Acceptation
Quand j'étais passé dans l'open space pour venir jusqu'à mon bureau ce matin, Izuku n'était pas encore là. Mon PC s'allumait dans un bruit sourd de ventilateurs asmatiques. Sa barre de céréales en évidence sur le bureau, j'attendais. S'installerai-t-il de nouveau dans mon bureau ce matin ? C'était stupide d'éspérer ça. Je devrais être content de notre éloignement. N'était-ce pas exactement ce que je voulais ?
Mon écran d'accueil s'afficha. Je tapai le mot de passe, cherchant par habitude mon mug de la main et me rappelant qu'Izuku ne l'avait pas encore apporté.
Ce n'était pas habituel pour lui d'arriver en retard, j'espérais qu'il ne lui était rien arrivé sur le chemin. Les accidents de vélo n'étaient pas rares.
Je cliquai machinalement sur l'icône de ma boite email. Il y en avait un d'Izuku. Le sujet était "Absence". Je l'ouvris avant les autres. D'une phrase d'un ennui professionnel, il nous indiquait qu'il était malade. Rien de grave, sûrement un état grippal mais il ne se sentait pas de venir. Il serait sûrement de nouveau là demain, annonçait-il avant de nous souhaiter une bonne émission.
Du soulagement. C'était tout ce que j'avais le droit de ressentir. Bientôt, dans quelque semaines, le quotidien sans Izuku serait la norme et c'était ce à quoi je devais aspirer.
Je me levai pour aller remplir mon mug moi-même à la salle de pause. Comme je l'avais fait des années durant, avant l'arrivée de mon stagiaire. L'heure avant la première réunion de la journée passa lentement. Le temps semblait s'étirer. Comme depuis que j'attendais la fin de son stage en l'évitant.
— Tu as fini par faire fuir le môme ? me demanda Stain quand il me vit arriver seul.
— Appelle-le pas comme ça. Il est largement plus mature que toi, le recadrai-je.
Mina pouffa.
— C'est tellement vrai, renchérit Camie.
— Et donc, il est où le stagiaire ? insista Neito.
— Il n'est pas là aujourd'hui, il est malade, indiquai-je.
— Oh, non, c'est grave ? s'inquieta Mina.
— Qu'est-ce que j'en sais ? Je suis pas docteur, répondis-je.
J'enchainai avec les informations réglementaires, recadrai quelques propositions de chroniques et n'essayai même pas de ramener l'attention de Mina sur nous quand elle se mit à pianoter sur son téléphone en plein milieu d'une phrase. Au lieu de ça, je clôturerai plus rapidement. Stain s'échappa pour aller enregistrer un micro-trottoir. Camie fondit sur son PC et Neito plongea dans un journal. Je m'approchai de Mina, telle un lion fondant sur une gazelle garée. Un oeil par dessus son épaule, je tentai de regarder son téléphone, qui était ouvert sur une vidéo stupide.
— Tu es proche d'Izuku, non ? la questionnai-je l'air de rien.
— Oh, Katsuki ! dit-elle surprise de me voir encore là. Regardes, c'est TikTok, m'indiqua-t-elle fièrement. C'est Izuku qui m'a montré comment m'en servir. Et là, dit-elle en se retenant de rire, c'est un bébé chèvre qui grimpe sur un autre bébé chèvre, c'est pas le truc le plus adorable et drôle que t'as vu de ta vie ?
Je retins un soupir. Évidemment, j'avais de quoi faire plusieurs volumes encyclopédiques avec les répliques cinglantes qui me vinrent à l'esprit, mais là, j'étais sur le point de lui demander un service.
— Non, assénai-je sèchement. Sinon, Izuku...
— Oui, le pauvre chou. Mais c'est vrai qu'il avait l'air fatigué vendredi. Je veux dire un peu plus que d'habitude.
— Il t'as dit quelque chose ? insistai-je.
— Non. Pas vraiment. Qu'est-ce qu'on a mangé vendredi déjà ? demanda-t-elle.
— Quel rapport ? m'écriai-je, de moins en moins patient.
Camie et Neito tournèrent la tête vers nous.
— C'est un truc pour la mémoire, je cherche des éléments du vendredi pour tenter de me rappeler d'autres choses qui sont arrivées. Ah oui, du saumon et des épinards. Et les papiers d'assurance pour le voyage à Marseille qu'on a dû tous signer. Et puis il est allé chercher un coca au distributeur. Je me rappelle car il a demandé si quelqu'un avait une pièce. Je crois que c'est tout.
