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- T'étais formidable hier ! Bordel Louis, tu nous refais la même ce soir !

Je souris légèrement en entendant les compliments de Liam, mon agent. Hier, c'était le premier concert de ma première tournée mondiale. C'était important que je sois au top. On a démarré par Londres, puis on fera encore quelques salles en Angleterre avant de faire le tour de l'Europe. Ensuite les Etats-Unis, l'Amérique du Sud, l'Asie, et l'Australie.

Harry m'a à peine dit bonjour lorsqu'on s'est croisés. Il a commencé à me coiffer lorsque Liam est venu me faire un topo sur le concert. Il évite mon regard dans le reflet du miroir, mais je vois ses mains légèrement trembler par moment. Ces gestes ne sont plus aussi sûrs qu'hier. Il se racle légèrement la gorge, espérant attirer mon attention. Comme si il en avait besoin.

- Vous préférez plutôt...

Je n'écoute même pas la suite de sa phrase. Le "vous", m'a refroidit brutalement. Merde. Je regarde Liam assit à côté de moi.

- On peut voir ça plus tard ?

- Ouais, il faut encore que je vois deux/trois choses avec les techniciens. A tout à l'heure.

Il se lève, son café à la main, et quitte ma loge.

- Je peux savoir c'est quoi le problème ?

- Je veux juste savoir si vous préférez plus de gel ou...

J'attrape sa main, qui bouge un peu trop au dessus de mes cheveux. Il se tait instantanément, et inspire doucement, se dégageant de ma prise.

- Désolé... pour hier soir. Je n'aurais pas dû vous attendre comme ça... Ce n'est pas mon genre d'habitude, je veux dire... je suis pas un "gars facile", ou...

- Harry arrête. Tais-toi s'il te plaît.

Il hésite, mais se pince les lèvres pour s'empêcher de parler. Je me lève, et lui fait face. Parce-que parler à quelqu'un qui est dans mon dos c'est pas génial.

- Excuse-moi. Je t'ai fais du rentre dedans... je ne pensais pas que ça t'influencerais autant. Et je suis pas d'accord avec cette expression. Je veux dire, qu'est-ce-que ça peut foutre aux gens ? Si on a envie de coucher avec quelqu'un, et que cette autre personne est consentante, je vois pas où est le problème... Enfin bref c'est pas trop le sujet... Mais d'ailleurs... t'étais consentant hein ? Tu l'as pas fais juste parce-que... mon dieu c'est horriblement prétentieux ce que je vais dire mais... tu l'as pas fais parce-que je suis moi ?

- Non, j'en avais envie... Je pense que j'ai été assez clair sur ce point là hier soir...

- Alors c'est quoi le problème ?

- Je pensais que... je sais pas. C'était juste un coup comme ça, qu'il fallait que je redevienne professionnel, que vous alliez me...

- Arrête de me vouvoyer s'il te plaît.

- Alors vous arrêtez de me couper la parole !

Il lève enfin les yeux vers moi, et je souris, croisant mes bras sur mon torse.

- C'est vrai, excuse-moi. Continue.

Il se masse nerveusement la nuque, mais ne baisse plus les yeux, et c'est déjà un bon point.

- Je pensais que tu ferais comme si il ne s'était rien passé, donc... je crois que j'essayais juste de me protéger en essayant d'installer une sorte de distance.

- Manque de bol pour toi, je ne suis pas un connard. Je n'ai pas l'intention de faire comme si nous n'avions rien fait, et j'ai vraiment envie d'aller boire un verre avec toi. Un vrai. Pas dans un gobelet en plastique, même si ce qui a suivi était vraiment pas mal... Justement je me demandais, qu'est-ce-que ça donnerait avec de vrais verres, et autre chose que du jus d'orange ?

Il esquisse un sourire en me fixant. Ses yeux brillent d'une étrange façon qui me chatouille l'estomac. Et j'adore ça.

- Tu en dis quoi ?

- Du verre ? Est-ce-que c'est une bonne idée ? Que tu sortes avec moi ?

- Ma bisexualité n'est plus un secret depuis longtemps.

- Non, ça je le sais. Mais je veux dire... pour moi. Est-ce-que c'est une bonne idée ?

- Dans quel sens ? Je sais que je suis pas un gars exemplaire, mais je ne suis pas non plus un dépravé.

