ferme mes yeux quelques secondes et les ouvre quand j'entend Samuel ouvrir sa portière. Il l'a claque dès qu'il est à l'extérieur, allant vers l'avant de la voiture.

Sortir de mon état de choque me prend quelques minutes, et ça me laisse assez de temps pour me reprendre, effacer mes larmes et prendre quelques grandes inspirations. Mes mains tremblent légèrement quand je détache ma ceinture, et je descend de la voiture en hésitant. Je referme la potière doucement, sans faire trop de bruit, et m'avance avec des petits pas vers l'avant de la voiture.

Mes yeux s'écarquillent quand je vois où nous sommes. Une falaise.

" Qu'est-ce qu'on fait ici? " je demande, m'arrêtant à quelques pas de Samuel.

Après un instant de silence il tourne la tête vers moi, puis se décolle de la voiture. Il s'avance vers moi et prend mon bras, et sans que je puisse dire ou faire quelque chose je me retrouve au bord de la falaise avec lui. Mes yeux s'écarquillent alors que je regarde au bas, puis je relève la tête vers Samuel, me collant à lui par réfexe.

" Qu'est-ce... Qu'est-ce... " je balbutie.

" Je ne vais pas te tuer " sa voix est monotone, sans émotion.

Il lâche soudainement mon bras mais je m'aggripe au sien la minute suivante. Il enlève ma main de son bras aussi alors que je mord ma lèvre inférieure, encore une fois à la limite de pleurer.

Pourquoi m'a-t-il amener ici? Qu'est-ce qu'il va me faire?

" Cri " il m'ordonne.

Je fronce les sourcils, " quoi? "

Il prend une grande inspiration, passant une main dans ses cheveux, " tu ouvres ta bouche, tu inspires profondément et tu cri " il explique.

" Je sais ce que crier veut dire "

" Alors fais le "

Je vais le répéter encore et je sais que ce ne sera pas la dernière fois, je ne le comprend pas.

" Pourquoi tu veux que je fasse ça? Pourquoi on est ici? Pourquoi tu m'a amené ici? C'est quoi le but dans tous ça? Pou - "

" Merde Jade! " il cri, me coupant et si j'aurais pas été au bord d'une falaise j'aurai sûrement reculer, " arrêtes de poser des questions, juste, cris d'accord? Cri toute ta peine,tout ton chagrin, tout le malheur, toutes les choses que tu n'a jamais pû dire, juste cri! "

Mon froncement de sourcil se fait plus proéminant alors que je le dévisage. M'a-t-il amené ici seulement pour me faire crier? Et pourquoi dans ce cas?

" Cri ! " il répète.

" D'accord ! D'accord! " je lève mes mains en l'air en signe de défense.

Je ferme les yeux et prend une grande inspiration. Je suppose que je dois juste... Crier?

" Non pas comme ça " Samuel m'arrête et je relâche mon souffle. Il me prend par les épaules et me tourne légèrement sur le côté pour que je sois face à la falaise.

" Non, non, non " je panique.

" Shh, je te tiens " il murmure derrière moi, ses mains glissant de sur mes épaules pour se placées sur ma taille.

Je prend ses mains et les places au niveau de mon ventre pour que ses bras soient complétement enroulées autour de ma taille, puis je pose mes propres mains sur les siennes. Qui sont d'ailleurs considérablement petites par rapport aux siennes.

" Vas-y " il m'encourage. Sa voix ne sonne plus énervée du tout, elle est agréablement douce.

Je ferme à nouveau les yeux et prend une grande inspiration. Puis d'un coup, je lâche tout et commence à crier jusqu'à ne plus avoir de souffle. Mon rythme cardiaque augmente considérablement et ma respiration est saccadé, mais ça me fait un bien fou. Je ne sais pas pourquoi, je ne sais pas comment, mais crier de cette façon au vide me fait du bien. Étrange.

" C'est bon? " Samuel demande, son souffle chatouillant la peau découvert de mon cou.

Je secoue la tête, " attend ".

Les yeux toujours fermés, je prend encore une grande inspiration, me préparant à crier à nouveau. Je sers les mains de Samuel et relâche tout une deuxième fois, criant jusqu'à avoir mal à la gorge, jusqu'à ne plus avoir de souffle, ni d'énergie.

