CHAPITRE 22
Je fais défiler sur mon portable les différents tweets qui ont été publiés suite à l'annulation du concert d'Harry, alors que ma main libre est toujours plongée dans ses cheveux et lui masse doucement le crâne. En temps que petit-ami je ne devrais pas regarder tout ça, mais en temps que patron il le faut. Je dois savoir les retombées que ça peut avoir sur lui, sur sa carrière.
Je finis par verrouiller mon portable et regarde mon chanteur. Il dort encore, et je n'ai aucune envie de le réveiller, mais il faut vraiment qu'on se bouge.
- Harry, je chuchote en appuyant un peu plus mes caresses.
Je me penche et embrasse délicatement sa mâchoire. Il gémit et s'accroche un peu plus à ma hanche.
- Il est plus de 10h, faut que t'ailles courir.
- Quoi ? il marmonne. Qu'est-ce-que tu racontes ?
- T'as une prise de sang à 14h, il faut que tu transpires pour éliminer les toxines.
Il ouvre enfin les yeux et semble se rappeler tout ce qu'il s'est passé. Je continue de jouer avec ses cheveux et embrasse son front.
- Ton assistante a déposé le p'tit déjeuné y a une petite heure. Tu devrais manger quelque chose.
- J'ai pas envie de bouger, il murmure en passant ses doigts sur mes tatouages. Mais je peux transpirer ici avec toi...
Il tâte clairement le terrain. Je m'éloigne et sors du lit pour aller récupérer le sac en papier avec le petit-déjeuné, puis les deux jus d'orange et le lait qu'elle a mit au frigo.
- Peut-être que ce n'est pas nécessaire que tu transpires, ça dépend de ce que tu as prit.
Moi aussi je peux tâter le terrain et tenter. Je m'assois au bord du lit et vide le sac. Je sors les coupelles de salade de fruit, le muesli et les toasts à l'avocat.
- C'est toi qui a commandé ça ?
- Tu dois manger équilibrer, ça fait partit du processus. T'auras peut-être le droit à des gaufres demain.
J'ouvre une bouteille de jus d'orange et en bois une longue gorgée. Harry regarde son petit-déjeuné sans trop d'envie.
- Qu'est-ce-que t'as prit ?
- Je voulais juste... oublier un peu.
- Oublier quoi ?
- Toi tu as ton travail qui occupe une grande partie de tes journées... moi je suis sur les routes, seul dans ce bus la plupart du temps. Je voulais oublier pendant un moment que tu étais à Londres avec... Michael.
Mes sourcils se froncent aussitôt.
- Tu t'es shooté parce-que tu t'ennuis et t'as peur que je recouche avec Michael ?
- Non, non c'est pas ça du tout, il secoue la tête, ses doigts jouant nerveusement avec le draps. Je suis entouré de millier de personnes tous les soirs, et ils sont tous incroyables et adorables... mais il me manque toujours quelqu'un. Quelqu'un qui comprenne que malgré les apparences, malgré le fait que j'adore mon métier et ma carrière... c'est aussi extrêmement difficile à vivre.
Mon visage se détend au fur et à mesure que les mots sortent de sa bouche. Les larmes me montent aux yeux et je serre les dents pour ne pas les laisser couler.
C'est presque dingue à quel point on se ressemble... Alors ça fait tilt.
- C'était de l'héro ?
Il hésite, mais fini par acquiescer.
- Tu en prends souvent ?
- Non, c'est occasionnel, je te jure.
- Ça veut dire quoi occasionnel ? Une fois par semaine ? Deux fois ? Plus ?
- J'en avais pas prit depuis des mois, avant qu'on soit ensemble en fait.
- Donc ta dernière dose c'était avant-hier ? C'est détectable 12 heures maximum dans le sang, donc ça devrait aller.
- Je peux donc laisser tomber la course et commander un déjeuné un peu plus gourmand ?
Je secoue la tête et passe ma main dans les cheveux.
- Tu ne me crois pas, c'est ça ?
- Je préfère ne pas prendre de risque. Et toi ?
Il secoue la tête et prend un des toasts à l'avocat. Il mord dedans sans grande conviction et récupère son portable sur la table de nuit.
- Je suis quand même content que tu sois là.
- J'aurais préféré venir pour une autre raison.
Il fait une petite grimace et remonte une de ses jambes contre son torse. Je le regarde pendant quelques instants avant de me lever pour aller m'habiller dans la salle de bain.
- Tu manges rien ?
- J'ai pas faim.
Je sors ma brosse à dent de mon sac et pique le dentifrice d'Harry.
- T'es vraiment fâché ? il chuchote en s'appuyant contre l'encadrement de la porte.
- Je sais pas quoi te répondre.
- Tente quand même.
Le chanteur me fixe tout en mordant à nouveau son toast.
