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TANYA。
Jakob, cet homme qui était entré dans ma vie, cet homme dont j'étais tombé amoureuse malgré les nombreuses épreuves que nous avons subis, la différence de classe sociale, ma sœur, le décès de mon père, mes problèmes familiaux et maintenant mon kidnapping . Je me demande si nous n'arrivons pas à être heureux à cause d'un mauvais sort qu'on nous a jeté ? Ou est-ce seulement la colère de ma sœur qui s'abat sur nous deux ?
Les poignets douloureux, je me dandinais afin d'essayer de m'en débarrasser ou au moins le desserrer. Suite à ma tentative de fuite, les choses s'étaient compliqués pour moi, je n'avais eu ni repas, ni eau, ni visite. De plus, on m'avait enfilé les cordes de manière à ce que je ne puisse pas m'enfuir mais elles me serraient beaucoup trop !
Je jettais un coup d'œil par la petite fenêtre, ça avait l'air d'être haut. Heureusement, je n'avais pas le vertige, le métier de steward l'oblige ! Imaginez que vous avez le vertige mais que vous faites trois voire quatre vol d'avion durant toute la journée ! Une folle idée me traversait l'esprit. Je me mettais dos à la fenêtre et tentais de l'ouvrir, en réalité, c'était simple, je n'avais plus qu'à baisser la poignée de la fenêtre et c'était bon, mais l'état dans lequel se trouvaient mes mains était plus qu'handicapant.
— BINGO !
Ma joie fut de courte durée lorsque j'apercevais qu'il n'y avait même pas de rempart ou de balcon pour me permettre de faciliter ma chute et m'éviter de finir trop blessée.
Ils ont même pas de petits balcons à l'arrière de la maison et ils se disent riches.
Le vent me soufflait en pleine face et je plissais légèrement les yeux, des gardes du corps habillés de costume noir surveillaient les environs. Ils ne portaient pas de lunettes de soleil comme dans le film de James Bond, sûrement parce que c'est la nuit !
Si même derrière la maison il y a autant de garde, c'est probablement que ces hommes sont dangereux et se mêlent à des affaires pas nettes, autrement pourquoi autant protéger sa demeure et sa vie ?
Je balançais une jambe par dessus la fenêtre et poussais un cri de stupeur lorsque je remarquais que j'avais sous-estimé la hauteur de la maison.
— Mon dieu...
Si je saute d'ici, je peux envisager deux choses : mourir ou finir en fauteuil roulant.
Mon corps entier tremblait sous la peur et mes jambes flanchaient. Qu'est-ce que je suis censée faire ?
La porte s'ouvrait et se fracassait contre le mur, l'homme qui me menaçait hier avait fait son apparition.
— Qu'est-ce que vous croyez faire ?
— Libérez-moi ou je saute.
Il éclatait de rire, ses mains sur ses genoux, il délirait. N'arrivant plus à ce calmer, je me raclais la gorge pour qu'il redescende sur terre.
— Mademoiselle, vous regardez trop de film non ?
Je gardais mon sérieux et l'affrontais.
— Oui mais contrairement aux films, ce qui va se produire dans quelques instants aura des conséquences sur la réalité car que vous le croyez ou pas, je sauterais d'ici !
J'en ai fais peut-être un peu trop non ? En plus, d'où me vient cette confiance ?
— Sautez alors ! il me provoquait.
Une jambe dans le vide et l'autre essayait aussi de le rejoindre, j'étais moi-même sceptique, ce que j'étais en train de faire, était-ce un coup de bluff ou je comptais réellement sauter ?
Un homme que je n'avais encore jamais vu l'avait rejoint. Un téléphone à la main et l'autre portant une cigarette, il soufflait la fumée de nicotine dont l'odeur m'écœurait.
— Tu peux pas la maîtriser deux secondes putain ? On entends vos cris depuis la terrasse ! À quoi tu sert de toute manière ?
Le ton avec lequel il s'exprimait me laissait bouche-bée. Cet homme était sûrement son « boss » autrement pourquoi il lui parlerait aussi méchamment ?
Son homme de main me regardait d'un air colérique, je sentais qu'il voulait m'utiliser comme son punching ball après que son égo ait pris un sacré coup. Mais alors qu'il s'approchait dangereusement de moi, ses talons écrasant rapidement le parquet et craquant sous son poids, il me saisissait le bras et de son autre main il m'empoignait les cheveux, ce qui m'arrachait une douleur terrible.
— Laissez-moi putain ! J'avais crié de douleur et d'énervement.
— On va se débarrasser d'elle, fait la descendre.
Ils comptaient me tuer, ils vont vraiment me tuer. Cette fois-ci, c'est pour de bon. J'aurais dû sauter par la fenêtre, au moins je serais ainsi morte dignement. Je fus transportée comme un sac à patate alors que son « chef » nous emboîtait le pas, toujours un œil sur moi. Ses cheveux étaient réunis en chignon et son sourire moqueur ne quittait pas ses lèvres.
