Chapitre 7

Hanami fendait le ciel grâce à son courant d'air. Les oiseaux s'écartaient pour la laisser voler, de peur d'être percutés par l'incroyable force qu'un tel vent générait.


Après seulement dix minutes de vol, la blonde se posa devant un mur de briques. D'un mouvement de main dont s'échappa un filet noir,  elle détruisit son moyen de transport.


Elle était à présent devant le passage. Et si tout cela était vain ? Peut-être que son mentor avait fui lors des explosions.


Après plusieurs minutes d'hésitation, la jeune femme frappa au mur et prononça ce qui semblait être une devise. Le mur s'ouvrit et se révéla être une porte conduisant à une pièce baignée de lumière. Cette pièce contenait seulement le nécessaire pour vivre et une table. Une femme se tenait devant la porte d'entrée et accueillit Dragoni. Cette personne avait des cheveux blancs et des mèches grises, symbole du temps. Ses yeux châtaigne vifs étaient entourés de rides. Mais la femme semblait pleine d'énergie.

«Mentor ! Quel plaisir de vous voir ! s'exclama Hanami. Comment avez-vous pu survivre au chaos dehors ?

- Dragoni, je suis heureuse également de te voir. lui retourna la femme. Pour répondre à ta question, je me suis simplement réfugiée dans mon sous-sol.

- C'est vrai, le Silencieux prévoit toujours tout. se rappela la blonde.»

Immédiatement après, cette dernière révéla les documents fournis par la police à propos des explosions, le tout accompagné de notes de la part de la jeune femme.


Harumi prit le temps de les étudier avant de conseiller son élève sur la manière d'agir.

«Ça ne va pas te plaire, mais tu devrais retourner au monastère. Ils sont équipés d'un système de reconnaissance faciale directement relié à la base de données criminelle de la ville, comme tu le sais. L'utiliser serait un véritable gain de temps.

- Hors de question. J'ai déjà fait l'effort d'y aller et j'ai dû me confronter au ninja vert et à ma sœur. Et il faudrait forcément que je passe par Pixal. refusa Hanami.

- Je te rassure, si tu t'y prends bien, tu n'auras à passer par personne. Tu connais déjà le code d'accès. Cela ne devrait donc déclencher aucune alarme. Et si tu le fais de nuit, comme tout le monde dormira tu ne seras repérée de personne. Tu es libre, personne ne peut t'arrêter.»

La blonde écouta avec attention les recommandations de son mentor.


Le soleil était couché et la nuit venait le remplacer. Dans cette obscurité sans étoiles, un éclair doré fendait le ciel. Il fut si bref que c'était à peine si l'on put l'apercevoir illuminer une Ninjago meurtrie.


Hanami se tenait droite dans la cour du monastère. Elle était à deux doigts de franchir les portes en papier de riz, l'entrée du lieu sacré. Mais le voulait-elle vraiment ? Telle était la question. La jeune femme fut soudain prise par un flot d'hésitations, des interrogations sans réponse.


Après bien des questionnements, Dragoni sépara délicatement les deux portes. La discrétion avant tout. À pas de velours, elle se déplaça à travers son ancienne maison. Elle se dirigea jusqu'au salon. Fort heureusement, il y avait toujours la cible avec les shurikens. La jeune femme les prit et visa le centre. Immédiatement, un passage secret se révéla à elle.


Hanami passa dedans et arriva dans une cabine d'ascenseur. Il n'avait pas changé. Rien n'avait changé nulle part, en réalité.


Une fois en bas, la fille du ninja vert observa la salle de contrôle, c'était la première fois qu'elle voyait ce lieu, au coeur des missions de son père et de son équipe. Elle détailla les écrans géants, scruta les bureaux remplis de boutons et manettes de toutes les couleurs et de toutes les sortes. Lloyd racontait souvent à ses filles que ce lieu aurait été le paradis de Monsieur Chen, le père de Skylor. En effet, les deux enfants réclamaient toujours l'histoire du tournoi des éléments au ninja vert, et celui-ci finissait toujours par raconter à quel point Monsieur Chen, ce fanatique des anacondas, était passionné par les boutons. Les accoudoirs de son trône en étaient truffés.


