Chapitre 26

La voix qui venait de résonner dans la pièce était ferme et dure. L'homme qui l'avait employé en avait encore plus l'air. Il devait bien faire deux mètres de haut, et malgré ses cheveux grisonnants, on pouvait sentir qu'il était encore extrêmement fort. Ses vêtements étaient entièrement noirs, et juraient avec la lumière du laboratoire. Ses bras ressemblaient à des troncs d'arbre, et son visage était sévère, et flanqué d'une moustache elle aussi grise. Ses yeux bleus acier soulignaient son regard imperturbable et déterminé, qui contrastaient avec celui des deux hommes face à lui, qui parraissaient bien ridicules comparé à ce colosse.

- V-Vous êtes bien monsieur Markoff ?
- Oui. Et je sais qui vous êtes, donc ne perdons pas plus de temps en présentations inutiles. Est-il bien endormi ?
- Oui monsieur ...
- Parfait.

Le géant se tourna vers moi, et je fermai rapidement les yeux, pendant qu'il commentait mon allure :

- Vous avez pris un gringalet pour le test ?
- Oui, nous voulions voir si l'effet serait plus ... spectaculaire.
- Que cela a-t-il donné ?
- Comme vous l'avez vu dans le mail récapitulatif ...
- Je ne lis pas mes mails, répondit l'homme en claquant la langue, comme si ce dernier mot était interdit. Je veux qu'on réponde à mes questions sur place.
- Et bien, bredouilla l'un des deux hommes l'accompagnant, décontenancé, le test n'a absolument rien donné sur ce sujet, malgré ...
- C'est aussi à moi d'en juger, le coupa encore Markoff.

J'entendis des pas lourds parcourir la pièce tout autour de moi, suivis par des plus petits pas qui suivaient.

- Ce sont donc vos machines expérimentales ?
- Ou-Oui, monsieur ! Vous pouvez voir par ici un détecteur de particules à-
- Je ne suis pas venu pour m'extasier sur vos autres jouets. Je ne suis venu ici que pour une seule raison, vérifier que vous avez dit la vérité en certifiant que ce garçon est inoffensif.
- Bi-Bien entendu ...!

Markoff s'approcha alors de moi, et une ombre entoura tout mon corps.

- Passez moi les bilans.
- Ils sont ici ...
- Mmm ... On va voir ...
Il se coupa net, et reprit après quelques secondes.
- Et d'ailleurs, professeur ?
- Oui ?
- Veillez, à l'avenir, à mieux endormir vos patients.
À cet instant, une main me prit à la gorge et me souleva comme si j'étais une brindille.

J'ouvris les yeux et vis l'homme me jeter un regard sombre. Les deux scientifiques avaient disparu. Je commençais à me débattre, mais sa main me serra encore plus.

- Je te conseille de ne pas bouger. Tu vas avoir encore plus mal sinon.

Je continuai néanmoins de gesticuler pour tenter de m'échapper, mais j'arrivais à mes limites en terme d'apnée, quand la salle s'illumina. Un éclair traversa le bras du colosse qui me tenait, et, dans un craquement sec, tomba. Je me dégagais de l'étreinte de la main pour remarquer trois choses : c'était un des scientifiques qui avait tiré avec un espèce de tuyau d'arrosage, Markoff ne semblait pas du tout dérangé d'avoir perdu un bras, qu'il regardait comme si c'était sans importance. Chose plus étrange que les autres, le bras fumait et des étincelles en sortait, je pus également distinguer un amoncellement de fils électriques qui en dépassait par le trou pratiqué par le pistolet-tuyau d'arrosage.

- Ce n'est pas un problème pour moi, mais je vois que vous pratiquez une mutinerie. Je vais en informer le directeur.
- Je-Je ne crois pas, non ! répondit l'un des deux homme visés en appuyant sur un bouton. On pouvait voir qu'il tentait de rester courageux mais tremblait de toutes parts.
La porte se ferma, j'entendis divers mécanismes, et compris que nous étions enfermés. Markoff haussa les épaules.

- Simple contretemps. Et puisque je suis là ...
Une lame d'une cinquantaine de centimètre sortie de son bras coupé. Il la regarda quelques secondes.
- ... Je vais en profiter pour me charger de vous.
Sur ces mots, il fonça sur moi.

