Nouvelle n°2 : J'ai fait un rêve cette nuit (Anti-homophobie)

« Cette nuit, j'ai fait un rêve, j'ai rêvé que j'étais heureux, que je pouvais être moi-même... »

Je me nomme Sébastien Chevalier et je vis en France métropolitaine à Paris. J'ai dix-sept ans et je suis originaire d'une très ancienne famille française de tailleurs autrefois noble et immensément riche néanmoins, lorsque mes grands-parents sont décédés, ils ont laissé à leur unique enfant, mon père, qu'un énorme fardeau financier sur le dos puisque l'entreprise familiale était en réalité en faillite. Mon père a vendu l'affaire jusqu'au dernier bouton afin de rembourser les dettes et n'a récupéré de cela que quelques malheureux petits centimes. Aujourd'hui nous ne sommes plus que de simples habitants de la petite classe parisienne qui rament pour combler les dépenses d'électricité lorsque l'hiver se met à sonner. Cependant tout n'a pas disparu de notre ancienne vie, le château n'est plus ici mais restent encore les traditions et surtout l'honneur qui importent tant à mes parents. C'est pourquoi il m'est si difficile de leur dire la vérité à mon sujet, ils ne pourraient supporter ma condition et me rejetteraient certainement car cette chose-là est bien dure à comprendre, il faut être ouvert d'esprit.

En vérité, j'ai toujours su que j'étais différent, enfant j'étais l'un des seuls garçons à haïr la guerre et à ne pas aimer jouer aux épées et aux pistolets malgré mon nom de famille propice à ce genre de comportements. Je préférais rester avec les filles même si jouer aux poupées ne m'enchantait guère, elles étaient plus calmes et réfléchies. Quelques fois, certaines d'entre elles me disaient et faisaient des choses que je ne comprenais pas, à six ans une petite blonde aux yeux d'un vert émeraude sublime est venue vers moi, elle m'a murmuré à l'oreille son « secret » en prononçant ces trois mots « Je t'aime », je ne comprenais pas. Voyant que je ne répondais pas à sa demande elle déposa sur mes lèvres un baiser, un baiser d'enfant pur et innocent mais j'ai eu peur, je ne savais vraiment pas quoi faire ni quoi répondre parce que pour moi tout cela n'avait aucun sens alors je suis parti en courant et me suis caché derrière un arbre qui se trouvait au fond de la cour de récréation.

Depuis cela j'ai compris que je n'étais pas comme les autres petits garçons de mon âge puisque outre mon aversion pour la violence je n'étais pas apte à aimer du moins pas aimer tel qu'ils l'entendaient. Tiens d'ailleurs, « aimer », quel était donc ce mot étrange ? Une fois, alors que j'étais en primaire, j'ai demandé à ma maîtresse ce que c'était que l'amour, mais elle n'eut pas le temps de répondre que la classe toute entière était déjà partie dans un fou rire général, tous se moquaient de moi même si à leur âge, eux non plus ne connaissaient pas la réponse à cette question. Mme Mireille expliqua ensuite que l'amour était une chose très dure à définir, il n'y avait pas de mot, pas de son ni même d'image qui puisse décrire ce sentiment. La seule chose qu'elle put me dire était que c'était ce que l'on ressentait par rapport à une autre personne, l'amour est ce qui lie l'homme et la femme pour l'éternité et une fois trouvé, c'est quelque chose de magique, de magnifique, l'amour réel et sincère est la plus belle chose qui puisse arriver à un être humain.

Mais alors pourquoi moi ne pourrais-je pas ressentir cette chose indéfinissable, cette émotion, pourquoi ai-je peur lorsqu'une fille m'approche ?

