CHAPITRE 1

Mon regard est bloqué sur ce putain de tiroir. Je ne sais pas pourquoi je garde toutes ces photos. Je pourrais toutes les brûler et essayer d'oublier. 

- Putain, je lâche en passant ma main dans mes cheveux.

Mon portable vibre sur le bureau, je regarde l'écran et soupire en voyant que c'est Harry. Je laisse sonner et ne décroche pas.

Alors que le vibrement s'arrête, la porte de mon bureau s'ouvre subitement, me faisant sursauter.

- Putain mais qu'est-ce-que tu fais là ?!

Harry lève les yeux au ciel en refermant la porte.

- T'as fini d'ignorer les appels ?

- Je les ignore pas, je... j'étais occupé.

Harry s'approche de mon bureau. Je claque le tiroir et le ferme à clé.

- Liam a dit que tu n'avais pas de rendez-vous. T'es enfermé ici depuis ce matin.

- Ça ne veut pas dire que je ne suis pas occupé. Qu'est-ce-que tu voulais ?

Il m'observe, et se penche pour m'embrasser furtivement avant de s'asseoir sur le bord de mon bureau.

- T'as l'air content de me voir, ça fait plaisir. 

- Excuse-moi, je soupire en posant ma main sur sa cuisse. Qu'est-ce-qu'il y a ?

Il prend ma main et me tire vers lui, m'incitant à me lever.

- Je voulais t'inviter à dîner, qu'on passe un peu de temps ensemble. 

- J'ai un concert ce soir, c'est sur l'agenda. 

- Je peux t'accompagner alors ? S'il te plaît...

Il me fixe avec ce petit regard que je déteste tellement... et je ris en passant mon bras autour de son cou.

- T'es sérieux là ? Justement ce soir ? Tu me prends pour un idiot ?

Harry retient un sourire et secoue ses épaules.

- Tu ne peux pas m'empêcher d'y aller de toute façon.

- Tu te souviens de ce qu'il s'est passé la dernière fois que t'as vu Damiano ?

- J'me souviens d'un abrutit un peu trop collant... mais au final, ça a été bénéfique parce-que tu m'as embrassé dans la rue, devant plein de monde et quelques paparazzis.

Je souris en me souvenant de ça. C'était quand même un sacré pas en avant pour moi.

- Tu veux venir pour me surveiller ?

- C'est lui que je veux surveiller, et lui rappeler que je suis toujours là.

Je retiens un rire et glisse mes doigts dans les cheveux de sa nuque.

- Je vois... tu veux marquer ton territoire en fait.

- Peut-être un peu, il rit avant de faire une petite grimace. Alors... t'es d'accord ?

C'est vraiment pas une bonne idée qu'il vienne au concert de Maneskin ce soir. Mais de toute façon, si je refuse il viendra quand même, et ça pourrait être pire si je ne le garde pas un œil sur lui.

- Tu ne lui parlera pas ? C'est le boulot, pas de scandale, s'il te plaît.

- Je dois la fermer même si il te drague devant moi ? Il en serait capable, tu le sais. Et si il reparle de votre baiser ? Je suis censé l'ignorer ?

- Il ne dira rien, et ne fera même pas une insinuation. T'es au courant qu'il a une copine en plus ?

- Une copine ? Ah oui, c'est vrai que vous êtes pareils tous les deux. Moi je ne suis qu'un idiot d'homo à l'esprit fermé.

- Mais t'as fini de dire n'importe quoi ? 

- Attends, attends, il l'a piqué à qui cette copine ?

Je prends son visage entre mes mains et l'oblige à me regarder.

- Je t'aime, et je pense que je n'ai aucune raison de me plaindre de ton orientation sexuelle. T'as pas à flipper comme ça.

Mon petit-ami détourne la tête en marmonnant. Ce sale petit caractère, d'habitude j'aime ça mais en ce moment je ne suis pas tellement d'humeur.

