CHAPITRE 10
- Je me demande comment on peut se lasser de ça, murmure Harry, le souffle encore un peu court.
J'abandonne ma contemplation de la mer à travers la baie-vitrée pour regarder son visage. Allongé à l'opposé de moi sur le lit, la tête au pied, il fixe le plafond de la chambre.
- De quoi ? Des orgasmes ?
Mes doigts effleurent sa peau, montant et redescendant le long de son mollet.
- Pas que ça. L'orgasme c'est la finalité, et c'est incroyable... mais je crois que je préfère... tu sais, cette seconde juste avant. T'es proche, prêt à craquer, et t'en as envie mais en même temps t'aimerais prolonger un peu cette sensation. Tu vois ?
Je souris et me penche pour embrasser le dessus de son pied. Je remonte lentement mes baisers le long de sa jambe, puis m'arrête sur sa hanche que je mordille en douceur.
- Je vois très bien, je chuchote en reprenant mon ascension, mon corps surplombant petit à petit le sien.
Je m'assois sur le haut de ses cuisses et pose mes mains sur ses hanches. Nos regards se croisent mais il se détourne aussitôt en riant.
- Oh c'est pas vrai.
- Quoi ? Pourquoi tu ris ?
- Je ne peux même pas te regarder.
- Je dois mal le prendre ?
Il s'assoit et dépose de légers baisers sur mon torse tout en enlaçant ma taille.
- Tes yeux. Le bronzage fait ressortir leur bleu, ils sont encore plus beaux.
Je sens mes joues chauffer un peu et je me penche pour l'embrasser. Harry répond aussitôt à mon baiser, ses bras se resserrant autour de moi.
- On peut rester ici pour toujours ? il murmure contre ma bouche.
- Si seulement.
* * *
Je dors presque, allongé sur le côté. Harry est installé dans son transat, tout près du mien. Il ne dort pas car je sens ses doigts caresser mon bras posé sur son ventre.
Bordel qu'est-ce-qu'on est bien là.
C'est paradisiaque, et ça fait tellement de bien de se couper d'un peu tout. Pas de boulot, rien à gérer... Juste Harry et moi.
On le refera bientôt. Très bientôt. Il nous a fallu un an et demi pour faire nos premières vacances de couple, mais c'est clair qu'on attendra pas aussi longtemps pour les prochaines.
Harry s'assoit et prend mon bras pour le reposer délicatement sur mon transat. Ça me réveille un peu trop.
- On était bien là, je souffle.
- Je reviens.
Il embrasse mon épaule et se lève de sa chaise longue. Je soupire et bascule sur le dos. Il ne tient pas en place, c'est fou ça.
Je finis par m'asseoir aussi et le cherche du regard. Je repère son magnifique short de bain bleu et comprends aussitôt ce qu'il se passe. Harry s'est approché d'un groupe de jeunes filles qui ont leurs portables en main. Elles gloussent un peu trop à l'arrivée de mon homme et s'agglutinent autour de lui. Il a le don pour repérer les gens qui prennent des photos "discrètement".
Je remonte un peu mes jambes contre moi et m'assois pour croiser mes bras sur mes genoux. J'observe la scène, espérant que ces jeunes filles seront compréhensibles et pas hystériques.
Je savais qu'on n'aurai pas de problèmes avec les paparazzis dans l'enceinte de l'hôtel, mais j'avoue que je n'avais pas vraiment pensé à ses fans.
Harry leur parle, il a l'air calme, comme toujours lorsqu'il s'adresse à eux.
Un employé de l'hôtel dépose les cocktails qu'Harry a commandé tout à l'heure sur la petite table d'appoint dans le sable.
- Merci, je souris brièvement en prenant mon Virgin Mojito pour vite me reconcentrer sur Harry.
Je bois un peu, le cocktail glacé est plutôt appréciable vu la chaleur. Mon petit-ami se retrouve à signer quelques autographes, il fait même une photo avec chacune des filles, il discute avec elles... Et au final j'ai eu le temps de terminer ma boisson avant qu'il ne revienne.
- Ça va ? je demande alors qu'il se rassoit.
- Mmh, ça va. Désolé pour ça.