Plus tard, alors que j'étais au collège, en quatrième, ce sentiment de différence s'est beaucoup amplifié, la plupart de mes camarades couraient déjà tous après les filles, enchainant de nombreuses relations et se disputant souvent pour elles, mais pas moi. Moi je restais dans mon coin de la cour, à l'ombre d'un saule pleureur. J'étais dans mon monde, je dessinais en prenant pour modèles les expressions des autres adolescents au fur et à mesure des mois, j'ai appris qu'il était en réalité possible de dessiner l'amour, la tristesse, la joie, la déception etc., mais seulement en surface, je ne pouvais représenter que ce qu'ils laissaient paraître. Un visage en particulier revenait souvent, c'était celui d'un jeune garçon d'une douzaine d'année, il avait les yeux d'un profond turquoise similaire à la couleur de l'eau en Polynésie et aux Maldives. Ses cheveux châtains flottaient aux vent par leur légèreté et sa peau claire était parsemée de taches de rousseur au niveau des joues. Pour faire simple, c'était un petit ange descendu du ciel, il était magnifique. J'avais noté que beaucoup de filles s'étaient éprises de lui mais qu'il les avait toutes rejetées, je pensais qu'il était comme moi. Un troisième qui était surement son frère avait pris à sa charge la protection du jeune garçon qui se faisait souvent insulter et menacer par les autres adolescents simplement jaloux de sa beauté, aucun ne pouvait l'approcher à moins trois mètres sans l'accord du grand gaillard. Malgré le fait que la carrure de ce dernier me terrorisait, je pris tout de même le risque d'aller voir le mystérieux petit Gabriel, car tel était son nom, qui attirait tant ma curiosité et sans que je ne le sache, mon cœur.

Nous parlâmes longuement tous les deux, il avait confiance en moi car il me trouvait différent et c'est pourquoi il me laissait l'approcher. Nous devînmes de très bons amis. Un jour alors que nous nous trouvions sous mon arbre favori, je le regardai dans les yeux et c'est à ce moment que je me souvins de la petite blonde aux yeux verts qui m'avait il y a de nombreuses années offert un cadeau que je n'avais pas compris et refusé car il n'était pas réciproque malheureusement. Et c'est ce cadeau que j'avais envie d'offrir aujourd'hui à Gabriel car j'avais enfin compris que je l'aimais. Alors je lui demandai de fermer les paupières et une fois ces dernières closent, je pris mon courage à deux mains et reproduis le même geste que la jeune fille avait fait huit ans auparavant. Cette fois je n'eus pas peur du baiser car j'aimais Gabriel, je sentais mon cœur battre à une vitesse folle et je sentis que le sien aussi avait accéléré ses battements, ce qui réconforta mon idée de réciproque mais je me trompais. Si le cœur du garçon avait changé d'allure, ce n'était pas par amour mais comme moi il y a huit ans, par effroi, et lorsqu'il comprit ce que je lui faisais, il me repoussa d'un geste brusque et se mit à crier :

« Mais pourquoi tu fais ça ?! Oh mon dieu ! Es-tu un démon ? Je croyais que nous étions ami, je pensais pouvoir te faire confiance car tu m'en semblais digne et que j'avais besoin de me confier à quelqu'un comme toi mais toi, pourquoi es-tu venu vers moi ? Que cherches-tu exactement ? Que m'as-tu fais ? » mais je ne savais quoi répondre et je lui dit alors les seuls mots qui me venaient à l'esprit, ceux qui m'avaient si longtemps intrigué : « Je t'aime » alors le garçon eut encore plus peur car selon lui cette possibilité n'était certainement pas envisageable, comment un garçon pouvait en aimer un autre ? C'était contre nature. Mais c'était pourtant ce que je ressentais et je ne voyais pas le mal qu'il y avait. Il me dit que ce n'était pas possible, que lui ne m'aimait pas, s'il n'approchait personne ce n'était pas pour les mêmes raisons que moi, lui était malade, il était atteint d'une malformation cardiaque et s'il voulait survivre, il ne fallait pas qu'il soit brusqué, de plus lorsqu'il disait cela à ses copines, elles prenaient peur et le laissaient tomber. Je compris donc qu'une nouvelle fois, j'avais faux, je me sentais seul, terriblement seul, pourquoi suis-je différent des autres ? Pourquoi ne pourrais-je pas simplement être comme eux ? Nous étions tous deux sous le choc seulement moi je restais muet, interdit alors que lui continuait de s'égosiller.

