[chapitre 9]
Draco n’avait pas fouillé. Pas vraiment.
Il avait juste… rangé.
La veste d’Harry, jetée sur le canapé, pesait plus lourd que d’habitude. Et quand il l’avait soulevée pour la plier, un petit papier était tombé au sol. Un simple post-it jaune, un peu chiffonné.
Une écriture familière. Celle d’Harry.
Juste un numéro.
Chambre 417 – S.M.
Draco resta figé. « S.M. »… Il n’était pas idiot. Sainte-Mangouste.
Il sentit un frisson le parcourir.
Il n’y avait pas de nom. Pas de date. Juste ce numéro. Mais ça suffisait. Ça voulait dire qu’Harry y allait. Qu’il y retournait. Qu’il y cachait quelque chose.
Il n’avait jamais mentionné une visite. Ni un proche hospitalisé. Il n’était pas malade, pas blessé. Il aurait dit, non ? Il aurait dû dire.
Draco plia le papier, lentement, et le glissa dans sa poche. Pas pour le cacher. Juste… pour se donner le temps de respirer.
Quand Harry rentra ce soir-là, Draco l’attendait, assis sur le rebord de la fenêtre. Il n’avait pas allumé les lumières.
— T’as passé une bonne journée ? demanda Harry, la voix douce, un peu distraite.
Draco hocha la tête, sans le regarder.
— Et toi ? Tu es passé à Sainte-Mangouste ?
Silence.
Il sentit, sans le voir, le corps d’Harry se tendre.
— Qui t’a dit ça ?
Draco se retourna lentement. Il sortit le post-it, le posa sur la table entre eux.
— Ce papier. Dans ta veste.
Un silence épais tomba dans la pièce. Un de ceux qu’on n’ose pas casser.
Harry approcha, s’assit à côté de lui. Il n’essaya même pas de mentir.
— Ce n’est pas… ce que tu crois.
— Alors explique-moi. Parce que je suis en train d’imaginer mille scénarios, et aucun ne me plaît.
Harry baissa les yeux. Puis, après un long moment, il dit :
— Il y a quelqu’un là-bas. Quelqu’un d’important. Mais je ne peux pas t’en parler. Pas encore.
— Tu ne peux pas… ou tu ne veux pas ?
Harry ne répondit pas.
Et Draco comprit.
Il ne s’agissait pas d’une maladie. Pas d’un accident.
Il s’agissait d’un secret.
Un secret vivant.
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