Chapitre 24

J'avais pris la voiture d'Henry pour conduire Sarah à l'hôpital. Il n'y avait pratiquement plus de chasseurs pour me barrer la route, et en cinq minutes, nous y étions déjà. J'étais à peine entrée, Sarah dans mes bras, que des docteurs se sont précipités vers elle et l'ont amené avec eux. L'un des docteurs me demanda qu'est-ce qui s'était passé. Je répondis, la tête ailleurs : un accident de voiture. Il ne trouva rien à y redire.

Après, j'étais retourné m'assoir dans la salle d'attente, près de la porte d'entrée, sans trop savoir quoi faire de plus. Il y avait quelques autres personnes dans la salle : un couple de vieux, une fillette et sa maman, un type dans la quarantaine. Je gardai la tête basse, autant pour éviter de croiser leurs regards que la lumière blanche qui m'aveuglait.

J'aurais voulu partir, aller n'importe où, mais après ce qui venait de se passer, j'avais peur que ça recommence. Que d'autres chasseurs viennent encore pour essayer de me tuer, et que cette fois, ce serait Céline qui débarquerait, et qui se ferait tuer... qu'est-ce qu'elle va penser, quand elle va se rendre compte qu'Henry est mort et que Sarah se retrouve avec une main en moins, et que c'est entièrement de ma faute ?

J'entendis une sorte de grattement et je tournais la tête vers la porte d'entrée. Ce que j'y vis parvint à faire passer un peu de ma mauvaise humeur, et même me faire sourire. Là, au pied de la porte à gratter dans la vitre, il y avait un chat gris et blanc, très maigre, qui me regardait avec des petits yeux tristes. Je voyais du sang mêlé à sa fourrure, et il semblait avoir une patte cassée, à la façon dont elle restait toujours en l'air, sans toucher le sol. J'allais ouvrir la porte, et il se frotta contre mes jambes en miaulant bien fort. Je le pris dans mes bras et il se mit à ronronner.

- Je te dois un grand merci, Anou, dis-je en le grattant derrière les oreilles.

Quelqu'un se racla la gorge et sans même regarder, je savais que c'était contre moi. Surement que les chats n'étaient pas admis dans un hôpital. Alors, je sortis dehors, en direction de la voiture d'Henry que j'avais laissé non loin. Je m'assis à la place du conducteur et déposai Anou sur la place passager. Même alors que je ne le tenais plus, il ronronnait toujours, et ça ne faisait sourire.

- Tu veux quoi ? Aller chez le vétérinaire ?

Pour toute réponse, il s'arrêta de ronronner. J'imaginai que ça voulait dire non.

- Tu as faim ?

Il recommença à ronronner, encore plus fort qu'avant. Sans pouvoir m'en empêcher, je fouillai dans la voiture à la recherche d'un peu d'argent, et je finis par trouver le portefeuille d'henry. Il y avait soixante dollars liquides, alors je le mis dans mes poches et sorties de la voiture. Je savais que serait plus rapide d'aller à l'épicerie en voiture, mais je préférais laisser la voiture à un endroit où Céline sera en mesure de la retrouver. Je repris Anou dans mes bras et partit en direction de l'épicerie.

Ce chat me rendait heureux, du fait qu'il était probablement dix fois plus bizarre que moi. Sérieux, comment un banal chat de gouttière aurait pu se transformer en une énorme panthère ? Et pourquoi s'était-il décidé à m'aider ?

Bien malheureusement, ce chat ne savait pas parler. J'aurais bien aimé avoir la réponse à ses questions.

