Chapitre 40
- Je suis désolé, Éden, mais il faut qu'on se barre d'ici, avant que les autres arrivent. Il le faut vraiment.
J'avais un peu perdu la notion du temps et je n'avais aucune idée depuis combien de temps j'étais étendu là dans les bras d'Anou – surement pas plus de vingt minutes puisqu'il avait encore sa forme humaine -, mais je préférais le croire. Plus vite je serais partie d'ici, mieux ça vaudra.
Anou me prit la main, délicatement puisque j'avais toujours le bras cassé, puis se retourna pour me faire face. Je ne voyais de lui qu'une grande tache floue, tellement j'avais le cerveau en bouilli.
- T'es le mec le plus résistant que j'ai jamais rencontré, Éden, dit-il. Et moi, je suis surement le mec – la chose, disons – qui s'y connait le mieux en biologie.
- Tu croyais que deux mecs qui s'embrassent peuvent tomber enceinte, marmonnais-je.
- Bah, par biologie, je veux dire le squelette et ce qui l'entoure. Alors, tu peux me faire confiance ?
Je hochais la tête de haut en bas, mollement ; bien sûr que je lui fais confiance. Mais je ne savais pas de quoi il parlait exactement, avant de sentir ses mains ce promener sur mon bras cassé. Je grimaçais, essayant de mon mieux de ne pas gémir de douleur, mais pourtant, ça me faisait du bien, en un sens, ça m'aidait à me retenir à ce qui se passe vraiment, à ce qu'Anou disait, essayant de donner le nom de cet os mais ce gourant tout de même dans le mot, mais j'étais moi-même nul dans le nom des os, je lui laissais le bénéfice du doute ; cet os s'appelait le rabicus. Puis, il donna un coup, directement sur l'os cassé, et je hurlais de douleur malgré moi, sautant sur mes pieds et m'éloignant d'Anou. Mais lui, il souriait. Parce qu'il avait réussi son coup ; l'os était retourné à sa place et, à la vitesse où je peux guérir, ce n'est plus qu'une question de minutes avant que la douleur soit loin derrière moi.
- Évite de bouger ton bras pour au moins dix minutes, pour être sûr, dit Anou en se levant. Pour l'instant, tout ce qu'il faut, c'est que tu te sers de tes jambes. On part d'ici !
Je hochais la tête encore une fois, regardant l'énorme trou rouge de mon bras rétrécir à chaque seconde. Anou alla ouvrir la porte, puis se précipita dehors, reprenant sa forme de chat, couru la moitié de la distance entre ici et le sentier, puis se retourna pour me regarder er s'assurer que je le suivais, ce que je faisais. Mais pas en courant ; en marchant, voir même en trainant les pieds. C'était plutôt difficile de ne pas faire un mouvement quand on avait l'interdiction de le faire, j'avais l'impression que tout ce qui me ferrait le plus plaisir, sur le moment, c'était de retourner mon bras. Il m'aurait fallu un plâtre pour m'en empêcher, mais pour l'enlever dix minutes plus tard, ça n'en valait pas vraiment la peine. Alors, je portais toute mon attention à mon bras, faisant attention pour qu'il guérisse bien, et le meilleur, là-dedans, ça m'empêchait de penser au fait que je venais de tuer Marcus en lui enfonçant un morceau de bois dans le crâne.
Anou miaula, m'incitant à aller plus vite. Et il avait raison ; si je suis encore ici quand les autres reviendront d'où ils sont, je suis mort. Il fallait que je me cache ou, mieux, qu'on part d'ici au plus vite, le plus loin.
Ils vont te pourchasser. Encore pire que les chasseurs.
Oui, il y a ça, aussi. Je ne peux pas partir sans avoir fait une dernière chose.
Je couru pour rejoindre Anou, pas trop vite, faisant toujours attention à mon bras. Aussitôt rattrapé, Anou continua lui aussi à courir.
- L'heure est venue, Anou, dis-je, la voix un peu pâteuse. Le temps des explosions et des fin heureuses.
Nous étions retournées en ville et, faute de meilleure cachette, sous le balcon de la même maison que la veille. Il valait mieux attendre ici d'avoir un plan et, du même coup, laisser le temps à mon bras de guérir.
- Il est presque quatre heures du matin, dis-je, les yeux rivé vers la rue, la seule chose que j'arrivais à voir d'ici. Ou peut-être qu'il est quatre heures et demis, j'ai perdu le compte, mais pas plus. Habituellement, quand les autres sortes, ils rentrent rarement avant cinq ou six heures.
