✨ Chapitre 10 ✨

Je me retourne en même temps que toute la classe et vois Raphaël, les deux points sur sa table.

- Qu'y a-t-il ? demande M. Colin en croisant ses deux bras sur sa poitrine.

- Il y a que vous êtes en train d'exclure Selena pour une histoire de réveil. Vous ne vous rendez pas compte de ce que vous faites ou quoi ?

- Ne t'y met pas toi aussi Raphaël ou je t'exclus avec elle !

Un sourire machiavélique se dessine sur les lèvres de mon voisin de classe.

- Si elle doit être virée de cours, alors je veux l'être avec elle, dit-il d'un ton sévère.

Le prof le regarde dans les yeux et Raphaël ne baisse nullement son regard, au contraire il le soutient. M. Colin se tourne vers moi et nous regarde tour à tour, Raphaël et moi :

- Sortez d'ici maintenant ! Hurla-t-il.

J'avance dans l'allée, suivi de près par Raphaël. Je lance un dernier regard à Claire qui est... contente ?

Mes pensées se bousculent. Je ne sais pas comment réagir. Je sors de la salle, me dirigeant vers la cours de récréation au lieu de la permanence.

Les larmes me montent très vite aux yeux et je commence à verser quelques larmes discrètes pour que Raphaël ne les voit.

- Cela fait deux jours que je suis ici, commence-t-il. Mais si j'ai bien appris le plan du collège, la permanence se trouve de l'autre côté. Non ?

Mes larmes de tristesse font place à la colère .

- Et bien vas-y à ta permanence, je n'ai pas besoin de toi pour me dire ce que je dois faire ou non ! Dégage ! Et puis...

Il s'avance lentement vers moi pendant que je parle et m'enlace. Son corps chaud me rassure. Mais je suis encore beaucoup trop énervée pour me faire amadouer.

- Lâche-moi ou je te mords ! je lui hurle dans les oreilles.

- Tu es très énervée Selena, calme-toi, je t'en prie...

Je lui coupe la parole :

- Non, mais tu te fiches de moi ! Peut-être que dans ton autre bahut, tu te faisais viré à tous les cours, mais moi c'est la première fois. Je ne me sens pas bien du tout et j'ai envie de vomir ! Alors si tu veux bien me laisser tranquille !

Je le pousse violemment et je me mets à courir dans le sens opposé, en direction du terrain de sport. Mon sac bleu marine sur mon dos. Je cours tellement vite et les larmes me rendant la vue floue que je tombe dans l'herbe verte et fraîche du printemps. Je n'ose même plus me relever. Je suis fatiguée. Fatiguée de tout ce qui m'arrive en ce moment.

Raphaël s'approche de moi avec prudence. Peut-être a-t-il peur que je le repousse encore ?

Mais au final, je ne peux plus bouger. Je suis comme paralysée. Je n'ai pas mal parce que je suis tombée. Non. J'ai un poids dans mon âme qui ne veut pas s'en aller. Mais je n'ai plus du tout la force de réfléchir à cela pour le moment.

J'essaie de me lever et Raphaël m'aide gentiment.

- Tu veux qu'on aille en permanence ? me demande-t-il gentiment.

- Non, tout mais pas ça... Je ne veux avoir ni la honte ni la réputation d'avoir été exclue de cours...

- Bon... Ce n'est pas la fin du monde non plus...

- Pour toi peut-être mais pour moi...

- D'accord, mais tu veux qu'on fasse quoi alors ?

Je réfléchi un moment et puis :

- Je ne sais pas... Je suis en compagnie d'un garçon que je connais à peine et qui m'a l'air plutôt sympa. On pourrait apprendre à se connaître un peu mieux ? Non ?

- Je veux bien, mais dans le collège quand même...

- Qu'est-ce que tu insinues ? je lui demande avec un petit sourire en coin.

- Haha, rien. Mais étant donné que l'on a sport après, on pourrait faire le mur...

- Je ne sais pas... Je n'ai jamais, de toute ma vie, enfreint une des règles fondamentales du collège... Et voilà qu'en une journée, je me fais virer de cours de français et que je sèche les cours.

Je le vois qui hésite à répondre mais sur l'air de la rigolade il me répond :

- Il faut bien une première fois à tout !

Il me fait littéralement fondre et je lui réponds :

- Tu as raison. De toute façon qu'est-ce qu'on ferait de plus dans cette herbe mouillée à parler de notre vie ? Non mais franchement.

Il me lance son petit sourire et nous nous dirigeons vers le portail du terrain de sport qui mène dehors. Heureusement pour nous, personne ne fait sport le mercredi matin entre huit heures et dix heures. Et avec tous les élèves,

M. Mignon, notre professeur d'éducation physique et sportive, ne verra même pas que nous ne sommes pas venus à son cours.

Nous escaladons le portail sans trop de difficulté et nous courons pour nous éloigner le plus du collège. Nous courons à en perdre haleine et quand nous nous arrêtons enfin, nous sommes dans une clairière. Une clairière que je n'avais jamais vue auparavant.

- C'est incroyable, je lâche, surprise.

Il me prend par la main. Heureusement la gauche. Ma main droite est cachée sous ma manche et la marque est bien dissimulée.

