Chapitre 43

Je pus enfin voir toutes les mesures de sécurité dont ils faisaient preuve, signe qu'ils connaissaient l'importance de ce qu'il y avait en haut, ou qu'ils y avaient mis autre chose ...
L'ascenseur se trouvait en plein milieu d'un croisement, et de nombreux robots passaient, toujours en restant à une distance raisonnable de celui ci, comme s'ils en avaient peur.
Divers robots montaient la garde sur un seul côté, devant les portes, dont plusieurs que je n'avais encore jamais vu depuis que j'étais arrivé ici, mais aussi un de ceux que j'avais neutralisé à l'entrée et quelques robots de base.
L'un d'eux semblait léviter, ce qui attira immédiatement mon attention. C'était une sphère noire qui flottait à quelques centimètres du sol, comme si la gravité n'avait aucune influence sur elle. Elle n'avait pas d'yeux à proprement parler, mais je sentais son regard passer sur moi avec insistance, comme si elle me voyait mais ne prévenait pas ses amis, pour voir si je pouvais aller plus loin. J'entendais des bruits indistincts provenant d'elle, ce qui ne me rassurait pas davantage.

Je soufflai et essayait de focaliser mon attention sur autre chose. Il me semblait que je n'avais vu aucun robot passer par l'ascenseur depuis que je l'observais mais que plusieurs androïdes étaient arrivés devant et avaient fait demi tour, à l'image d'un des robots-assiette que venaient d'arriver devant la troupe de garde. Il tenta de passer, mais une ligne de laser passa sur lui, et tout les gardes se mirent en marche. Un premier le scanna à l'aide d'une lumière blanche, et cliqueta quelque chose à l'attention de son groupe. Sitôt cela fait, le petit robot paniqua et tenta de s'enfuir, mais les filaments du robot boîte le prirent au vol et le firent décoller à un mètre du sol. Une machine étrange projeta du liquide sur la victime qui cria aussi fort que pouvait crier un robot, tandis que le métal dont elle était recouverte s'effritait peu à peu. Pour finir, le dernier s'éleva jusqu'à lui. Une pince sortit de son corps et elle s'approcha du robot sans défense. Il l'introduisit dans un port auquel je n'avais pas fait attention, et il s'éteignit en quelques instants.
La carcasse s'écrasa au sol en continuant de se désagréger, et le groupe retourna à sa léthargie.

Je restai quelques secondes à réfléchir, puis, me disant que je n'avais aucune chance de passer en un seul morceau, je regardais la structure de l'ascenseur qui s'élevait au dessus de moi.
Il était tout en verre, mais de nombreuses poutres en métal pouvait me permettre d'escalader bien plus facilement. Après, n'avais qu'à monter sur le toit pour aller directement jusqu'à la salle qui m'intéressait. Il fallait que je sois très rapide pour ne pas me faire repérer.

Je passais discrètement sur le côté, en restant le plus loin possibles des gardes, jusqu'à me retrouver totalement de l'autre côté du croisement. Mon cerveau fit mentalement un itinéraire que je pouvais emprunter sans trop de difficultés. Je ne perdis pas une seconde et commençais immédiatement mon ascension.

Les premiers mètres furent très simples, notamment à cause du nombre de poutres qui soutenaient l'ascenseur à la verticale en permanence. Mais très vite, je commençais à trouver de moins en moins de prises, d'autant que l'escalade était compliquée : je devais garder ma cape sur moi, mais mes mains ressortaient et n'étaient plus invisbles à personne, de même que ceux qui me regardaient d'en bas qui pouvait voir des pieds qui escaladaient. Néanmoins, j'y faisais peu attention, me focalisant sur la montée rapide de la structure.
Je m'élevais de plus en plus et me rendait compte de la hauteur que j'avais gravi, développant un léger vertige. Comme je m'étais calmé, je pouvais sentir mes muscles en feu, mes mains tremblantes contre le métal froid. Mon corps me suppliait de m'asseoir pour me reposer, et même mes paupières se faisaient plus lourdes. Malgré tout, je m'efforçais de rester bien concentré, et de monter avec le plus de vitesse que le permettait mon corps fatigué. J'avais cessé de compter combien de fois je m'étais levé pour attraper le rebord au dessus de moi et me hisser sur la poutre suivante.