Il rit en secouant la tête.

- Désolé, je m'exprime peut-être mal. Est-ce-que ça ne risque pas d'être mauvais pour moi de me retrouver exposé comme ça ?

Je comprends où il veut en venir... Les médias, et mes fans l'inquiètent.

- A vrai dire... les personnes avec qui je sortais ne se sont jamais posé la question. Je pense que c'était ce qu'ils voulaient en fait, être sous les projecteurs. Ce verre, on peut le boire chez moi si tu préfères.

- Je préfère oui... Merci Louis.

- Pas de problèmes, je lui souris. Ce soir ? Je t'embarque dès que je quitte la scène.

Harry éclate de rire. Il est beau bordel.

- D'accord pour ce soir.

- Super !

Je lui vole un bref baiser, et retourne m'asseoir.

- Et pas trop de gel s'il te plaît.

* * *

- J'ai cru que Louise allait jamais nous lâcher, je souffle en poussant la porte de ma maison. Tu lui as dis ?

- Non, me répond Harry. Mais elle dû deviner toute seule.

- C'est un miracle que je sois encore en vie si c'est le cas, je ris en refermant la porte. Voilà, c'est chez moi.

Je lui prends sa veste, et l'accroche sur un cintre du placard. Moi je retire mon sweat et le laisse sur une des chaises du salon.

- Qu'est-ce-que tu veux boire ?

- Qu'est-ce-que tu as ?

- A peu près tout, je souris en ouvrant le placard rempli d'alcool dans la cuisine. Je ne suis pas alcoolique, je te rassure.

- Mojito ?

- Yep.

Je nous prépare deux verres, et rejoins Harry dans le salon, qui observe ma collection de CD.

- Ils sont tous français ? il demande en prenant le verre que je lui tends.

- Ma mère adorait la France, surtout leur musique.

Nos regards se croisent, il a comprit mon sous-entendu, mais ne dit rien heureusement. On trinque et je bois directement.

- Donc tu es coiffeur.

- Je sais, c'est cliché.

- Mais on s'en fou ça. Du moment que ça te plaît.

- Tu n'es vraiment pas comme je l'imaginais, il lance après quelques secondes de silence.

- Ah bon ? je ris. Et tu imaginais quoi ?

Je reprends une gorgée de mon mojito, sans le quitter des yeux. Il sourit, et ne lâche pas mon regard.

- Comme un peu tout le monde, j'imaginais une star avec la grosse tête, un peu con sur les bords.

- J'ai la grosse tête, faut pas croire. Mais je suis pas un con, enfin je crois. T'en pense quoi ?

- T'es pas un con.

- Tant mieux.

Je m'approche, et pose ma main libre sur sa hanche. Harry suit mes gestes du regard, avant de relever les yeux vers moi. Je ne tiens plus, et l'embrasse. Je le sens sourire, alors que nos lèvres se mouvent l'une contre l'autre, et sa main se pose sur ma joue. C'est tendre, et doux. Différent de ce que j'ai d'habitude.

- Tu couches souvent avec le staff ? il demande contre ma bouche.

- Ca m'arrive, j'avoue honnêtement. Mais c'est quand même rare.

A quoi ça sert de lui mentir ? Toute ma vie est sur internet, il aurait juste à taper mon nom sur google pour tout savoir, ou presque. Et puis les gens aiment bien parler aussi...

- Pourquoi je sens déjà que je vais le regretter ?

Sa main glisse sur ma nuque, tandis que ses prunelles vertes me scrutent.

- Je suis pas un con, je lui rappelle.

- C'est pas ce que je voulais dire.

- Qu'est-ce-que tu voulais dire alors ?

- Rien, laisse-tomber.

Il secoue ses épaules avant de m'embrasser à nouveau. Je suis faible, je le laisse faire sans insister sur ce qu'il m'a dit.

* * *

- Tu connais Louise depuis longtemps ?

Je pioche une frite, et repose mon regard sur Harry. On n'a pas fait que dormir cette nuit... forcément lorsqu'on s'est réveillés à 11:00, on avait faim, donc j'ai commandé de quoi manger. Il m'a dit savoir cuisiner, mais mon frigo est bien trop vide pour faire quoi que ce soit.

