Chapitre 11: Monstre

PDV Chris

Pourquoi étais-je assis derrière ce volant ? Totalement bourré, pourquoi avais-je fait ça ? J'aurais du la laisser tranquille, et là je l'avais kidnappé... Pourquoi avais-je fait ça ? Pourquoi étais-je si con ? Jamais plus elle ne reviendrait vers moi, il fallait que je me l'admette. Il fallait que j'admette que son cœur appartenait à un autre, qu'elle lui avait donné un enfant... Peut-être qu'elle n'arrivait pas à bien l'aimer, de la façon dont moi je l'avais aimé, mais elle y arriverait plus tard... Il lui fallait du temps... Et moi, je lui avais enlevé ce temps, en la forçant à entrer dans ma voiture. J'aurais voulu écraser Lounis, enfin, le monstre en moi, aurait voulu. Mais voir Camille briser, ça je ne l'aurais pas voulu. Mais pourquoi l'avoir forcé à monter dans ma voiture, je ne le savais pas. Je ne savais même pas pourquoi je la conduisais jusqu'à chez moi. Pourquoi ne pensais-je qu'à elle ? J'en avais marre à la fin... Toutes mes pensées étaient pour elle, toutes. Elle hantait mes pensées, encore et encore. Je l'aime, je l'aime, je l'aime. Pitié faite les taire. Je l'aime, je l'aime, encore plus chaque jour... Par pitié... Mais elle ne m'aime pas. Elle ne m'aimera plus jamais. C'était fini entre nous depuis bien longtemps... Je n'aurais pas dû sortir avec cette autre fille, je n'aurais jamais dû... Elle m'aimait, je l'ai brisé, je l'aimais, et je l'aime toujours, c'est à son tour de me briser. 

Arrivés chez moi, je la forçais à descendre, mes gestes continuaient d'être dirigés par l'alcool, mais mes pensées restaient à moi. Et à moi seul. Aime-moi putain ! Je voulais retrouver la sensation de ses lèvres sur les miennes, je voulais connaître la sensation de passer une nuit avec elle, une nuit de folie. Mais jamais je n'y arriverai, jamais plu ça ne se produirait, tout ça à cause de moi. Que je t'aime... Aime-moi... Je devenais fou, était-ce ça l'amour ? La folie de l'amour. Je n'en pouvais plu. Je voyais ses lèvres bouger, elle était énervée, j'avais refermé la porte, à clés. Je n'arrivais pas à regarder autre chose que ses putains de lèvres, qui bougeaient, son visage si beau, mais tellement énervé après moi. Je ne pus m'empêcher de déposer mes lèvres sur les siennes. Mais je le regrettais. Je ne voulais pas la briser, je ne voulais pas ça. Pitié... Je t'aime Camille... Je voulais aller plus loin avec elle, bien plus loin, avoir un beau mariage, de beaux enfants, mais elle ne le voulait pas, elle le voulait peut-être avec Lounis, elle avait déjà commencé.... Mais sûrement pas avec moi. Je ne pouvais me résoudre à la haïr, je ne pouvais pas réussir à la détester car elle ne m'aimait pas. AIME-MOI ! Ces pensées, horribles, me torturaient. Les lèvres de Camille continuaient de bouger, elle était encore plus en colère. 

''-Pourquoi as-tu fait ça !?''

Car je t'aime... 

''-Arrête !  Arrête !''

Je ne peux pas...

''-Chris, arrête...''

Je ne peux pas arrêter mon amour pour toi...

''-Je ne t'aime pas...''

Moi si... Comme un fou... 

''-Arrête, tu me fais mal...''

Je ne veux juste pas te briser...

''-Chris...'' 

J'essayais de reprendre le contrôle de moi-même, je découvrais Camille, presque nue... Son corps contre le mien, les sensations... Elle ne voulait pas... Je le pouvais, je le pouvais... Elle ne veut pas ça... Je la briserai encore plus, encore plus. Mes mains passèrent sur ses bretelles, les faisant descendre. Non, je ne veux pas. Je l'aime, je l'aime... Des sanglots glissaient le long de ses joues, et tombaient sur mes doigts. Camille était une poupée en porcelaine, j'allais la briser... J'étais répugnant. Je me reculais, et m'asseyais au sol. Répugnant, un monstre. J'étais comme mon père, un horrible monstre. Les genoux relevés sur ma poitrine, les sanglots de Camille qui brisaient le silence, elle remettait, tremblante, ses habits. Moi, j'étais un monstre, un monstre horrible qui effrayait les enfants. Pitié, regardez-moi, regardez l'intérieur du monstre... Un murmure franchit mes lèvres, un murmure si doux que personne ne pouvait l'entendre:

''-Je suis désolé...''