- J'ai rien compris, mais je suppose que c'était volontaire.

- J'ai dis : ça se voit que tu ne vis pas avec toi depuis 5 mois.

Le léger sourire que j'avais gardé se fane aussitôt.

- Quoi ? je souffle en le relâchant.

- Depuis que je suis sortis, depuis que je vis avec toi... t'es distant, et à fleur de peau. 

- Tu trouves ?

Il acquiesce en posant ses mains sur le bureau.

- C'était sûrement trop tôt, je devrais repartir chez moi, et on réessayera un peu plus tard... peut-être.

- Tu veux retourner chez toi ?

- Non, bien sûr que non. Mais si tu ne te sens pas bien, si tu préfères que je... Enfin je peux me débrouiller tout seul, t'as pas besoin de me garder chez toi pour me surveiller.

Les larmes lui montent aux yeux et se détourne aussitôt pour éviter mon regard.

- Je ne t'ai pas demandé de venir t'installer chez moi pour te surveiller. Je voulais...

Je soupire et me masse la nuque. Merde, je fais vraiment n'importe quoi en ce moment.

- Excuse-moi. Je ferais plus attention. Je veux vraiment que tu restes. J'adore te voir quand je rentre, dormir avec toi tous les soirs... et les réveils à deux sont vraiment très sympa aussi, je souris en me rapprochant un peu.

Il sourit en même temps que moi et effleure très rapidement mes lèvres.

- T'es très fort, tu le sais ça ?

- Non, c'est juste que t'es dingue de moi. Je veux vraiment que tu te sentes bien, et je suis désolé si je n'ai pas réussi à te mettre à l'aise chez moi.

- Je suis à l'aise, j'ai juste... je veux que tu le sois aussi, que tu sois plus détendu, plus... je veux juste que tu te sentes bien, et en ce moment tu ne l'es pas, je le vois bien. Ça marche dans les deux sens, tu sais ? Tu fais attention à moi et je fais attention à toi. Enfin, étant donné que depuis un an tu as bien trop fait attention à moi, c'est à mon tour de prendre soin de toi maintenant.

- Je vais bien. J'ai pas besoin que...

- Ne finis pas ta phrase, parce-que là je vais vraiment m'énerver. 

Il me fixe, et je sais que c'est vrai, il n'est pas loin de s'emporter. J'inspire profondément et cède.

- Où est-ce-que tu aimerais dîner avant le concert ?

- Joli changement de sujet. 

Harry lève la main et la pose sur le bas de ma nuque.

- Je t'aime, je suis là pour toi.

Le téléphone de mon bureau sonne, et Harry lève les yeux au ciel avant de se tourner pour répondre.

- Monsieur Tomlinson n'est pas disponible, je peux prendre un message ?

- Tu sais que je déteste quand tu fais ça, je chuchote.

Mon petit-ami se concentre sur ce qu'on lui dit au téléphone, et je vois son sourire se faner légèrement.

- Oui, c'est moi.

Mes sourcils se froncent. Il y a très peu de personnes qui ont la ligne direct de mon bureau, et encore moins qui pourraient reconnaître la voix d'Harry. 

- Qui c'est ? je souffle.

Il se tourne et appuie sur le bouton qui active le haut-parleur, laissant la voix de mon père envahir mon bureau.

- ... de passage à Londres la semaine prochaine, tu pourrais lui dire ? On pourrait aller dîner, discuter calmement.

Je secoue la tête et me recule du bureau. C'est hors de question.

- Tu es aussi invité, bien sûr.

- Merci, c'est gentil à vous. Je lui en parlerai.

Mais il se moque de moi ou quoi ? Harry salue mon père avant de raccrocher.

- T'as pas vu quand j'ai bougé la tête ?

- Je pense que ce n'est pas à moi de refuser les invitations de ton père... Il essaye, Louis.

