~Partie 3~ Test

"Trop de gens nous font passer des tests. Qu'ils soient physiques ou vestimentaires, pour rentrer dans des moules. Mais nous sommes tous égaux avec nos différences. Nous sommes tous uniques à notre façon."                                                                                                                                                      @demoisellecrea

En réalité, je ne suis pas rousse. Disons, brun tirant sur le orange, mais pas rousse. Pour les autres, c'est quand même une différence. Même minime. Cette petite pensée me traverse l'esprit lorsque je retire ma brosse à cheveux de ma tête, en examinant les petites mèches restées dessus.

Ça y est, c'est le grand jour. Je fais en sorte de ne pas y penser. Je respire calmement même si j'ai l'impression de mes gestes sont confus. J'imagine ce qu'aurait été ma vie si je n'avais pas été rejetée à cause de mon apparence. Peut-être que j'aurais eu des amis, peut-être pas. Peut-être que je suis faite pour finir seule. Mais ce qui me fait le plus mal, c'est l'attitude des autres. On s'entretue tous au lieu de s'aider. Bien souvent, les gens pour qui tu prendrais une balle sont derrière la gâchette. Moi, je n'ai jamais eu ces problèmes. Ces problèmes de coeur ou de trahison. Ces problèmes qui te font sentir idiot et impuissant. Non, jamais. Ma solitude m'a apporté ce seule avantage: être constament protégée de ces problèmes. Hélas, nous vivons dans un monde où reigne la loi du plus fort. Et moi, je suis faible. Malgré ce bouclier invisible qui me protège de l'extérieur, je souffre. Chaque jours, un poid se rajoute sur mon dos et s'accumule avec toutes mes angoisse. Ce poid s'alourdit en m'oppressant de jours en jours.

Je dois me dépêcher. Je retire donc mon pyjama afin d'enfiler ma robe violine. Ses petits volants de dentelle ,plus sombres, se soulèvent lorsque je m'en empare. Selon mon père, elle me fait de jolies jambes. 

C'est là que je la revois. Cette fille. Celle que je ne suis pas. Celle qui a l'air forte et téméraire. Je ne l'aime pas. Ce n'est pas moi. Mes peintures de guerres: un rouge à lèvres carmin et un peu de mascara. Mon teint de porcelaine et mon visage de poupée, laissent penser que je peux me briser au moindre courant d'air, que je suis fragile. Pour terminer cet accoutrement festif, je relève ma tignasse orangée en un chignon décoiffé.

Une grande inspiration avant de descendre les escaliers. Mon père trépigne à l'entrée avant de me fixer comme si j'étais la huitième merveille du monde. Il m'accompagne dans la voiture en me posant mille questions. Ça va? Pas trop stressée? Bien dormis? Bla bla bla... Je lui réponds par des grognements mielleux en fixant la route. Je frictionne nerveusement mon accoudoir tout en regardant les autres voitures qui filent à toute allure vers la même destination. Noire, bleue, marron, noire, rouge, grise, encore noire... Le trajet est long. Très long, voire trop long. Mon père a mis en route la radio, je ne l'écoute que d'une oreille.  Je tiens absolument à rester concentrée. Alors, je récite les noms des Anthréals. Classe 1: les Tarasséens...

Nous arrivons enfin sur le parking. Mon père s'empresse de m'ouvrir la portière et de m'escorter vers le bâtiment blanc qui se dresse devant nous. Je manque plusieurs fois de tomber à cause de ces fichus talons qu'on m'a collé aux pieds. 

La porte coulissante nous laisse accéder à une réception déjà noire de monde. Les parents parlent aux hôtesses. Les petits frères et petites soeurs chahutent entre les jambes des grands qui discutent entre eux. Une jeune femme nous fait signe d'avancer. Ses cheveux sont dorés et ses lèvres rosées sont sévèrement pincées.

-C'est pour passer le test, je suppose? Sort-elle en tapant sur un clavier aussi blanc que tout le reste.

-Exact! Pour ma fille! Se pavane mon père comme si je venais de gagner à l'euro million.

Mon père, il m'a toujours fait sourire. Sa petite barbe grise, ses lunettes rondes, sa calvitie naissante, son sourire de gamin. Il est et sera toujours mon soleil, mon petit paradis.

La dame nous tend un ticket brun portant le numéro 62. Elle nous indique la direction de l'amphithéâtre avant de me souhaiter bon chance. Je n'ai pas besoin de chance. Seulement de courage. Mais je m'efforce de lui dire merci. Ma voix tremble et montre que j'ai la trouille. 

Nous rejoignons notre place. Personne ne fait attention à nous, pour une fois. J'entends à ma droite de petits cris hystériques. Je les reconnais immédiatement: Olivia Iro et Elise Migen. Elles sont toutes les deux très belles. Je crois qu'elles étaient dans ma classe en quatrième... 

-Mon Dieu! J'ai trop hâte d'y aller! Il parait que c'est assez facile! D'ailleurs! Tu as vu Chloé? Je n'ai pas réussi à la trouver!...

Elles discutent comme ça. Amies de longues dates. Qui rigolent et qui pleurent du beau et du mauvais temps. Je ne dois pas me préoccuper d'elles. Soudain, la salle se tait. Nous devons pourtant être une centaine. Je n'ai jamais entendus un tel silence. Le panneau lumineux placé sur l'estrade clignote avant de laisser apparaître notre Gouverneur: Baltazar O'Clomor. Plutôt beau garçon, d'ailleurs. Il nous salue avant de commencer à expliquer les principes du test. Ses lèvres charnues s'agitent calmement au son de sa voix grave tandis que ses yeux bleus clairs nous fixent. Un mélange de tendresse et de mépris. Il a beau être un symbole de sympathie et de beauté, il m'a toujours fait froid dans le dos. 