- Le lycée. Elle avait des vues sur moi, mais a rapidement comprit que ça ne se ferait jamais. Et on est restés amis.

- Donc tu es gay.

- Complètement.

Il prend à son tour une frite.

- Tu l'as su comment ?

- Ca t'intéresse vraiment ?

- Mmh, j'aime bien écouter ce genre d'histoire.

- Y a rien d'exceptionnel. Au collège j'ai trouvé bizarre d'avoir les yeux qui traînaient un peu trop dans les vestiaires avant et après les cours de sport. J'ai mis ça sur le compte de mes complexes, jusqu'à ce que je tombe raid dingue du bad boy de la classe en seconde.

- T'avais des complexes ?

- Je la trouvais trop petite.

Son regard me désigne son entre-jambe, et je me retiens de rire.

- Perso, c'est moi que je trouvais trop petit. J'étais le plus chétif de la classe à chaque fois, mais j'avais un postérieur légèrement plus bombé que les autres mecs... et que la plupart des filles en fait.

- Vraiment ? il rigole.

- Je te jure. Je te montrerais des photos.

- Et toi comment tu as su ?

- Ca met les gens mal à l'aise quand j'en parle. T'es sûr que tu veux savoir ?

- Oui, mais si t'as pas envie d'en parler, c'est pas grave.

- Je m'en fiche, je ris en secouant les épaules. Mon deuxième agent m'a généreusement fait découvrir ce monde plein d'arc-en-ciel. J'avais jamais pensé que deux hommes ou deux femmes puissent être ensemble avant.

- Tu avais quel âge ?

- 17 ans. Je n'étais pas encore chanteur, je jouais dans de petites séries télés.

Harry ne dit rien, et je me penche pour l'embrasser furtivement.

- Ce n'était pas comme tu crois, comme tout le monde crois d'ailleurs.

- Il avait quel âge lui ?

- La trentaine.

- Tu l'aimais ?

- Je pense.

- Ta famille le savait ?

- Bien sûr que non, je ris en prenant une gorgée de mon soda. Ma mère l'aurait assassiné.

Il ne comprend pas, je le vois à son regard. Je laisse mon repas, et me colle contre lui, glissant mon nez contre son cou.

- Ce n'est vraiment pas ce que tu imagines. Et je vais bien.

- Mmh.

Il embrasse ma tempe, puis ma joue.

- Et toi ? Ton premier mec ? Le fameux bad boy ?

- Ouais.

- Sérieux ? j'éclate de rire en me décalant pour le regarder.

- Sérieux.

- Bah raconte.

- On s'est retrouvé ensemble pour faire un exposé. J'allais chez lui pour qu'on travaille, et il était complètement différent de ce que je voyais au lycée. Plus efféminé. C'est cliché mais vrai. Je l'ai embrassé au bout de quelques après-midi, et il ne m'a pas du tout repoussé.

- Vous êtes sortis ensemble ?

- Pendant quelques mois. Mais il psychotait pour tout et n'importe quoi, il ne voulait vraiment pas que ça se sache.

- Il a rompu ?

- Non, c'est moi. Je ne le supportais plus.

- Il l'a prit comment ?

- Mal. Mais il ne pouvait rien dire, sinon il se grillait aussi. Tu ne m'as pas dit comment ça s'est fini avec ton agent ?

- Un peu comme ton bad boy, il psychotait trop. Au début il a fait décoller ma carrière d'acteur lorsque j'ai signé dans son agence. J'avais des rôles plus importants et récurants dans certaines séries. C'était pas encore du grand cinéma, mais ça avançait. Et au bout d'un moment, il est devenu jaloux pour tout est n'importe quoi. Il a bousillé ma carrière en ruinant mes contrats. Il était tout le temps derrière moi pendant les tournages. Ca a fini par me dégoûter du métier. Lorsque j'ai perdu mon dernier contrat, j'ai rompu le notre et l'ai menacé de tout raconter à sa femme si jamais il essayait de rester en contact avec moi.

- Il était marié ?

- Ouais. Un refoulé, encore.

- Comment t'es devenu chanteur alors ?

- J'ai participé à X-Factor, et Liam m'a prit sous son aile. C'est grâce à lui si j'en suis là maintenant.