- T'as pas à t'excuser, je sais ce que c'est.
- Elles ont supprimés les photos. Pas toutes, je me doute... mais bon.
- C'est ça qui t'embête ?
- Non, je m'en fiche. Mais je sais que t'aimes pas trop ça, alors...
- Donc tu t'es sacrifié. Quelques minutes de ton temps, et en échange elles arrêtent les photos volées, c'est ça ?
- En espérant que ça marche.
Il remet ses lunettes de soleil sur son nez et prend son cocktail de fruit exotiques.
- T'étais pas obligé.
- Ça va, c'était rien.
Mais je vois bien que ça l'agace un peu. Je pense que ça l'aurait moins dérange que ces filles viennent directement le voir plutôt que de prendre des photos comme ça, sans demander.
* * *
Quelques photos sont quand même sortit. Harry s'en veut, alors que ce n'est même pas de sa faute.
- Je suis désolé, il souffle encore sur mon ventre.
- C'est pas la fin du monde, et t'y es pour rien.
Je glisse mes doigts dans ses cheveux tout en continuant de faire défiler les photos sur mon portable. Il y en a quelques unes sur la plage, ou dans le hall de l'hôtel. On s'embrasse sur une ou deux, mais ça reste soft heureusement.
- Si. Faut que j'arrête d'être gentil, parce-qu'au final...
- Je suis pas sûr que t'y arrives, je plaisante en caressant son dos. Te prends pas la tête avec ça.
- Mmh.
Je verrouille mon portable et le pose sur l'accoudoir du canapé. Mes doigts continuent de caresser sa peau chaude et j'observe son visage contrarié.
- Mais ça m'agace parce-qu'on avait dit des vacances juste tous les deux...
- Lorsqu'on sort en public on n'est jamais vraiment tous les deux. Ce n'est pas possible lorsqu'on a autant de fans que toi. Le seul moyen qu'on aurait d'être tranquille serait de se cloîtrer dans une ville, et j'en avais vraiment pas envie. Je voulais la plage, et qu'on se fasse servir toute la journée. C'est rien du tout, quelques photos sur une semaine c'est pas trop grave.
Son portable sonne sur la table basse et décroche l'appel vidéo de sa soeur.
- Salut frangine, sourit mon petit-ami.
- Salut belle-soeur.
- Salut ! Je dérange pas ?
- Non, du tout.
Il se redresse enfin et s'assoit contre le dossier du canapé.
- Alors, ces vacances ?
- Paradisiaques. C'est vraiment une pré lune de miel parfaite, plaisante mon homme.
- La vraie sera encore mieux, j'ajoute sans vraiment réfléchir.
Il y a un silence, puis Harry tourne la tête vers moi. Je lui souris innocemment et me reconcentre sur mon portable.
- Qu'est-ce-que t'as dit là ?
- Je pense que t'as très bien entendu, je chuchote avant d'embrasser sa joue.
Mon portable vibre, et je perds un peu mon sourire en reconnaissant le numéro du bureau de Simon.
- Faut que je réponde, je souffle en me levant. A plus Gemma.
Je fais un signe de la main devant la caméra et sors sur la terrasse de notre chambre. Je veille à bien fermer la baie-vitrée avant de décrocher, le coeur battant déjà un peu plus vite.
- Allô ?
- Comment se passent tes vacances ?
- Très bien, mais je suppose que tu t'en fiches alors je te passe les détails. Pourquoi tu m'appelles ?
- Tu es prêt à accepter notre proposition à ce qu'il paraît.
- Je suis prêt à négocier, je le corrige en m'accoudant à la rambarde. Rajoute 3 millions et je signe.
- Rien que ça... Tu n'es pas sérieux là ?
- Je suis très sérieux. C'est bien toi qui a dit que j'étais sur la paille, mmh ? Il faut que je renfloue les caisses.
Il ne répond pas tout de suite, il réfléchi. Il faut que je tienne, et que je lui montre que son petit jeu est terminé. Il n'a plus le dessus sur moi.
- 2 millions.
- 3, j'insiste. Qu'est-ce-que c'est, 3 millions de livres pour toi ?
Je tourne machinalement la tête vers la chambre et vois qu'Harry m'observe, alors qu'il semble toujours avec sa soeur.
