✨ Chapitre 1 ✨

Pour ceux ou celles qui se poseraient des questions par la suite : le prologue est une scène d'action qui se passera plus tard dans l'histoire, donc le chapitre que vous lirez n'en est pas la suite mais le commencement. Bonne lecture ! 👋

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Son regard plongé dans le mien, il ne bouge pas. Ses merveilleux yeux couleur du ciel m'envoûtent à tel point que je ne peux plus bouger. Je suis perdue dans son regard aux mille couleurs. Nous sommes collés l'un à l'autre, il détache ses yeux clairs des miens pour me prendre dans ses bras. Sans les voir, je sens qu'ils sont musclés mais fins. Ce rapprochement me donne des frissons. Je ne sais pas pourquoi, ce garçon est à la fois rassurant et inquiétant. Je sens son souffle tiède dans mon cou et cela achève de me tourmenter. Nous sommes ensemble, dans cet endroit depuis... Je ne sais plus combien de temps d'ailleurs ! Là où je suis, le temps ne passe pas, c'est très sombre et je distingue à peine ses traits. Ce sont surtout ses yeux que je vois.

Rien de bouge dans cet endroit étrange, sauf cette petite bougie au fond de la pièce. On dirait que la flamme vibre selon ma respiration. J'inspire, elle vibre. J'expire, elle vibre. Pour me rendre compte qu'elle suit le rythme de ma respiration, j'arrête totalement de respirer. Mais ce garçon, les bras entourés autour de ma taille, le ressent et s'écarte un peu pour me demander avec un petit sourire :

- Ça va, toi ?

J'attends un peu avant de répondre, toujours ma respiration retenue, je regarde cette flamme. Elle est immobile. Je me remets à respirer et je lui réponds :

- Bien sûr, pourquoi ça n'irait pas ?

- Non, pour rien, je me demandais juste pour quelle raison tu avais arrêté ta respiration.

- Oh, non, ce n'est rien...

Depuis que ses yeux ne m'hypnotisent plus, je me demande ce que je fais ici et comment j'y suis arrivée. Pourquoi je suis avec ce jeune homme que je ne connais même pas et pourquoi le bleu de ses yeux me fait cet effet là ?

J'ai l'impression que cette petite flamme qui consume la bougie de cire est la seule qui vit dans cette pièce.

- Comment t'appelles-tu ? je lui demande.

Je le sens hésiter avant qu'il réponde :

- Tu le sauras tôt ou tard... Mais ne t'en fais pas, tu me reverras très vite...

Je ne dis rien. De toute façon que dire ? Il continue de me bercer et je suis son rythme cardiaque. Il me regarde à nouveau mais cette fois, je ne suis pas charmée par son regard océanique.

Malgré ses yeux posés sur moi, je ressens le besoin qu'il soit là. J'ai l'impression que sans lui, je ne suis plus. Quel effet exerce-t-il sur moi ? Je n'en sais rien, je ne peux pas le savoir. Ce ne peut être la drogue. J'ai toute ma tête. Mais voilà ce garçon n'est pas comme les autres.

Á la lueur de la bougie, j'arrive à discerner ses traits. Il a un visage ovale avec des joues plutôt creuses, en parfait alignement avec sa fine bouche rosée. Cette bouche... Je la trouve parfaite, sans défaut. Pourquoi ? Je ne sais pas. Maintenant, ce ne sont plus ses yeux qui m'attirent mais sa bouche idéale.

Je devine que ses cheveux sont noirs ou alors très foncé. Je n'arrive pas à apercevoir sa coiffure. Je me l'imagine avec les cheveux légèrement décoiffés et ça fait l'affaire. Il ne cesse de me regarder et c'est plutôt inquiétant...

Noir complet. La bougie s'éteint. Sa flamme a fini de consumer la cire. Cette bougie, qui était pour moi la seule chose qui vivait dans cette pièce, n'est plus qu'un lointain souvenir. Nous ne sommes plus que deux. Lui et moi. Nous ressemblons à des statues immobiles avec le visage impassible.

Mais je le sens s'avancer doucement vers moi. Je ferme les yeux pour pouvoir savourer ce moment. Je pense que lui aussi les ferme. Je sens le souffle chaud et doux de sa bouche sur mes lèvres. Il se penche encore et ...

« Bip, Bip, Bip,... ».

- Oh non... !