Arrivé à l'épicerie, je me fis tourner de bord, car les chats n'étaient pas admis, ici non plus. Mais je n'avais pas le cœur de l'abandonner ne serait-ce que cinq minutes, alors je me trouvais plutôt une animalerie. Je m'achetais un grand sac de nourriture pour chat, et parti en direction de ma petite cabane abandonnée. Je passais devant la maison de Sarah et vis que Céline n'était toujours pas revenue. Ou bien qu'elle fut revenue, mais déjà reparti à l'hôpital. D'un cas comme dans l'autre, je n'avais pas la tête à la voir. Je crois que je n'aurais jamais le courage de me retrouver dans le même kilomètre carré qu'elle.

Ensuite, j'étais à ma cabane. Je déposais Anou au sol et ouvrit le sac devant lui. Il se lança dans le sac pour manger son contenu. Il semblait n'avoir rien mangé depuis un peu trop longtemps. Je m'assis sur le canapé et attendis, le regardant manger. Mais ne rien faire ne faisait que me rappeler ce qui s'était passé il y avait tout juste vingt minutes, et du coup, je me sentais atrocement mal. Je revoyais Henry se faire tirer en plein cœur, puis Sarah se faire couper la main. Et le pourquoi : parce que Ben s'est suicidé. À cause de moi.

Je ne savais même pas qu'il était possible de mourir aussi simplement, pour un vampire. Se trancher les veines ? J'ai présentement une balle dans l'épaule, et c'est à peine si je le sens. Comment est-ce possible qu'il n'ait pas cicatrisé ? Parce qu'il n'avait encore jamais bu de sang, peut-être ? Ou parce qu'il se serait tranché les veines à nouveau, après chaque cicatrisation. Il devait vraiment le vouloir...

Anou vint se frotter sur ma jambe en ronronnant, me sortant de mes pensées morbides. Je me penchais pour le prendre et le poser sur mes genoux.

- Alors, Anou, dis-je dans un grand soupir. Qu'est-ce que t'es, au juste ? Un chat, ou une panthère ? Ou plutôt tous les félins en même temps ? Ou bien que tu puisses te transformer en tous les animaux du monde ? Comment ça s'appelle, déjà... Métamorphe ? Polymorphe ? Animorphe ? Animagus ? Attends, tu serais pas un genre de sorcier évadé d'Azkaban ?

Anou cligna des yeux. Du coup, je commençais vraiment à me sentir stupide. Je ne sais pas ce qui s'est passé exactement, mais c'est clair que ce chat n'a rien à voir avec la panthère. J'ai surement halluciné le collier dans son cou. Et si ça se trouve, j'ai tout halluciné. Qui sait, peut-être que je nage en plein délire, attaché au lit dans un hôpital psychiatrique, à crier à qui veut l'entendre que je suis un vampire, et qu'il y aurait Céline, Henry et Sarah, à me regarder faire, en se disant que je suis complètement timbré. Je n'aurais jamais pu surmonter la mort de mes parents et de mes sœurs, et depuis, je vis complètement dans un monde imaginaire.

Je poussais un grand soupir tout en grattant derrière les oreilles d'Anou, qui se mit à ronronner.

- Avoue, t'es qu'un stupide chat de gouttière qui me suis partout.

Anou s'arrêta de ronronner, comme s'il avait compris l'insulte. Il sauta en bas du canapé malgré sa patte blessée et partit explorer la maison, me laissant seul.

Dans un besoin de m'occuper, j'allais vers la grande chambre, de l'autre côté du salon, pris les couvertures qui y étaient et les accrochai devant chaque fenêtre du salon et de la cuisine, diminuant la luminosité. Après, je me sentais déjà mieux physiquement, mais pas mentalement.

Il fallait que je trouve quoi faire. Je reste, ou je pars ? Je me sentais déchiré en deux, à essayer de trouver quelle option choisir. Rester dans ma ville, mon chez moi, où j'ai passé mon enfance, et tenter de comprendre les rêves qui me hantent, ou partir, voir le monde, vivre au jour le jour... tuer des chasseurs et des vampires sur mon chemin. Et quelques victimes innocentes, de temps en temps.