- D'accord, 3 millions. Le tournage commence dans trois semaines, alors on va rédiger le contrat rapidement et on te l'envoie.
- Parfait, je relirais chaque ligne et le ferais contrôler par mon avocat. Bonne fin de journée.
Je raccroche et prends mon visage entre mes mains. On y est, c'est lancé. Dans trois semaines je vais passer la plupart de mes journées avec mon ex-patron psychopathe... Mais qu'est-ce-qui m'a prit ?
* * *
- C'était une pré lune de miel merveilleuse, sourit Harry en piquant un bout de viande dans son assiette. Tout était vraiment parfait.
Je souris en le regardant. Une pré lune de miel. On a l'air d'être sur la même longueur d'onde vis à vis de ce sujet, et c'est plutôt rassurant.
Ce soir on dîne sur la terrasse du restaurant de l'hôtel, profitant encore un peu de cet endroit paradisiaque. Demain matin on rentre à Londres.
- C'est vrai ? Ça t'a plu ?
Il acquiesce et se penche vers moi pour effleurer ma bouche.
- J'ai aussi adoré t'avoir pour moi tout seul pendant une semaine. Pas de boulot, juste toi et moi.
- On se refera ça très bientôt, promis. Tu choisiras la destination la prochaine fois.
- J'ai déjà hâte.
Son regard se pend un peu sur la mer, ce magnifique sourire toujours aux lèvres. Ça se voit que nos vacances lui ont fait du bien. Il est souriant, détendu... ça fait du bien de le voir comme ça.
Je pensais aborder le sujet d'X-Factor ce soir, parce-que je n'ai vraiment pas envie qu'il l'apprenne par quelqu'un d'autre que moi... mais là j'ai peur de gâcher sa bonne humeur. En fait, je ne sais pas du tout comment il va réagir. Je me doute que ça ne va pas être une explosion de joie... mais est-ce-qu'il sera contre ? Est-ce-qu'il essayera de m'en empêcher ?
J'inspire profondément et prends une gorgée de mon cocktail de fruit. Mon regard tombe sur ma cicatrice. A chaque fois que je la vois elle me rappelle cette soirée à l'O2. Je repense à ma première vraie discussion avec Harry, mais aussi la raison qui m'a fait frapper ce miroir.
Mon petit-ami pose sa main sur la mienne et caresse ma cicatrice avec son pouce.
- Est-ce-que ça va ?
Je secoue mes épaules, hésitant un peu.
- J'ai quelque chose à te dire, mais j'ai peur de gâcher nos dernières heures de vacances.
- Maintenant tu en as trop dit, tu es obligé de me dire ce qu'il se passe. C'est grave ?
- Non. Enfin pour moi c'est pas grave, juste... important.
- Je t'écoute alors.
Il me fixe et ne lâche pas ma main. J'entrelace délicatement nos doigts avant de me lancer.
- Je vais être juge pour X-Factor. On signe le contrat la semaine prochaine.
- Quoi ? Avec Simon ?
J'acquiesce, observant sa réaction. Son regard se perd un peu dans le vide, il essaye de réaliser et de comprendre ce que tout ça implique.
Harry reste silencieux pendant un trop long moment, je me sens obligé d'intervenir.
- Qu'est-ce-que tu en penses ?
- J'en sais rien, je... je comprends pas trop en fait. Pourquoi tu fais ça ?
- Je veux lui montrer... et surtout me prouver que c'est terminé. Il n'a plus de pouvoir sur moi, je peux faire ce que je veux. Je fais ça aussi pour le label, et pour tout ces chanteurs et chanteuses qui ne s'inscrivent pas car ils pensent n'avoir aucune chance face à Simon. Combien de fois tu m'as dit qu'il fallait faire quelque chose, l'empêcher de continuer à...
- Ce n'est pas à ça que je pensais. Louis, c'est incroyable comme décision, et je sais que ça ouvrira des portes à d'autres artistes comme toi et moi, des portes sécurisées... mais je ne veux pas que tu te sacrifies pour ça. Tu vas être avec lui pendant de longues journées, plusieurs semaines d'affilés... je sais comment il est, tu ne peux pas me faire croire qu'il ne sera pas tout le temps derrière toi à essayer de te faire craquer. Il a encore du pouvoir sur toi, et je n'ai pas envie que tu te fasses du mal à prouver le contraire.