Je me laisse un peu aller en arrière et mon corps est bientôt collé à celui de Samuel et il me tient fermement contre lui. Je respire profondément pour reprendre mon souffle, et ouvre en même temps mes yeux.

" Waouh" je lâche dans un souffle avec la soudaine envie de rire mais paradoxalement de pleurer aussi.

" Ça va mieux? " il murmure, sa poigne toujours aussi forte autour de ma taille.

" Ouais " je souris même s'il ne peut pas le voir.

" C'est bien, maintenant je veux que tu cites ton les noms des personnes à qui tu as voulu crier mais tu t'es retenu ".

" Pourquoi? "

" Fais ce que je te dis. Vas-y, commence au début, qui est la première personne à qui tu as voulu crier mais tu ne l'as pas fait? "

Je suppose que je ferais mieux de faire ce qu'il me demande parce qu'on est au bout d'une falaise et qu'il est celui qui me tient, et vu que crier m'a fait du bien, peut-être que ça aussi le ferait. Je devrais lui faire confiance, il parle avec une certaine certitude qui me convint.

" La première personne... " je réfléchis à voix haute.

Qui ça peut bien être? Je n'ai jamais vraiment crier sur quelqu'un à vrai dire, mais je dois admettre que j'en ai eu envie. Samuel est déjà un bon exemple. Mais en premier?

" A l'école primaire? " il propose, essayant visiblement de m'aider.

" Hmm... Je ne sais plus trop mais... "

" Aller, il doit bien y avoir quelqu'un! Personne ne t'a jamais embêté? " il avance un peu sa tête de façon à voir mon visage et son menton se dépose sur mon épaule. Je me tend légèrement, mais je me rappelle que ses bras sont autour de moi et que je tiens fermement ses mains.

Quelqu'un qui m'avait embêter...

" Oui! " je m'exclame finalement, contente d'avoir trouvé, " il y avait ce gars qui volait toujours mes stylos! J'avais toujours voulu l'arrêter mais j'avais pas pû parce que je ne disais rien! " je ressors ma lèvre inférieure en me rappelant des souvenirs. Avoir ce gars cinq ans dans la même classe et devoir acheter un nouveau stylo tout les mois était vraiment insupportable. En plus je ne disais rien à personne, donc j'achetais un nouveau stylo avec mon argent de poche tout les mois.

" Voilà " je le sens sourire, " comment il s'appelait? "

" Hmm... Kévin je crois "

" Bien, maintenant commence de Kévin et cite toutes les autres personnes, incluant des membres de ta famille ".

" Je fais juste ça comme ça? Je dis juste leurs noms? "

" Ouais, ou cri les si tu veux "

" D'accord " je soupire.

Je ferme mes yeux encore une fois et prend une grande inspiration, puis je commence à crier tous les noms des personnes à qui j'ai voulu crier qui me viennent en tête.

" Kévin! Cloë! Sara! Hugo!Sandra! Cindy! Thomas! Matthieu! ... " et je continue comme ça pendant quelques minutes.

Les bras de Samuel sont toujours autour de moi et à chaque nom qui sort de ma bouche je ressers ses mains. Il ne semble pas être dérangé, ou peut-être qu'il attend seulement que j'ai fini pour pouvoir se détacher de moi.

" Edouart! " je cris et Samuel lâche un rire en entendant le nom de son père. Je ne réfléchis pas vraiment en ce moment, c'est pour cela que son nom s'est échappé de ma bouche, mais Samuel ne s'en préoccupe même pas. Il doit même savoir que j'allais dire le nom de son père.

J'arrive à bout alors que je n'ai plus le souffle, ma gorge me faisant déjà mal. Et finalement, avec le peu de force qu'il me reste, je réussi à crier - dans un murmure - " Samuel... "

" C'est bien " il murmure, " respires profondément, calme-toi... "

On reste en silence quelques minutes alors que je reprend mon souffle et je recommence à réfléchir normalement.

Pourquoi on est venus ici déjà? Comment, après cette dispute, on a pû finir ici, dans cette position? Pourquoi Samuel n'est plus énervé? Qu'est-ce qu'il essaye de faire? Pourquoi je me pose tant de questions?