Malgré mon problème de rêve, je commençai à croire que partir serait la solution. J'avais déjà une voiture m'attendant dans la cour, les clés dans les poches de mes jeans, cadeau du type que j'avais tué hier soir. J'inviterais Anou, mais s'il ne veut pas, je le ramènerais à la ruelle où je l'ai rencontré, et tant pis pour lui. Quand bien même que ce n'est qu'un chat, je préfère n'obliger personne à rester en ma compagnie. Je ne suis pas une personne très fréquentable de toute façon, sans parler cette habitude bizarre que prennent les gens qui m'entourent : mourir.

Au moment où je me relevai du canapé, j'entendis un bruit étrange au-dessus de ma tête ; quelque chose qui tombe. Une armoire qui se renverse, peut-être.

- Anou ? C'est toi ?

Pour toute réponse, j'entendis un second bruit, que je parvins à reconnaitre avec beaucoup plus de facilité ; des bruits de pas. Pas des petites pattes de chat, mais des pieds. Il y avait quelqu'un dans l'une des chambres, à l'étage.

Sans réfléchir une seconde de plus, je courus jusqu'à cette chambre, trébuchant dans les escaliers à moitié chemin, mais me relevai sans même sentir le coup. Peu importe qui a construit cette maison, cette personne avait fait les marches de l'escalier beaucoup trop courtes !

- Hé, laisse-moi une seconde ! entendis-je.

Je me figeai, à un pas des chambres. L'une des portes était ouverte, l'autre était fermé, et de toute évidence, cet homme se cachait dans la chambre à la porte fermée. Je m'avançai devant la porte, une main sur la poignée.

- Qui est là ? dis-je, prêt à ouvrir la porte à la voler et à tuer cette personne qui se croit chez moi comme chez lui.

- OK, c'est bon. Tu peux entrer !

Je n'avais aucune idée à quoi m'attendre, mais cette personne n'était certainement pas un chasseur. À moins qu'il soit tout aussi stupide que les autres. Sérieux, s'il avait voulu me tuer, il aurait été mieux de garder l'effet de surprise, plutôt que me dire où il est. En même temps, cette personne me donnait l'impression de me connaitre, à sa façon de parler, mais moi, de mon côté, cette voix ne me disait absolument rien.

À moins que je connaisse cette personne, malgré que je n'aie jamais entendu sa voix. Enfin, si, je l'ai déjà entendu, mais sous la forme de miaulement et de ronronnement.

J'ouvris la porte et vis, près du lit moisi, un type devant avoir peut-être quinze ou seize ans, tout juste assez vieux pour parvenir à se faire pousser une petite barbe. Et ce type... était totalement nu, autre que la couverture du lit qu'il s'était enroulé autour de la taille. Ces cheveux châtains tombaient sur ses épaules et il était couvert de crasse. Malgré tout, il me souriait de pleines dents, s'avançant vers moi en me tendant une main, l'autre bien accroché à sa couverture. Sans trop savoir quoi faire, je m'avançai vers lui pour lui serrer la main, et je me rendis compte qu'il avait un collier, qui pourtant n'était pas là la seconde d'avant. Ce fameux collier, avec une plaque bleu écrit « Anou ». Je l'avais vu venir, et pourtant, je sentis tout de même ma mâchoire se décrocher.

- Salut ! Je suis Anou, au cas où t'aurais pas remarqué, dit-il en pointant le collier à son cou.

- Je, heu... suis Jayden...

Anou agita la main comme pour balayer un détail insignifiant, et le collier disparut aussitôt.

- Salut à toi, Éden. Ça me fait un peu bizarre, d'avoir cette forme, mais c'était un peu le seul moyen d'avoir une vraie conversation, alors... Ça va, t'es pas trop surpris ?

- J'avais raison, t'es un animagus.

J'avais beau chercher quelque chose d'intelligent à dire, c'était la seule qui m'était venue. Anou inclina la tête de côté en fronçant les sourcils.

