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Nous arrivâmes devant une porte à laquelle un autocollant défense d'entrée était accroché. Luke rentra. Après avoir vérifié les lieux, il nous fît signe de venir à notre tour.
A peine arrivé, Aaron s'empara d'une chaise roulante pour s'asseoir en face d'un écran noir. Il saisissait plusieurs touches en même temps sur le clavier à une vitesse déconcertante. Plusieurs cadrans rouges apparurent, Aaron se contenta de sourire, déjouant tous les mots de passe.
-Hacker? Demanda Luke, appuyé à la chaise de Aaron.
-Capacités sur-élevées en informatique, c'est comme ça qu'ils disent sur le dossier. Rectifia le garçon à la peau sombre.
Mes yeux parcoururent les alentours, une dizaine d'autres écrans étaient fixés au mur. Des images de l'hôpital défilaient, et seulement sur un des personnes étaient présentes. Dont Charlie.
J'en informai Luke et Aaron, nous conclûmes que cela faisait parti d'une bonne nouvelle. Pour l'instant confiné dans cette salle, il ne se doutait pas qu'une fuite se profilait sous son nez.
Je me retournai, cette pièce était éclairée par la simple lumière des moniteurs, mais cela suffisait à me permettre de distinguer un plan. Je mémorisai ce plan qui se trouvait être celui du centre après y avoir retiré une épaisse couche de poussière. Ces lieux ne semblaient manifestement pas servir.
-C'est bon, on peut sortir toutes les portes sont déverrouillées par contre...Aaron ne termina pas sa phrase.
-Par contre quoi? Pressa Luke.
-À la seconde où on franchira la première porte une alarme se déclenchera.
-Il y a combien de portes à passer pour sortir? Je questionnai, le regard rivé sur les couloirs et les escaliers imprimés.
-Je croyais que t'étais un génie informatique, supprime ces alarmes! S'énerva Luke.
-Quatre portes et non, c'est une sécurité inviolable. Répondis Aaron en s'enfonçant dans sa chaise.
-Une fois la première porte passée, il ne faudra pas traîner. Je me décollai du plan et sortis non sans jeter un dernier regard vers l'écran diffusant Charlie.
-Je ne me fais pas de soucis pour moi, mais lui il devrait. Affirma Luke en m'emboîtant le pas.
-Il nous a aidé alors on l'aidera à notre tour. Je souri à Aaron encore assis, se demandant ou non s'il détenait une véritable chance de survivre.
×××
Je me déplaçai rapidement le longs de murs sans fin, suivie par mes deux acolytes. Le chemin m'était désormais familier, j'avais presque l'impression d'être dans mon hôpital. Un endroit glauque puant la mort. Aaron peinait à suivre notre rythme, son souffle saccadé se faisait entendre et résonnait même contre les paroies des longs couloirs.
Nous dévalâmes les marches d'escaliers quatre à quatre, toutes les cinquantes marches un petit écriteau jaune indiquait le numéro de l'étage. 4. 3. 2.
Luke m'avait arrêtée pour me faire signe qu'Aaron ne suivait plus. Durant de longues minutes nous dûmes l'attendre, pour qu'il reprenne une respiration lente et qui rattrape son retard considérable de deux étages.
Pendant ce temps-là le blond aux capacités physiques sur-élevées m'épiait en silence.
-Il y a un problème? Je demandai finalement, lâchant un soupir.
-C'est le sérum pour devenir éternel? Il désigna ma chaussette gauche à l'intérieur de laquelle j'avais dissimulé la feuille en question.
-Oui, et c'est le bon, d'après ce qui est écrit il a un taux de réussite de cent pour cent. Mon ton pragmatique se voulait soucieux.
-Taux de réussite? Ça veut dire qu'il a déjà été testé?
-Sur des cobayes, oui je présume. Le docteur ne se l'aurait pas injecté sans le tester.
-Si ces cobayes sont en vie, on a déjà perdu. Luke plissa les lèvres.
-Je suis là! S'écria Aaron content d'être enfin arrivé à notre hauteur.
L'air abattu de Luke me donnait envie de le réconforter, de lui dire que tout irait bien mais je me ravisai quand Aaron nous rejoignit. En dépit du fait que je connaissais Luke que depuis quelques heures seulement, son air enjoué me manquait déjà. Ou alors c'était parce que voir mes alliés pessimistes accroissait ma peur. Celle d'être confrontée à Charlie et condamnée à l'éternité.
Les derniers étages se descendirent avec prudence, et lorsque la première porte déverrouillée nous fît barrage nous nous immobilisâmes.
