Conte 2


Muffin et les 7 princes.

Il n'y a pas si longtemps que ça, au Pays des rêves, dans un grand château bâti de briques de lait, vivait la plus belle des princesses ; la princesse Muffin.

Cette dernière adorait se mirer dans son grand miroir-pas-magique. Elle ne faisait rien d'autre de ses journées. Après tout, "Je suis parfaitement parfaite" répétait-elle à qui voulait l'entendre.

Malgré son autolâtrie indéniable, le peuple et ses parents, le roi Patience et la reine Gourmandise, la portaient dans leur coeur. Tout le monde s'accordait à dire que sa beauté n'avait d'égal que sa générosité.

Malgré cela, ils avaient beau dire qu'ils l'aimaient telle qu'elle était, la reine ne put cacher son inquiétude.

"Elle ne quitte plus jamais son miroir, confia-t-elle à son mari. Je crains fort qu'elle ne finisse comme son cousin Narcisse."

Ils décidèrent alors de réagir. Le roi Patience alla demander conseil auprès de son fidèle conseiller, le sage de la Mollepantoufle.

Le roi lui ayant présenté le problème, le sage lui proposa une solution des plus simples : il lui faut un prince.

Le roi, la reine et le peuples, emballés par l'idée de trouver un mari à la belle princesse, remuèrent ciel et terre pour organiser un grand bal au cours duquel on présenterait à la douce Muffin, ses prétendants : 7 princes venant des royaumes voisins.

La princesse, elle-même, avait très envie de trouver un mari. Elle se para donc de ses plus beaux bijoux et d'une somptueuse robe de bal crée par le couturier de la cour, Sir Paul-André-José de la Rosefeuille.

L'heure du bal arriva et les princes furent présentés un par un à la demoiselle qui s'avéra être fort capricieuse.

Les premiers à se montrer étaient les princes des Montagnes de Crème Glacée. Les deux frères, Ben et Jerry, étaient trop jeune pour la princesse.

"Je n'aspire pas à jouer les nounous" avait-elle déclaré.

Le prince suivant était le prince Babar, un éléphant tout droit venu de la Mer aux Friandises.

La princesse le trouva trop éléphantesque et pria qu'on lui présente le suivant.

Aussitôt dit, aussitôt fait !

Le prince de la Forêt des Touftouffu, Sieur Passe-Partout, un nain dont les longs poils emmêlés de sa barbe trainaient au sol, arriva.

"Trop malodorant, à peine plus haut que trois pommes et trop poilu ! Au suivant !"

Elle rencontra alors le Prince Eucalyptus, qui règnait sur le Lac de Sirop-à-la-menthe.

"Il n'a pas bonne mine ! Qu'on lui donne une aspirine et qu'il retourne au bercail ! Je ne veux pas d'un malade, moi"

Le prince Eucalyptus ayant reçu son aspirine, il s'en alla pour laisser place à l'ambassadeur Belleporte et le prince Jolibois.

Venant tout droit des Plaines Ikea, ces derniers étaient fabriqués avec le plus noble des bois, il était bien naturel qu'ils soient xyloglottes.

"Je ne comprends rien à leur charabia ! Je ne parle pas la langue de bois, moi"

Ils s'en allèrent aussi vite qu'ils étaient venus.

Le public commençait doucement à en avoir assez et autant dire que l'ambiance n'était guère folichonne.
La princesse emmouscaillait le peuple à tel point que certains quittaient la pièce en criant :"J'en ai plus qu'assez de ces foucades !". La reine Gourmandise n'avait plus envie de toucher au buffet et de la fumée s'échappait des oreilles du roi Patience qui était pourtant d'une patience remarquable.

À ce moment, arriva sur son cheval blanc, le prince des Terres Il-était-une-fois, le prince Ken Charmant. Tout le monde se tut, même les chiens n'osaient pas lâcher un seul aboiement en contemplant la beauté du prince.

Les pupilles de la princesse se dilatèrent aussitôt en voyant le bel homme. Elle se leva et s'approcha du prince mais lorsque qu'elle avança ses lèvres pour lui donner un baiser langoureux, pris d'une crise d'arachibutyrophobie soudaine en voyant la robe en beurre de cacahuète de la princesse, il s'empressa de se calter sur sa monture.

C'était hélas le dernier prince mais alors qu'elle voulait retourner dans sa chambre, dépitée, elle tomba nez à nez avec un bel inconnu, le compte Jean-Poireau.

Ils tombèrent aussitôt amoureux l'un de l'autre et leur bonheur irradia la salle et les invités car ils se mirent alors tous à danser. La princesse ne s'est plus jamais miré nulle part et elle vit désormais heureuse aux côtés de son poireau.

Alors, si comme notre princesse vous voulez trouver l'amour, ne précipitez pas le choses ! Il vous suffit d'attendre que l'amour se présente. Soyez patients. Et un jour, le voile se lèvera.

De muffinspower.

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