- Mais c'est quoi, un animagus ?

- T'as pas vu Harry Potter ?

- Non, c'est qui ? C'est un ami à toi ?

Je ne trouvai rien à répondre à ça. Je préférais encore secouer la tête et faire comme si je n'avais rien entendu.

- Qu'est-ce que t'es, alors ?

- Je ne sais pas, dit Anou, et il perdit la moitié de son sourire. Je suppose que je tiens ça de mon père, puisque mes frères et sœurs sont tous comme moi, et de ce que j'en sais, personne ne l'a jamais rencontré. On avait que notre mère, et... disons qu'elle n'était pas très bavarde.

- Qu'est-ce que tu veux dire ?

- Eh bien, ma mère était une chatte. Je suis née en chat, si tu veux savoir. C'est ma vraie forme.

Je hochai la tête, n'ayant aucune idée quoi répondre. J'étais sérieusement en train d'avoir une conversation avec un chat, qui peut se transformer en ado, et en panthère. Et qui sait en combien d'autres choses.

- Je te fais peur ? demanda Anou en faisant la moue.

- Non, non ! m'écriais-je aussitôt, réalisant à quel point mon silence devait être insultant. Je suis... surpris, ouais, mais tu ne me fais pas peur.

- Chouette, dit-il en retrouvant son grand sourire. Eh bien, c'était seulement pour te prouver que je ne suis pas qu'un stupide chat de gouttière. Et ce n'est pas parce que j'ai la forme d'un chat que je ne peux plus comprendre ce que tu dis. Compris ?

- Heu... oui. Désolé.

- Ça va, t'es pardonné. Alors, maintenant que je peux parler, t'as surement un tas de questions à me poser ?

- Ouais, quelques-unes, dis-je en hochant la tête. Pourquoi t'es là ? Je veux dire, pourquoi tu m'as aidé à me débarrasser des chasseurs ? Et que tu m'as ensuite retrouvé à l'hôpital ? Est-ce que j'ai fait quelque chose de particulier pour mériter ton amitié, ou ta compagnie... cette aide ?

- T'as été gentil avec moi, quand on s'est vu pour la première fois dans la ruelle. Et en plus, je me suis rendu compte qu'il y avait quelque chose de bizarre chez toi. J'y ai vu une chance de me faire un ami. Et pourquoi je t'ai aidé, quand tu t'es retrouvé encerclé par tous ces types... c'est de la chance. Je trainai dans le coin et j'ai entendu les coups de feu. Je suis allé voir, et quand j'ai vu que c'était toi, je me suis dit que ce serait une idée de t'aider, avant que tu ne te fasses tuer.

- Heu... bin, merci, dis-je en lui envoyant un petit sourire. Ne le prends pas mal, mais je trouve ça vraiment bizarre.

- Je comprends. Tu ne dois pas rencontrer des gens comme moi tous les jours.

Je hochai la tête en riant nerveusement, et Anou se perdit dans la contemplation de sa main, comme quoi c'était la première fois qu'il voyait une main humaine sous cet angle. Je le laissais faire, un peu gêner.

- J'ai une autre question, dis-je au bout d'une minute. Quand t'étais transformé en panthère et que tu t'étais mis à arracher la tête de tout le monde... est-ce que t'as remarqué une grande rousse, dans les rangs ?

- Heu... explique-moi « rousse » ?

Je soupirais, essayant de le rendre le plus subtil possible. Clairement, ce chat avait quelques trous dans sa culture générale.

- Des cheveux orange.

- Oh. Heu, pardon, mais les chats n'ont pas exactement la même vision que les humains, alors... je n'ai aucune idée de ce qu'est l'orange.

- Merde, dis-je, sans pouvoir m'en empêcher. Eh bien, une femme avec les cheveux longs et d'une couleur très peu rependue ?