- J'ai vraiment pas la tête à ça en ce moment. On passe à l'appart avant d'aller dîner ? Faut que je me douche, et me change.

Mon chanteur hésite, mais fini par acquiescer et descend de mon bureau. Je sens pourtant que le sujet n'est pas fini et qu'il reviendra vite sur le tapis.

* * *

Alors que Damiano commence à chanter "I Wanna Be Your Slave", je sens Harry se tendre subitement contre moi.

- Il déconne là ?

- Calme-toi, je souffle en retenant son bras autour de moi. La setlist est prête depuis des mois, et c'est une de leurs meilleures chansons.

Comme si il nous avait entendu, Damiano se tourne vers nous... et me fait un clin d'oeil. Merde.

- T'as raison. Ça aussi ça devait être prévu depuis des mois, soupire Harry.

Je sens qu'il s'énerve, il faut que je calme ça tout de suite.

- T'es entrain de lui donner ce qu'il veut là.

- Quoi ?

- Tu t'es jamais dit que ce qu'il voulait vraiment au fond c'est te faire chier ? Il te provoque, et tu réagis, ça doit l'amuser. 

Mon petit-ami ne dit rien, et fini par souffler avant de prendre une gorgée de sa bière sans alcool.

- Nan. C'est toi qu'il veut. M'énerver c'est juste un bonus. 

Il a sûrement raison... Je caresse doucement son bras et tourne assez la tête pour voir son visage.

- Je m'en fiche complètement de sa chanson, de lui, de ce qu'il s'est passé. C'est uniquement professionnel, d'accord ?

Harry m'ignore un peu, continuant de fixer Damiano qui fait son show. 

- Hé, je souffle en me tournant complètement vers mon homme pour le pousser vers la sortie des backstages. Viens, on s'en va.

- Le concert n'est pas fini. Je croyais que t'étais là pour le boulot, c'est pas très pro.

- T'as oublié que je suis le grand patron ? Je fais pratiquement tout ce que je veux. Et tu es bien plus important que le boulot. Maintenant tu peux avouer que c'était une mauvaise idée de venir ?

Il lève à moitié les yeux au ciel et croise ses bras contre son torse.

- Non, comme ça j'ai pu voir comment cette pétasse te chauffe.

- Bon, on y va. Tu me suis ou je pars sans toi ?

- Tu me laisserais vraiment seul ici ? A la merci d'italiens qui ont accès à de la drogue, de l'alcool, et l'opportunité de casser la gueule de ce con ?

- Tu me laisserais vraiment rentrer seul ? 

Harry soupire fortement et secoue la tête.

- T'es énervé, et épuisé. C'est pas une bonne idée, avoue-le.

- Mmh, c'est vrai, il marmonne.

Je passe mon bras autour de sa taille et l'embrasse dans le cou. Je sens son corps se détendre légèrement contre le mien, et il me rend finalement mon étreinte. 

- On rentre à la maison, je chuchote.

* * *

Je le sens s'éloigner de moi, et ça me tire du sommeil. Mes doigts se resserrent aussitôt autour de t-shirt de mon homme. Ce foutu réflexe.

- Qu'est-ce-que tu fais ? je marmonne.

- J'vais juste aux toilettes. Rendors-toi.

Ses lèvres effleurent les miennes alors que je le relâche tout doucement. J'ouvre à peine les yeux pour le voir quitter la chambre et allumer la lumière du couloir. Je soupire et tire sur la couverture pour me cacher dedans.

Je suis épuisé, mais temps qu'Harry ne reviendra pas je sais que je ne dormirais pas... et là il est bien trop long. Je sais déjà qu'il n'est pas partit aux toilettes.

Je finis par pousser la couverture pour me lever, puis traîne des pieds jusqu'à la salle de bain qui est évidemment vide. Je souffle et avance vers le salon. Comme je m'en doutais, Harry est assit sur le canapé, son ordi allumé sur les genoux. Je m'accoude sur le dossier du canapé, juste derrière sa tête et glisse mes doigts dans ses cheveux.