-Bonne chance! Que le test, commence!

Son image disparaît en clignotant laissant la place à des chiffres rouges. 01. Une fille se lève en riant. On peut dire que celle-là n'a pas du tout peur! Tous ses amis l'applaudissent, sa famille l'acclame. Elle lève les bras au ciel avant de se diriger vers la porte en bois située sous le panneau électrique indiquant son numéro. Elle s'engouffre à l'intérieur. Les gens se remettent à parler jusqu'à la prochaine personne qui se lève et ainsi de suite. Je sens que je vais devoir stresser encore longtemps...

59. 60. 61. 62... Mon tour.

Je ne sais pas pourquoi, mais quand je vois ces deux chiffres apparaître, la panique me prend. J'ai envie de pleurer, de rentrer chez moi, de voir ma mère... Les mains moites, tous les regards sont tournés vers moi et attendent une réaction de ma part. Mon père passe sa main dans mon dos avant de me pousser délicatement de ma chaise. Il me murmure un petit mot d'encouragement. J'acquiese faiblement, j'ai l'impression de manquer d'air. Sur le chemin, je titube, vacille et trébuche. Les autres m'épient en silence, les yeux ronds. Arrivée à la porte, je regarde mes pieds. Moi qui voulais faire semblant d'être forte, c'est raté.

Une grande inspiration, ma petite main posée sur le battant, la tête droite, les jambes tremblantes, je pénètre avec peine dans la salle où tout va se jouer.

Rien. Le vide intersidéral. Une pièce entièrement blanche, aucunes issues ne se présentes à moi. Je sens quelque chose qui s'enfonce dans mon coup. Je sursaute. On vient de me planter une aiguille sortie de nulle part. À l'endroit de la piqûre s'écoule une sorte de liquide brun. Ça pique puis ça brûle. Mes doigts sont pris de violents spasmes accompagnés de tout le reste de mon corp. Mes yeux se ferment d'eux mêmes, je sens ma tête basculer en arrière. Je me rattrape de justesse à l'un des murs. Ma vue se brouille un instant, mes poumons se vident à une vitesse fulgurante. Mes oreilles bourdonnent alors que la fièvre me monte à la tête. 

Soudain, tout passe. Plus de douleur, rien. Je suis toujours dans la même pièce. Cette fois-ci, une collone claire est élevée. Posée dessus, une étrange boule de la même couleur. Avec peine, je me dirige vers elle. Elle est tellement lisse, tellement parfaite. Elle a l'air dur et liquide à la fois. J'hésite. Si je la touche ou non. Ma main se dirige vers elle sans que je puisse l'en empêcher. Elle plonge dedans, la boule a une texture laiteuse assez désagréable... D'un coup, je sens quelque chose se former dans mon poing. Je le retire alors.

Les lumières éclatent subitement me plongeant dans les ténèbres. La panique me reprend. Je tiens quelque chose, je n'ai pas la moindre idée de ce que s'est. Ma respiration s'accélère, si ça continu je vais faire une nouvelle crise. Crise d'angoisse. Parce que d'après mon médecin, je suis une angoissée maladive. Il m'a prescrit des cachets que je dois prendre chaque jour. J'aime pas mon médecin. C'est un coincé hyper stricte qui ne supporte pas qu'on remette en cause son jugement. Je le sais puisque j'ai plusieurs fois contesté ses ordonnances. J'ai toujours voulu devenir médecin spécialisée dans l'étude des Anthréals. Il n'a pas du tout apprécié quand je l'ai engueulé parce que sa conclusion était fausse. Bon, j'y suis allé un peu fort... Mais c'est pas une raison pour appeler la sécurité!

Une lumière clignote au loin me tirant de ma nostalgie. Dans un halo, mon père apparaît tenant faiblement ma mère dans ses bras. Son visage est lacéré, son coup bleuté et ses bras couvert d'entailles. J'entends sa respiration saccadée ralentir. 

Un flingue. Dans ma main. Je ne comprends pas. Du moins, je ne veux pas comprendre. J'essaye d'avancer vers eux, les larmes me montant au nez. Mes pieds refuse de bouger, comme visés au sol.

-Reste là Thalia! S'efforce de crier mon père. Pointe ton arme sur moui, et fais ce que tu as à faire!

-M..Mais! Non! Il doit y avoir un autre moyen!

Ma main se met à trembler violement. Les larmes coulent sans que je ne puisse rien y faire, ravagent mon visage maquillé. J'ai envie de crier mais j'ai trop mal à la gorge pour m'égosiller. Je tends difficilement l'arme voyant mon père acquiescer. Au dernier moment, je replie mon bras en appuyant sur la gâchette. Une sensaison de froid au niveau de mon front, un cri, puis le silence.

Je me réveille une seconde dans la terre, allongée en croix. Le ciel est gris parsemé de quelques oiseaux. Les membres engourdis et recouverts de terre, je dois faire un effort surhumain pour me lever. Je ne comprends pas. Je suis sensée être morte.

[ATTENTION! cette partie n'est pas terminée, loin de là! Suite à de gros problèmes, j'ai dû totalement réécrire cette partie et l'enregistrer en temps que brouillon sur Wattpad. Je ne sais pas si je vais pouvoir terminer sur cette partie, étant donné que si je modifie, tout le texte s'efface. Je n'ai pas compris, cette partie s'est publiée toute seule... Il y aura sans doutes des fautes, mais j'ai eu beaucoup de mal à la réécrire... Je suis vraiment désolée pour ce problème informatique... Encore pardon....mais j'espère néanmoins que ce début vous aura plus...]

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