Ça, c'était mon réveil, toujours là quand il ne faut pas. Celui que je déteste le plus au monde. Il ne pouvait pas simplement sonner une seconde plus tard ? Non, il fallait qu'il vienne gâcher le plus beau moment de mon fabuleux rêve. Même s'il était étrange, je dois l'avouer, il était quand même bien.

Je me frotte les yeux en proie à un gros sentiment de frustration. J'entends les petits pas précipités de ma petite sœur Mélina ainsi que ceux de mes deux grands frères en train de bavarder dans le couloir.

Mon frère aîné s'appelle Romy. Il est plus petit que mon frère cadet, il doit faire 1m70, et se croit plus intelligent que tout le monde. Il ne pense qu'aux filles et à ses jeux vidéos débiles. Il a les cheveux bruns avec les reflets roux de maman ainsi que ses yeux verts, mais il a hérité du terrible caractère de notre père Victor. Il a aussi les traits durs de ce dernier. Son plus grand défaut, c'est la vanité. Il se vante toujours en disant que c'est lui le meilleur et le plus beau. Dans ces moments-là, que ce soit en famille ou avec des amis, je n'hésite pas à le remettre à sa place. D'ailleurs avec ma petite sœur, on adore lui faire des blagues et lui mettre la honte en public. Qu'il soit avec une fille ou avec ses amis.

Mon frère cadet Emery, lui, est l'opposé de Romy. Il tient de notre père ses cheveux blonds, qui sont maintenant plutôt châtains, ainsi que ses yeux bleus lagon mais il a la gentillesse de notre mère Cattia. C'est un garçon très mature pour son âge et il est aussi très beau. Emery est adorable avec tout le monde. Il est attentionné et n'hésite pas à rendre service à n'importe qui.

Emery a toujours été très protecteur avec moi. Je l'aime plus que tout. Il m'a appris beaucoup de choses durant mon enfance. Mais la chose qu'il m'a apprise dont je suis la plus fière, c'est la défense. Il m'a enseigné plusieurs sports de combat tel que l'aïkido, le karaté, le judo ainsi que la boxe. « Cela te servira quand tu seras en danger, que ce soit dans la rue ou au collège » m'avait-il dit. Je lui serai toujours reconnaissante de m'avoir appris tout cela.

Je les entends parler comme des pies dans la salle de bain. D'ailleurs, je me suis toujours demandée comment ils faisaient pour ne jamais se disputer avec tout ce qui les oppose. Cela reste un mystère pour moi.

Je m'étire de tout mon corps, mais c'est compliqué puisque je suis toujours dans mon lit douillet. J'entends frapper à ma porte :

- Qui est-ce ? je demande.

- Devine..., s'écrie un petite voix féminine.

- Mélina ! Entre, tu n'aurais même pas dû frapper.

- Mais je ne savais pas si tu étais réveillée.

- Oh, je vois.

Je me lève avec beaucoup plus de mal que d'habitude. J'ai l'impression d'avoir un poids en plus. Peut-être une impression, je ne sais pas.

Mélina se met dos à moi, le temps que j'aille ouvrir les volets. Je me retourne et elle saute sur moi en criant :

- Joyeux anniversaire Selena !

- Merci ma belle. Tu y as pensé !

- Et comment je n'y aurais pas pensé ? Tu es ma grande sœur tout de même. Et puis tu viens d'avoir quatorze ans, ça se fête non ?

- Oui, tu as raison, je lui dis, un grand sourire sur les lèvres. Maintenant si tu le veux bien, j'aimerais me changer parce que je ne compte pas aller au collège en pyjama tu sais ?

Elle baisse la tête l'air déçu que je ne veuille pas qu'elle reste dans ma chambre. Mais il y a des limites quand même. Elle fait la moue et ses mèches blondes se balancent sur son visage, on ne voit même plus ses yeux émeraude. Avec son petit visage rond, elle est vraiment trop mignonne.

Mélina a trois ans de moins que moi. Elle a sauté une classe, du coup nous sommes toutes les deux au collège. Elle n'est douce et attentionnée qu'avec moi, parce qu'avec nos frères elle n'est ni l'une ni l'autre, même avec Emery.

J'avance en direction de mon armoire, quand je commence à me gratter sur le bras. Plus précisément sur mon avant-bras droit. Il me gratte tellement que je deviens rouge. J'essaie de m'arrêter et je mets de la crème hydratante pour que l'envie de me frotter passe. Ça me pique toujours un peu mais beaucoup moins. C'est vraiment étrange, car habituellement, je ne me gratte jamais...