- Je t'en veux d'avoir faillis tout gâcher, et en même temps je sais que c'est difficile. Tu te rends compte que ma position est compliqué ? On est ensemble, et je veux vraiment t'aider... Mais je ne peux pas faire de favoritisme non plus. Ça m'a rendu malade de ne pas te prévenir pour le test, mais je ne pouvais pas...
- Tu étais au courant ?
- Évidemment. Sophia m'a appelé avant, elle voulait être sûre de ce qu'elle devait faire si jamais c'était positif.
Il baisse légèrement la tête, évitant mon regard.
- Je me demande si on ne devrait pas rediscuter de ton contrat. Enfin... Je pense plutôt à passer ton dossier à John, mon associé. J'ai confiance en lui, il sera impartiale et...
- Non Louis, il soupire. Ne recommence pas, s'il te plaît. Je veux que tu restes mon producteur.
- Ne me complique pas la tâche alors, s'il te plaît.
- Je ne le referais plus, je te promets.
Je l'ai fait un bon nombre de fois cette promesse... Et je ne l'ai tenue qu'il y a presque 5 ans.
- Au centre j'avais un psy qui me...
- J'ai pas besoin de faire une desintox, il me coupe aussitôt.
- Laisse-moi finir, s'il te plaît. Je ne t'impose rien du tout, tu fais ce que tu veux. J'aimerais que tu lui parles. Il peut te faire une séance en visio, ça ne sera pas un problème. Il était vraiment compréhensif, il met à l'aise et... Enfin je te parle de lui parce-que je le connais, je sais comment il travaille. Mais tu peux voir un autre spécialiste... Ou personne. C'est comme tu veux.
Il semble réfléchir, alors j'en profite pour me laver les dents.
- J'ai pas besoin d'en discuter avec quelqu'un, je vais bien, il fini par dire.
Je ferme les yeux et me rince la bouche avant de me mettre en face de lui.
- D'accord, là je vais être cash. Si tu allais bien je ne serais pas là maintenant. Je serais venu comme je l'avais prévu à Boston. Et moi aussi je me répétais tout le temps que j'allais bien, j'allais tellement bien que j'ai faillis mourir juste devant mes fans !
- Mais toi et moi ça n'a rien à voir !
- Je croyais que c'était moi qui te comprenais, qui savait ce que c'était. Tu te fous de ma gueule en fait ?
Il secoue la tête et s'approche de la commode.
- T'as raison, je vais courir ça vaut mieux.
- Ouais, sûrement.
Je retourne dans la salle de bain et fini de me préparer. Harry part en claquant la porte. Oui il valait mieux qu'il parte, j'ai aucune envie de vraiment m'engueuler avec lui.
* * *
Harry a fait sa prise de sang puis il est partit se reposer dans le bus, on attend maintenant les résultats. Comme on part dans une demi-heure à Cleveland, le labo nous contactera dès que ce sera prêt.
Je rejoins Harry dans le bus après un rapide point boulot avec Sophia. Il est caché sous la couette, mais je sais qu'il ne dort pas. Je m'assois au bord du lit et glisse mes doigts dans ses cheveux.
- Ça va ?
Il secoue ses épaules. Je m'allonge complètement sur lui, et cache mon visage dans son cou. Ce qui est fait est fait, et je vais bientôt repartir donc je n'ai pas envie qu'on passe le reste de notre temps ensemble à se faire la gueule.
- Je suis désolé, je chuchote.
- Moi aussi, je suis désolé.
Il s'allonge sur le dos et passe ses bras autour de moi.
- Ça fait presque 24 heures que t'es là, et tu ne m'as pas encore embrassé.
Je souris et me penche pour frôler délicatement ses lèvres. Je l'embrasse d'abord doucement, puis dévie mes baisers le long de sa mâchoire. Son corps bouge légèrement, me laissant m'installer entre ses jambes. Je frissonne en sentant ses doigts effleurer ma peau. Cinq semaines c'est bien trop long...
* * *
Le trajet jusqu'à Cleveland a été... agréable, plus qu'agréable même. J'avoue que je resterais bien encore un peu au chaud sous les draps avec mon homme... mais il doit aller faire le soundcheck dans la salle de ce soir. Moi je ne vais pas me gêner pour faire une petite sieste je pense.
Harry sort de la salle de bain, une serviette autour des hanches. Il a vaguement séché ses cheveux et les rassemblent dans un chignon avant de prendre des vêtements dans la commode. Sans me gêner, je le regarde enfiler un boxer et un jogging noir avant de s'approcher de mon sac pour me prendre un t-shirt. Je souris lorsqu'il passe le tissu qui lui va tout juste, puis revient vers moi.
- T'as intérêt à être encore là quand je reviens, il chuchote avant de m'embrasser.