- On a le temps de partir loin avant qu'il ne se rende compte que t'as tué Marc.
- Il s'appelle Marcus, grognais-je.
- S'appelait. Je connais pas grand-chose à l'orthographe, mais je connais le passé.
J'envoyai un regard noir à Anou, qui lui se contenta de hausser les sourcils.
- J'ai pas pu comprendre pourquoi tu l'aimais, dit-il. Moi, je le trouvais tout aussi crétin que les autres. Même, je crois que c'était le plus crétin d'entre tous.
- Non, c'est pas vrai.
- Il t'a cassé le bras !
- Il a pas fait exprès !
- T'es résistant comme pas possible, Éden. S'il t'a cassé le bras, c'est qu'il le voulait vraiment.
Je grognais, faute de savoir quoi répliquer à ça. Parce que, bien sûr, Anou avait raison. Plusieurs minutes passèrent dans le silence, pendant lequel je ne ressentais plus aucune douleur dans mon bras, mais je préférais encore le ménager. Je n'étais pas sûr que les dix minutes recommandées étaient passé.
- Qu'est-ce que qu'on fait, maintenant ? demanda Anou après s'être à nouveau retransformé en humain.
- On va utiliser la TNT comme on aurait dû le faire depuis longtemps. Montre-moi où tu l'as caché.
Sans se faire prier, Anou sortie de sous le balcon, reprenant sa forme de chat, puis couru à travers la ville. Je le suivi, tous mes sens en alerte. J'avais peur de faire un face à face avec les autres vampires – pas maintenant. Seulement plus tard.
Au bout d'un moment, Anou et moi avions traversé la ville et nous étions maintenant devant une petite boutique, un écriteau fermé en travers de la porte. À l'intérieur, de ce que je voyais, ça semblait être des petites babioles pour touriste.
- Tu l'as caché là-dedans ? dis-je, grimaçant.
Crac !
- Dans la cave, en fait. Je les cachés parmi les caisses. Il reste plus qu'à voir s'il y est toujours.
Anou contourna la boutique pour aller à l'arrière, où il y avait une autre porte verrouillée, mais Anou se transforma en souris et passa en-dessous, ou essaya, sans y parvenir. Il n'y avait pas assez d'espace sous la porte. Anou redevint humain, les mains sur les hanches et poussant un grand soupires.
- Quand j'étais entrer pour y cacher tes trucs, la porte était ouverte, soupira-t-il.
- Laisse, je vais casser la poignée.
- Attention à ton bras !
- Oui, ça va, je vais prendre l'autres ! soupirais-je en roulant les yeux.
Avec ma main dont je n'avais pas l'habitude de me servir – probablement droite ? – je cassais la poignée comme je l'avais déjà fait un peu trop souvent. La porte s'ouvrit, laissant voir l'arrière-boutique et, sur le côté, un escalier menant à la cave. Anou alla directement dans cette direction, dévalant les escaliers en courant sous sa forme de chat, et je le suivis. Arrivé en bas, il y avait des caisses partout, comme avait dit Anou. Il était devant la pile, essayant de pousser les caisses d'une pile, sans y parvenir. En chat, il n'était pas très fort, et je savais qu'il avait fait beaucoup de transformation cette dernière demi-heure, surement qu'il préférait encore me laisser pousser les caisses tout seul, ce que je fis, me laissans guider par les miaulements d'Anou. J'essayais de ménager mon bras autant que je le pouvais, mais je voulais faire vite, aussi ; la police pourrait se ramener n'importe quand, s'il y avait une alarme silencieuse ou des gens passant par-là qui se sont rendu compte que la porte était ouverte.
Après avoir poussé toutes les caisses, je trouvais enfin, tout au fond, la boite de TNT. À l'intérieur, il y avait aussi mes deux pistolets, les chargeurs et les boites de munitions. C'était une drôle de cachette, mais, au moins, personne ne l'aura trouvé avant nous, et c'était ça l'important.
Crac !
- Et maintenant, on fait quoi ?
- On les fait sauter, dis-je en me tournant vers lui pour lui montrer mon sourire satanique. Tu peux me dire quelle heure il est ?
- Je la voie nulle part. Et puis... je sais pas lire l'heure, non plus.
- Bah, c'est pas grave, il est temps de partir, de toute façon.
Crac !