— Ok, très bien, dis-je, sentant le regard inquisiteur de Camie peser sur moi. Mais, tu voudrais pas, mettre un petit message dans le groupe du bureau pour savoir comment il va ?
— Pourquoi tu ne le fais pas, toi ? intervient Camie, se levant de sa chaise.
— Ca serait bizarre. Vu que je suis le boss, expliquai-je.
— Et demander à Mina de le faire, c'est pas plus bizarre ? insista-t-elle.
— Je peux le faire, assura Mina qui avait déjà commencé à taper sur son écran à la vitesse de la lumière.
— Non, enfin comme tu veux, je m'en fous. C'était juste comme ça, dis-je avant de m'en aller.
J'entendais les chuchotements de mon équipe pendant que je m'éloignais. Je n'avais pas réussi à m'en foutre. Quand il ne serait plus stagiaire, je n'aurais plus de raison de me poser ce genre de questions. Mais ça m'inquiétait. Là, maintenant. Comment allait-il se faire à manger ? Est-ce qu'il prend bien soin de lui ? Sûrement pas.
Le message de Mina était apparu dans la conversation de groupe, mais Izuku ne l'avait pas encore vu.
Et il resta comme ça jusqu'en début d'après-midi où nous reçûmes un message qui se voulait rassurant. Mina insista pour savoir s'il avait de la température (oui), s'il était allé voir le médecin (non), et s'il prenait bien soin de lui pour guérir (peu importe sa réponse je ne le croyais pas).
J'étais un peu ailleurs pendant l'émission. J'avais eu du mal à me concentrer lors de la réunion pré-livre et pendant le live, c'était pire. Mais Izuku allait écouter cette émission, elle devait être bonne. Non pas qu'il fut tellement fan qu'il n'en loupait pas une ou encore qu'il voudrait écouter ma voix. Non, Izuku était juste très consciencieux. Alors l'émission devait être aussi bien que d'habitude. Après l'émission, je fis mine de repasser par mon bureau comme d'habitude mais je n'y restai que quelques minutes avant de rentrer. Pour ne pas me retrouver sans rien à faire, je décidai de passer faire quelques courses. Inconsciemment je remplis un panier de tout ce qui était nécessaire pour faire une bonne soupe. Je payais et rentrais chez moi.
Mais en poussant la porte de mon appartement, je trouvais deux indésirables, tranquillement installés au comptoir de ma cuisine.
— Vos doubles de clés, c'était pour les urgences maugréai-je.
— C'est une urgence, m'assura Ochako.
Je déposai mon cabas sur le comptoir de la cuisine et m'occupai de ranger mes courses comme s'ils n'étaient pas là. Il attendirent sagement que j'ai terminé, me forçant à les confronter.
— Bon, c'est quoi cette urgence, balançai-je espérant régler ça au plus vite.
— On s'inquiète pour toi, tu es vraiment sur les nerfs en ce moment, expliqua Eijiro.
— Et je sais que c'est à cause de ton stagiaire maintenant, répliqua mon ex femme.
Je lui lançais un regard meurtrier.
— Je vais bien, dis-je d'une voix forte comme pour interdire toute contradiction.
— Mina m'a appelé, c'est pour ça que je suis venu voir Ochako. Mec, tout le monde s'inquiète pour toi.
Je me redressais, croisant les bras sur ma poitrine.
— Ben faut pas. Je suis grand. Je gère mes propres problèmes.
— Dire à voix haute qu'il y a un problème, c'est le premier pas, m'encouragea Ochako.
J'avais envie de la cogner.
— Mina m'a dit que c'était tendu entre le stagiaire et toi. Il s'est passé quelque chose ? insista avec plus de douceur Eijiro.
— J'ai décidé de me la jouer professionnel, eludai-je.
Je reculais d'un pas, me tournant légèrement dans un geste d'esquive incontrôlé.
— Défini, "professionnel" ? asséna Ohako.
— Quoi, tu connais pas ce mot ? répliquai-je.
— Si, mais quand je traite quelqu'un de façon professionnelle, ça n'alerte pas toute mon équipe, contra-t-elle.