Au bout de quelques minutes le grand frère apparut devant moi, me saisit l'épaule et me projeta au sol deux mètres plus loin. Il me frappa et s'époumona sur moi, malgré le fait que je ne répondais ni à ses coups ni à ses insultes, jusqu'à l'arrivée d'un adulte. L'adolescent s'arrêta et expliqua à l'homme que j'avais embrassé son frère de force, que j'avais failli le tuer à cause du choc et que pour finir, j'étais une abomination. Contre toute attente, le surveillant ne s'en prit pas au troisième mais à moi, il m'emmena dans le bureau du principal qui me colla pour le restant de l'année jusqu'à dix-sept heure chaque jour de la semaine avec pour motif : attouchement et atteinte à un mineur non consentant. Pourtant la seule chose qye j'avais faite avait été de démontrer mon amour...

Mes parents ne se doutèrent de rien, bien sûr ils me disputèrent mais c'était en croyant que je m'en étais pris à une fille et mon père me félicita-même d'avoir osé le faire, il fallait être audacieux selon lui pour réussir.

Depuis cette aventure, je me sens encore plus seul qu'avant, si différent... Personne ne me comprend, ni mes parents, ni mes professeurs, ni mes amis qui m'ont tous laissé tomber. Dans le lycée où je me trouve, il y a plus de deux milles élèves ce qui me permet de passer facilement inaperçu dans toute cette masse de personnes. Lorsque je n'ai pas cours, je passe mon temps à errer dans les couloirs. Parfois je cours ou je nage afin d'extérioriser ma colère et ma tristesse. J'ai du mal à supporter tout cela, c'est trop pour moi...

Cette nuit, j'ai fait un rêve, j'ai rêvé que j'étais heureux, que je pouvais être moi-même parce qu'après tout c'était mon droit et que les autres m'acceptaient ainsi. J'ai rêvé que j'aimais et que j'étais aimé par un garçon de mon âge et que cet amour me donnait des ailes et assez de courage pour l'annoncer à mes parents. J'ai rêvé que ces derniers étaient d'accord avec moi, ils ne souhaitaient que mon bonheur même si pour être heureux, jamais je ne leur ferais de petits enfants, jamais je ne me retrouverais à l'autel avec à mon bras la plus jolie et gentille fille du monde, jamais je ne serais normal. Mais après cela, j'ai ouvert les yeux et la réalité m'est apparue comme une sombre lumière aveuglante. Personne ne voulait de moi.

Alors je me suis levé, habillé, ai suivi ma routine habituelle et suis allé à l'école. En marchant, j'étais comme d'habitude plongé dans mes pensées, dans mon monde, c'est pourquoi je ne me rendis pas compte qu'il y avait en face de moi cette adolescente, je la percutais. Rapidement, je bredouillai une excuse et m'en allai mais elle me rattrapa.

« - Attend ! s'exclama-t-elle, je m'appelle Elisa et je crois qu'on se connait n'est-ce pas ?

- Hum non, je ne crois pas, je suis désolé de t'être rentré dedans, au revoir.

- Non c'est à moi de m'excuser.

- Pourquoi ?

- C'est qui t'ai rentré dedans, tu ne te souviens pas ?

- Bah je ne sais pas, j'étais dans mes pensées.

- Bien sûr, tu l'as toujours été mais il y a onze ans je suis venue te voir dans la cour de récréation, nous étions dans la même école, et je t'ai embrassé.

- Alors c'était toi ?

- Oui, je t'ai embrassé mais tu m'as repoussé.

- Je m'en souviens, je suis désolé si je t'ai blessée, je...

- Non tu n'as pas besoin de t'expliquer, je sais que tu es différent.

- Ah oui ? Et ça ne te fais pas peur ? Je veux dire, ça ne te dérange pas ?

- Non ne t'en fais pas. Maintenant que je comprends, cela m'importe peu en fait, je voudrais juste qu'on soit amis tous les deux.

- Amis ?

- Oui, cela t'étonnes peut-être mais ça fait déjà quelques mois que je t'observe, je t'ai reconnu dès que je t'ai vu, en même temps qui oublierait son premier râteau ? Dit-elle en riant. Bref j'aimerais que nous soyons amis parce que j'ai le sentiment que je peux te faire confiance et je sais aussi tu as également besoin de te confier alors pourquoi pas à moi ?