Je refermais la boite et me la passais sous le bras, puis suivit Anou dans les escaliers encore une fois, et nous sortîmes de la boutique. Je refermais la porte derrière moi, puis me mis à courir, refaisant le chemin contraire, pour retourner à la maison. Anou miaula derrière moi ; j'allais trop vite pour lui, je sais, mais il fallait que je fasse vite. Malgré tout, je m'arrêtais, laissant Anou grimper sur mes épaules, puis repris ma course. Encore une fois, je ne croisais aucun vampire, aucuns chasseurs, personne. C'était un peu bizarre ; on m'avait dit à de nombreuse reprise que les chasseurs étaient partout, Anou c'était même fait voir par eu la veille, mais moi, à part Laura, je n'avais jamais croisé aucun d'entre eux. Dans cette ville, je veux dire...
Puis nous arrivâmes à la maison. Je réalisais du coup que j'avais oublié de refermer la porte derrière moi, mais en entrant, j'eu la certitude qu'aucun vampire n'était de retour, car Marcus était toujours étendu au même endroit que je l'avais laissé, et les débris du mur étaient toujours éparpillé un peu partout entre le salon et, surtout, dans le corridor. Je fis de mon mieux pour ignorer le décor, puis allais directement à la cave, préparant la TNT et en plaçant un peu dans chaque recoin, faisant de mon mieux pour les cacher, puis montait à l'étage et cachais un bâton un peu partout, dans les armoires de la cuisine, sous le canapé, dans l'armoire de quelque chambre, même la mienne. Au moins, j'avais la certitude que, si les autres se rende compte des bâtons, ils ne sauront jamais tous les trouvé à temps. J'avais l'intention de les faire exploser à distance, avec une télécommande, quand je serais prêt, la télécommande elle-même déjà prête, en sécurité dans ma poche arrière de mes jeans.
- Étape numéro un, accomplie, dis-je pour moi-même, même si Anou, toujours perché sur mes épaules, écoutait tout ce que je disais. Étape numéro deux, maintenant. Il faut aller chercher les vampires et les ramener ici. Oui, je t'oublie pas, ajoutais-je après un long miaulement d'Anou. Les chasseurs aussi vont y passer.
Je ressortie de la maison, après avoir fait un détour vers le salon pour voir l'horloge accroché au mur, montrer cinq heures dix. C'était serré ; ils pourraient revenir n'importe quand, maintenant. Après un moment d'hésitation, je me décidais de trainer le corps de Marcus jusqu'à la cave et le laissant dégringoler les escaliers, comme il me l'avais déjà fait faire. C'était comme une vengeance, même si je trouvais que je l'avais déjà eux ; je les tuer, quand même, c'est pas suffisant, comme vengeance ? Au moins, si les autres arrivent avant l'heure, il ne pourront pas se douter que Marcus est mort, même s'ils regardent la tache de sang sur le tapi, ils ne pourront pas avoir la certitude, à la seconde même, qu'il appartient à Marcus ; ça pourrait tout aussi bien être le mien. Et puis, peut-être que c'est le mien, justement, venant de mon bras. Ça pourrait me laisser peut-être une minute de plus pour agir.
De retour au milieu de la ville, directement au milieu de la route – il n'y avait pratiquement pas de voiture, de toute façon -, je me mis à crier à l'aide, mettant à profit mon meilleur jeu d'acteur. Crier à l'aide, ça contredisait un peu que je ne voulais pas avouer que Marcus était mort, mais, sur le coup, je ne savais pas quoi dire de plus pour attirer tout le monde.
- À l'aide ! criais-je à plein poumon, les mains en porte-voix. À l'aide ! Anik, Seb, quelqu'un ! Ramenez-vous ! Et toi, Anou, ajoutais-je tout bas en tournant la tête vers lui, vas te cacher, je garantis pas que ça devienne dangereux. Reste assez près pour m'entendre si j'ai besoin de toi. Si je fais ce signe (me levais trois doigts, comme dans Hunger Games) tu te ramènes.
Anou miaula, signifiant qu'il avait compris, puis s'envola en prenant la forme d'une petite chauve-souris. Et dire que dans les légendes, ce sont les vampires qui peuvent se transformer en chauve-souris !
Au bout d'une ou deux minutes à crier, pendant lequel quelqu'un vivant dans un appartement tout près m'avais répondu de la fermer en me lançant un trognon de pomme à la figure, je vis enfin le groupe de quatorze vampires venir droit vers moi.
« Étape numéro deux, accomplie » pensais-je. J'étais rendu au moment stressant, et pourtant, je ne ressentais aucun stress. J'avais déjà évacué toutes mes émotions tout à l'heure, de toute façon.