Je mordis ma joue, hésitant à répondre.
— Je réponds à ses questions, si elles ont un rapport avec le travail, articulais-je doucement, la défiant de trouver le problème là dedans.
— Ouch, c'est dur ça, mec, commenta Eijiro.
— C'est vrai, je suis un terrible connard de répondre à ses questions, m'emportai-je, agacé qu'ils trouvent quelque chose à redire à cela.
— Tu sais très bien ce qu'on veut dire, insista Ochako.
Je serrai les dents.
— Et pourquoi tu as décidé de te la jouer professionnel ? demanda Eijiro, reprenant mes propres termes.
Je ne pouvais pas répondre. Je savais que je savais pourquoi, mais tout était bloqué et je n'avais plus envie de rester là à les regarder me juger. Je jetais un coup d'œil à la porte. Même si je sortais maintenant, je savais que je ne pourrais pas leur échapper indéfiniment. Et je savais qu'au fond, ils étaient vraiment là pour moi. Alors pourquoi ? Pourquoi je ne trouvais pas les mots pour exprimer l'horreur et la panique que je ressentais dès que je perdais le contrôle auprès d'Izuku. Ma main agrippa la peau de mon bicep, que je serrais avec force, comme pour ne pas perdre pied.
— Parce que c'est mon stagiaire, réussis-je à peine à articuler.
— Rappelle-moi, c'est le même stagiaire qui est venu jouer aux jeux vidéo chez toi ? Toute une nuit ? Un jour tu l'invite à une soirée pyjama, le lendemain, tu ne lui adresse plus la parole ? Très sain comme réaction.
— La ferme ! Je sais. C'est mieux comme ça, point.
— Mieux pour qui ? demanda plus doucement Eijiro.
— Mais pour tout le monde bordel. Lui, moi, l'équipe. Tout ça, m'époumonais-je.
Ils se regardèrent, l'air un peu perdu. Ils semblaient vouloir me faire comprendre quelque chose que j'aurais du comprendre et que manifestement, je n'avais pas encore saisis.
— Mais c'est l'inverse qui se passe, expliqua Eijiro d'une voix hésitante.
Je soupirai.
— C'est comme pour nous, hein ? demanda Ochako dont la hargne semblait s'être évaporée. Tu as peur de ce que tu ressens, peur de décevoir les gens qui comptent autour de toi ?
— De quoi tu parles ? Nous, c'était différent, assurais-je.
— Pourtant, ça a commencé comme ça aussi, dit-elle.
— Pourquoi tu refuses d'accepter ce que tu ressens pour lui ? me demanda Eijiro.
— Mais je refuse pas. Il me plait, voilà, vous êtes content ? Vous avez eu ce que vous voulez, vous pouvez partir.
— Il te plaît, c'est tout ? Et c'est ça qui t'empêche d'avoir une relation normale au travail avec lui, insista Eijiro.
— Attends, je suis pas amoureux, faut pas déconner, assurais-je.
— Non mais il y a monde entre plaire et être amoureux.
— Et alors ? Quand bien même je serais amoureux de lui. Je ne vois pas en quoi ça change la situation. C'est quoi la solution magique que vous me proposez ?
— La solution à quoi ? Katsuki, on ne comprend pas ce que tu es en train de faire, m'assura Ochako.
— Je protège Izuku.
— Mais de quoi ? insista-t-elle.
— De moi.
Ils se regardèrent.
— Tu es courant que t'es pas dangereux.
— Vous comprenez pas, soupirai-je.
— Explique-nous alors.
Je me sentais soudain fatigué. Je tirai un tabouret de mon îlot de cuisine et m'installai dessus. Ils attendirent en silence.
— Plus j'apprends à le connaître, plus je l'apprécie. Plus je fais des trucs idiot comme faire des choses pour qu'on se rapproche. Mais je ne peux pas faire ça. Quand je dis un truc, comment il sait que c'est Katsuki et pas son chef de stage. Le mec connu à la radio qui peut défaire sa carrière dans les médias. S'il se passe quoi que ce soit entre nous, comment je peux être sûr que c'est ce qu'il veut. Vous savez comment je suis, je donne des ordres, je crie. Je m'énerve. Je peux pas faire ça. Sans compter qu'il est super jeune. J'ai tous les putain de types d'ascendant sur lui.
