Chapter 2 : Nostalgia
❝ - Who can possibly be crazy or stupid enough to take a Shadow in a duel ? ❞
☇
☆ PDV - Lena
J'incendiais ma soeur du regard tout le long du trajet. Pourquoi avait-elle accepté la proposition de Dean ? Elle n'était quand même pas stupide au point d'avoir oublié la dernière fois qu'on l'avait vu, si ? Personnellement, je me rappelais très bien le fait que nous n'étions pas ses amies. Au moment où elle garait la voiture, elle se tourna vers moi.
- Écoutes, sois sympa s'il te plaît.
Ma sœur consommait définitivement des champignons hallucinogènes.
- Que moi je sois sympa ? Je ne vois pas pourquoi je le ferais alors qu'il nous a très bien spécifié que nous n'étions pas ses amies.
- Il venait à peine de perdre Nathalia. Tu imagines ce que ça doit faire ?
Je ne savais pas pourquoi, mais j'imaginais Castiel à la place de la jeune fille et moi à celle de Dean. Des frissons parcoururent mon épiderme.
- Horrible, marmonnais-je.
- Et puis il s'excusera sans doute, ou Sam le forcera.
J'ajoutais 1 au nombre de fois où elle avait mentionné le cadet des Winchester. C'était la 57ème fois en 20 minutes de voiture. Mais à part ça, elle ne ressentait rien pour lui.
Mes fesses, oui.
Je descendis en claquant la portière, juste assez pour qu'elle me lance un regard noir. Je haussais un sourcil dans sa direction, la défiant de faire un commentaire. Elle soupira et se dirigea à l'intérieur du bunker. Je la suivis et poussais la porte. Un sentiment de nostalgie me saisit. Je m'asseyais sur une des chaises autour de l'immense table, imitée par les autres. Je me rappelais les moments que nous avions passé ici. Lorsque je me remémorais la soirée devant Raiponce, de la tristesse s'ajouta à ma mélancolie. Comment j'en étais arrivée là ? Le souvenir encore vif des vampires qui avaient tué nos parents, et qui nous avaient voué à la chasse, me prit de court. Je me rappelais aussi combien il avait été dur de paraître forte aux yeux de ma soeur, alors que nous venions tout juste d'être orpheline. Puis, je revis Nathalia, déambulant dans la maison, le même air émerveillé sur le visage qu'à son habitude. À croire que notre univers n'était pas si pourri que ça. Son visage terne, les sillons de larmes creusants encore ses joues, ses lèvres blanches, son corps aussi immobile et fragile qu'une poupée de chiffon lorsque nous l'avons trouvée dans le sous-sol me revinrent, prouvant qu'au contraire, notre univers détruisait ce qu'il y avait de meilleur. Il avait volé sa vie, et avait meurtri la notre.
Je devais vraiment dépressive pour sortir des trucs pareils.
- Je... commença Dean.
Je levais la main pour le stopper.
- On sait. Ne t'excuse pas.
- Mais... tenta Sam.
- Ce n'est pas vous qui n'aimez pas les moments de gonzesses ? renchérit ma soeur.
L'aîné haussa les sourcils, retrouvant son attitude blagueuse et arrogante. Le second eut un petit rire. Je les observais, surtout le plus petit, et me dis qu'ils avaient l'air d'aller bien. Bon, pas au mieux de leur forme, mais ils n'avaient pas l'air à deux doigts de s'effondrer ou de se tirer une balle, ce qui était un début.
- Bitches.
- Jerks.
- Assbutt ?

Je me tournais vers l'ange, explosant de rire. Fesses de cul ? Pourquoi pas. Cas pencha la tête sur le côté de façon adorable. Non, habituelle, voilà, c'était le mot que je voulais utiliser. Il était loin d'être adorable, avec ses grands yeux bleus sages et innocents, et ses cheveux noirs en bataille qui donnaient envie de...
Je me ressaisis au moment où Sam se racla la gorge, gêné.
- Tu rougis ? se moqua ma soeur.
- Ta gueule et va voir ton Samsquatch.
Elle se transforma en hybride humain-tomate et je ricanais. Je me stoppais en voyant l'air attristé de Dean. Il se passa la main sur le visage et son expression changea radicalement. Je me demandais vaguement s'il avait toujours cet air lorsqu'il croyait qu'on ne le voyait pas. Je lui souriais et il fit de même. Je me sentais mal pour lui. Mais je savais ce qui lui remonterait le moral.
- J'ai la question la plus importante de tous les temps, me pavanais-je.
- Pourquoi la vie ? ironisa Dean.
- Non, smart ass. Je vais commander des tartes à quel goût ?
- Comme tu veux. J'en veux pas.
Je butais sur mes mots. Je balbutiais des paroles inintelligibles, sous le choc. Tout le monde l'observaient, l'air ahuri.
Tout compte fait, Dean n'allait peut-être pas si bien que ça.
☼
☆ PDV - Nathalia
Je me séparais de Jack, et courus a tout vitesse, priant pour ne pas me prendre les pieds dans ma robe. Je me précipitais dans la salle du trône, sautant par dessus les obstacles. Je bousculais les autres personnes, qui couraient dans tous les sens, affolées. Cette alarme ne pouvait signifier qu'une chose, et c'était la première chose que j'avais appris.
Des Obscurs approchaient, projetant l'ombre d'une guerre.
Je redoublais d'efforts, les poumons en feu et les jambes douloureuses. Lorsque je parvins à mon but, ma mère était penchée sur des livres.
- Mère ! l'apostrophais-je.
Elle se tourna vers moi, l'air égarée. Comme si elle ne savait plus où elle était. Je serrais les dents. Ça lui arrivait souvent, et elle ne m'avait jamais expliqué pourquoi. Heureusement, elle se ressaisit assez vite.
- Un espion nous a annoncé que les Obscurs préparaient un conseil de guerre. Ils réunissent leur meilleur guerrier et prévoient de demander un duel.
Elle avait parlé d'une traite, et mon cerveau fonctionnait à la vitesse d'une locomotive.
- Mais nous n'avons pas de guerriers ! m'écriais. Ils le savent pertinemment, c'est pour ça qu'il demande un duel.
Ma mère hocha la tête.
- Et nous leur donnerons un duel.
Je la dévisageais. Est-ce qu'elle envisageait d'envoyer des fermiers ou des cordonniers se battre contre des soldats ? Elle était peut-être irresponsable, mais elle ne mettrait jamais les siens en danger. Elle me fixait de ses yeux perçants, attendant que je devine où elle voulait en venir. La pression me fit réfléchir un peu pus vite. Elle allait devoir trouver des combattants, et vite. Mais pas ici. Pas dans ce peuple. Pas dans cet univers. Je redressais subitement la tête.
- Qui serait assez fou ou stupide pour prendre une Obscur en duel ? demandais-je d'une petite voix.
Elle m'emmena dans la Salle Officiel Des Voyages Inter Dimensionnel. Je fis face à la fissure qui nous servait de point de départ pour changer d'univers. Elle posa sa main sur mon épaule.
- À toi de me le dire.
Elle quitta la pièce, aussi silencieuse qu'une ombre. Je relevais le menton et carrais les épaules, avant de plonger dans la fissure.
Je savais très bien à qui m'adresser.
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