Ghosting

C'est de mes larmes qu'est rempli le vase de notre amour, mais rien ne sert d'arroser si la rose est déjà fanée.

Loin, sûrement dans une cave sombre ou résonnent en écho le son strident des fractures de mon âme, c'est là où sont terrés mes derniers espoirs et ce qu'il me reste d'un organe amoureux. Mes yeux, autrefois miroirs de ta silhouette, ne sont plus que sécheresses et néants. Mais à présent, ils sont protégés par mes cernes, si creux que toutes les larmes qui tentent d'abaisser mon sourire s'y entasses. La fatigue émotionnelle est bien pire que toutes ces heures de sommeil que tu me dois.

Parfois, le vent souffle un grain de vie dans mes poumons, et je sens en moi renaître ma force, redonnant naissance à une douleur jusque la terrée au chaud dans l'âme. Lorsque l'âme peinée redonne voix au silence je peux percevoir un son, qui tambourine fort, si fort dans ma tête, comme pour me dire que depuis le début il est enfermé là et ne demande que l'émancipation . Est-ce là un semblant de cœur qui tente de renaître à travers la rancœur dans laquelle il étouffe, non je ne pense pas. Ce n'est pas un son qui vient de mon être, mais un son rattaché à mon être. Derrière moi, c'est de là que vient ce son, si près de moi, il semble prêt à me bondir dessus à tout moment pour m'ôter ce qu'il me reste de vie. Néanmoins, je crois qu'il n'est pas du genre a préconiser une mort rapide, sinon il ne serait pas là à rôder depuis des années, perfide il attend que je laisse tomber ma garde et que consciemment je réveille une mort latente. Ce son, qui avant semblait venir de loin, lorsque je m'en souciait peu, s'assimilait à des rires, de la joie, des couleurs et des goûts plus exotiques les uns des autres, l'insouciance est maître des beaux rêves. Mais le mensonge est d'autant plus vrai lorsqu'il est ce dont on a le plus besoin, et celui qui se camouflait pour pouvoir entrer dans nos vies sans laisser un soupçon n'était rien d'autre qu'une mascarade. Quand je percevais ce son et que je m'imposais d'être heureuse je ne comprenais pas pourquoi au fond de moi dans cette cave sombre, mon âme continuait de hurler à la mort.

Mon cœur ne cessait de battre au rythme des oiseaux et de ce son qui prenait une forme de plus en plus mélodieuse. Ou de plus en plus fallacieuse. Dans un monde de paraître il est facile de baigné dans l'illusion, berner mon propre être et ma propre tristesse. Aujourd'hui ce son s'est attaché à mon être, il mêle ses vibrations à mon âme et c'est ensemble qu'ils s'accablent. Car à l'instant où ce son a pu s'approcher suffisamment près de moi pour que j'en devienne une proie irrésistible, il m'a révélé sa vraie nature.

Bercée dans l'illusion, je traîne derrière moi mon tendon d'Achille, qui n'est pas plus que l'agonie d'un passé qui se déguise par la joie. La douleur est d'autant plus aiguë lorsque l'affliction nous guette revêtit de sa parure d'allégresse.

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