✨ Chapitre 57 ✨
Je passe le grand portail de l'école, lance un dernier regard à Liam et disparaît grâce à ma magie. Je réapparais quelques secondes plus tard devant la petite maison rouge de Carila. Cela ne fait seulement que quelques semaines que je ne l'ai pas vu. J'adore cette femme, elle me rappelle tellement ma grand-mère maternelle qui a malheureusement été assassinée de la main d'Arittan...
Je refoule mes larmes et entre dans sa maison. Carila est en train de s'affairer en cuisine et elle me lance son plus beau sourire quand elle me voit dans l'encolure de la porte en bois.
- Bonjour ma belle ! s'exclame-t-elle.
- Bonjour Carila ! Où est mon petit monstre ?
Mais avant qu'elle ne puisse répondre, je sens un petit poids au niveau de ma jambe. Je baisse les yeux et vois le petit Maxime accroché. Il m'a tellement manqué !
- Dana !
- Salut toi !
Il n'a qu'un an (endorien) et il sait déjà dire mon prénom. Enfin presque. Il ne dit pas « Diana » mais « Dana ». Je trouve ça tellement mignon.
Je pose ma valise contre le mur de la porte d'entrée et prends Maxime dans mes bras. Je l'embrasse sur la joue et il rit aux éclats. J'ai les larmes aux yeux mais je ne fais rien paraître. Les souvenirs d'il y a quelques minutes refont surface et malgré tous mes efforts pour la retenir, une larme, une seule, coule le long de ma joue. Ce qui n'échappe pas à Carila qui s'empresse de me prendre dans ses petits bras potelés même si je porte toujours Maxime.
- Que se passe-t-il ma belle pour que tu sois dans cet état ?
J'essuie ma larme et pose le petit sur son tapis de jouets.
- Pleures ? me dit-il.
- Non, Maxime, ne t'inquiète pas...
Je reviens ensuite vers Carila qui m'a préparé une tisane. Elle m'invite à m'assoir à la table de la salle à manger, ce que je m'empresse de faire.
- Raconte-moi ce qui s'est passé. Parce qu'aux dernières nouvelles, tu étais très heureuse de devenir Maître.
- Aux dernières nouvelles... Mais c'est devenu un enfer...
Et je commence un long monologue où je lui raconte tout dans les moindre détails : la fête, ma mise en couple avec Liam, la cérémonie, le changement d'école, la rumeur, mes excès de colère, l'engueulade avec ma mère et toute l'école et le fait que j'ai quitté l'école, ainsi que la guerre.
- Est-ce que je peux te dire quelque chose, ma chérie ?
- Bien sûr. Tout ce que tu dis est toujours important.
Je souris malgré mon malaise et elle me lance :
- Je te vois de moins en moins souvent mais je peux te dire une chose. Á chaque fois que je te vois, je trouve que c'est un nouveau toi. Tu n'es plus la même que j'ai connu au tout début, à ton arrivée. Ton caractère s'est beaucoup plus affirmé et je pense que c'est la raison de tes excès de colère. Mais je pense qu'autre chose en est aussi la raison. Mais j'ignore ce que ça peut être.
J'assimile au fur et à mesure ce qu'elle me dit et décide de garder ça dans un petit coin de ma tête. Les paroles de Carila sont tellement vraies, réelles, que je n'ai plus de mots. Je reste là, à l'observer, mais aucun son ne veut sortir de ma bouche. Alors, pour toute réponse, je m'écroule sur la table, ma tête dans mes bras et je pleure. Les larmes coulent à flots et je ne veux pas les arrêter. Je les laisse couler jusqu'à ce que je n'en puisse plus.
Carila contourne la table et me fait un câlin plein d'amour. Je l'aime cette femme. Elle a tellement fait pour moi.
Après cinq minutes dans cette position, elle me chuchote à l'oreille :
- Je pense qu'il est temps pour toi de rentrer sur Terre et de prendre du recul par rapport à cette histoire. En plus, avoir Maxime à tes côtés ne pourra que te faire du bien.
- Tu as raison, je lui dis en me levant pour prendre Maxime.
- Parle-en à ta mère surtout. Elle sera toujours là pour toi !
Je hoche la tête pour lui confirmer que j'ai bien tout compris.
- Et reviens vite me voir ma belle Diana !
J'adore ce surnom qu'elle m'a donné avec les années. Il est tellement rempli de tout son amour. C'est fou ! Cette femme est vraiment superbe. Peu de gens ont autant de gentillesse.
- Je reviendrai souvent à Endora quand j'aurai enfin pu prendre beaucoup de recul. En temps endorien, tu ne me verra pas avant une année je pense...
Ça me fait mal de lui dire ça mais j'en ai besoin. Beaucoup.
- Prends le temps dont tu auras besoin, ma belle.
Je lui lance mon plus beau sourire, la prends une dernière fois dans mes bras et attrape ma valise.
Je visualise ma chambre dans mon esprit et je m'y télétransporte avec ma valise dans le bras gauche et Maxime dans le droit. Ce dernier pleure à pleins poumons comme le font les bébés.
« Il n'a pas dû apprécier le voyage... », je pense en voyant ma mère, mon père et ma petite sœur débouler dans ma chambre.
Je jette vite fait un coup d'œil à mon réveil et vois qu'il est à peine minuit.
- Qu'est-ce que tu fais là, Selena ? Tu ne devais pas être de retour avant six ou sept heures du matin...
- Elle devait être de retour d'où ? demande ma sœur. Et c'est qui lui ? dit-elle en désignant le bébé.