Après avoir mis ma crème, je reviens vers mon armoire, je l'ouvre et je choisis une de mes tenues de tous les jours. Un jean slim, avec un top en fausse dentelle blanc ainsi que des petites baskets blanches avec des lacets bleus qui vont merveilleusement bien avec mes yeux. Je m'habille, me lave le visage et applique mes produits pour le visage. Je coiffe mes cheveux châtains foncés qui sont toujours en bataille après une bonne nuit de sommeil. Une vraie fille quoi !

Je donne un dernier coup d'œil au miroir à côté de ma commode. Mes cheveux sont ondulés et je les laisse tomber derrière mon dos en général. Ils m'arrivent en dessous de la poitrine. Je ne fais que 1m58, pour une quatrième. Je suis plutôt mince mais j'ai des petites joues rebondies. Après m'être examinée quelques minutes, je prépare mon sac de cours et je descends pour mon petit déjeuner en famille. Je sens déjà l'odeur du café et des petits biscuits secs que ma mère prépare toujours avec amour.

Quand je suis en bas de l'escalier, je remarque que tout le monde est déjà installé et en train de manger. Ma mère, une belle brune de nature, a pas mal de reflets roux. Elle a aussi de magnifiques yeux verts dont Mélina et Romy ont hérité.

Mon père, lui, a les cheveux blonds foncés ainsi que des yeux bleus électriques qu'Emery et moi avons aussi. Mes parents sont de la même taille, ce qui a un côté amusant. Ils ont tous les deux presque la quarantaine. Ils sont super tendres et gentils avec moi.

- Bon anniversaire Selena ! s'écrièrent-ils tous en cœur.

- Merci, vous êtes vraiment trop gentils ! je les remercie tout en posant mes affaires à côté de la porte d'entrée.

Je vais pour aller remercier mes parents quand je suis prise, encore une fois, d'une envie irrésistible de me gratter. J'essaie de résister, mais cela devient insupportable. Je me retiens, je me retiens, je dis bonjour à mes parents et à mes frères en cachant ma douleur de mon mieux. Ils ont l'air de n'avoir rien remarqué. Je tire ma chaise pour m'asseoir quand je vois trois paquets posés dessus. Je regarde toute ma famille avec tendresse. Ils sont si gentils malgré ma crise d'adolescence. Je les adore !

Je pose donc les cadeaux sur la table et je me mets à ouvrir le premier en sautillant sur place, tellement je suis contente. Je déchire le papier vite fait bien fait et j'ouvre une première boîte assez grande. Dans celle-ci, il y a plusieurs choses : deux pantalons, trois t-shirts, une paire de chaussures et une bague accrochée à un bracelet.

Je m'empresse donc de changer de chaussures. Et mes parents me regardent faire, l'air amusé. Je prends ensuite le deuxième cadeau en les remerciant du fond du cœur. Il est lourd et plutôt gros. Mais grâce à sa forme, je devine tout de suite ce que c'est. Je l'ouvre et je vois six livres. Six livres que j'adore et que je rêvais d'avoir. C'est l'un des plus beaux cadeaux qu'on ne m'ait jamais offert ! Lire est une passion pour moi, je rêve du jour où je pourrai écrire mon propre livre et devenir écrivain.

Je regarde mes parents avec des étoiles dans les yeux. Ces derniers pétillent d'excitation. Avant de leur sauter au cou pour leur faire pleins de bisous et de câlins, je décide de prendre le dernier paquet entre mes mains pour essayer de deviner ce que ça peut bien être. Je le soupèse, regarde sa forme, sa grosseur et sa taille. C'est une boîte largement plus petite que les autres. Elle est cubique et n'est étonnement pas lourde. Vu la taille et le poids, je pense directement à une coque pour mon téléphone portable.

Quelle ne fût pas ma surprise d'y trouver, en l'ouvrant, un collier avec une petite clef comme pendentif. Je le prends dans mes mains, comme si je tenais l'objet le plus fragile au monde.

- C'est un collier en or que j'ai moi-même hérité de ta grand-mère. Elle se donne de génération en génération quand la fille aînée a quatorze ans.

Ce simple nom fait couler des larmes sur mes joues. Ma grand-mère a été à une époque l'une des personnes qui était le plus cher à mon cœur. Elle était une seconde mère.

Flash-back :

Ça fait une semaine que je ne suis pas allée voir ma grand-mère. Elle me manque un peu et j'ai envie de lui parler. Je préviens de suite ma mère par téléphone et monte dans le bus pour me diriger jusqu'à chez elle.