— Ok... là, je comprends mieux.
Je relevai les yeux vers lui, surpris.
— Mais ce que tu fais là, c'est pire, m'assura Ochako.
— Comment ça "pire" ? grognai-je.
— Tu dis que tu veux le protéger, reprit Ochako calmement. Mais tu lui laisses même pas le choix.
Je fronçai les sourcils.
— Tu décides pour lui que c'est dangereux. Donc tu le repousses. Sans explication.
Elle haussa légèrement les épaules.
— C'est pas le protéger, ça. C'est décider à sa place.
— Et tu veux que je fasse quoi ? Que je prennes le risque ?
— Non, tu le traites comme une personne et tu lui explique ce qui se passe entre vous.
— Lui avouer ? m'écriai-je, horrifié par cette idée.
— Quoi, ça serait si gênant que ça ?
— Oui, lui assurais-je.
— Et pourquoi ? insista-t-elle.
J'ouvris la bouche. Je n'avais pas de mots pour l'expliquer, mais j'en étais sûr. Non. Non, non et re non.
— Je crois que je suis d'accord avec Ochako. Qu'est-ce qui peut arriver de pire que maintenant ? Au moins il comprendra pourquoi tu as réagi comme ça, exposa Eijiro.
Je me sentais de nouveau agacé. Et la raison pour laquelle leur proposition m'énervai, était que c'était putain de logique. J'avais pas envie de faire ça, clairement.
Mais je devais me montrer responsable après toute la merde que j'avais foutu.
Je me pris la tête entre les mains. Et soudain j'étais dans l'etau d'un stupide calin de groupe. Je grognais, faisant mine de vouloir les faire partir mais leur étreinte se resserra et je les entendais m'assurer que "Ca va aller". Alors je poussai un petit grognement de frustration.
Ils avaient fini par partir, m'enjoignant de les contacter si jamais...
Je préparais une soupe, j'avais décidé que j'irai voir Izuku ce soir. La discussion que je devais avoir avec lui, je ne pouvais pas l'avoir au travail. Et Maintenant que ma décision était prise, j'avais pas envie d'attendre qu'il revienne au travail, pour lui demander qu'on se voit en dehors et passer toute l'attente dans une ambiance horrible. Je voulais retirer ce putain de pansement d'un coup sec. Et peut-être que je voulais lui apporter de la soupe et vérifier qu'il aille bien.
J'avais fait une soupe pour 4 personnes au moins, que j'avais refermée dans un grand bocal et j'avais pris la route de son appartement. Je me garai en espérant retrouver ma voiture intacte quand je reviendrai. Je cherchais son nom sur l'interphone. Et s'il dormait ? J'allais le déranger. Et si personne ne répondait. Je n'eus pas trop le temps de stresser car les bips s'arrêtèrent.
— Oui ? me répondit une voix féminine.
J'hésitai.
— Heu, oui pardon, je cherche Izuku Midoriya.
— Oui, c'est ici, vous êtes ? grésilla l'interphone.
— Katsuki Bakugo. Son... chef de stage, proposai-je.
— Oh, mon dieu. Entrez, entrez, 4ème étage, j'ai bien peur que l'ascenseur soit en panne m'avertit la voix dans le mur.
Un bruit mécanique m'informa que la porte venait de s'ouvrir. Je grimpai les étages, arrivé au 4ème, j'apperçu une porte entrebâillée, dévoilant une femme d'une cinquantaine d'année, avec les mêmes cernes et les même cheveux qu'Izuku.
— Bonjour, entrez, m'invita-t-elle.
Je franchis le seuil de la porte me sentant idiot de n'avoir jamais envisagé qu'il pouvait vivre avec sa mère.
— Je suis Inko Midoriya, enchantée, me dit-elle.
— Katsuki Bakugo, dis-je lui tendant la main qu'elle serra chaleureusement.
— Je sais, dit-elle en rougissant. Il y a des affiches de vous dans le métro, m'avoua-t-elle. Et je vous écoute aussi, enfin, j' écoute mon fils, qui passe dans votre émission, ajouta-t-elle, visiblement fière.
— Je, j'ai appris qu'il se sentait mal et j'ai pensé qu'une soupe... balbutiai-je.
C'était trop bizarre. Elle allait me prendre pour un fou. Qui faisait ça ? Pourquoi ne me foutait-elle pas à la porte en me disant que c'était totalement inapproprié.