- Si il me contrôlait encore on ne serait pas ici tous les deux.
- Je n'ai pas dit qu'il te contrôlait, seulement... il y a encore son ombre autour de toi. Et si tu étais vraiment libéré de lui, tu chanterais. Tu serais sur scène devant des milliers de personnes et tu referais ce que tu aimais tellement avant.
- Ça n'a vraiment rien à voir.
- Si, tu le sais très bien. Tu es une des personnes les plus fortes que je connaisse, Louis. Tu es capable de tellement de chose... et te voir te priver comme ça... t'empêcher de chanter, ça me brise le coeur.
- C'est vraiment pas le sujet là. Pourquoi tu parles de ça ?
- Parce-que tout est lié, et tout est de sa faute.
On se fixe en silence pendant une bonne minute. Je sais qu'il n'a pas totalement tord, mais ce n'est pas ce dont je voulais parler ce soir.
- Donc tu es contre.
- Je ne t'empêcherais pas de le faire, je ne suis pas le patron après tout... mais j'espère que tu es bien sûr de toi. Et je serais peut-être plus rassuré si tu avais un garde du corps, au moins les jours de tournages.
- Non. Ça mettrait encore quelqu'un entre lui et moi. Je peux me débrouiller seul.
Il soupire fortement et croise ses bras sur le bord de la table, son regard rivé vers moi.
- Qu'est-ce-que t'es têtu.
- Je peux te retourner le compliment.
Mon petit-ami rit légèrement et se penche pour prendre mon visage entre ses mains.
- Je suis fier de toi, mais tu ne peux pas m'en vouloir de m'inquiéter... retiens aussi que je serais prêt à intervenir si je vois que ça ne va pas et que tu rentres le soir dans des états pas possible.
Je souris et m'avance assez pour l'embrasser.
- Et si on profitait de notre dernière soirée maintenant ?
* * *
- Je déteste la première classe, soupire Harry en s'asseyant sur son siège.
- Je comprends, cet espace pour les jambes ? Pas agréable du tout, c'est même de la torture, je ris en sortant mon portable pour le mettre en mode avion.
- Au moins en classe éco j'aurais pu m'endormir sur ton épaule.
- Mais quel romantique ! je souris en levant les yeux vers mon petit-ami. C'est que 15 heures, tu pourras dormir complètement sur moi lorsqu'on sera à l'appart.
- Y a intérêt.
Il m'embrasse furtivement avant d'ouvrir son sac à dos. Je le regarde sortir son casque de musique, son carnet, son chargeur de portable. Il a toujours ces même petits rituels en avion et ça me fait sourire. Nos regards se croisent et il sourit.
- Quoi ?
- Rien, je te regarde.
- Je vois ça.
- Tu sais, à propos d'hier soir...
J'inspire profondément, hésitant un peu sur mes mots. Harry a laissé son installation, il m'écoute avec attention.
- J'aime ma vie comme elle est aujourd'hui.
- Étant donné que j'en fais partie, j'espère vraiment.
Je ris doucement et secoue la tête.
- C'est pas ça. Ce que je veux dire, c'est que je ne me prive pas. Chanter n'est plus dans mes priorités, et ce n'est pas qu'à cause de Simon.
- Et écrire ? Tu es tellement doué, pour... non, oublie. Je préfère que tu écrives avec moi.
Mon sourire ne diminue pas alors que je le regarde. Il tend la main vers la mienne et entrelace nos doigts.
- J'espère aussi que tu ne regretteras pas dans quelques années.
- Je peux toujours faire un grand come-back quand j'aurais 50 ou 60 ans, je plaisante en serrant ses doigts. Y a pas d'âge limite pour les come-back.
Il rit doucement et se penche pour effleurer mes lèvres.
- Et je serais au premier rang pour t'encourager.
***
Bonsoir ! J'espère que ce chapitre vous a plu.
Les vacances sont terminées, et nos amoureux vont avoir beaucoup de travail en rentrant...
#LEGENDSfic
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