— Vous êtes des criminels ! Je gueulais
J'étais sûrement à la fin du chemin qu'était cette vie...Je pouvais au moins crier mon désarroi et ma peine non ? Je voulais au moins être sincère.
— Bande de brutes, de connards !
Je fus jetée à terre et le « chef » dont le nom est toujours un mystère se baissait à ma hauteur.
— T'es à ton jour de chance mais il se peut que la prochaine fois, ça ne soit pas ainsi. Ne prends pas trop la confiance, tu paieras un jour pour toutes ces injures.
Il m'avait tellement serré le menton que j'avais peur qu'il se brise entre ses doigts. Il me tirait par le bras, les cordes me limant la peau, je le suivais comme je pouvais et on traversait un long couloir, au bout, une porte en bois massif nous faisait face. Un garde du corps l'ouvrait pour nous et on se retrouvait sur la terrasse. Lorsque je relevais la tête vers la table en marbre, mon visage retrouvait ses couleurs. Il était là, il était venu.
— Jakob, ma voix s'était brisé. J'avais murmuré cela de manière tellement silencieuse que je doutais qu'il m'ait entendu.
Il se redressait et se précipitait vers moi.
— Tanya, il m'avait dit en me prenant dans ses bras. J'avais prise une grande inspiration, tout m'avait manqué chez lui, même sa façon de prononcer mon prénom.
Des larmes glissaient sur mes joues, ma carapace de femme « forte » c'était brisé en un seul ouragan. Était-ce ça, le vrai amour ?
— Tu vas bien ? Il me demandait puis m'inspectait comme pour vérifier que j'étais en bonne santé.
Je hochais la tête.
— C'était cool de faire affaire avec toi Kern, ça t'apprendra à t'occuper de tes oignons, intervenait l'autre con.
— J'espère ne plus jamais faire affaire avec toi, Raul.
Le dénommé Raul fit signe à deux de ses hommes de nous raccompagner et prenait le sac de sport noir qui se trouvait sur la table. Il me frôlait le bras en passant et me fit un clin d'œil. Sa porte s'ouvrait et il disparaissait dans son long couloir, après le claquement de la porte, je me retournais vers Jakob. Je le fixais jusqu'à la voiture mais il ne m'accordait pas de regard, c'est juste lorsqu'on se retrouvait devant sa voiture qu'il attendait que les autres s'éloignent de nous. Enfin, il m'avait regardé, il avait déposé un baiser sur mon front et m'avait libéré de mes mains ligotées.
— Jakob, tu...comment tu m'as trouvé ?
— Je te raconterais tout cela plus tard, tu vas bien ? Tu es sûre ? Ils t'ont fait quelque chose ? Tu veux qu'on aille à l'hôpital ? Il avait omis de respirer entre toutes ces question, il soulevait mes cheveux et revérifiait tout mon corps. Son regard s'arrêtait sur mes poignets bleutés que je dépêchais de cacher.
— Putain ! Il criait en mettant un coup de poing sur le capot de sa voiture, il semblait furieux.
— Jakob, je te jure que j'ai rien.
— Je t'ai mise en danger, tu as des hématomes sur le corps et tu oses dire que tu vas bien ?
— Tu m'as sauvé Jakob, regarde je suis vivante, je tentais de le rassurer.
Un deuxième, un troisième coup s'abattait sur son capot. Je lui avais pris la main dans la mienne afin de le calmer et son corps s'était aussitôt détendu, mes lèvres avaient trouvé le chemin jusqu'aux siennes et ils se liaient alors que je sentais ses larmes mouiller ma peau.
La plus grande faiblesse de Jakob, c'était les gens qu'il aimait. Et, malheureusement, c'est toujours de là bas qu'il finissait pas être blessé.
Sa main libre se posait derrière ma tête et il approfondissait notre baiser. J'avais tellement espéré qu'il vienne me chercher, cela semblait être plus qu'un rêve après tant d'attente mais une fois de plus, il était venu...
À bout de souffle, je me séparais de lui et alors que mon front se collait au sien, il me susurrait des mots qui allaient sans doute être gravés dans mon esprit.
— Sans toi, la vie n'a plus aucun sens. J'ai tellement eu peur de te perdre, de manquer de toi, plus jamais. Jamais je ne te laisserais seule, c'est hors de question.
— Plus jamais, je ne veux être loin de toi.
Son souffle s'écrasait sur ma joue et je tremblais, c'était sûrement dû au froid et à la peur que j'avais subis, il l'avait sans doute remarqué, il avait ôté sa veste et m'avait couverte avec. Il m'aidait à m'installer dans la voiture et il tournait la clé pour démarrer. Je regardais une dernière fois la villa dans laquelle j'étais prisonnière, mon regard se bloquait sur la silhouette sur le balcon, il nous observait.
— Jakob, on peut se dépêcher de partir d'ici ? Je ne me sens pas très bien.
Il enlaçait ses doigts aux miens et on quittait cet endroit horrible.
— Tout va s'arranger Tanya, je te le promets.
Avis ? 🖤♟
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