Je ne pus l'esquiver que grâce à la chance. Et aussi avec la force accrue de mes jambes. Il me chargea à toute vitesse, et je fis un bond de plusieurs mètres en hauteur, m'écrasant presque au plafond. Il passa sous moi et se dirigea sans s'arrêter vers un de mes deux acolytes. Qui hurla comme une fillette à son approche. Mais l'impact n'eut pas lieu. Sitôt revenu au sol, je sautai dans la direction de mon ami et le prenait au vol pour le décaler de plusieurs mètres. Markoff s'arrêta et se tourna vers moi. Il brandit son bras armé et tenta de m'atteindre d'un coup ciculaire, mais ayant prévu son coup, j'avais déjà sprinté de l'autre côté du laboratoire.

- Il est bien agile pour une personne parfaitement normale, commenta le géant. Et ses yeux sont bien blancs à mon goût.

Sans que je le vis venir, il fit un saut gigantesque dans ma direction, renversant la moitié des machines de la salle au passage, et essaya encore de me frapper, cette fois de sa main démesurée. Par un autre reflexe surhumain, je sautai sur le côté au tout dernier moment, sentant même la chaleur de sa paume. Je me réceptionnai tant bien que mal sur une sorte de télévision trafiqué, puis foncai dans sa direction, tout en glissant pour passer  entre ses jambes et le prendre par derrière. Sitôt sur mes pieds, je frappai son dos de toutes mes forces, mais ma main heurta une plaque de métal qui n'eut pour l'effet de me faire légèrement mal à la main. Mon adversaire se retourna, et d'un coup de paume bien placé, m'envoya directement dans un mur.
Je me relevai sans difficulté, sentant juste une légère raideur dans la nuque. Je vis également un peu de sang couler de ma tête, mais ne m'en souciai pas. Les yeux du colosse semblèrent s'illuminer en me voyant sur pieds si rapidement. Il se projeta dans ma direction et sa lame s'approcha trop vite de mon ventre pour que j'esquive ... J'attendis la violence du choc venir en fermant les yeux.

Mais elle ne vint pas. Je les rouvris après quelques instants pour remarquer une sorte de couverture bleue tout autour de moi, émanant d'une boule de billard. Je me tournai vers l'un de mes alliés :

- Merci pour le champ de force !
- C'est pas ça, petit ! Lance vite !

Comprenant ce que le scientifique sous-entendait, je shootai rapidement dans la boule qui fonça vers mon adversaire et qui explosa à côté de son torse. Je vis sortir du souffle de l'explosion une forme qui se dirigeai droit vers l'un de mes amis, et je bondis sur elle pour asséner un des plus puissants coup de poing que je n'avais jamais donné. Markoff s'écrasa à son tour dans le mur opposé à nous, arrachant une sorte de plan de vol pour fusée en passant. Un grondement se fit entendre tandis que l'homme émergait du trou béant, sans aucune blessure apparente. Il souris et me dis :

- Tu te défends pas mal, petit gars ...
- Tu commence à me saouler, robocop ...

Ces mots sortaient de ma propre bouche, et j'en étais moi même étonné. Il s'extirpa complètement des gravats qui commençaient à se trouver dans toute la pièce, et me regarda durant de longues secondes.
Le temps sembla se ralentir, presque s'arrêter, tandis qu'il prenait son élan. J'avais déjà un plan en tête.
Il fonça vers moi, et je fis de même, mais j'étais bien plus rapide. On se rapprochait l'un de l'autre. D'un coup, je sautai en direction de la seule arme la plus proche : l'épée qui sortait de son bras. Je donnais une grande impulsion dans cette dernière, et les os- ou morceaux de métal du géant- se brisèrent. Je me retrouvai à présent avec son bras dans les mains, et je l'enfonçai de toute mes forces dans son ventre.
La lame le transperça de part en part.
Un sourire apparut sur son visage quand il vit la lame planté dans son torse.

- Il est bien fort, pour une personne parfaitement normale. Je suis content que l'expérience ait réussie.

Sur ces ultimes mots, il tomba en avant et la lame sortit plus profondement de son dos.

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Hey ! 

Comment cha va les gens ?
J'ai absolument rien à dire à part que j'ai quand même changé le titre, donc des bisous !

Upcycling

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