- Et bien ça me va, répondis-je en lui serrant la main. »

En effet, cette amitié, notre amitié, était surement prédestinée et pour la première fois depuis des années et des années, depuis ma naissance en fait, je me sentis mieux. Certes cela ne changeait rien à mon problème mais j'avais le sentiment qu'en parlant avec Elisa, il s'allégeait. Elle aussi me confiait ses petits soucis et je l'aidais à les résoudre, des problèmes de cœur principalement. L'amour était en effet selon elle une chose magique et magnifique ( elle reprenait souvent les mots de Mme Mireille, notre maîtresse de Cm1 ) néanmoins, il était aussi ce qui nous faisait le plus souffrir. Mais quel qu'en soit le prix à la fin, l'amour est un sentiment unique qui vaut la peine d'être vécu. Chaque journée, chaque aventure ou mésaventure, je la racontait à Elisa, elle était ma seule confidente et je tenais énormément à elle, un peu comme une sœur en fait. Je lui parlai un jour de ce garçon qui me faisait tourner la tête dès que je le voyais. Comme nous deux, il était en première, il passait tout son temps libre avec sa bande d'amis, ils semblaient tous très liés. Le jeune homme appelé Ethan avait les cheveux bruns, légèrement frisés, la peau mate et possédait de petits yeux noisettes adorables. Il était certainement le plus timide de la bande et le moins turbulent mais comme les autres, il avait sa place au sein du groupe qui semblait être sa seconde famille. Son corps n'était pas si mal, je veux dire qu'il était bien formé, musclé mais juste ce qu'il fallait, ce n'était surement pas le plus bel homme de la Terre du moins selon les critères féminins mais pour moi, il semblait l'être.

« - Dis-moi Seb, tu ne serais pas amoureux par tout hasard ? me demanda ce jour-là Elisa.

- Mais non bien sûr que non, c'est juste que il est beau et puis il a l'air sympa.

- Mouai...

- Crois-moi, je ne l'aime pas enfin je ne pense pas.

- Ah donc tu n'es pas sûr ! s'exclama-t-elle.

- Ecoute, je pense seulement que tu devrais peut-être aller lui parler, il sera sans doute mieux que tous les autres, je pense à toi chérie et je me dis qu'il serait bien que tu aies une vraie relation et avec une bonne personne pour une fois.

- Et je t'en remercie mais ne t'en fais pas pour moi et puis, de un, je ne vais pas aller draguer le futur copain de mon meilleur ami et...

- Futur mari mais arrête tes bêtise s'il-te-plait Elisa, la coupais-je.

- Laisse-moi finir, merci. Et de deux j'ai déjà quelqu'un en tête, dit-elle avant de me faire un clin d'œil.

- Ah oui, c'est qui ?

- Je te le dirais seulement si tu vas lui parler.

- Et je lui dirais quoi ?

- Mais j'en sais rien moi, trouve.

- Il n'y a vraiment que vous les filles pour oser faire du chantage pour des choses aussi importantes.

- Donc tu reconnais que cela t'importe, j'avais raison ! Tu l'aimes.

- Je n'en sais rien, je n'ai jamais su ce qu'était l'amour et je ne le saurais sans doute jamais.

- C'est parce que tu n'écoutes pas assez ton cœur Sébastien, et puis même s'il n'est pas réciproque l'amour est toujours de l'amour et il reste merveilleux. En plus comme tu le sais : « Qui ne tente rien, n'a rien ».

- Si tu le dis.

- Je le dis, répliqua Elisa en me souriant.

- Bon ok j'y vais tu as gagné.

- Youpi ! »

Comme promis, je me dirigeai en direction de l'adolescent concerné qui pour une fois se trouvait être seul. Il écoutait de la musique sur son téléphone et ne pouvait donc m'entendre à cause des écouteurs. Comme moi la plupart du temps quand je suis seul, il était complètement plongé dans son univers du moins il m'en donnait l'impression. Ne sachant comment l'aborder je passai ma main devant lui afin d'annoncer ma présence et une fois qu'il eut retiré ses écouteurs, je dis simplement :

« - Salut !

- Hum bonjour, qui es-tu ? Attend ne me dis rien, encore un prétendant de ma sœur, écoute je sais qu'elle est belle mais un peu de respect tout de même, c'est ma sœur et non je ne peux pas te donner son numéro.

- Non je ne suis pas venu pour te demander le téléphone de ta sœur, aucunement.