- Qu'est-ce que t'as, morveux ? s'écria Seb en devançant tous les autres. Et il est où Marcus ?
- Qu'est-ce qui est arrivé à Marcus ? demanda Anik en s'avançant au côté de Seb. Il s'est fait avoir par les chasseurs ?
- Quoi, Marcus ? Bien sûr que non, il se ferrait jamais avoir par eux, dis-je en mettant les mains dans mes poches.
Anik laissa aller un soupir de soulagement, mais elle et tout les autres étaient toujours tendu, attendant ma raison de l'appel à l'aide. Seul problème ; je n'avais toujours pas trouvé quoi inventé.
- C'est le sang de qui, sur ton tee-shirt ? demanda quelqu'un.
- Quoi ? demandais-je en baissant la tête. Oh, rien, c'est le mien. Je me suis éraflé de bras, tout à l'heure.
- Bah alors, où il est, le problème ? Pourquoi tu criais à l'aide ?
- C'est un sujet délicat, dis-je lentement, toujours à chercher de l'inspiration.
- Faut pas rester là au milieu de la route deux heures de temps, non plus, dit Anik en tapant du pied. Les chasseurs vont nous voir.
« C'est le but, idiote ! » Je regardais un peu partout, cherchant des yeux les chasseurs, ou n'importe qui, et je vis, à peut-être cinquante mètre, un quart de tête dépassé au coin d'une boutique, nous observant. Tous les autres lui tournait le dos, j'étais le seul à l'avoir vu.
- Oh, c'est sûr, ça gâcherait tout ! m'exclamais-je. Enfin quoi, pourquoi pas aller les tuer directement ? Ce serait tellement plus simple !
- Gamin, tu dis où es le problème, ou tu retournes tout de suite à la maison, s'énerva Tim.
- Eh bien, le problème est à la maison, justement. Je sais pas comment expliquer... mais Marcus est resté là pour essayer d'arranger le problème, mais... il y arrive pas. Il aurait besoin de votre aide. Il m'a envoyé vous chercher.
- Mais quel genre de problème ?
- Heu, c'est la maison, qui... je crois que c'est la plomberie, ou je sais pas...
- La plomberie ? s'énerva Seb. Il aurait besoin de nous tous pour ça ?
- Bah, c'est une grande maison, marmonnais-je, ne sachant vraiment plus quoi dire.
Seb, et les trois quarts du reste de la bande, poussèrent un grand soupire d'exaspération, et je me risquais un regard en direction du type qui nous observait. Maintenant, je voyais sa tête au complet, ainsi que la moitié de son corps, accroupi, un pistolet appuyé sur sa cuisse. Il semblait ne rien comprendre à ce qui se passait, seulement, il savait qu'il se passait quelque chose.
- Bah, allons-y, il se fait tard de toute façon. Et toi, tu nous suis, dit Anik en me pointant du doigt.
- Je suis juste derrière.
Anik m'envoya un dernier regard noir, puis me dépassa, elle et toute la bande. Je trainais derrière, m'assurant que personne ne me regarde, puis levant trois doigts bien haut. Cinq secondes plus tard, je vis la petite chauve-souris venir droit vers moi et se percher sur mon épaule. J'allais aussitôt dans une ruelle, assez loin des oreilles des vampires (du moins j'aurais voulu) puis Anou repris forme humaine devant moi.
- Prend ma forme, dis-je tout bas, et suis les. D'assez loin pour qu'il n'entende pas ton cœur battre, sinon ils s'auraient aussitôt que tu n'es pas moi. Allez, vite !
- À vos ordres !
Dans un crac, Anou devint mon sosie, ce qui, malgré que ce fût mon idée, me fit un choc. J'avais – ou il avait – vraiment l'air... bizarre. Je pouvais bien comprendre tous ceux qui se retourne en me voyant. Puis Anou alla rejoindre la bande, comme si c'était moi, il baissa la tête, les mains dans les poches. Il me ressemblait tellement !
Puis, de mon côté, je sortie de la ruelle et retournais au milieu du chemin, les regardant s'éloigner. À la vitesse où ils allaient, en marchant tranquillement, il leur faudrait peut-être plus de cinq ou dix minutes pour se rendre à la maison. Je n'avais pas de temps à perdre.
J'allais droit vers le chasseur, toujours caché dans son coin. Quand il me vit rappliquer, il sauta sur ses pieds et me pointa la tête de son pistolet, tout tremblant. Je levais les mains bien haut et reculais d'un pas, secouant la tête de gauche à droite, puis lançait un regard vers la bande qui s'éloignait toujours. Ils étaient surement assez loin pour ne pas m'entendre parler, mais j'avais peur qu'ils m'entendent, ce qui gâcherait tout.