Hanami repensait à ces moments de complicité familiale lorsqu'elle vit un des robots et engins utilisés par les anciens ninjas. Certains étaient de véritables colosses qui imposaient le respect. Elle admira celui de son père, vert et blanc. Il avait l'allure d'un samouraï et était hautement équipé en technologie. Elle aurait tant aimé en hériter, mais pour cela, il aurait fallu accepter de dédier sa vie à protéger le Royaume de Ninjago, et même parfois, d'autres royaumes tels que le Royaume des Nuages, ou encore le Royaume de Non-Retour. C'était de ce royaume qu'Akita, la mère de Megumi était originaire. Cette femme était adorable, ce n'était pas pour rien qu'elle était une des meilleures amies de Lloyd. Hanami attendait toujours avec impatience le jour où la métamorphe et le ninja vert se retrouveraient. En effet, il s'agissait toujours des seuls moments où Hanami pouvait être une enfant comme les autres.


Megumi... Hanami et elle étaient les meilleures amies du monde. La blonde se remémora leur jeu préféré, les deux fées qui doivent sauver le monde. Mais cela n'a pas duré. À leur entrée au collège, non seulement les deux filles n'étaient pas dans la même classe, mais en plus Megumi était devenue hautaine, arrogante et méchante envers Hanami - l'arrivée de la forme animale de l'adolescente aux cheveux châtains n'ayant pas facilité les choses. Et cela ne s'était pas arrangé avec les années.

«Petite sœur ? Je... Que fais-tu ici ? Père dit t'avoir vu tomber du cerisier près de ta fenêtre et ne pas remonter. On te croyait morte ! s'exclama une voix derrière elle.

- Visiblement ça n'a pas eu l'air de vous ennuyer plus que ça. répondit Hanami, sans se retourner vers sa sœur.

- Tu veux rire, j'espère ! Père était dans un de ces états ! Il était en larmes ! Et toi comme moi ne l'avons jamais vu ainsi. rectifia Ange. Il était inconsolable !

- Ça je le sais, qu'il pleurait. Je l'ai vu de mes propres yeux. Oh, avant que tu ne me fasses la morale, je ne suis pas venue le voir car je refuse tout contact avec lui. Qu'il me croie morte, ça lui fera les pieds. répliqua la blonde.

- Tu es vraiment sans-cœur. Pardon, le personnage que tu joues, est sans-cœur. Ça me désole.

- Je ne joue pas de personnage ! s'énerva Hanami. Quand accepteras-tu cette vérité ?

- Tu ne m'as toujours pas dit ce que tu faisais ici.  dériva la rousse.»

Pour toute réponse, Dragoni envoya sa grande sœur dans l'ascenseur, qu'elle renvoya au salon, grâce à son courant d'air et bloqua tout accès à elle d'un tour de main.


La jeune femme inséra sa clé USB dans le port qui lui était dédié, perdu au milieu des boutons des bureaux, et demanda à l'intelligence artificielle de la salle de contrôle de réaliser une recherche faciale dans la base de données criminelle. Hanami observa un des écrans géants s'allumer et afficher la vidéosurveillance. Très vite, l'ordinateur donna sa réponse, mais celle-ci fut négative.


La blonde, de rage, frappa le poing contre le bureau. Or, elle avait oublié qu'ils étaient recouverts de boutons, et par manque de chance, elle avait appuyé sur le dernier bouton sur lequel elle pouvait compter : l'alarme intrusion. Des sirènes rouges clignotant surgirent du plafond et une sonnerie insupportable à l'oreille résonna dans tout le bâtiment. La fille du ninja vert devait fuir, tandis que son aînée était probablement en train d'avertir toute l'équipe.


C'est alors qu'elle se souvint de comment les ninjas avaient ramené Nya auprès d'eux. Ils avaient libéré illégalement Aspheera et, avant leur arrestation, ils lui avaient indiqué un tunnel secret par lequel s'enfoncer. Celui-ci conduisait directement hors du monastère. Elle décida de l'emprunter mais, forcément, le déclenchement de l'alarme avait verrouillé toutes les issues. Hanami força donc l'ouverture du passage à l'aide de son pouvoir de destruction. Durant sa course à travers le passage secret, sans raison, il vint une évidence à la blonde : elle possédait un point commun avec Aspheera. La fille du ninja vert ralentit la cadence pour finir son trajet à la marche, pour mieux réfléchir. Certes, Hanami était forte et libre, mais les raisons de ses actes ne se limitaient pas à ça. Hanami voulait la vengeance contre son père, comme Aspheera.

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