« C'est bizarre... Maintenant mon tatouage ne me brûle plus du tout quand je suis avec Raphaël... ».

- C'est une clairière cachée, Selena, me dit-il. Je l'ai découverte avant-hier. Elle est vraiment belle et puis je me disais que ce serait plutôt cool d'y aller.

- C'est une excellente idée que tu as eue !

- Je suis content qu'elle te fasse plaisir ! se réjouit-il.

Nous continuons, main dans la main à explorer cette clairière. Au bout d'à peu près une demi-heure de promenade, nous arrivons dans un petit bois ensoleillé. Je m'extasie devant cette beauté, comme une enfant. Je m'émerveille devant tout !

- Je vois que cela te plaît, me dit Raphaël.

Je sors de ma rêverie et je tourne ma tête vers la sienne.

- Oui. C'est vraiment beau...

Il m'enlace, d'un coup, contre sa poitrine et je sens son souffle chaud sur ma nuque.

« Comme lors du rêve que j'ai fait durant la nuit de dimanche à lundi ! » D'ailleurs il faudrait que je lui parle de ce rêve mystérieux. Je me dégage de son étreinte et entame la conversation :

- Raphaël ?

- Oui, Selena ?

- Et bien... Il faut que je te parle de quelque chose d'important...

- De quoi s'agit-il ? me demande-t-il.

- En fait, dans la nuit de dimanche à lundi...

Je vois son visage s'illuminer et mes sourcils se froncent.

- En fait non, laisse tomber, je deviens folle !

- Mais non pas du tout, je sais très bien ce que tu vas me dire.

- Qu'est-ce que j'allais te dire Raphaël ? je lui dit en croisant mes deux bras.

- Tu allais dire que nous avons été dans le même rêve.

- Co-comment sais-tu ça ? je lui demande surprise.

Il regarde le bois quelques secondes avant de se retourner, de me reprendre les mains et de les poser sur son torse. Il fronce ses sourcils à son tour, me regarde droit dans les yeux et me répond :

- Tu sais, dans le monde du rêve tout est possible Selena. Je ne peux pas tout te dire sur mon passé, ni comment j'ai fait pour t'invoquer en rêve. Mais sache que, comme je te l'ai dit, tout est possible...

Il ajoute :

- Et puis je suis moi-même un grand mystère, tu le découvriras vite. Très vite...

Je reste silencieuse le temps que mon cerveau assimile toutes ces informations intéressantes que Raphaël vient de me donner.

Nous reprenons notre chemin en silence. Nous nous dirigeons vers ce fameux bois. Plus nous nous approchons plus je remarque que le bois est de plus en plus magnifique. Les rayons de soleil, doux et chaud, pénètrent en fines lignes diagonales entre les arbres. Toute cette beauté me fait monter les larmes aux yeux.

Nous continuons à marcher main dans la main et toujours en silence. Après quelques minutes, nous entrons dans le petit bois et nous nous retrouvons devant un lac. Ce petit lac est entouré de rochers gris clair. Ils sont lisses. Tellement lisses que j'ai l'impression que personne n'ai venu ici bouleverser les choses. L'eau de ce lac est clair et pur.

- C'est trop beau Raphaël ! Quelle autre surprise m'as-tu préparée ?

Il lâche ma main pour la mettre à ma taille. Il me fait basculer en arrière, et me retient. Je me crois dans un film hollywoodien tellement c'est irréel.

- Et bien maintenant nous pourrions aller nous baigner. Personne ne passe ici de toute façon. Aucune chance que nous soyons vus.

Je me relève rapidement et je réfléchis. « Me baigner avec un inconnu c'est pas très recommandé. Mais l'eau a l'air si bonne est j'ai tellement besoin de me détendre ».

- Je ne sais vraiment pas, je lui répond enfin un peu mal à l'aise.

- Mais nous pourrions tellement être bien tous les deux !

- Je le sais Raphaël, mais nous nous connaissons à peine et tu me demandes de me baigner avec toi. Avoue que j'ai des raisons de douter quand même !

Il passe sa main dans ses cheveux avant répliquer :

- Ouais mais... t'inquiète, je respecte ça. Mais si tu veux bien, ça te dit qu'on aille s'asseoir sur l'un des rocher qui bordent ce lac ?

- Oui bien sûr, je lui réponds simplement.

Nous allons nous asseoir et nous commençons à nous raconter un peu nos vies. Au fond de moi j'adorerais lui raconter vraiment tout ce qui s'est passé durant ces trois derniers jours, mais je ne peux pas. Mon cœur le veut forcément puisque, malgré moi, je commence à faire confiance à ce garçon tout droit sorti de mon rêve ! Mais ma conscience et ma raison me disent le contraire. Je pense que ma raison ne m'a jamais joué de tour et qu'il faut que je l'écoute plutôt que mon cœur.

Nous parlons et puis, tout d'un coup, une pulsion me vient. Je le regarde droit dans les yeux et je devine que lui aussi l'a ressentie. J'observe ses prunelles azur et, tout à fait naturellement, nos visages se rapprochent jusqu'à se toucher. Nous sourions et un baiser doux et chaud survient...

Bạn đang đọc truyện trên: AzTruyen.Top