Je marche pendant une bonne dizaine de minutes avant d'arriver devant la petite maison beige qui est son logis. Je vais pour ouvrir la porte avec le double des clefs qu'elle m'a donné mais je la vois ouverte. Je relève les sourcils car, habituellement elle ne laisse jamais, au grand jamais, sa porte d'entrée ouverte.

J'entre sans faire de bruit. Et me dirige immédiatement dans le salon, car elle passe la plupart de son temps là-bas. J'avance et je m'appuie sur le canapé pour éviter de tomber.

Ma grand-mère est entièrement recouverte de sang, sa tête ne tient même plus sur ses frêles épaules. Je pose ma main sur ma bouche pour éviter de hurler. Il faut que je garde mon sang-froid.

« Oh, mon Dieu !! », je crie intérieurement avec de l'horreur dans les yeux.

Je fais directement demi-tour et sors dans le jardin. Je vomis tout ce que j'ai dans l'estomac. C'est affreux ce qui vient d'arriver. Je regarde la rue, les yeux vides, sans expression. Je suis totalement perdue. Je ne sais pas comment réagir et je commence à pleurer. Pour moi, ce que je viens de voir ne peut être réel et pourtant il l'est...

Je reviens sur mes pas pour retrouver ma Leïla, ma grand-mère. Je m'allonge à côté d'elle en enfouissant ma tête sur son bras. Je m'en fiche totalement du sang qu'il peut y avoir. J'ai besoin d'être avec ma grand-mère, seule. Mais à partir de ce moment, je pleure encore plus. Je pleure pendant des heures et des heures. J'ai besoin de me vider de tout ça.

Je me calme peu à peu. Je relève la tête et regarde autour de moi. Je ne l'avais pas remarqué avant, mais un petit papier, plié en quatre, est posé sur le sol de l'autre côté de Leïla. Je me penche pour le prendre mais, je ne sais pourquoi, en prenant ce papier je me sens tout de suite vulnérable. Je le déplie et le lis à voix haut pour me donner du courage :

- Bonjour, Diana, tu ne me connais sûrement pas, mais cela ne saurait tarder. Je savais que tu viendrais ici et que ce serait toi qui lirais ce papier. J'espère que ta grand-mère va bien... Enfin presque. Je l'ai tuée pour te préparer à ton destin Diana. Elle seule connaissait le secret. Comment elle le savait ? Je ne sais pas mais j'ai préféré la rayer de ma route pour que je puisse faire mon travail auprès de toi ! Oh, j'oubliais, tu ne le sais peut-être pas mais ce n'était pas ta véritable grand-mère...

Cette lettre est écrite de la main d'un homme. Je l'avais deviné moi-même grâce au style de l'écriture. Elle n'était pas signée...

Après les funérailles, je suis allée voir ma mère pour lui montrer ce que j'avais trouvé près de grand-mère le jour de son assassinat. Elle prend le papier et me le rend aussitôt en me disant :

- Ma chérie, je sais que les funérailles de ta grand-mère t'ont autant fait pleurer et rendu triste que moi. Mais n'essaie pas de me prendre pour une folle en me montrant un bout de papier tout blanc. Tu veux que je lise quoi sur un papier où il n'y a rien d'écrit ?

- Mais...

Je n'ai rien dit d'autre sachant que cela ne servirait à rien. J'ai fait demi-tour et je suis retournée dans ma chambre pour aller pleurer en silence le décès de ma grand-mère...

Fin du flash-back

Ma mère se lève de table pour aller m'embrasser, elle me prend dans ses bras pour me consoler et je repense toujours à ma grand-mère. C'était l'une des personnes à laquelle je tenais le plus au monde.

Après m'être calmée, je retourne à table, mets le joli collier de ma grand-mère autour du cou en pensant très fort à elle. C'est un collier avec une chaîne en or. Le pendentif qui l'orne est rond et on peut l'ouvrir pour y mettre une photo. Il y en a aucune à l'intérieur mais je me promets d'en mettre une.

Je remercie tout le monde autour de la table et Emery fait n'importe quoi pour me redonner le sourire. Malgré ses deux ans de plus, il me fait toujours autant rigoler que lorsque j'avais quatre ans et lui six.

Après le petit-déjeuner et le brossage des dents, je prends mon sac, je mets ma veste en cuir, je serre le collier de ma grand-mère contre ma poitrine et je quitte la maison, direction le collège...

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