" C'est bon? " il demande doucement.

Je hoche la tête et prend une dernière grande inspiration avant d'ouvrir mes yeux. Samuel détache lentement ses bras d'autour de ma taille et se recule, puis, me prenant par les épaules, il me retourne de façon à ce que je sois face à lui.

" Ça t'a fait du bien?" il demande, ses mains toujours sur mes épaules, ses yeux dans les miens.

" Ouais je... " je secoue la tête en ricanant, ne sachant pas trop quoi dire.

" Bien, maintenant on va faire autre chose " il annonce, me faisant froncer les sourcils. Mais d'un côté je suis assez excitée, voulant savoir qu'est-ce qu'on pourrait faire d'autre qui poura me rapporter autant de bien. " Ces personnes ne sont pas là, donc tu ne peux pas crier sur eux pas vrai? " je hoche la tête et il continue, " mais moi je suis là, et tu as dit mon nom aussi ".

" Donc? "

" Donc... cris sur moi ".

J'étudie son expression pour voir s'il blague mais... Il a l'air vraiment, vraiment sérieux.

" Non " je secoue la tête. Je ne vais pas crier sur lui, je ne peux pas.

PDV Samuel.

" Jade " je soupire d'impatience, " cri, cri sur moi vas-y "

Elle baisse les yeux, sa lèvre inférieure entre ses dents, " non " elle murmure encore.

Je la lâche et passe une main dans mes cheveux en soufflant. Je ne lui demande pas grand chose, seulement qu'elle me cri dessus - ce qu'elle a envie de faire en plus - mais la convaincre semble difficile. Je sais que crier dans le vide lui a fait du bien, maintenant il faut qu'elle puisse me crier dessus.

" Jade " je la reprend par les épaules, cherchant son regard, " cri " j'ordonne.

Elle secoue encore une fois la tête, ce qui ajoute la colère à mon impatience.

" Mais merde cri! " je cri finalement.

" Pourquoi? " elle relève enfin les yeux, " je ne vois pas l'intérêt de faire ça alors pourquoi? "

" Parce que! Maintenant cri! "

" Non!" elle cri enfin, poussant mes mains et s'éloignant de quelques pas du bord de la falaise.

" Pourquoi non? Pourquoi tu ne veux pas crier?! " je m'avance vers elle mais elle recule.

" Parce que... Parce que! "

" Parce que quoi?! " je cri, ma gorge commençant à me faire mal à force de crier depuis ce matin et à cause du vent.

Elle me regarde dans les yeux un moment, semblant hésiter, avant de détourner le regard, " laisse tomber " elle murmure.

Avec de grand pas, je m'approche d'elle et sans qu'elle puisse reculer je la prend par les épaules encore une fois.

" Parce que quoi? " je demande plus calmement.

Il doit bien y avoir une raison, et vu qu'elle hésite je suppose que c'est vrai. Il ne me reste plus qu'à trouver cette raison et la détruire.

" Sam... S'il te plaît... " elle est encore à la limite de pleurer.

" Ne pleures pas " je la préviens d'une voix ferme, " dis moi pourquoi tu ne veux pas crier "

" Je... Laisse tomber, s'il te plaît, allons nous en "

Je ferme les yeux et prend une grande inspiration. Cette fille est plus têtue que ce que je croyais.

" Jade " je dis entre les dents, " avant que je m'énerve encore plus, dis moi pourquoi "

Elle secoue la tête, essayant d'enlever mais mains de sur ses épaules.

" Dis moi! " je cri et les larmes commencent à couler sur ses joues alors qu'elle se détache de mon emprise.

" J'ai peur d'accord?! J'ai peur " elle cri finalement, avouant la raison du pourquoi elle ne cri jamais.

Peur? De quoi a-t-elle peur? Comment la peur peut jouer un rôle dans cette situation?

Je fronce les sourcils en essayant de m'approcher d'elle mais à chaque pas que je fais elle recule d'un autre pas.

" T'es content? C'est bon? Tu le sais maintenant, t'es content? " elle pleure toujours mais d'une certaine manière sa voix est plus forte que d'habitude. Ou peut-être que c'est moi qui l'imagine comme ça à cause de l'environnement et du vent - qui fait d'ailleurs voler ses cheveux dans tout les sens -.

