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De meilleures conditions avaient accompagnés la suite de notre trajet. Climatiques d'abord, car le soleil avait progressivement cédé sa place à la lune beaucoup plus appréciable par la froideur qu'elle dégageait. L'astre solaire s'était enfin couché, dans une explosion de couleurs chaudes magnifiques, après avoir pris soin de brûler ma peau claire. Le ciel zébré de camaïeux rosés était désormais recouvert par l’épaisse obscurité nocturne. Des points lumineux parsemaient l’étendue sombre.

-Les étoiles me font penser à ma mère. Avait déclaré Luke.

Alors nous avions pris le temps de les regarder, de les admirer tels des enfants devant leur génitrice. Les conditions entre lui et moi étaient meilleures aussi, car chacun avait fait part de ce qui lui pesait sur le coeur.

Le jeune homme m’avait fait témoigné de ses doutes sur mon instinct, je lui avais raconté l'histoire de mes parents puis nous avions terminé avec Aaron. Nous nous étions amusés à imaginer la vie de ce garçon timide qui promettait un avenir brillant.

-Il devait être un enfant bulle! Avait ris Luke à gorge déployée.

Enfin nos pieds avaient foulés le sol gris de la ville. Gris et désespérément vide. Pas un chat ne se trouvait dans ce qui ressemblait plus à un cimetière. Des débris volaient au grès du vent, certains nous arrivaient même en pleine figure. Un fou rire s'était emparé de moi quand un journal vint se coller au visage de Luke. Le pauvre ne parvenait pas à l’enlever et se cognait contre chaque murs.

Après cet événement qui avait égayé ma journée, nous nous rendûmes à ce qui devait autrefois être un supermarché. La faim s'était emparée de nos estomac, alors que ces derniers gargouillaient nous fûmes affreusement déçus de trouver le magasin dans le même état que la ville. Laissé l’abandon depuis trop longtemps.

Le nom du commerce suspendu aux deux portes battantes à l'entrée, n'était plus illuminé, si bien que ses lettres rouges italiques peinaient à se faire voir. D'ailleurs, l'une d'entre elles avait été arrachée.

Contrairement à ces films d’apocalypse, le supermarché n'était pas sans dessus dessous. Les produits à l'intérieur n'étaient pas renversés. Le peu qui restait se trouvait à leur place exacte. Le gens vivant ici avaient certainement dû préparer leur départ.

Nous progressions dans le noir le plus total, j’entendais Luke marmonner dans mon dos puis il m'annonça qu'il allait voir un peu plus loin. J'avancai entre les rayons afin de trouver quelque chose mangeable et non pas pourri depuis longtemps comme la plupart des denrées ici présentes. Mes yeux étaient obligés de se plisser pour discerner chaque dates inscrites sur la nourriture. La plupart remontaient au 23/11/2020. Soit, il y a plus de vingt ans.

A mon passage au niveau de la viande et du poisson, je n’eu pas besoin de me rapprocher pour connaître leur état. L'odeur nauséabonde me suffisait amplement. La senteur de pourriture emplissait maintenant mes narines, à un point que j'en eu un haut le coeur.

Je me hâta de m’éloigner de cet endroit. Je faillis vomir de dégoût quand une main se posa franchement sur mon épaule. La peur me fît tout ravaler.

-Regarde ce que j'ai trouvé! S’exclama Luke.

Si nous aurions été en plein jour le blond aurait été foudroyé par le regard noir et plein de haine que je lui lançais. L'instant d'une seconde j'ai cru qu'il s'agissait de Charlie.

-Allez on sort de cet endroit glauque. Ordonna Luke en me tirant par le bras.

Une fois dehors, il s’asseya contre une paroi du supermarché. Il fourra son doigt à l'intérieur d'une boîte et le ressortis plein d'une drôle de mixture brune. J’écarquillai les yeux de surprise au moment où il lécha son membre.

-Bah quoi, c'est de la nourriture. Il y a marqué, Luke cherchait la lumière de la lune pour voir les écritures fines écrites sur la boîte de conserve, lentilles.

-Tu en veux? Demanda le jeune homme après avoir pris soin d'avaler.

-Hmmm.

Cela ne me donnait absolument pas envie, cependant l'appel incessant de mon estomac commençait à me fatiguer.
Alors je pris place aux côtés de mon acolyte et reproduisis ses gestes.

Bien que ces lentilles étaient froides, je sentis une sensation de chaleur envahir mon corps. Mon ventre se taisait enfin.