- Mec, je vois pas les couleurs comme toi ! Enfin, là, tout de suite, oui, mais à ce moment-là, j'aurais pas pu faire la différence entre l'orange du jaune ou du brun. Qu'est-ce que tu veux savoir, de toute façon ?

- Je veux savoir si tu l'as tué, soupirais-je en détournant le regard. Parce que j'espère que non.

- Ah. Heu... sincèrement, j'en ai aucune idée.

- Et l'autre type, qui était au milieu du cercle avec moi, tu l'as tué ?

- Ah, je sais de qui tu parles ! s'écria Anou, tout contant. Et non, je l'ai pas tué. Il était déjà à terre, de toute façon. C'aurait pas été bien !

Je secouai la tête, commençant à perdre patience. Même pour un chat, ce type pouvait vraiment être taré. Il avait l'opportunité de tuer Charlie, et il ne l'a même pas fait !

- Anou ? dis-je au bout d'une minute de silence, cherchant désespérément à changer de sujet. Pourquoi toi, tu n'as pas peur de moi ?

- Je devrais ? dit-il en levant les yeux vers moi, un sourcil plus haut que l'autre.

- Bin... ouais, marmonnais-je. Tu sais ce que je suis, pas vrai ?

- Aucune idée.

- Bon, si tu tiens à faire de moi un ami potentiel, t'es aussi bien de le savoir, soupirais-je. Et je te donne le droit de partir en courant. Je suis un vampire.

Anou abandonna la contemplation de sa main pour se la passer dans ses cheveux, faisant la grimace en rencontrant un nœud. Il posa ses yeux sur moi, dont ses pupilles semblaient s'allonger, commençant à ressembler à celles qu'elles étaient quand il était un chat.

- C'est quoi, un vampire ?

- T'es sérieux ? m'écriais-je malgré moi.

Je secouai la tête et poussais un grand soupir. C'était à prévoir, chez un type qui ne connait pas Harry Potter, qui ne sait même pas lui-même ce qu'il est, qui ne connait pas les couleurs, mais là... tout le monde devrait savoir ce qu'est un vampire, non ?

- Pour faire cour, je suis un meurtrier assoiffé de sang – littéralement -, et je n'aime pas la lumière du jour.

- Ah, quand même. Quel genre de sang ?

J'en restai bouche bée une seconde, commençant à croire que ce n'était qu'une grande blague. Il fallait avouer que je voyais bien l'âme du chat en Anou : parfois plein d'énergie, parfois totalement indifférent.

- Bah, le sang humain, dis-je en haussant les épaules.

- Dans ce cas, je ne risque rien ?

- À moins que tu m'en donnes une bonne raison, je crois pas que j'aurais l'intention de te tuer, soupirais-je.

- Génial ! Ça veut dire qu'on peut vraiment être amis ?

- Ouais.

Anou s'avança pour me faire une grande accolade, et du fait qu'il ne tenait plus sa couverture autour de sa taille, je me retrouvai vraiment coincé dans les bras d'un mec totalement nus. Je fermai les yeux, complètement figé, attendant avec impatience que ce moment se termine.

- Anou ? Juste pour que tu le saches, les chats, ça va, mais les humains... n'ont pas vraiment l'habitude de se présenter nue devant n'importe qui.

- Je suis pas nu, j'ai ma couverture... oh, tien, elle est tombée !

Anou éclata de rire, et j'entendis un crac, me faisant sursauter. Quand j'ouvris les yeux, je vis le chat, assis sur la couverture, secouant la queue de gauche à droite et me fixant droit dans les yeux.

J'en ai vu, des choses bizarres, mais ça, c'était un tout autre niveau.

- Heu, bégayai-je, cherchant quelque chose à dire. Mes-toi à l'aise. Tu peux garder la chambre. Moi, je vais... essayer de me remettre les idées en place...

Puis je sortis de la chambre, limite en courant. Anou était trop bizarre, même pour moi.

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