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Après ce lundi cette semaine avait été un véritable horreur. Le comportement de Louis changeait tellement que je ne savais plus à quoi m'attendre, il n'avait heureusement plus eu de contact physique brusque mais aimé me rappeler que j'avais un travail grâce à lui.
Travail auquel j'avais été convoqué pendant ma journée de repos pour me donner un avertissement dû à mon retard du samedi. Un deuxième et j'étais renvoyée, or je n'avais jamais entendu quoi que ce soit à propos d'avertissement, même Laura -maintenant au courant de toute l'histoire- qui était arrivée en retard plus d'une fois m'avait bien dit ne jamais avoir eu de problème. Pour elle c'était un complot de Louis. Je tentais de lui retirer cette idée de la tête mais elle n'en démordait pas. Je ne voulais pas y croire jusqu'à ce que Louis se mette à en parler un soir m'annonçant qu'après le mariage ce serait bien que j'arrête de travailler. Quand j'avais refuser catégoriquement il m'avait alors dit :

- Tu n'auras pas le choix de toute façon si tu perds ton boulot !

Je ne lui avais pas parlé de l'avertissement alors il n'avait aucune raison de dire cela sans savoir. C'est à ce moment que j'avais commencé à me méfier. Je n'avais rien dit à Calvin mais je savais qu'on ne devait absolument plus se voir à la boutique.

- Beaucoup de femmes rêveraient d'être femme au foyer ! avait argumenté Louis.

- Et bien je ne fais pas partie de ces femmes, j'ai envie de bosser.

- On se verrait enfin les weekends et tu t'occuperas toute la semaine de l'appart et puis si on a des gosses tu t'en occuperas non stop.

- Je ne veux pas d'enfants.

Il le savait je lui avais toujours dit. J'avais été indécise au départ mais avec le temps je savais que je n'en voudrais pas avec lui. Je préférais renoncer à être mère plutôt que d'avoir des enfants avec un homme que je n'aimais plus.

La semaine avait donc été pénible, avoir mes règles avec deux jours d'avance n'avait pas arrangé les choses car je pensais que cela ruinerait mon weekend avec Calvin mais sa réaction totalement opposé à Louis m'avait rassuré. Il n'était pas immature et essayait visiblement de me faire plaisir autant que possible. Les fleurs étaient un bon exemple, j'avais mis ma réaction sur le compte des hormones en ébullition et surtout pas sur le fait que cet homme me plaisait et me faisait éprouver des choses que je ne devrais pas.

Cela m'avait tué de ne pas lui répondre quand il m'avait dit que je pourrais venir après le mariage mais je savais que cela deviendrait trop dangereux pour nous deux, on se ferait forcément remarquer à un moment et je ne pouvais pas risquer cela. Ignorer tout sentiments était la seule chose à faire mais avoir un weekend en sa compagnie ou le sexe était prohibé n'allait pas aidé à atténuer bien au contraire.

Après les fleurs la surprise avait continué avec un repas qu'il c'était débrouillé pour préparer. Il c'était donné du mal pour moi et je ne pouvais pas ne pas apprécier l'effort qu'il faisait pour me faire plaisir.

- Tu n'avais pas à faire tout ça tu sais, lui fis-je remarquer.

- J'en avais envie, répondit-il en souriant. Et puis c'est un bon entrainement.

- Un entrainement pour quoi ?

- Pour le futur, j'ai décidé de devenir végétarien, m'annonça-t-il.

- Ne fais pas ça pour moi s'il te plait.

- Je le fais pour moi, je me suis renseigné c'est beaucoup plus sain et j'ai vu des vidéos sur la façon dont ces pauvres bêtes étaient abattus ! Crois-moi ça m'a rassuré dans mon choix. J'espère que tu m'aideras.

- Je... oui bien sur, les premiers mois, précisais-je.

Son sourire s'évanouit mais je ne pouvais pas le laisser penser que je garderais contact avec lui. J'étais même persuadée qu'il ne tiendrait pas sa nouvelle résolution, il mangerait à nouveau comme il le faisait dès le mariage passé, du moins s'il tenait jusque là.

Je l'aidais à débarrasser une fois le repas terminé avant qu'il ne m'emmène dans le salon où il me montra deux DVDs.

- Tu n'es pas sérieux ? demandais-je étonné.

- Très sérieux ! Je tiens à savoir pourquoi Raiponce est la meilleure ! sourit-il.

Il tenait dans ses mains les deux DVDs Disney, Raiponce et la reine des neiges. Je n'arrivais pas à croire qu'il puisse vraiment vouloir les regarder.

- Je te préviens je les ai vu beaucoup de fois et je connais les répliques par cœur ! Je risque de ne pas réussir à me taire.

- Ça me va. On garde le meilleur pour la fin ?

J'acquiesçais et m'installais sur le canapé tandis qu'il mettait le DVD.

Je réussis à rester silencieuse pendant presque tout le film, répétant seulement quelques scènes et riant comme une enfant à certains passage. Calvin aussi ria à certains moment et je le voyais me jeter quelques coups d'œil en souriant.
C'était totalement différent une fois qu'il mit Raiponce, rester silencieuse et ne pas dire chaque scène en même temps était mission impossible pour moi qui le connaissait par cœur.