Les prises se raréfiaient encore à mesure que je m'approchais de mon objectif, quand je vis un robot qui nettoyait le verre de l'ascenseur. Je m'arrêtais quelques instants pour regarder cette minuscule machine faire son travail, qui me rappelait presque ceux d'hommes au dehors.

J'en avais presque oublié l'allure des grands immeubles de chez moi ... Je restais ainsi, le vide tout autour de moi, à regarder quelqu'un travailler, en repensant à chez moi. C'était la première fois que j'y pensais réellement depuis que j'avais quitté ma cellule pour m'enfuir.
Le robot travaillait efficacement à l'aide des ventouses qui lui permettait de rester bien en place sur la paroi. Je le voyais quand même lancer de temps en temps des regards vers le gouffre derrière lui, qui semblait l'inquiéter.
Je me décidais à repartir, petit robot nettoyeur ou non. J'attrapais la poutre en métal au dessus de moi, quand je me sentis partir en arrière.

Mon pied venait de glisser sur quelques gouttes, et me déportait dangereusement en arrière. J'essayais de tout mon poids de me redresser, mais la vide m'attirait de plus en plus. Et je perdis prise.
D'un geste vif, je retirais ma cape pour ne pas être gêné, et je vis le petit androïde presque se laisser tomber d'étonnement de me voir.
Mais j'avais d'autres soucis bien plus importants en tête. Je sentis que mon autre pied partait en arrière, et je m'accrochais de toute mes forces à celui ci pour le garder au même endroit quelques instants de plus. Je repartis en avant et fis un salto. Mon pied se décrocha, et je commençais ma chute, qui ne dura pas bien longtemps. Mes bras se tendirent et s'aggrippèrent à la poutre qui passait devant moi. Tout mon corps se prit violemment la paroi en verre, fendant celui-ci et m'arrachant un cri. Je grognais pour me stabiliser, et je vis le minuscule robot s'approcher rapidement de moi. J'espérais secrètement qu'il allait gentiment m'aider en me relevant et en ne donnant pas l'alarme, mais je ne me faisais plus trop d'illusion.

Un son suraiguë jaillit de la machine, et je sentis plusieurs milliers d'yeux tourner le regard vers moi très lentement.
Je ne pris pas tout ce temps et me relevai tant bien que mal. Le laveur de vitres tenta de m'en empêcher mais compris rapidement qu'il n'avait absolument aucune chance contre moi, et recula jusqu'au bout de la poutre sur laquelle je venais de monter. Je sentis des vibrations sous mes pieds et me penchai doucement pour voir ce qu'il se passait en dessous de moi. Je vis toutes les machines qui montaient la garde et bien d'autres monter rapidement les parois de l'ascenseur.

Je ne réfléchis pas longtemps, et commençai à remonter à toute vitesse.

- J'ai un gros soucis ! criai-je à l'attention de mon téléphone.
- Quel genre ? Il se passe quoi ?
- Je suis à je sais pas combien de mètres du sol, en tout cas c'est assez haut, et les robots ont capté que j'étais là !
- Heu ... Comment ils ont fait ?
- Disons que peu de robots en bon état de marche ont les semelles qui glissent !
- Tu vas arriver à les semer ?
- Ça va être chaud ! Deux minutes, faut que je me concentre un peu plus là !
- D'acc.

Les poutres étaient encore de plus en plus espacés, de manière à ce que je doive maintenant sauter pour atteindre les suivantes.
Les robots, qui s'accrochaient directement au verre ou lévitaient, n'avaient pas ce genre de problèmes et se rapporchaient de plus en plus.
Malgré la pression de mes poursuivants, je devais faire des sauts millimétrés pour ne pas tomber. Mon cerveau tournait à toute vitesse me permettant de faire le plus attention à ceux ci, et de savoir combien de machines me poursuivait. J'en comptais une trentaine, ce qui n'atténuait pas du tout mon stress. Mes muscles ne semblaient presque plus pouvoir me porter, et je sentais aux vibrations au dessous de moi mes ennemis progresser bien plus rapidement.

Soudain, une ombre se posa sur l'ascenseur, et je vis arriver à grande vitesse le bras d'une grue, qui semblait bien décidé à me percuter comme une mouche contre une vitre, ce dont je donnais un peu l'air à cet instant.

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Hey !
Comment ça va les petits gâteaux !? ( et qui a la référence ? )

J'ai rien à dire donc à plus !

Plésiosaure

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