- Tire pas, je veux juste parler, murmurais-je. Aujourd'hui, je suis de votre côté.
Le chasseur leva bien haut ses sourcils, n'y croyant surement rien. Il semblait encore plus jeune que tous les chasseurs que j'avais croisé, je ne lui donnais même pas vingt ans.
- De notre côté ? répéta-t-il. Pour quoi faire ?
- Je les déteste, ses vampires, ok ? J'y peux rien si j'en suis un. Et il est vraiment à moi, ce sang, je me suis ouvert le bras ! ajoutais-je, voyant qu'il fixait la tache sur mon tee-shirt.
- Qu'est-ce que tu me veux, alors ?
- Que tu rappelles tes potes et que vous vous ramenez chez les vampires, je peux te dire où ils sont. Vous les prenez chez eux et vous les tuez tous ! Vous êtes supérieur en nombre, non ? Vous pourriez bien réussir ça !
- Et toi, là-dedans ?
Je baissais les bras en soupirant, et le chasseur recula d'un pas en levant son pistolet un peu plus haut. Il avait clairement très peur de moi.
- Tire pas, je te jure, j'ai pas l'intention de te tuer, ni de te blesser, ni rien ! assurais-je.
« Pas directement, du moins. »
Le chasseur hocha la tête, peut-être qu'il me croyait, mais il ne baissa pas pour autant son arme. Je reculai d'un pas et levai à nouveau les mains bien haut, tout pour lui donner confiance.
- Il faudrait peut-être que tu les appels, il te reste, je dirais, pas plus de quatre minutes avant qu'il ne soit trop tard. Tu veux faire un gros coup ? C'est l'occasion !
- Oui... oui, bien sur, ok. Je vais les appeler, et toi, tu fais le moindre mouvement, et je te tire. Fait attention, j'ai déjà le doigt dessus !
- C'est tout ce que j'attendais. Et dis à tes potes de pas me tirer dessus, aussi, ce serait gentils...
Le chasseur m'envoya un regard noir, puis, d'une main, sortie son téléphone portable et appela un chasseur, le chargeant d'appeler tous les autres, et lui disant qu'il était avec Jayden – alors que je ne lui avais même pas donner mon nom ! -, qu'il ne fallait pas me tirer tout de suite – insistant sur le tout de suite – et que j'avais supposément un plan pour tuer les vampires – les deux chasseurs, celui devant moi et celui à l'autre bout du fil, éclatèrent de rire.
- Et maintenant, l'adresse ?
- Eh bien, y'a pas de numéro sur la maison, dis-je en haussant les épaules, mais c'est par là... j'ai le droit de baisser la main ? Bon, par-là, quand y'a plus de magasin, compte à peu près une minute, puis, à droite, heu... de ce côté du chemin, tu vas voir un petit sentier, et c'est là.
Le chasseur répéta les informations, avec un peu plus de précision – c'était à gauche, qu'il fallait dire – puis raccrocha le téléphone et le mit dans sa poche. Le temps qu'il le mette dans sa poche, il m'avait quitté des yeux pendant au moins trois secondes ; soit il se faisait un petit début de confiance, soit c'était de la négligence, mais je préférais ne pas relever.
- Plus qu'une minute. Arg, je sais pas si j'aurais le temps...
Je baissais les mains à nouveau et le chasseur sursauta au mouvement, à deux mains sur le pistolet, mais ne tira pas. Je me retournais pour courir en direction de la maison, assez lentement selon mes critères car je savais que le chasseur me suivait toujours.
- Tu le sais déjà, mais je m'appel Jayden, dis-je avec un petit sourire. Et toi ?
- Luke.
- Cool, t'as le nom d'un méchant de je ne sais plus quel film...
- C'est drôle, t'es pas le premier à le dire !
- Bon bah désolé, j'espère que j'ai été assez claire sur l'adresse, mais là, il faut que je me dépêche !
Puis j'abandonnais là Luke le chasseur, puis couru à toute vitesse cette fois, espérant pouvoir arriver avant les autres. Avec un peu de chance, c'est toujours possible, puisqu'ils ne faisaient que marcher. Et puis, s'ils se serait mis à courir, Anou n'aurait jamais pu les rattraper, alors il serait revenu à moi, ce qu'il n'a pas fait.
- Étape numéro trois, accompli !
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