- Quelque chose t'as amené ici. Le hasard. Le destin, entendis-je à la télé.

- Un cheval, répondis-je en même temps.

Calvin ne tenta plus de cacher le fait qu'il me regardait, je le sentais m'observer et je tourna la tête vers lui en souriant. Il passa son bras autour de moi et m'attira contre lui avant de m'embrasser le sommet du crâne. Je me pelotonnais contre lui tout en continuant à regarder pendant qu'il caressait mon dos.

- J'ai pris la décision de te faire confiance, répliqua Raiponce.

- Une horrible décision vraiment, répondis-je avec Flynn. C'est bien le seul homme Disney à être honnête, dis-je cette fois à l'intention de Calvin.

- Faire confiance à un homme est mauvais ? m'interrogea-t-il.

- La pire décision qu'une femme puisse prendre, avouais-je.

- Pourquoi ? demanda-t-il en essayant d'en savoir plus.

Mais je ne répondis pas et déposa un léger baiser sur ses lèvres avant de continuer à regarder.

Quand le film se termina finalement Calvin m'avoua qu'il avait apprécié les deux dessins animés alors qu'il était sceptique sur le fait de regarder des films pour enfants.

- On est jamais trop âgés pour regarder des dessins animés, expliquais-je.

- Tu vas devoir élargir mes connaissance dans cette matière en m'en faisant regarder plus souvent avec toi alors.

J'ignorais encore une fois sa demande, même s'il nous restait quelques mois les soirées comme celle-ci ne se reproduiraient probablement plus.

- Alors qui as-tu préféré ? demandais-je.

- Je dois admettre que Raiponce remporte mon cœur, avoua-t-il. Donc, il y a toujours une morale dans ces histoires, quelle est elle pour toi ?

- Qu'il faut toujours poursuivre ses rêves.

- C'est tout ? demanda-t-il curieux. C'est trop simple, il y a toujours quelque chose de plus profond.

- Par amour grimper la plus haute tour devient moins difficile si quelqu'un à la fin donne une raison de s'accrocher, récitais-je me rappelant ce que j'avais lu quelque part.

- Tu as une raison de t'accrocher ? m'interrogea-t-il plus sérieusement à présent en me fixant.

- Calvin ...

- Non, m'interrompit-t-il, réponds moi sincèrement s'il te plait. Je ne comprend pas ce que tu fais avec lui, tu ne l'aimes plus ou très peu alors dis-moi pourquoi tu restes avec.

- Je lui suis redevable c'est tout, expliquais-je en me redressant et l'obligeant à me relâcher.

- En quoi ? insista-t-il.

- De m'avoir sauvé... Il est entré dans ma vie au moment ou je ne pensais plus avoir de raison de vivre, avouais-je, je voulais simplement en finir mais on c'est rencontré et il a été là pour m'aider à remonter la pente dans les pires moments. Il m'a aidé à retrouver confiance en moi, à lâcher prise et à revivre, il a été patient et attentif. Partir après tout ce qu'il a fait pour moi serait cruelle. J'en suis là grâce à lui, j'ai un boulot grâce à sa famille alors que je n'avais aucune expérience et aucun diplôme.

Calvin écouta sans m'interrompre, il me fixait tandis que je n'osais plus relever la tête vers lui. Il m'attrapa finalement la main avant de passer son index sous mon menton pour le regarder.

- Lilas-Rose tu ne penses pas qu'il a fait tout ça pour que tu sois heureuse ? Et que si tu ne l'es pas avec lui tout ce qu'il a fait n'aura servi à rien puisque tu reviendras au point de départ.

- Je ne redeviendrais jamais comme avant, le rassurais-je.

- Tu es sure de ça ? Depuis le jour ou je t'ai croisé j'ai vu que tu étais malheureuse tu ne souriais jamais sincèrement, ton regard était triste et c'est toujours le cas jusqu'à ce qu'on passe un peu de temps ensemble et que tu penses finalement à toi.

J'essayais d'imprimer ses paroles, je ne voulais pas croire qu'il puisse dire la vérité, j'allais bien et je ne retomberais pas aussi bas que j'avais pu l'être. Calvin ne me connaissait pas assez bien pour faire ce genre d'observation.

- Je vais bien, finis-je par répondre, je vais me marier et continuer ma vie comme prévu avec Louis.

Calvin lâcha mes mains et acquiesça en souriant tristement avant de se lever du canapé et de m'inviter à faire de même.

Je le suivais silencieusement jusqu'à sa chambre, gêné après notre conversation. Il me laissa la salle de bain de libre et je le découvris déjà dans le lit quand j'en sortie. Je m'installais à côté de lui n'osant pas m'approcher au départ puis me lança en installant ma tête sur son torse et passant une jambe par-dessus les siennes et mon bras autour de sa taille. Je l'entends soupirer d'aise avant qu'il ne passe ses bras autour de moi et de me serrer un peu plus contre lui en m'embrassant le front.

Je m'endormis rapidement bercé par sa respiration et ses mains qui caressaient ma peau.

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