Je pose ma valise sur mon lit, et m'avance vers eux, toujours Maxime dans les bras et d'ailleurs il a l'air de s'être calmé.
- Je pense que l'heure des explications a sonné. Que ce soit pour vous, dis-je en désignant mes parents, ou pour toi, je lance en regardant Mélina.
Personne ne répond et on descend tous au rez-de-chaussée. On s'installe autour de la table et ma mère allume la petite lumière du meuble d'à côté au passage.
- Déjà, avant toute chose, je voulais savoir comment tu allais Mélina depuis ton enlèvement ?
Et oui ! Je m'en souviens encore même si c'est dur de tout me remémorer à chaque fois que je pars à Endora. Je me rappellerai toujours de cette soirée horrible, quand Mélina a été enlevée par Arittan. Heureusement que Luciana était intervenue... Á cette seule pensée, les larmes me montent aux yeux mais avec la faible lumière, on ne les voit pas.
- Oui je vais bien, merci de t'en soucier...
- C'est ironique ? je demande.
- Non, non ! Pas du tout.
- Hum d'accord...
Et d'un coup, un flash de cette affreuse journée pour Mélina refait surface.
FlashBack :
Je prends son téléphone et regarde le message d'Hugo. Je jette un coup d'œil vite fait aux messages. J'ai confiance en lui donc je passe la conversation. Mais mon cœur ne fait qu'un tour quand je vois le nom de Romy en dessous. J'ouvre directement les messages et remonte le fil de la discussion. Je lis tous les messages :
Romy : Salut Mélina, ça va ?
Mélina : Ouais. Pourquoi tu m'envoies des messages ? Tu ne m'en envoies jamais.
Romy : J'avais juste envie de te parler.
Mélina : Ouais et bien arrête, je suis occupée là.
Romy : Tu fais quoi ? Et ensuite je te lâche.
Mélina : Je suis avec un copain. Maintenant lâche-moi !
Romy : Attends ! Un gars ?! Et t'es où ?
Mélina : Rhaaa, mais tu me soûles ! Je suis derrière le collège au niveau de la haie, ça te va maintenant ?
Romy : Ouais c'est bon j'te laisse, bye. PS : finalement je viens demain, hahahaha ! Je veux voir ta tête.
Fin de la conversation.
Je n'en crois pas mes yeux. Je ne comprends pas tout de suite la dernière phrase. Je lis la conversation trois fois avant de me rendre compte de ce que je viens de voir.
« C'est Romy qui a expliqué à Arittan que Mélina était près du collège et que, du coup, je viendrais forcément la chercher », je pense.
« Mais qu'est-ce que j'ai fait à Romy pour qu'il m'en veuille comme ça ? Dans quoi est-ce qu'il s'est fourré ? ».
Fin du FlashBack.
J'hésite à en parler mais finalement je m'abstiens. Je ne veux pas une révélation de plus sinon je vais saturer.
- Bon, tout d'abord, je crois que je te dois des explications Mélina...
- ON te doit des explications, rectifient mes parents en chœur.
- Qu'est-ce que vous allez me dire ? demande-t-elle en mettant sa tête dans ses bras repliés.
Je lance un regard à ma mère qui acquiesce pour m'encourager à le dire.
- Depuis que j'ai su... Il y a plus de deux ans maintenant, que j'avais des pouvoirs, que j'étais la fille d'un Ange et d'un Démon, et bien j'ai commencé à suivre un entraînement pour pouvoir maîtriser mes pouvoirs.
Inconsciemment, des larmes coulent sur mes joues et je n'en connais même pas la raison. Quant à Mélina, elle ne dit rien et se contente de fixer la table.
Tous les soirs, je quitte la maison pour rejoindre Endora, la planète dont je suis originaire. Une minute sur Terre est égal à une heure sur Endora...
- C'est pour ça...
- Que ? je la questionne.
- Que je t'ai vue préparer ta valise hier...
- Mais pourquoi tu n'es pas venue me voir alors ?
- Je ne sais pas... j'ai toujours peur de la vérité. Surtout celle qui est dure...
Mes parents n'ont encore rien dit, car ils savent que c'est entre moi et ma petite sœur.
- Je ne t'en veux pas Selena... Je ne t'en voudrai jamais. Malgré tout, pour moi, tu es ma grande sœur et rien n'y changera. Tu étais prête à sacrifier ta vie pour sauver la mienne... Et c'est la plus belle preuve d'amour qu'une grande sœur pouvait faire à sa petit sœur. Je t'aime.
Ses mots m'ont touchée et mes pleurs recommencent à couler. Je donne Maxime à ma mère et je prends Mélina dans mes bras en lui chuchotant :
- Je t'aime aussi Mélina, de tout mon cœur.
Mais ma mère vient casser ce moment d'amour entre sœurs pour me dire :
- Il est vraiment mignon lui !
- C'est vrai, je dois l'avouer, répond mon père.
Je souris en voyant la petit mine fatiguée de Maxime. Ma mère le garde dans ses bras et le caresse.
- Alors Selena ? On pourrait savoir pour quelle raison tu es rentrée si tôt ?
Mon sourire s'efface instantanément et je me mords la lèvre inférieure, signe de nervosité. Et, comme avec Carila, je raconte tout dans les moindre détails. Je pleure en même temps que je parle tellement tout cela devient insupportable... Je leur parle même de ma conversation avec Carila : du fait que j'aurais changé de comportement en peu de temps. Je n'y crois pas trop mais quand mes parents, une nouvelle fois en chœur, me lancent : « Je trouve aussi que tu as changé... », je quitte la table sous un excès de trop de colère et de tristesse en moi...
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