- Mais alors pourquoi ? Enfin je veux dire, on ne se connait pas alors je ne vois pas trop ce que tu fous devant moi.

- Je ne voulais pas te déranger désolé, c'est juste que je t'ai vu tout seul ici, j'étais avec une amie et puis je me suis demandé si tu avais un problème, tu me paraissais être ailleurs .

- Ah dans ce cas c'est à moi de m'excuser, tu sais il y en a tellement qui viennent me voir pour elle comme si j'étais le boulanger et que Lily était le pain...

- Drôle de comparaison mais je comprends. Alors ils sont où tes potes ?

- En cours.

- Et pas toi ?

- Bah non tu vois, j'avais besoin de réfléchir.

- Oui moi aussi des fois, j'ai besoin de mettre à l'écart juste pour pouvoir être tranquille et faire le point.

- C'est vrai ? Toi aussi ? Je pensais que c'était un truc de fille moi ce genre de chose.

- Tu sais les filles et les garçons, nous ne sommes pas si différents.

- Ah oui, pourquoi tu dis ça ?

- Et bien ce n'est parce que l'on est un homme que l'on ne peut pas pleurer devant « Titanic » ou « Nos étoiles contraires », ce n'est pas parce que l'on est une femme qu'on ne peut pas adorer les sports de combats, ce n'est pas parce que l'on est un garçon que l'on ne peut pas aimer la même chose que les filles...

- Oui je vois ce que tu veux dire.

- C'est vrai ?

- Oui, notre sexe n'a pas de réel rapport avec nos goûts.

- Alors toi aussi ?

- Quoi moi aussi ?

- Et bien tu n'aimes pas comme les autres.

- Oui, c'est vrai parce que j'ai toujours eu du mal à faire confiance et l'amour me reste encore très abstrait.

- C'est pareil pour moi.

- Ah bon toi aussi ?

- Oui. Je pense d'ailleurs que je peux te dire un truc du coup. Enfin si tu veux bien et que tu me promets de ne pas le répéter.

- Va y, tu peux me faire confiance je ne dirais rien.

- Et bien je crois, non en fait je le sais parce que je sens mon cœur battre de plus en plus vite, expliquais-je avec sincérité, je crois que je t'aime.

- Hein ! S'exclama-t-il en me regardant avec des yeux plein d'incompréhension.

- Et bien je n'aime pas les filles mais comme elle je suis capable de tomber amoureux des garçons mêmes s'ils sont du même sexe que moi. Et il se trouve que mon cœur s'est épris de toi.

- Mais moi je ne t'aime pas, enfin je veux dire que je ne peux pas t'aimer, je suis purement hétérosexuel seulement je n'ai pas eu beaucoup d'aventure c'est tout. Je suis désolé de te l'apprendre surtout si ce que tu dis est vrai mais ton amour n'est pas réciproque. »

Je n'avais pas les mots pour décrire ce que je ressentais, je m'étais à nouveau trompé mais cette fois, j'étais heureux que la personne ne me rejette pas comme une vieille chaussette, qu'elle ne me prenne pas pour un démon et que l'école entière ne se mettent pas à m'humilier. Enfin à ce niveau-ci peut-être aurais-je parlé un peu trop vite puisque lorsque je me retournai, je me rendis compte qu'une centaine de personnes formait un cercle et était agglutiné autour de nous. Ils avaient tout entendu et j'entendais déjà leur rire mesquin siffler dans mes oreilles. Certains riaient déjà et commençaient à s'armer de ce qu'ils avaient sous la main afin de me les balancer à la figure. Ethan s'excusa de cette situation et me conseilla de m'en aller, ce que je fis volontiers. Durant ma course, je reçu sur la tête toutes sortes de choses que mes « camarades » s'amusaient à me lancer, jonglant entre gomme, crayon et insulte, je réussis à m'en sortir indemne physiquement mais mon cœur gardera à jamais cette cicatrice.

Je ne savais pas vraiment où aller alors je partis en direction de la maison d'Elisa, mon seul refuge. Je la trouvai d'ailleurs sur le chemin et elle n'eut pas besoin de me poser la question sur ce qu'il c'était passé et comment j'allais car elle le savait déjà, elle me prit dans ses bras.