- X- Factor, c'est vrai. J'en avais entendu parler. C'est pas un gay refoulé lui au moins ?

- Non, je ris avant d'embrasser son cou. Pas du tout.

- Il faisait partit d'un groupe non ?

- Les One Direction. Maintenant il a son propre label.

- C'est ça. Ma soeur était littéralement dingue de ce groupe.

- Tu as une soeur ?

- Ouais, Gemma. On est proches. Et toi ? Des frères et soeurs ?

- Non. Ma mère s'est séparé de mon père quand j'étais bébé. Elle s'est remarié quand j'avais 5 ans, mais ils n'ont jamais fait d'autres enfants.

Il acquiesce et glisse sa main dans mes cheveux.

- J'aime parler avec toi, il chuchote.

- Moi aussi, je souris et embrasse sa clavicule.

Je lui ai révélé énormément de choses sur moi. Je lui fais confiance, sans vraiment savoir pourquoi.

* * *

- C'est où ton prochain concert ?

- Manchester. On part demain.

Je me rends compte qu'il va falloir qu'on se sépare. On est collés depuis 48 heures... Et je n'ai pas envie que ça s'arrête.

- Viens avec moi, je lâche sans réfléchir.

- Où ça ? il demande en fronçant les sourcils.

- Pendant la tournée. J'ai besoin d'un coiffeur, ça ne sera absolument pas suspect.

Je m'allonge sur lui, et embrasse furtivement ses lèvres.

- On pourrait... continuer à apprendre à se connaître... et voir ce que ça donne.

- Je n'ai pas besoin de travail.

- Si tu y tiens, tu ne seras pas payé. Ou alors en nature ?

- En nature ? Pour plusieurs mois de tournée ? Ca va te coûter cher.

Ses mains remontent le long de mon dos, me faisant frissonner.

- J'ai de quoi payer. Si ce que j'ai entre les jambes te convient évidemment.

Le bouclé rit, et embrasse brièvement mon épaule. Je le laisse cogiter sur ma proposition. C'est énorme, et complètement dingue. On se connait depuis moins d'une semaine. Je ne sais absolument pas ce que je suis en train de faire, c'est le flou total. Je n'ai jamais ressentis ça, c'est tellement soudain, et intense... Tout ce que je sais, c'est que demain soir je pars faire le tour des salles de concerts anglaises, que j'enchaîne ensuite avec le reste de l'Europe, et que je n'ai pas du tout envie de le laisser à Londres.

- Dit oui, je souffle contre sa peau, avant de l'embrasser à nouveau.

- Louis...

Et je me fige. Si moi je ne sais pas ce que je fais, peut-être que pour Harry, tout est parfaitement sous contrôle. On accroche vraiment bien tout les deux, et il a l'air d'être sincère dans ses baisers, et ses mots tendres... Mais il n'est sûrement pas aussi spontané que moi, peut-être qu'il a besoin de temps...

Bordel mais qu'est-ce-que je suis en train de faire.

Je me redresse en soufflant et passe ma main sur ma nuque.

- Pardon, je m'emballe peut-être un peu trop vite... Excuse-moi.

Je me rallonge sur le dos, et observe le plafond de ma chambre. Harry met à peine 5 secondes avant de se coller contre moi, posant sa tête sur mon torse.

- Si j'hésite, ce n'est pas parce-que tu ne m'intéresses pas Louis... Mais c'est pas une décision qu'on peut prendre comme ça en claquant des doigts... pour moi en tout cas. Je suis comme ça, je mets 1000 ans avant de me décider pour quelque chose. L'autre soir j'ai cogité pendant tout ton concert avant de t'attendre dans ta loge. J'étais même en train de changer d'avis lorsque tu es entré...

- Tu n'es pas obligé d'accepter, je le rassure en caressant délicatement son dos.

- J'ai envie de dire oui, mais c'est complètement fou...

- Je sais, je m'en rends compte maintenant...

- Tu pars combien de temps ? il demande après quelques secondes de silence.

- Y en a pour deux semaines en Angleterre. Après on part en France, et le reste de la tournée s'enchaîne.

Il acquiesce lentement, et embrasse mon cou.

- Je suis désolé... mais je ne peux pas.

***

J'ai craqué ! Voilà le second chapitre. J'espère qu'il vous a plu !

#HIMfic 💙💚

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