Je pouffe contre sa bouche et passe mon bras derrière sa nuque pour l'empêcher de s'éloigner de moi. Je mets un peu trop de passion dans notre baiser, le faisant doucement gémir. Petit à petit, il s'assoit sur mes cuisses. Je remonte un peu son t-shirt pour embrasser sa hanche et il éclate de rire en se reculant.
- Je vais y aller, avant de mettre vraiment tout le monde en retard.
- Mmh, ça vaux mieux.
J'ai bien trop envie de le garder avec moi, mais je ne dois pas oublier qu'il travaille, on est pas en vacances.
- Ça va ? il demande en caressant ma joue.
J'acquiesce et tourne la tête pour embrasser ses doigts.
- Et toi ?
- Très bien. Je t'aime, il chuchote avant de m'embrasser brièvement, puis descend du lit. A tout à l'heure.
- Je t'aime.
Je le regarde prendre sa veste et enfiler ses baskets avant de sortir. Je souris et bouge un peu les oreillers pour m'allonger correctement et essayer de dormir un peu.
Mais rapidement, il me manque trop. Je prends une rapide douche et pique un de ses sweats que je passe avant de sortir.
Mon portable vibre alors que je tire sur ma capuche pour me couvrir un minimum de la pluie. Je soupire mais décroche en voyant que c'est Liam.
- Salut Liam. Qu'est-ce-qu'il se passe ?
J'ai un peu tout laissé en plan pour venir aider Harry, j'ai juste envoyé un bref mail à mon secrétaire pour qu'il se charge de décaler mes réunions et autres rendez-vous. J'avoue je filtre un peu ses appels depuis que je suis partis.
- Salut... j'aimerais savoir si tu as une idée du moment où tu vas rentrer ? Je décale au mieux, mais c'est compliqué... le planning de John est déjà chargé.
- Je sais pas trop encore, je vais sûrement rester encore quelques jours, je réponds en remerciant de la tête le gars qui m'ouvre la porte de l'entrée des artistes. Peut-être une semaine ?
- Une semaine ? Mais je pensais que c'était réglé. Harry a fait les tests ?
- Ouais, mais...
- Hé ? J'peux voir votre badge ? demande un gars un peu plus loin alors que je m'apprête à entrer dans la loge d'Harry.
- Quitte pas, je souffle à Liam en baissant ma capuche. C'est bon, je...
Mon souffle se coupe lorsque je le reconnais. Putain. Diego. Mais c'est une blague ?
Je regarde son badge... Garde du corps. Garde du corps ?!
Je le revois complètement à poil dans le salon de mon chanteur... Putain, et si c'était lui qui a donné l'héro à Harry ? C'est sûrement pour ça qu'il ne voulait pas m'en parler.
- Monsieur Tomlinson ! Je suis désolé, je...
- Il est là ? je demande en désignant la porte de la loge.
- Non, le soundcheck n'est pas fini. Vous...
Je coupe l'appel avec Liam et me dirige vers les backstages, le cœur battant. Personne ne m'arrête alors que j'arrive sur le côté de la scène. Il rit avec Mitch avant de se concentrer sur le micro et commence à chanter.
Il faut que je prenne sur moi. Je ne peux pas faire une scène et me prendre la tête avec lui maintenant.
J'inspire profondément et essaye de me reprendre.
- I want to write you a song. One that's beautiful as you are sweet. Just a hint of pain for the feeling that I get when you are gone. I want to write you a song.
Ses yeux se ferment et il sourit doucement. Je nous revois tous les deux dans son canapé, la première fois qu'il m'a chanté cette chanson... j'aimerais revenir à ce moment. Tout était beaucoup plus simple entre nous.
Harry tourne la tête vers moi et son sourire s'agrandit aussitôt. Sophia s'approche de moi, son portable à la main.
- Les tests sont négatifs, on peut maintenir le concert de ce soir.
Je soupire de soulagement et me tourne vers elle.
- Je te laisse gérer.
- Où est-ce-que tu vas ? elle demande alors que je m'éloigne.
- Je rentre à Londres.
- Tu ne restes même pas pour le concert ?
Je secoue la tête et force un sourire avant de quitter les backstages. Je retourne au bus et récupère mon sac abandonné sur le canapé. Je ramasse mes affaires un peu partout dans le bus tout en regardant les vols pour Londres sur mon portable.
J'entends la porte s'ouvrir, et en quelques secondes Harry est là.
- Qu'est-ce-que tu fais ?
Je n'ai même pas envie de lui hurler dessus en fait... je suis juste déçu, et blessé. Ça fait des semaines que Diego est avec lui, et il ne m'a rien dit.
- Je rentre. Tes tests sont négatifs donc c'est bon pour ce soir.
Je valide le prochain vol. J'ai une escale de 4 heures à New-York, mais tant pis, il faut que je parte.
