décembre 2024.

01.12.24
J'aimerai pleurer.
Hurler, m'ouvrir, me briser pendant que quelqu'un me tienne, me serre fort, fort, fort comme si je comptais, comme si on m'aimait, comme si j'étais importante, irremplaçable, présente, vivante,
Vivante alors que je cherche à disparaître, loin, quelque part où personne ne me trouverait, ne me chercherait.
A hurler, hurler dans une plaine vide, hurler en faire fâner les fleurs, à en briser les nuages, à en faire remonter la pluie qui tombe.

05.12.24
Un temps pour la douceur.
Un temps pour la douleur.
Un temps pour l'amour.
Un temps pour la haine.
Un temps pour vivre.
Un temps pour mourir.
Un temps pour ressentir.
Un temps pour souffrir.
Un temps pour rien.
Que suis-je ?

08.12.24
Pourquoi je vis, pourquoi je meurs -Suzuya.

Un monde de trop.
Un mot de trop.
Une peine supplémentaire.
La peur d'être de trop, d'être trop, pas assez, absente, présente.
Une brûlure satisfaisante, coupure du monde.
Coupure de plus.
Coupures de trop.

13.12.24
Perdue dans la guerre, dans le monde,
Perdue dans sa tête, en elle-même en fait,
Elle pense trop, elle pense tout.
Elle réfléchit, ce qui l'attend, ce qui la fonde.
Elle espère l'amour, quelque chose ou quelque chose de doux.

Mais peut-être est-ce trop, trop demander, trop imaginer, trop estimer, trop quelque chose, tout simplement trop, trop.
Peut-être est-elle de trop, encore une fois, une fois de plus, une fois de trop ou peut-être pas.

Elle pense le monde, réfléchit sa vie, rêve son avenir et imagine sa mort, perdue dans un univers qui lui semble encore trop lointain, trop étranger.
Trop. Encore une fois.

14.12.24
leurs mots font couler les larmes plus facilement que ma lame.

Est-ce que c'est normal que ton simple toucher me donne envie de m'arracher la chaire ?

it hurts not to be the one they choose.

15.12.24
Est-ce qu'un jour tu comprendras tellement à quel point tu me terrifies ?
Il approche tristement, le jour où "papa" deviendra "le mari de maman". La tête basse, le regard sur les chewing-gums collés sur le macadame, honteux.

Oh, ce besoin de courir, de marcher, peu importe. Être dehors loin, ne jamais revenir. Aller là où personne ne me connaît, et cette fois l'idée ne m'angoisse pas. Non, elle me libère.
Sauter par la fenêtre, mais pas pour tomber. M'envoler, flotter, partir. Peu importe.
Peu importe. Loin.

Tu ne veux pas que je me remette en question. Parce que quand je le fais, ce n'est pas seulement cette erreur que je réenvisage. C'est mon existence entière. Mon corps et mon âme, mon être de A à Z en passant par G et T.
J'ai peur de chacune de tes réactions, et crois moi, cela me désespère aussi.
Cette sensation d'expulsion qui me prend la gorge, l'estomac. L'odeur qui me donne la nausée. J'aimerai oublier. J'aimerai tant. Je ne suis pas sûre d'en être capable tout de suite.
Mais ça viendra de toute façon. Ça vient toujours.
L'oubli.

22.12.24
Rimbaud a un jour dit : on n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans,
Et alors âgée de ces mêmes dix-sept ans, je le contredisais souvent.

Si, nous sommes sérieux. Pas autant que nos vieux, mais plus que ces gamins dont on croise le chemin.
Pas encore adultes, mais plus qu'hier, matures.

Aujourd'hui j'approche de mes dix-huit ans, et je regrette amèrement.
J'aimerais que le temps s'arrête, se fige, se stop, que le néant m'aspire.

Je regrette avoir dit ne pas avoir peur de la mort, qu'elle me délivrerait d'un fardeau : est-il si utile de se mentir ?
La mort m'effraie, probablement car je l'imagine comme un repos dont on ne sort jamais : on ferme les yeux, et c'est tout. On reste là, sans bouger d'un pouce.

C'est cette inactivité tout en étant conscient qui me prend les tripes, me retourne l'estomac. Et pourtant l'on n'est plus conscient que le bateau l'est de la présence de son mât.

J'ai peur de mourir. J'en ai peur comme j'ai peur de ne pas vivre.

Vivre. Vivre. Ça aussi, ça m'angoisse. Parce que je réfléchis l'avis des gens avant le mien. C'est une habitude, au final. Une habitude qui fait bien mal.

J'aimerais ne plus réfléchir. Ne pas être sérieuse, comme disait Rimbaud. Ne jamais fléchir, tenir haut mon flambeau.
Pourtant un rien me terrifie et me bloque, m'empêche de faire ces choses loufoques qui me font rire. Vivre.

Au fond, je sais. Il y aura toujours une personne pour juger, alors pourquoi y penser?
C'est plus facile à dire qu'à faire, répondrait l'humanité.
Fais le quand-même, rétorqueraient les âmes du passé.

J'essaye. J'apprends. À l'essai j'ai droit.
Je tombe. Je me relève. À l'envers je mets l'endroit.
Et si le décor s'envoie en l'air, je découvrais ses secrets sévères.

J'ai peur de vieillir, j'ai peur de mourir.
Mais ma priorité est d'apprendre à vivre, vivre pleinement alors qu'approchent mes dix-huit ans.
Peut-être m'apporteront-ils enfin la paix que je pourchasse.

Car oui, on n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans.

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