— Oh,c'est gentil. Izuku n'arrête pas de me dire à quel point vous êtes gentil, mais là. Vous devez avoir tant de choses à faire et vous prenez le temps de vous inquiéter pour mon fils. Je suis contente, vous savez. Cette année n'a pas été simple pour lui. Mais il a l'air tellement plus heureux depuis qu'il a commencé son stage.
Je me sentais de plus en plus coupable chaque fois qu'elle prononçait une parole. Je me raclai la gorge.
— Je vais peut-être vous laisser. Je ne voulais pas vous déranger.
— Non, vous ne dérangez pas. Pas du tout. Izuku doit être endormis et je n'ai pas grand chose à vous proposer mais si vous voulez rester un peu... je peux vous servir un verre d'eau ou un thé ? Oh je suis désolée, je n'ai vraiment pas grand chose à vous proposer, se lamenta-t-elle.
— Un thé, ça sera parfait, lui assurai-je.
Elle avait exactement les mêmes yeux qu'Izuku. Et de nombreuses questions me venaient. J'avais envie d'en savoir un peu plus. Etais-ce mal ?
Je parcourais la pièce du regard. Le papier peint était un peu décollé, le mobilier vieillissant. Un peu de chatertone avait été utilisé pour consolider une poignée de placard. Une petite table en bois trônait au centre de la pièce avec des chaises dépareillées. Un canapé défoncé était posé devant une télé allumée sur les informations dont le son avait été réglé très bas, sans doute pour ne pas réveiller Izuku. Les ampoules qui pendaient du plafond étaient à nu. Il y avait quelques cadres avec des photos, surtout d'Iuzuku. Sur l'un d'entre eux il devait avoir 6-7 ans, il avait de bonnes joues et ses yeux paraissaient encore plus grands et plus verts. Parfois, il y avait Inko avec lui sur les photos.
Elle déposa une tasse d'eau chaude sur la table avec un petit sachet dedans, je la remerciai et m'assis en face d'elle.
— Je sais que ça ne fait pas longtemps que vous côtoyez mon fils, mais ... Il se débrouille bien... vraiment ?
— Oui. Il ne passerait pas à l'antenne sinon, dis-je. Et vous, que faites vous comme travail ?
— Infirmière, je fais des gardes de nuit. J'ai échangé avec une collègue, je voulais être là pour Izuku. Je sais qu'il est grand et qu'il n'a pas besoin que sa mère veille sur lui quand il est malade. Mais vous êtes parent aussi, je crois ?
— Tout à fait, confirmai-je.
— Ils ont beau être grands, on ne s'arrêtera jamais de s'inquiéter pour eux, me dit-elle avec complicité.
Je retirai le sachet de la tasse et bu une gorgée. Sa mère était très attendrissante. Avant que j'ai pu poser une autre question, une porte s'ouvrit et Izuku en émergea.
Il était dans un jogging vert, un t-shirt trop grand et délavé sur le dos. Ses cheveux étaient en bataille, plus que de coutume du moins, et il se frottait les yeux.
— A qui tu par... Il s'arrêta au milieu de sa phrase, cligna plusieurs fois des paupières comme s'il ne croyait pas ses yeux.
— Qu'est ce que tu fais là ? Demanda Izuku visiblement étonné et peut être légèrement en colère.
— Izuku ! Ce n'est pas une façon de parler à son patron, surtout quand il vient pour s'assurer que tu vas bien.
— Non, laissez, c'est moi qui insiste pour qu'on me parle ainsi, informai-je Inko, qui semblait tout de même embêtée par le manque flagrant de politesse de son fils.
Izuku me fixait, attendant ma réponse. Mais je ne pouvais pas parler librement devant sa mère tout de même.
— Je suis venu t'apporter de la soupe...parce que tu es malade, précisai-je inutilement.
Il plissa les yeux, sceptique. Son regard se tourna vers sa mère qui semblait perdue par la teneur de notre échange.
— Je crois qu'on devrait discuter, dit-il.
Il s'approcha de sa porte dans le couloir.
— Seuls, ajouta-t-il.
C'était ce que j'étais venu chercher, mais mon cœur palpitait et je serrais le poing pour éviter de trembler. J'acquiesçai sans un mot et le suivis.
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