- Encore une insomnie ?

- Mmh. Désolé, je voulais pas te réveiller. Les somnifères ne font plus vraiment effet on dirait.

- C'est pas grave... tu devrais en parler au médecin, il te donnera sûrement quelque chose de plus fort.

Je continue de caresser sa nuque et regarde l'écran de son ordinateur. L'avantage de ses insomnies en ce moment, c'est que ça l'aide beaucoup à écrire. Mais il doit vraiment se reposer, il est épuisé. Je presse un bref baiser sur sa joue avant d'enjamber le canapé pour m'asseoir à côté de lui.

- Tu me laisses tenter quelque chose ? je demande en prenant lentement son ordi pour le poser sur la table basse.

- Quoi ?

Je m'installe à califourchon sur ses cuisses et embrasse sa mâchoire.

- T'as pas une petite idée ? je murmure contre sa peau.

Mon homme sourit légèrement et tourne la tête pour chercher mes lèvres. Je le laisse m'embrasser avant de descendre pour me mettre à genoux entre ses cuisses.

- Attends, il souffle. Tu peux pas me...

- Laisse-moi essayer.

Je remonte juste assez son t-shirt pour embrasser le bas de son torse. Ma langue fait le tour de son nombril, ce qui lui arrache quelques frissons.

- Mais...

- J'aimerais que tu te détendes un peu. D'accord ?

Mes doigts jouent avec l'élastique de son boxer alors que ma bouche ne quitte pas ses abdos. Je le chauffe en douceur, lentement. Je sais maintenant que ça peut prendre un peu de temps même si le doc a diminué sa dose de méthadone il y a quinze jours.

Je tire sur le tissu du boxer et il soulève juste assez ses hanches pour que je lui enlève. J'embrasse l'intérieur de ses cuisses à une lenteur extrême, remontant toujours un peu plus haut.

Je sens sa main sur mon épaule, puis elle se faufile jusqu'à ma nuque. Mon corps se fige aussitôt, ma peau me picote à l'endroit où sa paume est passée. Je ferme les yeux quelques secondes avant de me reprendre. C'est Harry. Tout vas bien.

Je reprends mes baisers sur sa peau chaude et commence à le caresser. Je me redresse assez pour prendre son menton entre mes doigts et l'attirer vers moi. Je l'embrasse plus fort, avec plus de passion, tout en continuant de laisser mes doigts glisser sur son début d'érection. Je sens enfin ce petit soupire contre ma bouche, et je souris en appuyant un peu plus mes caresses.

- Tu vois, je souffle. Laisse-toi aller...

* * *

Harry s'est finalement endormi. Ça ne me dérange pas de me dévouer tous les soirs si ça peut l'aider à dormir... même si je le paye ensuite.

Face au miroir de la salle de bain, j'observe ces marques invisibles sur ma peau. Ces endroits où je sais qu'Harry m'a touché, et qui picotent un peu plus que d'ordinaire. Parfois, je ressens la même sensation qu'une brûlure si il s'est accroché un peu plus fort.

Physiquement, il n'y a rien. J'ai observé chaque centimètre de ma peau lorsque j'ai commencé à ressentir ça, mais il n'y a jamais rien eu de visible. C'est juste une sensation.

Il faut vraiment que j'aille dormir, mon réveil sonne dans 4 heures.

J'éteins la lumière et retourne dans la chambre pour me coucher près d'Harry. Je me couche contre son dos et enlace sa taille. Même dans son sommeil, sa main cherche la mienne et j'entrelace nos doigts sur son ventre.

* * *

Bonsoir 😁 j'espère que ce premier chapitre vous a plu.

C'est assez difficile pour nos amoureux, mais vous me connaissez maintenant, vous savez que ça va aller. 🥰

#LEGENDSfic

Bạn đang đọc truyện trên: AzTruyen.Top