" Jade " je souffle, m'arrêtant, " calme toi d'accord? Je veux juste te parler. De quoi as-tu peur? " je demande de la voix la plus douce que je peux prendre.

Elle secoue la tête de droite à gauche en passant ses mains sur son visage, " tu ne peux pas comprendre... Tu ne peux pas! "

" Explique moi " je continue avec la même voix, faisant des petits pas en avant sans l'effrayer.

" Non, non, c'est... C'est ridicule, tu ne peux pas comprendre d'accord? " l'intensité de sa voix s'abaisse considérablement et je comprend qu'elle n'a presque plus d'énergie.

" Ce n'est pas ridicule si tu as peur non? Aller, parle moi, explique moi - "

" Stop " elle me coupe, se tenant bien droite et effaçant les larmes sur ses joues. Je fronce les sourcils alors qu'elle reprend, " pourquoi tu fais ça? " elle demande, haussant les sourcils.

" Faire quoi? "

" Ça, m'amener ici, m'aidant à... à me défouler de cette façon " elle agite ses mains vers le bord de la falaise, " pourquoi tu es si gentil, si doux d'un coup? "

Je détourne le regard, " je veux simplement t'aider un peu, c'est tout "

" Non, tu ne ferais pas ça, pas à moi. Qui suis-je? Une pauvre fille vendue par son père contre de l'argent, que personne ne veut dans sa vie, ennuyante, agaçante, n'est-ce pas ce que je suis? Alors pourquoi tu voudrais aider cette fille? Tu veux simplement savoir mes peurs pour les utiliser contre moi c'est ça? Tu cherches autre chose à me jeter à la figure? "

Je ne m'attendais pas à ça, mais je suis content qu'elle l'ai dit. Même si elle n'a pas crié, elle s'est exprimée un minimum. C'est déjà un début.

" Ce n'est pas ce que j'essaye de faire Jade, je peux être un connard la plupart du temps mais pas toujours. Et ce que je t'ai dit plutôt je ne le pensais pas d'accord? Je m'excuse "

" Tu t'excuse? " elle ricane, " bien sûr, monsieur peut dire ce qu'il veut, faire ce qu'il veut, briser des coeurs, puis venir s'excuser. Et tout redevient comme avant par magie n'est-ce pas? Les morceaux du coeur se recollent n'est-ce pas? "

" Jade - "

" Tu sais c'est quoi le pire? Le pire c'est que c'est vrai. Tout ce que tu as dit est vrai. Mon père m'a bien vendu, personne ne veut de moi, je ne fais qu'agacer les gens, c'est vrai. "

" Jade - "

" Non " elle me stoppe avec sa main quand j'essaye d'avancer encore un peu, " je l'ai accepté, c'est bon. Je peux vivre avec ça aussi, je peux endurer ça aussi "

Je soupire en passant mes mains furtivement sur mon visage. J'ai vraiment merdé cette fois! Je peux la faire changer d'avis sur ça, mais pour l'instant je veux simplement savoir de quoi elle a peur. Qu'est-ce qui la retient de crier pour s'exprimer? Qu'est-ce qui la retient de crier quand elle est en colère? Qu'est-ce qui la retient de crier pour se défendre?

" De quoi as-tu peur? " je reviens sur le sujet, décidé à découvrir la réponse.

Elle relève ses yeux larmoyants vers moi, clouant son regard dans le mien.

" Pourquoi tu insistes? "

" Parce que je veux savoir "

" Tu n'as pas besoin de le savoir "

" Jade, écoutes moi bien, je le répète une dernière fois. De quoi as-tu peur? " je dit tout les mots lentement, lui faisant part de mon impatience et ma colère que j'essaye de cacher en la gardant à l'intérieur de moi.

Elle mord sa lèvre inférieure, baissant la tête. Elle a intérêt à me le dire cette fois, sinon je vais la faire parler par force, je me connais.

Elle prend une grande inspiration, relevant la tête, " j'ai... J'ai peur de regretter " elle murmure finalement alors qu'une larme coule le long de sa joue.





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