-Quand je t'ai sauvé, la première fois je veux dire, il fit un sourire narquois, tu as changé d'avis rapidement. Je veux dire par là, qu’une minute tu tentais de te suicider et celle d'après tu voulais vivre. Luke parlait sans ne me regarder, bien trop occuper à racler le fond de la boîte.

-Tu m’as donné de...l’espoir. J’hésitai un moment avant de répondre.

-Oh, je v…

Des phares déboulèrent directement vers nous. La lumière jaune intense nous éblouissait, j'arrivais à peine à garder les yeux ouverts. Le bruit de moteur puissant s’arrêta quand la voiture noire se gara en face de nous. Nous n'avions aucune issue. Ce 4×4 massif était arrivé comme par magie, ni Luke, ni moi ne l'avions entendu ou vu. Nous étions trop occupés par notre conversation.

Je saisi la main de mon ami, ce qui était devenu une habitude devant un danger dorénavant. Le jeune homme me serra la poigne en retour. Les vitres teintées nous empêchaient de savoir qui se trouvait dans cette imposante voiture, dont la terre s'écrasait sous les pneus.

Des petites jambes sautèrent du siège conducteur. La blouse blanche que portait l’homme me fit aussitôt comprendre qu'il s'agissait du docteur. Il tourna la tête vers nous, sa mine était défaite, son regard cerné. Le vieil homme frotta son crâne chauve avant de mettre ses mains en évidence devant lui.

-Je suis venu seul. On doit parler. Déclara-t-il d'une voix tremblante.

Luke et moi hochâmes la tête d'un commun accord. Le blond insista tout de même pour fouiller voiture ainsi que le docteur. Je fus soulagée qu'il n’eut rien trouvé rien, pas la moindre arme ou micro.

-Vous êtes comme mes enfants! Je ne veux qu’aucun mal ne vous soit fait! Lança le vieil homme à l'avis de Luke méfiant.

-Mais si vous ne coopérez pas, je ne pourrai rien faire pour vous. Charlie vous tuera et je n'aurai pas mon mot à dire! Continua-t-il désespérément.

-Charlie, comment a-t-il pris la tête des commandes? J’interrogeai le docteur, encore plaquée contre le mur du supermarché.

-Disons qu'il a été très persuasif. Vous savez, je me suis penché sur votre vie à chacun et celle de Charlie n'était pas toute rose. Sa seule famille était sa petite soeur, cette dernière est morte pour le sauver. Une voiture fonçait sur lui et elle l'a poussé en prenant sa place. La pauvre fillette ne savait pas que Charlie détenait cinq vies...Il s'en ai toujours voulu je suppose, aussi il souhaitait se venger sur la mort. C'est pour ça que je l'ai approché en premier pour ce magnifique projet. Puis tout lui est monté à la tête, c'est lui qui a ordonné de vous tuer, comme tous ceux qui ne prendront pas part au projet.

-Ordonné? Luke leva un sourcil interrogateur.

-Je le répète, il peut se montrer très persuasif. Vous avez sûrement remarqué la manière avec laquelle il a persuadé Aaron de ne pas partir...Le chauve sembla s’essuyer une larme.

-Et supprimer la race humaine, c'est son idée aussi? Mes paroles brisent un long silence, un peu comme ceux avant les enterrements.

-Non la mienne. Vous êtes parfaits, la race humaine non. A vous tous vous combinez les meilleures capacités qui puissent exister. Et puis l’humanité et trop importante, elle empoisonne la Terre, elle l'a tue à petit feu. Des milliers de recherches ont été faites pour trouver une nouvelle planète habitable mais aucune n'ont abouties. Vous êtes, enfin nous sommes, la meilleur solution. Pour une poignée d’immortels beaucoup d'innocents doivent mourir. Conclu-t-il avec évidence.

Rien ne se décidait à franchir les barrières de ma gorge nouée. Trop de sentiments emplissaient mon esprit. Ce docteur qui m'avait paru amical à notre première rencontre m’écoeurait dorénavant. Il souhaitait réellement la mort de milliards d’individus, et par dessus le marché il se pensait apte à choisir ceux qui mériteraient de vivre.

-Non, lâcha Luke d'une voix grave, déterminée, on ne viendra pas. Je soufflai, il avait finalement dit ce que les émotions me retenaient d’exprimer.

Une ombre s'abattit sur le visage ridé du vieil homme. Dans un murmure il nous révéla que des puces de géo-localisation nous étaient implantées en plus du compteur de vie.

-Enlevez-les et fuyez pauvres fous.

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