Je me levais, et me dirigeais jusqu'à la salle de bain,et je mis ma tête dans le lavabo puis laissait couler l'eau sur mes cheveux. Pitié, je ne suis pas si horrible, je l'aime juste... J'entendais encore les sanglots de Camille, ils étaient dans ma tête... Je sortis de la salle de bain, Camille essayait d'ouvrir la porte, quand elle me vit, elle trembla de peur. Je ne suis pas un monstre, je t'aime juste... Je pris les clés dans ma main, et je dis, dans ce qui ressemblait à un murmure:

''-Souviens-toi de moi comme un homme bien, oublie les moments où j'ai été un monstre, tu es la seule qui le peut... Souviens-toi de notre premier baiser, et des suivants où tu n'avais plus peur de déposer tes lèvres sur les miennes, souviens-toi du grenier où on se retrouvait, où on s'aimait, souviens-toi de la fête foraine, pitié... Souviens-toi de moi comme si j'étais quelqu'un de bien, pitié... Je ne veux pas mourir en étant un monstre pour toi, pitié, pitié... Je suis désolé... J'arrête, plus jamais je ne te ferai de mal, plus jamais tu me reverras... Je t'aime mais... Fait ta vie avec Lounis, vis une belle vie, meurs avec le souvenir de ton premier copain, ou pas, oublie-moi si tu le veux, mais je ne suis pas un monstre... Je ne veux pas... Vis une belle vie...''

Je lui tendis les clés, et partis m'enfermer dans la salle de bain. Je crus entendre la porte s'ouvrir. Mes mots ne marcheraient jamais, jamais elle ne me verra autrement qu'un monstre, j'étais un monstre. Mais je l'aime... Ses lèvres, son sourire, ses cheveux, ses yeux, son corps... Je ne pourrais penser qu'à elle, juste à elle... Jamais je ne penserai à quelqu'un d'autre, juste à elle. Combien de fois avais-je essayé de l'oublier, en enchaînant les petites-amies, et j'avais bien vu que ça ne marchait pas, j'étais condamné à l'aimer, et condamné à ne rien recevoir d'elle, à part qu'elle me voyait comme un monstre... Et que faisait-on aux monstres ? On les tuait