La porte était faite de verre, à travers celle-ci on pouvait distinguer les autres. Une lumière semblait s'engouffrer à travers toutes ces ouvertures vers la sortie, cette lumière pure provenait du soleil. Cet astre nous attirait dehors pour nous promettre la liberté et nous allons le suivre.
Avant que je ne puisse déclarer quoi que se soit, Luke me saisissa fermement la main, il m'entraîna avec lui si rapidement que je ne pu l'en empêcher. Aussitôt un bruit strident pris possession des lieux, la sirène d'alarme devenait de plus en plus forte, aussi des lumières rouges se propagèrent du plafond vers le sol pour témoigner d'une intrusion.
Je me retournai vers le garçon à la peau foncée, je fus rassurée de le voir juste derrière Luke et moi. Le blond ne me lâchait d'ailleurs pas, j'étais impressionnée de sa vitesse. Il relia la vingtaine de mètres séparant les deux portes en une fraction de seconde.
Luke posa sa main libre sur la poignée blanche afin de franchir la seconde étape mais un cri puissant nous figea.
Aaron était au sol. Son petit corps maigre se faisait marteler de coups plus puissants les uns que les autres. Le hacker nous hurlait de partir. Mais je ne pouvais pas. Et Luke non plus.
D'autant plus qu'il s'agissait de Charlie. Cet homme m'effrayait, il avait une lueur au plus profond de ses pupilles, une lueur de rage extrême, de vengeance insatiable.
La lumière rouge illuminait leur deux corps entremêlés, toutefois la couleur bleue dominait. Du sang. Charlie se battait avec une telle force, j'étais certaine de trouver capacités au combat sur-élevées sur son dossier. Son rire visible même de loin, me dégoûtait. Il prenait du plaisir à ôter les vies de ce pauvre garçon trop gentil pour subir ce sort.
Ce spectacle abominable avait retenu mon attention, si bien que je n'avais pas vu le docteur se placer à mes côtés.
-Vous devez rester ou il vous tuera. Réfléchissez, je vous en prie! Vous êtes mes créations, vous êtes comme des enfants pour moi. Je ne veux pas vous voir mourir. Il s'adressa chevrotant à Luke et moi.
Pour ma part je continuais de contempler la scène, je ne parvenais pas à en défaire mon regard. Les couloirs violentes s'entrechoquaient dans mon champ de vision, le rouge trop marqué, le bleu trop présent.
Aaron perdait ses cinq chances inexorablement. Je savais, pour l'avoir vu son poignet qu'il était arrivé ici avec ses vies au complet, et, j'aurai voulu l'aider à les garder. Cependant Charlie était là.
A chaque fois qu'il mettait en pause ses coups cela signifiait que Aaron se rapprochait de la mort. La réelle mort, celle qui résultait en un rien immense. Celle qui ne permettait pas de vie après.
Puis après une énième pause, Charlie se leva. Satisfait. Aaron ne bougeait plus, Aaron était mort. Vraiment mort.
Le docteur s'était rapatrié vers Luke, il avait compris que je ne l'écoutais pas, je ne l'entendais même pas. Mes oreilles filtraient tous les bruits pour laisser passer le seul silence assourdissant d'Aaron. Sa respiration saccadée n'envahirait plus aucun couloir.
-Luke, écoutes moi, tu seras libre de faire ce que tu veux! Luke tu auras l'éternité! Ne commet pas d'erreur mon garçon. Supplia le docteur, des gouttes de transpiration coulaient le long de son petit front.
Charlie se dirigeait à présent vers nous. Ses pieds tappaient lourdement contre le carrelage.
-Luke! Je criai désespérément pour qu'il actionne cette maudite poignée.

Des hommes, tous vêtu de noirs, prenaient d'assaut les lieux. Ils venaient de derrière Charlie mais nous rattrapaient à une vitesse fulgurante.
-Luke! Mes hurlements de détresse ne servaient à rien, ils se perdaient entre la sirène stridente et les paroles graves du docteur.
J'attrapai alors le menton de Luke grâce à ma main droite, la gauche se trouvait encore emprisonnée par les doigts du blond.
Ses yeux se posèrent enfin sur moi, un voile brumeux s'y ôta. Luke hocha la tête. La porte ouverte nous courûmes à en tomber. Nous courûmes car nos vies en dépendaient. Nos poumons nous brûlaient, nos gorges se séchaient.
Charlie s'élança à son tour à notre poursuite. Calmement, tel un prédateur.
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