Chapitre 24

Chapitre XXIV

Loris

J'étais énervé contre mon père.

Dans un sens, je l'avais toujours été. Depuis ma naissance.

Je l'avais toujours observé. Et je n'aimais pas ce que je voyais. Malgré toute l'affection qu'il portait pour moi, malgré tout l'amour qu'il tentait de me montrer tous les jours, une part de moi restait toujours énervé et insatisfait.

Il n'avait pas su garder la femme qu'il aimait. J'étais né et elle était parti. C'était ma faute, je l'acceptai et l'assumai, mais je ne pouvais m'empêcher de lui trouver une part d'erreur aussi.

Mon esprit listait et gardait en mémoire toutes les erreurs qu'il pouvait faire, même les plus petites et sans importance. Une erreur restait une erreur. Et c'était aussi un bon moyen pour moi de rester en colère contre lui.

Quand le gîte a montré des signes de faillite, je m'étais dit que c'était sûrement la dernière goutte d'eau. J'étais prêt à détester mon père, celui qui était là mais qui semblait tout aussi absent, parce qu'il n'agissait pas. Je m'étais dit qu'il n'en avait rien à faire du gîte. Après tout, il n'avait jamais voulu travailler ici. Alors, que je le veuille ou non ne changeait rien pour lui.

Mais je me rendais compte que j'avais tord. Horriblement tord. 

C'est avec un sentiment de culpabilité que j'observais mon père pleurer - non, sangloter - aux pieds d'Elsa. Je resserrai mon emprise sur le cadeau de Noël qu'il m'avait offert il y a une dizaine de minutes, un cadeau qu'il n'avait pas les moyens d'acheter mais qu'il m'avait tout de même offert. Le coeur serré, je l'écoutai dire qu'il était désolé, qu'il avait tout fait, qu'il se sentait comme un moins que rien, un bon à rien capable de faire une seule chose : des erreurs.

Oui, j'avais eu tord. Mon père n'était pas parfait, mais il était humain. Et surtout, je réalisai que je ne savais sûrement pas la majorité des sacrifices qu'il avait du faire jusqu'à aujourd'hui. J'avais été égoïste de penser tout cela sur lui.

Cette nuit, quand il revint dans notre chambre pour se coucher, je me glissai à ses côtés et me lovai dans ses bras. Et avant qu'il puisse me demander ce qu'il me prenait, je lui murmurai ces quelques mots qu'il n'avait pas entendu de ma part depuis longtemps :

- Je t'aime papa.

___

- N O T E   D ' A U T E U R -

Chapitre exceptionnellement court car point de vue de Loris :) 

PS : quelques changements dans l'intrigue sont prévu, notamment par rapport à ce que j'ai pu dire sur le passé de Guillaume dans les chapitres précédents. Je corrigerai ça dès que j'aurai le temps ( si je n'oublis pas aussi ) mais en tout cas je voulais vous prévenir parce que ça peut être vu comme une incohérence par rapport aux chapitres précédents :)

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