- Mais je... je pensais que tu regarderais le concert de ce soir.
- Je ne peux pas.
J'évite de le regarder et continue de remplir mon sac.
- Qu'est-ce-qu'il se passe ? Attends, arrête, il souffle en m'empêchant de fermer la fermeture éclair.
- Y a rien, j'ai juste plus besoin de rester ici.
- Mais moi j'ai besoin que tu restes. Ça fait même pas 24 heures que t'es là...
Je n'ai même pas besoin de le regarder pour savoir qu'il a les larmes aux yeux, je le sens à l'intonation de sa voix.
- Vraiment ?
Je retire le sweat que je lui ai pris tout à l'heure et passe un des miens.
- Louis, s'il te plaît...
- Bonne chance pour ce soir.
Je mets la lanière de mon sac sur mon épaule et sors du bus, le coeur battant bien trop fort. Il faut que je m'en aille. J'ai à peine le temps de faire un pas dehors que deux bras m'enlacent et il me soulève contre lui pour me remonter dans le bus.
- Lâche-moi tout de suite ! je hurle en poussant sur ses bras pour l'obliger à défaire sa prise. Harry putain !
- Tu peux pas partir comme ça !
La porte du bus se referme alors qu'il me pose sur le canapé. Mais c'est une blague ? Il vient vraiment de me déplacer comme si j'étais aussi léger qu'une peluche ?
- Alors tu me séquestres ?! je lance en me relevant.
- Mais explique moi ! Tout allait bien, et tu...
- Tu pensais vraiment que je n'allais pas découvrir que ton ex plan cul ou je sais pas quoi étais ici ? Ton garde du corps en plus ! je crie à nouveau et le repousse.
Il blêmit aussitôt et baisse la tête.
- J'allais te le dire, je te jure. Il ne devait pas bosser aujourd'hui, je pensais que...
- J'en ai rien à foutre. Je rentre, et t'as pas intérêt à m'obliger à revenir parce-que t'auras prit sa merde.
- Je suis désolé. Vraiment, vraiment désolé. Il ne s'est rien passé depuis que tu nous a vu chez moi. Je te promets que c'est resté professionnel entre nous.
- Très professionnel de se passer de l'héro. Quelqu'un que je connaissais faisait ça... ça te dis rien ?
Harry avale difficilement sa salive et les larmes coulent finalement sur ses joues. Il ne nie pas le fait que c'est Diego qui lui a fourni de la drogue.
- Je suis désolé... on s'est déjà expliqué sur ça, je t'en prie...
Je ne supporte pas quand il pleure, j'ai l'impression de le revoir aux BRIT à chaque fois.
- Tu peux pas t'en aller...
Il fait un pas vers moi, mais je le repousse encore. Hors de question qu'il me touche.
- Alors tu le vires, je lâche sans vraiment réfléchir. Il dégage dès ce soir.
- Et Michael alors ? Toi tu peux continuer à bosser avec ton ex plan-cul mais pas moi ?
- Je veux qu'il s'en aille parce-qu'il t'a donné de la drogue !
La mauvaise foi est une de mes qualités. Oui, je suis jaloux, et oui je suis gonflé d'exiger ça.
- D'accord, il s'en va. Je le vire.
Harry se rapproche, et cette fois je le laisse faire. Ses bras m'enlacent avec douceur et il cache son visage dans mon cou. Malgré moi, je n'arrête pas de me dire qu'il a forcément dû se passer quelque chose entre eux ces dernières semaines.
- Dès que tu m'as laissé ma chance, je ne voyais plus que toi Louis, il chuchote contre ma peau.
Je ferme les yeux, retenant mes larmes. Bordel, comment il arrive à me faire ressentir tout ça ?
- Si tu me soulèves encore comme ça, je me gênerais pas pour te frapper les couilles.
- Je peux te soulever autrement ? il sourit un peu en embrassant ma gorge.
Je me décale et prends mon portable.
- Je vais réserver une chambre pour ce soir. Juste pour moi, je précise avant qu'il ne s'emballe. Toi tu restes dans ton bus.
- Mais Louis, il soupire en prenant ma main pour me ramener contre lui. J'ai besoin de dormir avec toi, une nuit c'est pas...
- Moi j'ai besoin d'un peu d'espace.
On se fixe pendant quelques secondes et il fini par acquiescer, les yeux encore brillants de larmes. C'est dur, mais là j'ai vraiment l'impression qu'il m'a prit pour un con en pensant que je ne saurais jamais que Diego était là.
Il me cache qui travaille avec lui, ce qu'il prend... Ça commence à faire beaucoup.
***
Bon... C'était un peu les montagnes russes ce chapitre 😂😂 j'espère qu'il vous a quand même plus !
Louis un peu culoté quand même, mais bon 😂
#LEGENDSfic
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