« - Je suis désolé, terriblement désolée, je n'aurais jamais dû t'encourager à y aller.

- Non ce n'est pas de ta faute, c'est moi qui suis trop naïf et puis j'y crois si facilement à chaque fois mais ce ne sont que des quiproquos.

- Tu ferais mieux de rentrer chez toi pour t'allonger Sébastien et... dormir te ferais du bien je pense.

- Si tu le dis mais je n'ai pas envie de rentrer.

- Ne me pousse pas à t'y obliger s'il-te-plait.

- Ok viens alors. »

Et elle me suivit jusqu'à chez moi, le trajet se fit dans un profond silence mais son encombre. Lorsque nous arrivâmes, mes parents étaient dans la salle à manger. Je leur lançai un bonjour et conduisit mon amie jusqu'à ma chambre mais ma mère me retint.

« - Et bien Sébastien, tu ne nous présentes pas ton amie ?

- Hum maman, papa, voici Elisa, une amie d'école.

- Tu sais mon garçon tu peux nous dire clairement que c'est ta petite amie, il n'y a pas de honte, en plus elle est très jolie cette jeune fille et me parait être très aimable. Dit mon père.

- Excusez-moi monsieur mais Seb et moi ne sommes pas en couple mais seulement de très bons amis, répondit Elisa.

- Oh ne vous inquiétez pas mademoiselle, vous pouvez me dire la vérité, je ne mange personne, expliqua mon père en riant.

- Bon papa, une dernière fois, Elisa n'est pas ma petite amie et ne le sera jamais comme toutes les femmes qui peuplent ce monde.

- Ah oui mais mon lapin il faudra bien pourtant un jour te marier, il ne faut pas avoir peur de l'avoir tu sais, me dit ma mère.

- Maman, papa, il faut que je vous dises une chose que je ne vous ai jamais dite et pourtant j'aurais dû le faire il y a des années.

- Qu'il y a t'il Sébastien ? Demanda mon paternel.

- Et bien voilà, j'aime les hommes. »

Lorsque je prononça ces mots, je vis les yeux de mes parents changer de nombreuses fois de teintes pour finalement finir par un gris terne et vide. Ma mère se mit à pleurer dans un profond silence prononçant seulement quelques fois ces mots « Mon fils, pas normal, pas homme, je ne serais jamais grand-mère, mais qu'ai-je fais au bon Dieu pour mériter cela ? » alors que mon père se mit dans une colère pas possible et me jeta à la porte de l'appartement avec Elisa. C'en était trop pour moi, je n'en pouvais plus, vivre était un bien trop gros fardeau pour moi et d'ailleurs, plus rien ne me retenait sur cette Terre. Alors laissant mon amie sur le palier, je me mis à monter quatre par quatre les marches de l'escalier qui menait à la terrasse de l'immeuble. Une fois en haut je m'approchai du bord, regardai une dernière fois derrière moi, elle était là, en larme me criant de ne pas sauter mais elle n'eut pas le temps de venir jusqu'à moi car après lui avoir lancé un dernier regard rempli d'amitié et de pardon, je me jetai du haut de cette édifice, haut d'une dizaine de mètres. Durant ce courant instant que dura ma chute, je me sentis enfin libre puis mon corps vint s'écraser sur le pavé et mes os se brisèrent.

Voici ici l'histoire de Sébastien mais il en existe tant d'autres, tant d'enfants et d'adolescents se suicident car leurs proches n'ont pas été capable d'accepter leur différence. Etre homosexuel n'est ni une maladie ni une abomination, il ne s'agit que d'une orientation sexuel et aimer une femme ou un homme n'a pas de différence, l'amour est unique, universel et sans condition. Alors je n'ai qu'une chose à vous dire, acceptez-les car comme nous, ils sont humains et méritent le bonheur.

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NDA :

Coucou mes amours ! J'espère que cette "petite" nouvelle vous a plu ! Pour ceux qui sont déjà venu sur mon profil vous devez savoir que cette dernière constitue une œuvre à part entière mais je compte la faire basculer sur ce livre, je trouve qu'elle a tout à fait sa place. J'ai hâte de vous poster de nouveaux travaux comme ceux-ci et j'espère que ça vous plaît. Sur ce plein de bisous et bonne chance pour la rentrée !

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