Mes cheveux gouttaient sur mon pantalon, je m'asseyais sur la cuvette des toilettes, et sortis l'arme de mon père. Celle avec laquelle j'aurais dû tuer Camille... J'aurais dû la jeter, mais elle aurait pu me servir, et elle allait me servir. Pas pour tuer Camille, mais pour la libérer d'un poids. Mon poids. Mes pensées seraient toujours hantées par elle, alors je devais les faire cesser, et il n'y avait plus que ce moyen. Je mourrais sur ces chiottes comme la merde que j'étais. Puis, personne ne remarquera ma mort, personne ne viendra me rendre visite. Mon corps pourrira, et quand il finira sa décomposition, il n'y aura plus qu'à tirer la chasse d'eau. Et ce serait bon. Adieu Chris. Je l'aime, je l'aime, je l'aime... Adieu pensées... J'entendais à nouveau ses sanglots, qui les avaient provoqué ? Moi. Puis, ce n'était pas pour moi qu'elle allait pleurer. Personne n'allait pleurer pour moi, personne. Personne ne regretterait le monstre que j'étais. Personne. Malgré mes mots, Camille me prendrait toujours pour un monstre. Alors, j'allais le tuer ce monstre. J'allais tuer ce putain de monstre que j'étais devenu. J'allais le tuer, et me tuer avec. Car oui, ce monstre était en moi. Puis, cela arrêtera mes pensées, mes pensées pour Camille... Elle ne pleurerait pas... Si c'était Lounis, elle pleurerait, mais pas pour moi. Pas pour ce foutu monstre ! Elle aurait pleuré pour Chris, le vrai, celui qui l'avait aimé en premier, pas pour le monstre que j'étais devenu, quand j'avais commencé à l'aimer de trop. Peut-être que l'amour était dangereux, peut-être que cela nous rendait monstrueux. Et pourtant elle m'avait toujours aimé, même aux débuts de ce monstre, mais elle avait cessé, cessé de m'aimer quand il avait pris trop de place. Un monstre, un monstre, je suis un monstre, un monstre qui méritait la mort, un monstre qui ne méritait aucune larme. J'allais rejoindre ma mère, ou bien non, peut-être que je ne rejoindrai personne, à cause de ce monstre, peut-être que même dans la mort, le monstre continuerait ses ravages. Mais, heureusement, ma mère ne pourrait pas pleurer la mort de son fils, car son fils voulait la rejoindre. Et si il la rejoignait, il rejoindrai sûrement Anastasia... C'était de la faute du monstre qu'elle était morte, de ma faute. Je l'avais brisé, comme j'avais brisé Camille, juste parce qu'elle commençait à prendre trop de place, et qu'elle commençait à remplacer Camille dans mon cœur. Si ce monstre n'avait pas été là, j'aurais pu remplacer Camille par Ana', mais il était là, et ça avait provoqué sa mort, j'en étais sûr. Anastasia, pardonne-moi, tu aurais pu vivre si tu n'avais jamais croisé mon chemin... 

Les larmes s'échappaient de mes yeux, voilà longtemps que je n'avais pas pleuré. Depuis la mort de ma mère, sûrement. Je pleurais contre l'arme, seule souvenir de mon père, mon père détesté qui avait créé ce monstre... Je pleurais longtemps, puis ce fut le moment, le moment de tirer, le moment d'en finir. Camille, je t'aime, je t'aime, et je t'aimerai encore, pour toujours. Je soufflais un bon coup, et posais le canon de l'arme sous mon menton, contre ma gorge. Les yeux fermés, pour ne pas affronter la mort, même dans la mort je resterai lâche. Mes doigts étaient prêts à appuyer sur la détente (voir image). Sois courageux, sois un homme, tire ! Je n'y arrivais pas, j'étais lâche après tout. Le vrai Chris, pas le monstre, n'était qu'un lâche. Putain, pour une fois, il fallait que je me montre courageux. Tous les souvenirs de Camille me revinrent à la tête: la première fois que je l'avais vu, dans le bureau de mon père, le grenier, la fête foraine en cachette, sa déclaration, la mienne, notre premier baiser, son salopard de meilleur ami qui avait tout gâché, quand je lui avais joué du piano, ce qu'avait fait mon cousin, nos premières disputes, son coma, son retour, Lounis... Je n'en pouvais plus de tous ses souvenirs... Je soufflais un bon coup, j'étais prêt, c'était bon. A trois, je ne penserai plus jamais à elle, à trois, le monstre se tairait, à trois, je laisserai derrière moi rien, à part mon cadavre dans ces misérables toilettes, à trois... 

Un... Deux... Trois.

----------------------------------------------------------------------------------------------

Alors ? Comment était ce chapitre ? Bon, je sais qu'il n'est pas très centré sur les personnages principaux (Camille-Lounis-Aurore), mais il fallait quand même le faire. J'espère que vous avez ressenti quelques émotions quand même, même si c'était pour Chris. Puis, désolée il n'y a pas beaucoup d'actions, ni de dialogues. Il y a surtout les pensées de Chris, mais bon. J'espère que ce chapitre vous aura quand même plu ! Si c'est le cas, n'hésitez pas à voter et commenter. Puis, la chanson que j'ai choisi pour l'accompagner est Monster par Imagine Dragons. Voilà voilà ! Le prochain chapitre sera vendredi, comme d'habitude. Puis, je voulais savoir si une longue ellipse (dans l'histoire) ne vous gênerait pas ? Pas toute de suite, mais plus tard, genre qu'on retrouve une Aurore adolescente ? Donnez vos avis en commentaires ! Puis à vendredi. :)

Bạn đang đọc truyện trên: AzTruyen.Top